MA PEAU EST UNE PRISON
Gabrielle Lazure : « Mes blessures sont  devenues une force ! »

Gabrielle Lazure : « Mes blessures sont devenues une force ! »

11 octobre 2018

Dans son récit intime Maman… cet océan entre nous, l’actrice Gabrielle Lazure dévoile sa relation difficile avec sa mère. En même temps, elle illumine de sa présence le nouveau feuilleton quotidien de France 2, Un si grand soleil.

 

Pourquoi ce titre Maman… cet océan entre nous ?

Il vient tout simplement de la réalité. Je suis américaine du côté de ma mère et québécoise du côté de mon père. Lorsque je suis venue vivre à Paris, les personnes qui savaient que je n’étais pas française me demandaient pourquoi j’avais décidé de rester en France et je leur répondais qu’il me fallait au minimum un océan entre ma mère et moi.

Au fil des pages, on comprend que cet océan n’est pas que géographique…

Ma mère a fait des enfants uniquement pour quitter le domicile familial parce que c’était ce qui se faisait dans les années 50, mais ce n’était pas du tout son truc. Elle ne m’a pas donné beaucoup de signes d’amour. L’instinct maternel n’est pas automatique pour tout le monde, je pense. C’était quelqu’un de très libre, en avance sur son temps. Elle a quitté mon père à une époque où personne ne divorçait au Québec. C’était une femme forte qui m’a ouvert l’esprit et a fait en quelque sorte celle que je suis aujourd’hui. Malgré le manque d’amour dont j’ai souffert, je comprends aujourd’hui que sa soif d’indépendance et d’autonomie a été pour moi un formidable exemple. Grâce à elle, je suis d’abord et avant tout une femme libre. Elle m’a appris cette force que je n’ai pas réussi à m’approprier tout de suite. Il m’a fallu attendre de nombreuses années puisque l’absence d’amour maternel engendre insécurité, manque de confiance en soi et une mélancolie sous-jacente qui m’a habitée toute ma jeunesse.

Serait-ce cela qui vous a poussée vers une carrière artistique ?

Je me sentais complètement transparente en présence de ma mère qui faisait comme si je n’étais pas là. Il n’est donc pas étonnant que j’aie choisi un métier où l’on me regarde et qui me permette d’aller vers les gens. Cela demande une sensibilité particulière et le goût du risque. Comme le métier ne fait rien pour nous stabiliser, cette fébrilité peut devenir ingérable. J’ai, depuis l’enfance, l’habitude de la solitude. Peut-être est-ce l’état qui m’est le plus familier. L’avantage, c’est que je suis indépendante. Je n’ai besoin de personne, et surtout pas d’exister à travers le regard d’un homme. Je ne m’ennuie jamais quand je suis seule. Mon imaginaire et mon état intérieur me portent.

Avez-vous suivi une thérapie ?

Et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt ! Il y a des gens qui vont voir un psy quand ils sont adolescents parce qu’ils ont des soucis. Quand j’avais 20 ans, je construisais ma vie, j’étais concentrée sur mon travail et sur l’avenir. Je n’étais pas du tout d’humeur à me pencher sur mon passé. Il a fallu que j’attende d’avoir une trentaine d’années pour me sentir prête à entamer cette démarche. Après 30 ans, on est plus apte à se pencher sur son enfance. On se connaît mieux, on a compris plus de choses et on est capable de regarder dans le rétroviseur, histoire de mieux continuer d’avancer. On se dit qu’il est temps que quelqu’un nous aide à ouvrir les yeux sur les schémas qui se répètent. Ma thérapie m’a été très utile. Je l’ai suivie pendant six ans. Je pense que je n’aurais pas été capable d’avoir un enfant si je n’avais pas appris à gérer d’abord mes problèmes émotionnels.

En 2009, votre mère se bat contre un cancer, sa fin approche. Avez-vous eu le temps de lui pardonner ?

Je suis désolée de ne pas avoir pu tout lui dire avant. Peut-être, avec le recul, maintenant que j’ai 60 ans, il m’est plus facile de lui pardonner. Grâce à tout ce que j’ai appris à ses côtés, j’ai su transformer l’ombre en lumière.

Écrire ce livre est-il libérateur ?

Même si ma mère ne m’a pas donné beaucoup d’amour, elle m’a ouvert la voie de l’émancipation. Cela m’a donné envie d’être mère à mon tour, mais différemment. Je pense que ce livre peut toucher d’autres personnes qui ont vécu des histoires similaires. Donc, oui, il est libérateur en quelque sorte. Ce récit intime, sans filtre, m’a permis de transcender mes blessures d’enfance en force.

Vous vous trouvez aujourd’hui dans une situation inverse avec votre fille ?

Ma fille, Emma, va traverser la Manche pour suivre ses études à Londres. J’ai écrit ce livre pour elle. Je l’ai eue tard, à 43 ans. Donc j’avais déjà beaucoup vécu avant. Et il y a tout un pan de ma vie qu’elle ne connaît pas. J’ai donné de l’amour à ma fille, mais je l’ai laissée assez libre et je ne suis pas collée à elle. Ça va créer un manque de ne pas l’avoir à mes côtés cette année, et le rôle dans le feuilleton de France 2, Un si grand soleil, me permettra de combler son absence. J’ai également en projet pour l’automne 2019 Majorette, un one-woman-show coécrit avec Steve Catieau, qui sera mis en scène par Pierre Notte.

Parlez-nous de votre rôle dans Un si grand soleil…

Cette saga quotidienne raconte le retour à Montpellier de Claire, après dix-sept ans d’absence, afin de faire découvrir à Théo, son fils adolescent, sa ville natale. Quelques heures plus tard, elle est accusée du meurtre d’un ami d’enfance et sera placée en garde à vue. Pour se disculper, Claire n’aura d’autre choix que de percer tous les secrets du passé, notamment celui de la mort de sa sœur Angèle. Moi, je suis Marie Estrella et je dirige un salon d’esthétique alors que mon mari possède une oliveraie. Nous sommes les parents de Claire et d’Angèle. L’intrigue réserve plein de surprises… Mais, chut !, je ne vous en dis pas plus !

Surveillez-vous de près votre santé ?

Tout dépend du mal dont je souffre. Si cela me paraît sérieux, je consulte d’abord mon médecin. Si c’est un simple mal de gorge ou pour me supplémenter en vitamines, je vais directement chez ma pharmacienne que je considère comme une amie qui me veut du bien ! Pour les artistes, la santé mentale ou émotionnelle est aussi importante que la santé physique. Aussi, je fais tout pour être bien dans ma peau.

Avez-vous une hygiène alimentaire précise ?

Ma mère était végétarienne et obnubilée par tout ce qui touche à la santé. Donc, héréditairement, cela m’est resté. Je pense qu’il faut avoir une alimentation équilibrée mais pas restrictive et j’arrive à faire mon choix en fonction de mes goûts tout en réussissant à allier santé et plaisir. Je n’ai pas de problèmes de ligne, je fais même plutôt attention à ne pas maigrir. J’aime bien manger, mais j’ai une hygiène de vie qui fait que je mange à heures fixes et je ne grignote pas entre les repas.

Que représente la beauté pour vous ?

Autrefois, j’étais mal dans ma peau pour plein de raisons, maintenant j’ai appris à apprivoiser les miroirs. J’ai la chance de bien vieillir – je dois avoir de bons gènes ! La beauté, c’est ce qui se passe à l’intérieur de soi, ça vient de l’énergie. J’ai 60 ans et je ne le cache pas. J’ai envie d’en être fière pour montrer aux autres que la confiance en soi est le meilleur des produits de beauté !

À lire

À lire

Dans ce récit en forme de lettre à une mère fantasque et distante, Gabrielle Lazure raconte son enfance au Québec, ses parents séparés, son départ vers la France pour exercer le métier de mannequin puis d’actrice, ses rencontres dans le milieu du cinéma… Et son envie d’être mère à son tour,
mais différemment.

Maman… cet océan entre nous, par Gabrielle Lazure, éditions L’Archipel.

 

Propos recueillis par Didier Galibert

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