Sevrage tabagique : personnaliser et aider

Sevrage tabagique : personnaliser et aider

18 mars 2016
La France compte 11 à 12 millions de fumeurs et 70 % ont essayé ou prévu d’arrêter de fumer. Toutes les formes de la substitution nicotinique sont envisageables mais pour rencontrer le plus de chances de succès, le sevrage tabagique doit être flexible, personnalisé et bien encadré.

 

 

 

Compenser le manque sans craquer

Le secret d’un sevrage réussi tient avant tout dans l’adaptation optimale du dosage au profil du fumeur et sur une durée de traitement suffisante.

  • Comment ne pas craquer
    Il convient de maîtriser les envies irrépressibles de fumer avec un soutien thérapeutique et psychologique dès le début de la tentative d’arrêt. La nicotine agit sur les trois composantes de la dépendance tabagique. La dépendance physique ou l’addiction est directement liée à la nicotine et le sevrage pose le problème de la titration en nicotine.
  • Compenser le manque
    La dépendance comportementale renvoie à la gestuelle et aux habitudes de prises. La dépendance psychologique met en jeu le double renforcement du plaisir de fumer et du déplaisir du manque, et l’arrêt du tabac implique de trouver des compensations personnelles.

 

À chacun son sevrage

  • Substituts nicotiniques
    Ils pallient le syndrome de manque sans entretenir la dépendance. Trois solutions sont possibles : le patch seul, la voie orale seule, ou la combinaison des deux. Il faut adapter la stratégie en fonction du nombre de cigarettes fumées par jour, schématiquement 1 mg de nicotine correspond à la substitution à une cigarette.
  • Trouver le bon dosage
    Il n’y a pas de programme pré- établi, le schéma posologique est adapté en fonction des signes cliniques de sous ou de surdosage. Le but est d’arrêter à son rythme.

 

Bien doser la nicotine

« Le sous-dosage est le principal facteur d’échec », affirment les tabacologues. Si un patch fortement dosé ne suffit pas à enrayer le processus de manque, il est possible de compléter l’apport en nicotine par voie orale (pastilles, gommes). L’association présente deux avantages : elle permet d’ajuster la dose exacte de nicotine nécessaire au fumeur pour qu’il n’ait pas envie d’interrompre son sevrage et elle aide à lutter contre la dépendance comportementale. En effet, l’ancien fumeur va prendre l’habitude de remplacer le geste d’allumer une cigarette par le geste de prendre une forme orale.

L'importance du suivi

L'importance du suivi

« Pour aider un fumeur à prendre sa décision, il faut l’interroger sur sa motivation et savoir en quoi le fait de fumer devient incompatible avec sa façon de vivre, déclin de sa santé, pollution pour ses proches, coût… Il faut lui laisser la liberté de décision mais s’assurer que le moment est bien choisi. Il faut le rassurer sur le fait qu’on pourra l’accompagner en levant les principaux freins à l’arrêt que sont la prise de poids, les troubles de l’humeur et du sommeil. », précise le Dr Étienne André, addictologue, médecin de santé publique à Grenoble.

À savoir

À savoir

« Chez la femme enceinte, on peut recourir à des substituts de tous types – patch, gomme, pastille. L’aide au sevrage tabagique doit se poursuivre à la maternité et peut être continué après l’accouchement et pendant l’allaitement en adaptant les prises par rapport aux tétées. »

Christine Nicolet

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