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Modes de contraception : quel sera le vôtre ?

10 juillet 2015
Une bonne contraception doit être efficace bien sûr, mais aussi adaptée à son profil médical, son âge, sa situation affective et son mode de vie. Sinon gare aux pépins !

 

Alors qu’en France la contraception figure parmi les plus développées au monde, le taux d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) y est l’un des plus élevés de l’Union européenne. Un paradoxe qui persiste alors que l’éventail des moyens contraceptifs s’est élargi et affiné.

Trop d’IVG

Le nombre annuel d’IVG, qui avait légèrement baissé ces dernières années, a augmenté à nouveau en 2013 (217 000 IVG) et les chiffres seront probablement du même ordre pour 2014. Plusieurs explications à cette hausse, mais surtout la polémique qui a suivi la plainte déposée par une jeune femme ayant fait un accident vasculaire cérébral attribué à une pilule de 3e génération, suivi du déremboursement, en mars 2013, des pilules de 3e et 4e génération. Faute d’informations claires et cohérentes des autorités de santé, de nombreuses femmes, désorientées et méfiantes, ont arrêté brutalement la pilule sans avoir mis en place un autre mode de contraception efficace ou bien ont adopté des méthodes plus « naturelles »… mais aléatoires.

Des femmes mal informées

Au-delà de cette polémique, c’est un constat récurrent pointé par les enquêtes : les femmes se plaignent d’être mal informées sur les différents modes contraceptifs possibles. Résultat, leur contraception est souvent inadaptée à leur situation personnelle ou médicale. Le sondage réalisé en mars 2015 par Harris Interactive auprès d’un échantillon représentatif d’un millier de femmes, âgées de 15 à 50 ans, montre aussi qu’elles connaissent très peu le mécanisme d’action et les délais d’utilisation de la contraception d’urgence, aujourd’hui accessible sans ordonnance. Or, ces pilules dites du « lendemain » ou du « surlendemain » constituent une solution de rattrapage efficace en cas « d’accident » (voir page ??). Les causes de cette méconnaissance des femmes : des campagnes d’information insuffisantes, des gynécologues de ville de moins en moins nombreux et des médecins généralistes débordés.

 

À chacun son moyen de contraception

Il n’y a pas que le préservatif et la pilule… N’hésitez pas à vous informer auprès des médecins et pharmaciens sur les différents modes de contraception.

 

Vie affective stable ou rapports épisodiques, âge, voyages fréquents, peur d’oublier, facilité d’utilisation, souci de discrétion, état de santé et antécédents familiaux, coût… Toutes sortes de paramètres entrent en jeu dans le choix d’une contraception. Idéalement, ce choix doit résulter d’un échange entre le médecin et vous, et pouvoir changer quand il ne vous correspond pas ou plus. Les « accidents » sont souvent dus à des difficultés pour gérer une contraception inadaptée au mode de vie ou à la situation personnelle, affective ou médicale. Les périodes de transition (post-partum, après 40 ans…) sont aussi à hauts risques en matière de pépins.

Place aux pilules de 2e génération

Malgré la mise en cause des pilules combinées (œstrogène + progestatif) de 3e et 4e génération, la pilule reste très utilisée en France parce qu’elle protège efficacement (à condition de ne pas l’oublier) et qu’elle convient aux jeunes femmes ne présentant aucun risque particulier. Celles-ci se sont cependant souvent reportées sur les pilules combinées de 2e génération qui augmentent moins le risque de phlébites ou d’accidents vasculaires et qui sont remboursées.

 À lire aussi : Des générations de pilules

 

Pilules et implant contraceptif + cigarettes = dangers

Mais trop de fumeuses ignorent encore que l’association tabac-pilule œstroprogestative, même de 2e génération, est à la longue dangereuse pour les artères, ou sous-estiment le risque de phlébite, d’embolie pulmonaire ou d’accident vasculaire cérébral, pourtant multiplié par 10 après l’âge de 35 ans. La pilule microprogestative (sans œstrogène) est une solution pour elles. Ou pour toutes celles ayant des antécédents familiaux ou personnels de thrombose, une anomalie de la coagulation sanguine, des taux très élevés de lipides dans le sang (cholestérol et triglycérides) ou une hypertension artérielle.

Il en est de même de l’implant, un bâtonnet cylindrique en plastique muni d’un réservoir ne contenant, lui aussi, qu’un progestatif, inséré par le médecin sous la peau du bras. Il a également l’avantage d’être invisible et efficace pendant 3 ans sans avoir à s’en préoccuper. Mais certaines femmes ont des saignements fréquents et abondants qui obligent à le retirer.

Le retour du stérilet

Autre solution qui connaît un regain de faveur : le DIU (dispositif intra-utérin), appelé couramment stérilet, au moins aussi efficace que la pilule et bien plus tranquillisant. Longtemps « réservé », en France, aux femmes ayant déjà eu des enfants, il convient aussi aux jeunes femmes nullipares (qui n’ont pas encore d’enfants). Et sa pose, pratiquée par un gynécologue, une sage-femme expérimentée et certains médecins généralistes, n’est pas douloureuse. Selon les modèles, ils agissent de 4 à 10 ans. Les DIU en cuivre sont aussi efficaces que ceux munis d’un petit réservoir de progestatif, mais ces derniers ont un intérêt en cas de règles abondantes et douloureuses car ils diminuent leur volume.

 À lire aussi : Que savez-vous du stérilet ? #Quiz

 

Témoignage : DIU descendu

Témoignage : DIU descendu

J’avais depuis 5 ans un stérilet qui me convenait bien, mais un jour mon mari, au cours d’un rapport, a senti les petits fils. Très désagréable… En fait, le DIU était un peu descendu, ce qui arrive rarement. La gynécologue en a profité pour le remplacer et m’a dit qu’en coupant les fils à 2 cm je ne devrais plus avoir de problème. C’est le cas.

Lucie (Paris)

 

Pour qui, le patch ?

Plus récents, le patch contraceptif et l’anneau vaginal s’adressent aux femmes à la vie sexuelle stable qui en ont assez de la contrainte quotidienne de la pilule mais refusent d’avoir un « corps étranger ».

Le patch, qui diffuse des œstroprogestatifs à travers la peau, se colle une fois par semaine pendant 3 semaines, suivies d’une semaine « sans ». On peut choisir le site d’application : abdomen, bras, fesses ou torse (seins exceptés).

Tout aussi efficace que la pilule pour des doses d’œstroprogestatifs faibles, l’anneau vaginal a l’avantage de passer inaperçu et d’être encore moins contraignant. Une fois inséré dans le vagin (c’est aussi simple qu’un tampon), il reste en place 3 semaines. Il faut ensuite le retirer puis en placer un autre après une semaine d’arrêt, et ainsi de suite.

Spermicides, diaphragme, les possibilités locales

Peu glamour et nettement moins sûrs, les modes de contraception purement locale peuvent néanmoins rendre service quand le risque de grossesse est très faible (allaitement, rapports peu fréquents, périménopause). Idéalement associés aux spermicides (ovules, tampons, crème), le diaphragme (membrane ronde en latex), la cape cervicale et le préservatif féminin à usage unique (gaine cylindrique prélubrifiée à deux anneaux) nécessitent un peu de pratique. En outre, ils paraissent peu adaptés aux rapports impromptus.

Le préservatif masculin, une référence

Reste le préservatif masculin, très pratique au début de la vie sexuelle ou d’une relation, qui protège en même temps contre les infections sexuellement transmissibles. Seul bémol : il doit être correctement utilisé et manipulé avec délicatesse. Une petite déchirure peut être fatale ! Mais fins et rainurés, texturés, colorés, parfumés, à languette déroulante pour les nouveaux utilisateurs…, les préservatifs masculins sont aujourd’hui beaucoup plus agréables et le choix est vaste. Prenez vos précautions avant de partir à l’étranger…

 À lire aussi : Quels sont les avantages du préservatif ?

 

Et la stérilisation ?

Et la stérilisation ?

Pour les hommes, c’est la vasectomie. Pour les femmes (autour de 40 ans), c’est la méthode Essure®, remboursée par l’Assurance maladie, aujourd’hui préférée à la ligature des trompes. Le gynécologue formé à cette technique introduit par les voies naturelles des implants flexibles dans les trompes de Fallope. Avantages : rapidité d’intervention (10 minutes) et de récupération, pas d’anesthésie générale, pas d’incision et pas d’hormone.

 

Quand la pilule est moins efficace

Quand la pilule est moins efficace

  • Les médicaments contenant des inducteurs enzymatiques abaissent la concentration sanguine de la pilule et diminuent donc son effet contraceptif : certains antiépileptiques, antifongiques (pour traiter les mycoses) et antituberculeux.
  • Les produits de phytothérapie à base de millepertuis par voie orale diminuent aussi son efficacité.
  • Diarrhées et vomissements également, car les principes actifs ne sont pas absorbés correctement.

 

Santé connectée

Santé connectée

– Applications pour ne plus oublier de prendre sa pilule. Rappels, conseils en cas d’oubli, infos pratiques, géolocalisation des pharmaciens, gynécologues et centres de PMI avec leurs coordonnées.

  • Optipill. Gratuit sur Androïd et Appstore.
  • Dr Pilule. Télécharger sur Appstore.
  • Achat sur iTunes.

– Application Facebook du laboratoire Bayer Healthcare dédié à la contraception intra-utérine : « Un amour de stérilet ».

 

La contraception d’urgence

Depuis quelques mois, les médicaments de contraception d’urgence sont tous disponibles en pharmacie sans prescription médicale. 

 

Oubli de pilule, préservatif déchiré, absence de contraception…, c’est la panique. Autrefois, il fallait attendre, dans l’angoisse, le retour des règles et, si besoin, à partir de 1974, recourir à une IVG. Qu’elle soit chirurgicale ou, depuis quelques années, médicamenteuse (2 médicaments à prendre à 2 jours de distance), une IVG est toujours une épreuve à laquelle les femmes peuvent aujourd’hui échapper grâce à la contraception d’urgence… À condition de ne pas attendre trop longtemps pour réagir après le rapport sexuel non ou mal protégé. La contraception d’urgence est en effet d’autant plus efficace qu’elle est utilisée tôt. Cela dit, les femmes pensent souvent qu’il faut y avoir recours dans les 24 heures qui suivent le rapport. Une croyance erronée lourde de conséquences, liée à l’expression impropre de « pilule du lendemain » ou « du surlendemain ». En fait, les femmes disposent d’un délai pouvant aller jusqu’à 5 jours après le rapport à risque, selon la méthode utilisée, hormonale ou non.

Deux principes actifs

Soit le lévonorgestrel (Norlevo®, Lévonorgestrel Biogaran® ou Lévonorgestrel Mylan®), un progestatif agissant principalement en inhibant ou en retardant l’ovulation. Soit l’ulipristal acétate (EllaOne®), un modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone qui agit de la même manière. Dans les deux cas, un seul comprimé. Le lévonorgestrel agit jusqu’à 72 heures (3 jours) après le rapport. L’ulipristal acétate jusqu’à 120 heures (5 jours). Jusqu’en avril dernier, seul le premier pouvait être délivré en pharmacie sans ordonnance, de manière anonyme. Maintenant, c’est aussi le cas du second, ce qui donne une marge de manœuvre supplémentaire aux femmes. Mais attention, l’efficacité de la contraception d’urgence n’est pas de 100 %.

Une autre erreur serait de prendre ces médicaments à répétition. Ce ne sont pas des pilules comme les autres. Les pilules dites du lendemain et du surlendemain sont plus fortement dosées que les pilules contraceptives classiques : 1,5 mg de lévonorgestrel pour l’une et 30 mg d’ulipristal acétate pour l’autre. Elles dépannent mais ne remplacent pas une contraception régulière. À savoir : elles ne sont remboursées que sur ordonnance, mais sont gratuites pour les mineures.

Le DIU au cuivre aussi

On le sait moins, mais le DIU au cuivre peut aussi être utilisé comme une contraception d’urgence. Il peut être posé jusqu’à 5 jours après la date du rapport à risque. Avantage : il sert ensuite de contraception régulière.

 

 

 

Evelyne Gogien

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