Advertisement Banner
SURDOUE

Être un enfant surdoué : la tuile (pour eux) ?

26 octobre 2017
Les petits surdoués sont parfois difficiles à repérer, en raison des difficultés scolaires ou sociales que peut générer leur grande précocité. Comment identifier un enfant précoce, et ensuite l’accompagner ?

 

Parfois, voire souvent, toute subjectivité parentale mise à part, vous vous dites que votre rejeton est quand même sacrément doué en quelque chose, voire en tout, et qu’il vous semble bien en avance pour son âge, même si son comportement vous déroute parfois. Un jour que du haut de ses 4 ans et demi, il a compté jusqu’à 1 357 pour passer le temps dans les bouchons, ou qu’il a reproduit à l’oreille la Sonate au clair de Lune sur son mini xylophone, vous osez vous poser la question : et s’il était surdoué ?

 

Définition d’un enfant surdoué

Il existe plusieurs types de précocité, qui se manifeste parfois dans un seul domaine (musique, langage, etc…) ou plusieurs domaines, avec des signes extérieurs très différents selon les enfants. Être le premier de sa classe ne signifie pas forcément que l’on est un surdoué, tout comme être le dernier qui roupille près du radiateur cache parfois une intelligence hors du commun… qui justement, ne trouve aucun intérêt dans les enseignements qu’on lui propose.

On parle officiellement de précocité intellectuelle lorsque le QI (quotient intellectuel total) mesuré lors d’un test standardisé réalisé par un psychologue professionnel dépasse 130. Les études menées sur le sujet montrent qu’il y a autant de garçons que de filles intellectuellement précoces, et qu’ils proviennent de tous les milieux sociaux. Les Américains leur donnent le nom de « gifted childen » (enfants gâtés, en traduction littérale), mettant l’accent sur leur différence plutôt que sur leur supériorité.

 

Reconnaître un enfant précocement intellectuel

Même si tous les enfants sont uniques et présentent des profils différents, on observe des caractéristiques récurrentes chez une majorité de jeunes surdoués : hypersensibilité aux stimuli sensoriels, grande faculté d’attention et de captation des détails, mémoire à court et long terme plus importante que leurs camarades, capacité de raisonnement supérieur à leur âge, précocité de l’apprentissage du langage et variété du vocabulaire… voilà pour les aspects positifs.

Mais la précocité s’accompagne aussi de difficultés assez courantes : désintérêt pour les apprentissages laborieux, difficulté à canaliser leurs émotions en raison de l’intensité des ressentis, dyssinchronies (concept posé par le psychologue Jean-Claude Terrassier) entre le fonctionnement intellectuel et les ressources affectives qui entraînent de l’anxiété, susceptibilité, tendance à rêvasser lorsque l’intelligence n’est pas suffisamment sollicitée, impatience, décalage par rapport aux enfants du même âge qui peut conduire à une exclusion sociale… la vie des petits surdoués est loin d’être simple, et nombreux sont ceux qui rencontrent des difficultés dans leur parcours.

 À lire aussi : C’est prouvé, l’intelligence se transmet par les mères !

 

Les différents profils d’enfants surdoués


Afin d’accompagner chacun dans le développement de son potentiel exceptionnel, les deux chercheurs américains George Betts et Maureen Neihart ont établi en 1988 une « classification » des profils d’enfants et d’adolescents à haut potentiel, qui offrent des repères encore utilisés aujourd’hui. Un enfant rentre rarement dans une seule case, il présente plutôt un profil dominant complété de caractéristiques issues d’autres profils. En voici un bref aperçu :

  • Type 1 : l’enfant brillant, performant, qui réussit bien à l’école, apprend et écoute bien. Conformiste, perfectionniste, il a peur de l’échec et a besoin de l’approbation d’autrui. La satisfaction des demandes des adultes l’emporte sur l’ennui qui peut en découler : il rencontre donc peu de difficultés scolaires ou sociales. Il a besoin d’être stimulé par des challenges, d’être encouragé à développer sa créativité, et qu’on le pousse à sortir de sa zone de confort afin de développer pleinement son potentiel.

 

  • Type 2 : l’enfant autonome a confiance en lui et en ses capacités. Ambitieux, il dispose d’une bonne capacité de résilience et est à l’aise en société. Très indépendant, il cherche le challenge et sait se fixer ses propres objectifs, sans se soucier de l’opinion d’autrui. Il sait défendre ses convictions et se montre créatif. Ce type d’enfant a surtout besoin d’être accompagné sur le long terme dans le développement de son intelligence, et éventuellement d’être guidé pour apprendre à travailler en équipe.

 

  • Type 3 : l’enfant inhibé manque de confiance en lui, réprime ses émotions, rejette les challenges par peur de l’échec et nie son talent. Déconnecté des autres enfants, il est souvent perçu comme timide. Il a besoin d’être poussé au sein d’un environnement rassurant et accueillant à s’exprimer, à nouer des contacts avec les autres, afin de mieux se connaître et développer ses qualités exceptionnelles.

 

  • Type 4 : l’enfant décrocheur, avec des troubles du comportement, est souvent un enfant surdoué qui n’a pas été détecté assez tôt et se sent rejeté, inadapté (ceux qui ont vu Will Hunting reconnaîtront le personnage de Matt Damon, et les autres s’empresseront de découvrir cet excellent film). Il a développé au fil des années de la rancœur qui nourrit une colère qui semble sans fond contre ses parents, ses enseignants, ses pairs. Il provoque des crises, travaille de manière inégale et trouve l’école inintéressante voire hostile. Il réagit soit en perturbant la classe, soit en ronflant près du radiateur. En effet, le système scolaire ne répond pas aux besoins de ces enfants, dont l’anxiété et l’amertume nécessitent une figure forte qui va leur donner le sentiment, enfin, qu’ils sont reconnus, considérés et aidés. Un enseignement spécifique, par exemple une école pour enfants surdoués, avec de petits effectifs, peut entraîner de spectaculaires améliorations. Les parents confrontés à ce type de personnalité ne doivent pas tenter de les gérer seuls, la famille dans son ensemble a besoin d’être entourée de professionnels.

 

  • Type 5 : l’enfant provocateur et extraverti se caractérise par une très grande sensibilité, une créativité affirmée nourrie par une forme de pensée résolument divergente par rapport à la normale. Cela se traduit par une grande impulsivité et spontanéité, voire un manque de tact, une remise en question de l’autorité et des règles, bref, un profil peu apprécié des professeurs dont il perturbe la classe et qu’il remet parfois ouvertement en question. Cet anticonformiste a besoin d’un cadre bienveillant et tolérant pour apprendre à être plus flexible, à se connecter aux autres tout en laissant libre cours à sa créativité et son sens de l’humour très affûté.

 

  • Type 6 : l’enfant « à double étiquette » ou double casquette est un enfant dont le potentiel est masqué par un handicap physique ou émotionnel (syndrome d’Asperger, par exemple). En découlent une grande frustration, une faible estime de soi, une faible réussite malgré de grands efforts, de la lenteur dans son travail, qui s’avère souvent peu consistant. On les trouve souvent « bizarres ». Pour apprendre la persévérance et développer leurs qualités, ces enfants ont besoin d’adultes qui dépassent la vision de leur handicap pour déceler leur précocité et stimuler leurs points forts, au sein d’un environnement adapté à leurs besoins.
 À lire aussi : Apprenez à tirer parti de votre intuition

 

Comment détecter un enfant surdoué ?

Les parents qui décèlent un décalage important entre les aptitudes de leur enfant et celles d’autres enfants du même âge peuvent s’en ouvrir à son enseignant s’il est déjà scolarisé, ou au pédiatre qui le suit. Ils seront ensuite orientés vers les référents « précocité » mis en place dans les académies, ou vers des psychologues formés pour détecter puis accompagner ces enfants dans le développement de leurs grandes qualités. Nombre d’entre eux avertissent les parents sur la question du saut de classe, qui ne constitue pas forcément une réponse adaptée à la précocité. La maturité émotionnelle ne se développe pas au même rythme que l’intellect, décalage douloureux lorsque les enfants se retrouvent entourés par des camarades qui ont deux ou trois ans de plus qu’eux. Quel que soit le profil de l’enfant surdoué et l’accompagnement adapté à ses besoins, les parents auront besoin de toute leur bienveillance et leur patience pour le guider dans le développement et la maîtrise de ses qualités, en gardant à l’esprit que sa réussite n’est pas acquise, bien au contraire.

Le sujet vous intéresse ? L’ Association française pour les enfants précoces organise des conférences et rencontres tout au long de l’année, et l’Association Nationale pour les enfants intellectuellement précoces accueille et accompagne les familles.

 À lire aussi : Ces aliments qui rendent intelligents

 

Clémentine Garnier

Sur le même sujet

OSTEOPOROSE
generiques

Peut-on faire confiance aux génériques ?

Découvrez les critères de contrôle.

HOMEOPATHIE

5 remèdes naturels contre le stress

Résistez et réduisez le stress.

STERILET

Le stérilet, une contraception idéale ?

Tout savoir sur les différents types de stérilet.

Produits & Livres

mon coach dos

Prenez un coach pour votre dos

Prendre soin de cette articulation essentielle à notre bien-être !

PINCE VITRY

Faites-vous une épilation au poil

On vous a déniché l’arme secrète !

VITAFLOR

Offrez un cocon à votre peau

Pour toute la famille.

QUINTON

Prenez un bol d’eau de mer pour résister à la fatigue

Une cure à base d’eau de mer élaborée par le biologiste René Quinton.