Élodie Bouchez : « Le temps qui passe ne m’inquiète guère ! »

Élodie Bouchez : « Le temps qui passe ne m’inquiète guère ! »

15 janvier 2019

Récompensée très jeune pour son interprétation dans les Roseaux sauvages et la Vie rêvée des anges, Élodie Bouchez nous bouleverse de nouveau. Dans Pupille, elle joue le rôle d’une jeune femme sur le point d’adopter un enfant.

 

Pouvez-vous nous parler du film Pupille ?

C’est un film très émouvant qui raconte l’histoire de Théo, promis à l’adoption le jour de sa naissance. C’est un accouchement sous X. Sa mère biologique a un délai de deux mois pour protéger le secret avant que l’assistante sociale remette le bébé à l’adoption. Les services de l’aide sociale à l’enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s’occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d’incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s’appelle Alice et cela fait plus de huit ans qu’elle se bat pour avoir un enfant. Pupille est l’histoire de la rencontre entre Alice et Théo qui va devenir son fils. La vie d’Alice n’a pas été un long fleuve tranquille ; PMA [procréation médicalement assistée] et FIV [fécondation in vitro] n’ont pas marché, son compagnon l’a quittée mais cela ne change nullement son désir d’adoption.

Qu’est-ce qui vous a poussée à accepter le rôle d’Alice ?

La virtuosité de l’écriture de Jeanne Herry. Cette énergie tentaculaire déployée autour du destin de ce petit bébé. Et, bien sûr, ce rôle magnifique, ce parcours de femme avec ses forces, et ses faiblesses aussi. Cela faisait longtemps que l’on ne m’avait donné une telle partition à jouer ! Quatre ans après Elle l’adore, Jeanne Herry signe là un deuxième film tout aussi captivant.

Avant d’interpréter ce rôle, pensiez-vous qu’adopter était un parcours aussi difficile ?

Oui, bien sûr, nous avons tous entendu dire que les parcours d’adoption peuvent être longs et douloureux. C’est un chemin où il faut garder en soi foi et espoir. C’est ce qui est très beau dans le film : la notion du destin. La vie est par moments semée d’embûches mais lorsque la lumière finit par arriver, elle brille fort. Quand on lui accorde enfin le droit d’adopter, Alice est rayonnante. C’est l’essence même de la vie : le relief. Il faut savoir faire face à ses champs de mine, savoir qu’ils existent, qu’ils font partie de nous et profiter de nos champs de fleurs lorsque la saison est belle.

Et personnellement, auriez-vous pu adopter ?

Je suis l’heureuse maman de deux enfants, âgés de 16 et 10 ans. Je ne peux pas vous répondre. Je ne sais pas si j’aurais eu ce courage. C’est vertigineux de vouloir adopter.

Au niveau du cinéma, le succès vous a souri très vite…

C’est vrai. J’ai commencé à 16 ans dans Stan the Flasher de Serge Gainsbourg. Puis en 1994, j’ai été « révélée » dans les Roseaux sauvages d’André Téchiné et quatre ans plus tard, ce fut la consécration avec la Vie rêvée des Anges d’Érick Zonca. Ce furent pour moi des moments uniques, enivrants de joie ; et, avant tout, la satisfaction d’avoir participé à de très bons films, vraiment importants à mes yeux.

Sept ans plus tard, vous entamez une carrière outre-Atlantique.

Oui, tout à fait. J’ai rejoint la série Alias ainsi que The L Word. Les manières de travailler des studios sont très différentes de ce dont nous avons l’habitude en Europe. J’ai gagné beaucoup en indépendance lors de ces expériences. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les acteurs là-bas sont beaucoup moins assistés qu’en France. Et, puisque la relation avec les réalisateurs n’est pas franchement fusionnelle, on doit se débrouiller relativement seuls. J’étais très heureuse de revenir tourner en France lorsque ce fut terminé.

Vous découvrez ensuite le théâtre. Où va votre préférence ?

Oui, j’ai eu la chance incroyable de rejoindre la troupe du théâtre de la Ville, à Paris, pendant une durée de quatre ans. Nous avons créé deux pièces formidables : Casimir et Caroline d’Ödön von Horvath, puis Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac. Nous sommes partis en tournée dans le monde entier. J’ai hâte de rejoindre la troupe à nouveau dès que l’occasion se représentera. Accéder à ce genre de texte et à cette exigence de travail au théâtre est formidable. L’idéal pour moi est, évidemment, de pouvoir faire les deux : du théâtre et du cinéma.

Êtes-vous prévoyante au niveau de votre santé ?

Prévoyante, je ne sais pas… Je suis un peu hypocondriaque. Mais j’ai une bonne hygiène de vie. Je ne fume pas et je n’aime pas spécialement l’alcool. Au niveau alimentaire, je mange tout ce que j’aime. Mais j’achète bio. Et je suis fan de ces applications mobiles qui nous aident à faire les bons choix pour notre santé.

Quelles sont vos astuces pour rester en forme ? Ou contre le stress ?

Je danse ! À Paris, lorsque je ne tourne pas, je danse quasi quotidiennement à la Ménagerie de Verre, une ancienne imprimerie dans le 11e arrondissement. Et lorsque je dois me rendre à l’étranger pour un tournage, chercher une école de danse est ce que je fais en premier. Danser constitue un excellent dérivatif… Mais aussi faire du piano, nager dans la mer et prendre le soleil. Le temps se suspend alors.

Dans Pupille, Alice éprouve le besoin de voir un psy. Cela vous est-il arrivé ?

Oui, tout à fait. Plus personne aujourd’hui ne peut ignorer ce recours. La psychanalyse est un travail de découverte de soi enrichissant. Mais les psys ne sont pas des magiciens. C’est en nous que résident les réponses.

Dans Guy, vous êtes Anne-Marie jeune. Que pensez-vous du temps qui passe ?

Ce film d’Alex Lutz est un véritable ovni ! J’y interprète le rôle d’Anne-Marie jeune, à l’époque où elle partageait la scène et la vie de Guy, une icône des seventies. Ensuite, c’est la chanteuse Dani qui prend avec brio le relais. Alex nous a choisies pour notre ressemblance physique. Le temps qui passe… C’est une vraie question, surtout pour une actrice, n’est-ce pas ?! Je suis encore à un âge où le temps qui passe ne m’inquiète guère. J’aime avoir l’âge que j’ai, mais bien sûr la rapidité de notre existence est vertigineuse lorsque l’on commence à y penser.

Actuellement on peut vous voir dans Pupille. Pouvez-vous dévoiler
vos projets pour 2019 ?

Je participe actuellement au film d’Édouard Deluc, Temps de chien, pour Arte, avec Philippe Rebbot et Brigitte Fossey. C’est un feel-good movie [un film « antidépresseur »] plein de rebondissements et d’humanité. Puis, au début de 2019, je commence le nouveau film de Laëtitia Masson avec qui j’ai déjà tourné dans Aurore, la mini-série sur Arte qui abordait le thème de la violence chez l’enfant et de la reconstruction de soi. 

À voir

À voir

Pupille, un film de Jeanne Herry avec Élodie Bouchez, Sandrine Kiberlain, Gilles Lelouche, Olivia Côte.

 

Propos recueillis par Didier Galibert

Le choix de la rédac

Les vampires psychiques, ces êtres toxiques

Développement personnel

Les vampires psychiques, ces êtres toxiques

Repérer, comprendre et se défendre

Se mettre au bouleau

Les bons aliments

Se mettre au bouleau

Se débarrasser des déchets présents dans l’organisme

Une Jonquille pour Curie : contre le cancer, mobilisons-nous !

Cancers

Les coupe-faim

Compléments alimentaires

Les coupe-faim

Rôles et précautions à prendre