Douleurs articulaires : et si c’était une arthrite ?

Douleurs articulaires : et si c’était une arthrite ?

10 décembre 2017
Quand les articulations font mal, on pense à de l’arthrose. C’est souvent vrai mais, au début, les rhumatismes inflammatoires chroniques donnent aussi ce type de douleurs. Or ils se traitent différemment 

 

On estime que 1 à 2 % de la population française souffre, à des degrés divers, d’arthrite. Ou plutôt d’arthrites car il en existe une centaine, en majorité des rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC), dont certains sont rares. Ne pas confondre ceux-ci avec l’arthrose, beaucoup plus répandue, aux causes et mécanismes très différents. En France, environ 10 millions de personnes souffrent d’arthrose, à partir de 40 ans et surtout de 50 ans. 30 % des Français âgés de 65 à 75 ans en ont aux genoux et 10 % aux hanches. Moins grave et moins lourde de conséquences que l’arthrite, elle est tout de même douloureuse et coûte très cher à la Sécurité sociale et aux patients eux-mêmes. Chaque année, 9 millions de consultations, 14 millions d’ordonnances et 300 000 examens radiologiques sont dus à des problèmes d’arthrose et c’est sans compter la pose de prothèses…

 

Polyarthrite rhumatoïde et Spondylarthrite ankylosante touchent les 2 sexes

De tous les rhumatismes inflammatoires chroniques existants, la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante sont les plus fréquentes. La première touche près de 300 000 personnes, 3 à 4 fois plus de femmes que d’hommes, et chaque année, de 7 000 à 10 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Vers 50 ans chez les femmes. Après 70 ans, l’écart avec les hommes s’estompe peu à peu. La spondylarthrite est, quant à elle, plus fréquente chez les hommes, du moins le croit-on. En réalité, cette prédominance est peu marquée mais la maladie est en général plus grave chez la gent masculine. Autre différence avec la polyarthrite rhumatoïde : elle se déclare souvent à l’adolescence et jusque vers l’âge de 30 ans.

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Une grande diversité d’arthrites

Moins connu et moins courant (30 000 Français sont concernés), le rhumatisme psoriasique, comme son nom l’indique, peut survenir chez les personnes souffrant d’une maladie de peau auto-immune, le psoriasis. Mais ce n’est nullement automatique. Il débute entre 30 et 50 ans en parts égales dans les deux sexes. Autre RIC assez rare, le syndrome de Goujerot-Sjögren (appelé aussi syndrome sec) touche 9 fois sur 10 des femmes aux alentours de 45-50 ans et provoque, outre une sécheresse oculaire et buccale, de la fatigue, des douleurs articulaires (avec ou sans gonflements) et des complications sur différents organes.

On le sait moins, la goutte est aussi une arthrite mais une arthrite particulière, très liée aux excès de nourriture et d’alcools, qui revient en force dans les pays industrialisés à cause d’une alimentation trop riche et de l’abus d’alcool. Aux États-Unis, les chiffres ont doublé en 20 ans ! En France, elle touche tout de même 2 % de la population, surtout des hommes.

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À savoir : l’ostéoporose, c’est différent

À savoir : l’ostéoporose, c’est différent

Si l’ostéoporose, comme l’arthrose, touche essentiellement les seniors, la première est une maladie de l’os et l’autre des articulations. La diminution importante de la masse osseuse, favorisée par la ménopause, caractérise l’ostéoporose. L’os devient poreux, s’effrite jusqu’à entraîner des fractures : « tassements » vertébraux, fractures du col du poignet, du fémur surtout. Dans l’arthrose, le cartilage qui recouvre l’extrémité des os à l’intérieur des articulations, c’est-à-dire des zones de contact entre les os (hanches, genoux, phalanges…), s’use, se fissure et se fendille. Dans les deux cas, il y a des degrés de gravité.

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Des traitements de plus en plus efficaces contre les rhumatismes inflammatoires chroniques

Les rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) faisaient peur autrefois. Ce n’est plus le cas aujourd’hui car, si les RIC restent difficiles à vivre au quotidien, les nouveaux traitements changent la vie des malades.

 

Contrairement à l’arthrose, les rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) sont des maladies auto-immunes. En clair, les défenses naturelles (dites immunitaires) de l’organisme, chargées normalement de lutter contre les attaques d’intrus tels que les virus, se retournent contre lui sans que l’on sache encore bien pourquoi. Mais les articulations et les organes sont plus ou moins touchés et varient d’une maladie à l’autre. À côté des plus connus comme la polyarthrite rhumatoïde, d’autres sont plus rares. L’arthrite juvénile, par exemple, dont souffrent quelque 4000 enfants et qui regroupe en fait six maladies très différentes dans leurs symptômes et leur évolution.

Une prédisposition génétique non héréditaire

L’arthrite la plus connue, la polyarthrite rhumatoïde, se caractérise par une inflammation de la membrane synoviale qui entoure et protège l’articulation. Au début, les douleurs se manifestent aux doigts et aux poignets, puis gagnent d’autres articulations. Elles réveillent en deuxième partie de nuit et obligent le matin à se « dérouiller ». La maladie évolue par poussées et sans traitement les articulations restent enflammées, se détruisent et se déforment progressivement. Cela dit, si certaines formes, très destructrices, peuvent conduire au handicap, d’autres non. Il existe une prédisposition génétique bien qu’elle ne soit pas (ou peu) une maladie héréditaire. Des facteurs environnementaux, mal connus à ce jour, sont cependant responsables du déclenchement de la maladie.

Dans la spondylarthrite ankylosante, l’inflammation atteint presque exclusivement la colonne vertébrale (rachis) et se traduit par un enraidissement et des douleurs dans le bas du dos et les fesses qui peuvent irradier jusqu’à l’arrière des cuisses et ressemblent à celles de la sciatique. Mais d’autres organes (yeux, intestins, poumons) peuvent être affectés.

Des formes d’arthrites légères ou graves

« Grâce à » Michael Jackson, à l’actrice Selena Gomez et au musicien Seal, les médias ont parlé du lupus érythémateux disséminé mais ce rhumatisme inflammatoire chronique reste mal connu du grand public. Comme les deux précédentes, c’est une maladie auto-immune déclenchée par un facteur environnemental (infection virale, exposition au soleil, grossesse…) sur un terrain génétique prédisposant. Surtout entre 15 et 45 ans, le plus souvent entre 20 et 30 ans. Dans 1 cas sur 2, la maladie est révélée par des problèmes d’articulations – le plus souvent touchées sont celles des mains, des coudes, des genoux et des chevilles – et par des lésions cutanées (éruptions, rougeurs en ailes de papillon sur le visage). Dans les autres cas, les signes sont si hétérogènes et la gravité des atteintes tellement variable (photosensibilité, alopécie, anémie…) que le diagnostic est souvent tardif. En fait, il n’y a pas « un » mais « des » lupus : des formes légères qui n’engagent pas le pronostic vital ; des formes modérées avec pleurésie, péricardite, ascite ; et des formes sévères, avec problèmes neurologiques et rénaux. Au moins 30 000 Français sont touchés, des femmes dans 9 cas sur 10.

Révolution thérapeutique : les biothérapies anti-TNF

Il n’existe toujours pas de traitement curatif pour aucun des rhumatismes inflammatoires chroniques. Mais les médicaments disponibles visent à réduire l’inflammation et à atteindre un état de rémission ou une faible activation de la maladie afin de prévenir les complications, la destruction des articulations et le handicap. Et ils sont de plus en plus efficaces. L’avènement des biothérapies (anti-TNF), il y a une quinzaine d’années, a constitué une vraie révolution. Les malades revivent. Moyennant quelques effets secondaires certes mais la recherche continue de progresser. D’autres molécules ciblées vont arriver bientôt.

 

Témoignage : je suis devenue  « patient expert »…

Témoignage : je suis devenue  « patient expert »…

C’est pendant ma grossesse, il y a 18 ans, que les premiers signes de la maladie se sont manifestés : douleurs articulaires aux pieds et aux mains jour et nuit, fatigue sans raison et fièvre sans infection. La naissance de ma fille a fait diversion… un temps. J’ai passé des examens et le diagnostic est tombé : polyarthrite rhumatoïde. Le choc ! La cortisone m’excitait, le méthotrexate me donnait des nausées et les antalgiques forts m’anéantissaient… Alors, je prenais mal mon traitement. De poussées en poussées, la maladie évoluait… Quand on m’a proposé de prendre un anti-TNF j’ai accepté tout de suite. C’était le début des biothérapies et ça a marché. Très vite j’ai pu recommencer à sortir le soir, à bouger. Une infirmière formidable m’a montré comment me piquer moi-même tous les 15 jours. Je revivais, mais l’effet s’est estompé au bout de 7 ans. On a dû me poser une prothèse de cheville et me prescrire un nouvel anti-TNF. Quatre ans plus tard, une greffe osseuse s’est imposée, je ne pouvais plus travailler. Cela a été dur mais je me suis inscrite à l’université des patients pour devenir « patient expert ». Mon expérience de malade sert aux autres, j’ai l’impression d’être utile…

Mylène, 53 ans

 

Des cures bien utiles

Des cures bien utiles

On le savait mais l’étude Thermarthrose, réalisée en 2009 à Aix-les-Bains, Balaruc et Dax, l’a démontré : les arthrosiques suivant une cure de 3 semaines dans une station thermale à orientation rhumatologique voient leurs douleurs diminuer et cette amélioration persiste plusieurs mois.

De nombreuses stations (Salies de Béarn, Amélie-les-Bains, Jonzac…) proposent également des modules complémentaires aux personnes souffrant de RIC telles que la polyarthrite rhumatoïde. En dehors des poussées bien entendu. Objectif : réduire la douleur, améliorer la qualité de vie au quotidien et ralentir ou contrôler la progression de la maladie et ses complications.

 

L’arthrose, pas si banale

Si les « rhumatismes » comme on appelle encore improprement l’arthrose ne sont pas mortels, ils occasionnent des douleurs très pénibles au quotidien qui peuvent compliquer sérieusement la vie.

 

Certes, l’arthrose touche moins gravement les articulations que les arthrites mais elle fait mal et peut même handicaper. La triade douleurs-raideurs-craquements est caractéristique. Toutes les articulations peuvent être atteintes mais surtout celles qui relient les vertèbres cervicales et lombaires, les hanches (coxarthrose), les genoux (gonarthrose), les mains et les pieds.

 À lire aussi : DOSSIER – Arthrose et rhumatismes

 

Conseils de Pharmacien : AINS et AASAL

Conseils de Pharmacien : AINS et AASAL

  • L’aspirine et les AINS peuvent occasionner des maux d’estomac et faire saigner. Pour prévenir les risques, prenez les comprimés au cours des repas et, en cas de traitement au long cours, associez un médicament qui protège l’estomac.
  • Les patchs et les gels anti-inflammatoires à appliquer sur l’articulation douloureuse n’ont pas les effets indésirables des AINS par voie orale. Mais ne vous exposez pas au soleil après utilisation.
  • Les médicaments antiarthrosiques d’action lente (AASAL) ne sont plus remboursés par l’Assurance maladie depuis 2015. Pourtant ils ont leur utilité.
  • Il existe aussi des compléments alimentaires à base de plantes aux propriétés anti-inflammatoires et antalgiques : Harpagophytum, Boswellia serrata, saule, reine-des-prés, ortie…

 

Manque de lubrifiant

Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’arthrose n’est pas le fruit d’une simple usure de l’articulation. C’est le résultat d’un déséquilibre entre la formation du cartilage, renouvelé en permanence, et sa destruction par des enzymes secrétées en excès. Résultat, le cartilage s’amincit, se détériore et ne peut plus jouer son rôle d’amortisseur de l’articulation. Les deux os qui composent l’articulation se retrouvent alors l’un contre l’autre comme si celle-ci manquait de lubrifiant. C’est ce frottement qui entraîne douleurs, raideurs et dégrade de plus en plus les structures qui l’entourent, notamment l’os. À ce phénomène peut s’ajouter une inflammation due à la réaction de la membrane synoviale. Dans la grande majorité des cas, on ne trouve aucune cause mais le vieillissement, l’hérédité et l’excès de poids jouent un rôle.

Quand les médicaments habituels et la kinésithérapie ne suffisent pas, le lavage articulaire (pour enlever les débris de cartilage), la viscosupplémentation (injections d’acide hyaluronique), depuis peu déremboursée, et les infiltrations de corticoïdes sont des solutions. Un cran au-dessus, la pose de prothèse de hanche ou de genou.

 

À savoir : De l’arthrose après une fracture

À savoir : De l’arthrose après une fracture

De l’arthrose peut se développer des années après un traumatisme important ou une blessure mal réparée : fracture causée par une chute, entorse grave, lésion ligamentaire ou du cartilage. Surtout à la cheville et au genou (rotule, ménisque). Des traumatismes répétés dus à la profession sont également une cause d’arthrose : ouvrier utilisant un marteau-piqueur et lanceur de javelot (coude), footballeur, rugbyman (genou), danseur(se) (hanche).

 

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