OKEO SANTE
SEXUALITE

Les différents âges de notre sexualité

20 juillet 2017
Notre sexualité n’est pas linéaire, et le bonheur sexuel se conquiert différemment à chaque âge. Comment travailler sa complicité sexuelle pour améliorer son plaisir ?

 

On parle souvent d’un âge de l’épanouissement sexuel, comme si, une fois passé un certain cap, toutes les femmes osaient plus de choses au lit, et tous les hommes avaient enfin compris les clés du plaisir féminin. Évidemment, sur un sujet aussi délicat et sensible, les choses ne sont pas aussi simples, et la vie sexuelle de chaque couple se construit en fonction de son vécu. Notre sexualité s’élabore selon notre expérience : nos découvertes au lit mais aussi en dehors contribuent à lever les tabous sexuels et libérer le désir… ou pas !

 

La vingtaine, l’âge de la découverte

Après les premières expériences sexuelles, les jeunes gens esquissent les contours de leur future vie amoureuse. Ils sont loin d’avoir tout essayé (du moins on leur souhaite, sinon ils vont trouver le temps long ensuite…), et leurs fantasmes sont encore tout beaux tout neufs, ce qui donne beaucoup de vitalité au désir. Ils n’ont en revanche pas encore la maturité pour les exprimer avec confiance, et avancent à pas timides dans leurs découvertes. Le fait de ne pas avoir un partenaire stable constitue un frein à l’exploration sexuelle. Les filles subissent aussi le poids d’un idéal romantique, avec l’attente d’un prince charmant qui jouera le rôle d’initiateur sexuel et à qui elles réservent les découvertes les plus épicées. Les garçons sont eux tiraillés entre un désir conquérant, et l’envie de bien faire qui peut les rendre maladroits, par timidité ou difficulté à communiquer sur les désirs de leur partenaire.

 

La trentaine, celui des premières audaces

Après 30 ans, hommes et femmes entrent dans une phase plus stable. Travail, amis, vie sentimentale : on a appris à se connaître, à savoir ce que l’on veut et avec qui on veut le partager. Chacun connaît mieux son corps, a apprivoisé son désir, découvert ses préférences et construit sa sexualité en fonction. Tableau idyllique alors ? Pas tout à fait. Le désir d’enfant peut mettre la pagaille, créant une tension dans la sexualité : si l’on souhaite se reproduire, il y a un risque de tomber dans une sexualité procréative en perdant de vue la séduction et le désir pour lui-même. Si l’on ne souhaite pas avoir d’enfant, on se heurte alors à un questionnement latent, une interrogation souterraine qui peut ternir le plaisir, compliquer les relations voire éloigner les partenaires. Chez les jeunes parents, fatigue et routine qui s’ajoutent à une période plus ou moins longue de vie en commun fragilisent le désir et l’élan vers l’autre, pouvant laisser croire que l’âge d’or est déjà passé…

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Quarante ans, le retour à soi

Que nenni, heureusement ! Le passage de la quarantaine constitue une forme de libération. Les préoccupations liées à la paternité et la maternité sont derrière soi, les choix ont été faits, et l’on peut se concentrer sur la sexualité sans arrière-pensée. Ce désir de volupté gratuite est l’un des moteurs des « crises » de la quarantaine, observées aussi bien chez les hommes que les femmes : on se connaît, on s’assume, le regard de l’autre n’a plus le même poids, et on a maintenant envie de profiter de l’expérience accumulée, mais aussi de dépasser les limites qu’on n’avait pas encore osé franchir. Parfois avec son partenaire de longue date, parfois avec un autre si l’on ne parvient pas à revivifier le désir. Cet élan fait qu’on assimile, à tort, la quarantaine à l’âge de l’épanouissement sexuel : il en constitue une nouvelle étape, pas un sommet.

 

La cinquantaine, l’âge du bouleversement

La décennie n’est pas simple pour les deux sexes. Les femmes entrent dans la ménopause et subissent de plein fouet les changements physiques et hormonaux qui l’accompagnent. Baisse du désir, sécheresse vaginale, bouffées de chaleur… leur libido est malmenée par la baisse d’œstrogènes, leur moral souvent en berne. Les hommes rencontrent des problèmes d’érection, qui affectent leur confiance en eux, et voient aussi baisser les hormones mâles influant sur le désir. Cela ne veut pas dire que le temps de l’épanouissement sexuel du couple est révolu.

Les partenaires entrent dans une nouvelle ère, celle d’une acceptation totale de soi, d’une sensualité accrue, d’une sexualité enrichie. Hommes et femmes n’ont plus rien à prouver, et cela leur permet d’expérimenter un érotisme décomplexé et inventif, forme de défi au temps qui passe. Les changements physiques et les difficultés passagères liés à l’âge sont aussi une invitation à expérimenter de nouvelles pratiques, introduire de nouveaux accessoires (lubrifiants, sextoys) dans leur vie sexuelle, à prolonger les préliminaires pour améliorer la lubrification et prolonger l’érection.

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Après 60 ans, on ne lâche rien !

Ce n’est pas parce qu’on a moins de cheveux et des os plus fragiles qu’on a moins envie de faire l’amour en vieillissant, rassurez-vous. Une étude a montré que 18%1 des hommes entre 60 et 69 ans estiment que la sexualité n’est pas importante dans leur équilibre personnel. Ce qui nous laisse avec 82% de coquins encore bien décidés à profiter des plaisirs des galipettes, qui gagnent en tendresse et inventivité ce qu’elles perdent en fougue.

Le souci de performance est rangé au placard, chaque orgasme est un cadeau que s’offrent les partenaires, un rappel de l’importance de savourer chaque instant. Autre gros bonus : les enfants ayant quitté le nid et les carrières professionnelles étant derrière eux, les amoureux sont enfin tranquilles pour se balader dans le plus simple appareil, traîner au lit quand ça leur chante, se faire des mamours devant la télé sans crainte d’être surpris, bref, la belle vie !

Bilan des courses ? La sexualité, c’est comme les enfants, c’est chouette à tous les âges et on n’a jamais fini d’être surpris.

 À lire aussi : S’aimer avec une grande différence d’âge, mode d’emploi

 

1 Enquête sur la sexualité en France, sous la direction de Nathalie Bajos et Michel Bozon, La Découverte, 2009.

Câline Gabard

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