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Diabète : une maladie chronique qui se soigne !

06 mai 2015
Qu’il soit de type 1 ou de type 2, le diabète est à prendre au sérieux. Mais les moyens de le surveiller et de le traiter ont beaucoup progressé et permettent de vivre normalement.

 

Le diabète se caractérise par un excès de sucre dans le sang dû à un trouble de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation. Ces glucides fournissent l’essentiel de l’énergie dont le corps a besoin pour fonctionner. Après un passage dans les intestins, les sucres rejoignent la circulation et la glycémie (taux de sucre dans le sang) augmente. Les cellules bêta du pancréas sécrètent alors de l’insuline, hormone qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme, les muscles, le tissu adipeux et le foie. La glycémie revient ensuite à la normale. Dans le diabète, ce système ne fonctionne plus et l’hyperglycémie devient chronique.

Le diabète de type 1 et le diabète de type 2

  • Le diabète de type 1, ou insulinodépendant (DID), se déclare brutalement, dans l’enfance ou à l’adolescence, chez des personnes génétiquement prédisposées. Le risque est de 6 % quand on a un père diabétique, de 2-3 % quand c’est la mère, et de 30 % si les deux le sont. Mais d’autres facteurs, liés à l’environnement au sens large, doivent intervenir pour déclencher la maladie.
  • Le diabète de type 2 (90 % des cas) survient en général après l’âge de 40-50 ans. Le pancréas ne fabrique plus assez d’insuline, et l’organisme répond moins à l’insuline produite. Cette insulino-résistance est favorisée par le surpoids ou l’obésité. L’hérédité joue ici aussi : le risque augmente d’environ 30 % si un parent est diabétique de type 2 et de 70 % si les deux le sont. Mais la hausse du nombre de cas tient surtout à l’excès de poids, comme le prouve la concordance des courbes de progression du diabète et de l’obésité.
 À lire aussi : Diabète de type 2 : l’épidémie silencieuse

 

Le diabète gestationnel

Le diabète gestationnel résulte d’une insulino-résistance (physiologique pendant la grossesse) en général diagnostiquée vers la fin du 6e mois et qui disparaît à l’accouchement. Il comporte des risques pour la mère comme pour l’enfant et doit donc être traité.

  

Principaux symptômes du diabète

Les premiers signes de la maladie n’attirent pas toujours l’attention. Or, plus le diabète est dépisté tôt, mieux il sera traité.

 

Sans traitement adapté et une bonne hygiène de vie, l’hyperglycémie chronique retentit sournoisement sur les vaisseaux sanguins et les nerfs. Elle finit par provoquer des complications au niveau des yeux (diminution de l’acuité visuelle, voire cécité), des reins (insuffisance rénale), des artères du cœur, de celles qui vont au cerveau ou qui irriguent les jambes (infarctus, AVC, amputations) et une atteinte de la sensibilité, en particulier aux pieds (d’où des infections et des ulcérations dues à des bobos passés inaperçus), des troubles digestifs et sexuels. Une glycémie déséquilibrée rend aussi plus vulnérable aux infections bucco-dentaires (caries, gingivite, perte de dents…).

Faire doser son taux de glycémie régulièrement

Pour ne pas risquer d’en arriver là, faites doser votre glycémie tous les deux ou trois ans, en même temps que le cholestérol par exemple, et tous les ans en cas de forte hérédité, de surpoids et de facteurs de risque cardiovasculaire. Si vous êtes une femme, faites-le également une fois par an en cas d’antécédent de diabète gestationnel (pendant la grossesse) ou si vous avez donné naissance à un enfant de plus de 4 kg.

  • Une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l signe un diabète, mais le médecin demande toujours une autre prise de sang pour confirmation.
  • Entre 1 g/l et 1,26 g/l, c’est un prédiabète. Il est encore temps d’adapter votre alimentation et votre hygiène de vie pour empêcher l’évolution vers le diabète.

Les symptômes qui doivent alerter

Le diabète de type 1 est en général diagnostiqué tôt car il s’installe de manière rapide, voire brutale. En revanche, sans dépistage, le diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu et évoluer en silence. Certains symptômes peuvent cependant alerter.

  • Diabète de type 1 : le besoin de boire souvent et beaucoup d’eau ou d’autres boissons rafraîchissantes, jusqu’à 3 ou 4 litres par jour ; des envies fréquentes d’uriner le jour comme la nuit car le sucre entraîne l’eau. Plus la glycémie est importante, plus le volume des urines augmente ; un amaigrissement dû à la fonte du tissu graisseux et de la masse musculaire, le glucose n’étant plus mis en réserve par manque d’insuline ; une augmentation de l’appétit qui n’arrive pas à compenser la perte de poids ; une grande fatigue au moindre effort ; une perte de connaissance brutale : dans ce cas direction les urgences.
  • Diabète de type 2 : comme la glycémie augmente progressivement, les signes sont longtemps moins nets et même absents dans 50 % des cas. Quelques symptômes discrets, que l’on peut aussi bien attribuer à la prostate ou à la ménopause par exemple, doivent inciter à consulter : infections vaginales, urinaires (cystites) ou cutanées (furoncle, abcès, impétigo) à répétition, retard de cicatrisation, vision floue, problèmes sexuels.
L’Association française des diabétiques (AFD) : une fédération pour accompagner les diabétiques

L’Association française des diabétiques (AFD) : une fédération pour accompagner les diabétiques

Forte de 130 000 membres, cette fédération est dotée d’un réseau de 106 associations locales réparties sur le territoire national qui organisent des réunions et des actions de formation et de prévention. L’AFD accompagne, aide les diabétiques et les défend activement auprès des pouvoirs publics. On trouve dans sa newsletter mensuelle ou dans Équilibre, son magazine bimestriel, des actualités sur le diabète, des infos sur les nouveautés des traitements, des conseils pratiques, etc.

* AFD. 88, rue de la Roquette, 75544 Paris Cedex 11. Tél. 01 40 09 24 25. www.afd.asso.fr

 

Les traitements du diabète

Le diabète n’empêche pas de vivre longtemps… À condition de bien suivre son traitement et d’avoir une bonne hygiène de vie.

 

Dans les deux formes de diabète, il est indispensable d’avoir une alimentation équilibrée en sucres, pauvre en « mauvaises » graisses (beurre, crème, fromages, viandes grasses, charcuteries, plats cuisinés, pâtisseries, huile de palme…) et riche en fibres. Et aussi une activité physique ou sportive quotidienne : marche, vélo, sport en salle, natation… Le soutien de l’entourage est donc essentiel.

Pour les diabétiques de type 1, le sport nécessite toutefois des précautions : diminuer la dose d’insuline avant l’effort pour éviter les hypoglycémies et avoir du sucre sur soi au cas où.

 À lire aussi : Vivre normalement avec le diabète

 

Médicament ou insuline ?

Le traitement diffère selon le type de diabète.

  • Diabète de type 1. Le corps ne fabriquant plus du tout d’insuline, la solution, et la seule encore en 2015, consiste à lui en fournir par injections sous-cutanées plusieurs fois par jour à l’aide de seringues ou, plus pratiques et discrets, de stylos injectables ou rechargeables, ou encore d’une pompe à insuline.

Pour adapter les doses nécessaires, il faut cependant mesurer le taux de sucre dans le sang (à partir d’une gouttelette prélevée au bout du doigt) avec un lecteur de glycémie. Pour s’adapter au profil de chacun, ce dispositif existe en différents modèles. Petits, esthétiques, faciles à manier, rapides et fiables, ils ont en outre toutes sortes de fonctionnalités qui facilitent la vie au quotidien.

Depuis peu, un système révolutionnaire permet de surveiller sa glycémie sans avoir à se piquer quatre à six fois par jour. Un petit capteur que l’on pose à l’arrière du haut du bras mesure en permanence le taux de sucre dans le liquide interstitiel (entre cellules et vaisseaux sanguins) grâce à un minuscule filament qui s’insère sous la peau sans douleur. Pour connaître sa glycémie, il suffit de passer un petit lecteur au-dessus du capteur, même à travers les vêtements. Mais il n’est actuellement disponible que par internet.

  • Diabète de type 2. Lorsqu’il a été diagnostiqué tôt, un changement de mode de vie peut suffire à faire redescendre la glycémie. Sinon, la prise d’un médicament est inévitable. Il existe plusieurs familles d’antidiabétiques aux mécanismes d’action différents parmi lesquels le médecin choisit le plus adapté, en fonction de l’importance du diabète, des autres facteurs de risque cardiovasculaire et de l’âge. Par voie orale, ils favorisent l’action de l’insuline ou bien sa production. D’autres, par voie injectable, font baisser le taux de sucre dans le sang sans être de l’insuline. Quand ces médicaments ne suffisent plus, le passage à l’insuline s’impose.

 

Réponses d'expert

Réponses d'expert

Dr MICHÈLE FLORIOTDr MICHÈLE FLORIOT,
diabétologue au CHU de Nancy

Quand le diabète est de type 1, le diabétologue commence par faire une enquête alimentaire succincte (habitudes, comportements, rôle de l’entourage…) de façon à repérer et corriger les grosses erreurs diététiques répétées, sans pinailler sur les petits écarts ponctuels (bûche de Noël, gâteau d’anniversaire). Dans le diabète de type 2, il insiste sur la nécessité de lutter contre le surpoids et de bouger. Le contrôle de la maladie passe par le médicament, mais aussi par une alimentation équilibrée et l’activité physique. Mais les patients ont du mal à suivre ces conseils, pourtant essentiels. Promener son chien deux fois par jour, c’est une activité modérée mais très régulière, donc efficace…

 

Y a-t-il des « mauvais » sucres lorsque l’on est diabétique ?

Quelques notions et l’aide des édulcorants permettent de manger normalement… et avec plaisir.

On a longtemps conseillé aux diabétiques de limiter au maximum les aliments sucrés. Le discours a changé, même s’il faut faire attention. Mais quels sucres, quels aliments choisir ? Saccharose, fructose, sucres lents ou rapides, index glycémique haut ou bas… pas facile de s’y retrouver au quotidien.

Index glycémique : variable

Concrètement, les aliments contenant une même quantité de sucre ne font pas forcément monter la glycémie de la même façon. Par exemple, le sucre des bonbons est absorbé très vite et entraîne une élévation importante et rapide de la glycémie, d’où un risque néfaste chez le diabétique : l’hyperglycémie. On dit que leur index glycémique (IG) est élevé. Celui des féculents (pâtes, haricots secs, lentilles…) et du pain complet, bien que contenant aussi des sucres, est plus bas : ils sont digérés plus lentement ; la glycémie grimpe globalement moins, et plus progressivement − ce qui est bien en cas de diabète. Mais cette notion est difficile à mettre en pratique car l’IG d’un aliment varie en fonction de plusieurs facteurs : s’il est consommé seul ou au cours d’un repas, cuit ou cru, à l’état solide ou liquide, associé ou non à des protéines ou des fibres… Exemples : un morceau de pain blanc, dont l’IG est élevé (contrairement au pain complet), a un IG plus bas s’il est accompagné de jambon, de fromage ou de tomates. Des pâtes cuites al dente ont un IG plus bas que très cuites et des pommes de terre en purée un IG plus haut qu’en robe des champs…

À lire aussi : 5 aliments pour faire oublier le sucre à nos enfants

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Pour savoir si vous êtes diabétique, vous pouvez faire un test de glycémie (vendu en pharmacie) sur une goutte de sang prélevée au bout du doigt.
  • Si vous êtes diabétique et sous traitement, demandez à votre pharmacien de vous apprendre à bien utiliser votre lecteur de glycémie ou votre stylo injecteur d’insuline.

 

Sucres et édulcorants

En fait, il n’y pas de « mauvais » sucres et rien n’est interdit. Il faut simplement suivre ces repères : faire trois repas par jour, ne pas faire d’excès, limiter les produits industriels (à cause des sucres ajoutés), privilégier légumes et féculents et supprimer les boissons sucrées, y compris les jus de fruits, très caloriques et riches en sucres. Ceux-ci ne remplacent aucunement les fruits qui, eux, contiennent fibres et vitamines : deux par jour en fin de repas. Attention aussi aux compotes semi-liquides, qui font davantage augmenter la glycémie que les fruits et que l’on a tendance à manger en plus grandes quantités que l’équivalent d’un fruit.

L’aide des édulcorants de type aspartame, stevia et sucralose, en pastilles, poudre et sticks, est appréciable car ils n’ont aucun impact sur la glycémie, ne contiennent aucune calorie (pour les diabétiques en surpoids) et permettent en même temps de s’offrir des plaisirs sucrés…

Note : Cette page se nourrit de la réflexion menée au cours du Nutri-Débat, organisé en partenariat avec Bien-être & Santé, qui s’est tenu en janvier 2015.

 

Connectez-vous

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  • DiabetoPartner
    Application conçue par le laboratoire MSD avec l’AFD pour gérer le diabète au quotidien (carnet de suivi, enregistrement des ordonnances, système de rappels…). Sur iOS et Android.
  • Gluci-Chek
    Application signée Roche Diagnostics France. Calcul des glucides contenus dans plus de 220 plats simples ou composés, base de données alimentaires personnalisable, suivi mensuel de la glycémie… Sur AppStore et Googleplay.
  • DbtMobile
    Sur Proxima mobile, le portail de services aux citoyens sur terminaux mobiles, pour suivre sa glycémie, transmettre ses infos à une équipe médicale, avec système d’alerte en cas de malaise ou de situation d’urgence. Sur Googleplay.

 

Evelyne Gogien

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