Diabète : une part de gènes, une part d’hygiène de vie

Diabète : une part de gènes, une part d’hygiène de vie

10 septembre 2020

La prise en charge du diabète bénéficie de nombreux progrès. Sur le plan des médicaments, certes. Mais le rôle joué par nos choix alimentaires et de vie est aussi crucial.

 

Maladie chronique (et épidémique), le diabète concerne en France près de 3 millions de personnes dont des adultes de plus en plus jeunes… Il se définit par un taux de sucre (la glycémie) dans le sang trop élevé. En l’occurrence, un taux de glycémie supérieur à 1,26 g/l (7 mmoles/l) après un jeûne de huit heures, ce taux ayant été vérifié à deux reprises. Ou de plus de 2 g/l (11 mmoles/l) deux heures après le début d’un repas ou la prise d’une charge orale de 75 g de glucose. De plus, il n’existe pas un mais plusieurs types de diabète ; le type 1, dit insulinodépendant, est traité par insuline ; le type 2, dit non insulinodépendant, est traité par des médicaments qui augmentent l’efficacité de l’insuline. Causes, origines, traitements, quasi tout distingue ces deux types. Mais ils ont un point commun : un diabète mal traité produit des hyperglycémies chroniques qui abîment les petits et grands vaisseaux artériels et conduisent au bout de vingt ans à la perte de la vue, l’insuffisance rénale et un risque cardiovasculaire élevé. Mais, actuellement, au vu du fantastique essor des approches thérapeutiques, un diabétique a tous les moyens d’équilibrer son diabète et de vivre aussi longtemps qu’un non-diabétique.

 À lire aussi : Dossier : Vivre normalement avec du diabète

 

Le type 1, surtout chez l’enfant

C’est une maladie auto-immune due à la fabrication anormale d’anticorps contre les cellules du pancréas qui fabriquent de l’insuline. On ne connaît pas les causes de ce dérapage immunitaire ; on sait seulement qu’il est lié à la présence de certains gènes qui prédisposent au diabète et dont l’évolution sera accélérée en présence d’un environnement défavorable : maladie virale, stress, consommation exagérée de sucre, sédentarité, surpoids. Les symptômes sont intenses et évoluent rapidement ; cela commence par de la fatigue, une envie d’uriner très fréquente (même la nuit – typiquement l’enfant qui fait pipi au lit de façon inhabituelle), une soif intense et un amaigrissement malgré un bon appétit. En l’absence de traitement par insuline, le taux de sucre augmente dangereusement et peut conduire l’enfant au coma. Au moindre doute, il faut donc consulter son médecin. Le traitement par insuline sera à vie.

Le type 2, plus fréquent chez l’adulte

Le diabète de type 2 est également dû à une prédisposition génétique et son apparition sera d’autant plus inévitable que le sujet présente un surpoids, est sédentaire, mange très mal (trop gras, trop sucré). Car dans ces conditions, le pancréas souffre et son insuline est moins efficace. Elle est mal secrétée ou elle agit moins bien au niveau des cellules : le glucose y pénètre peu et s’accumule dans le sang. Les traitements visent à aider le pancréas à sécréter plus d’insuline ou à améliorer l’efficacité de celle-ci au niveau cellulaire. Ce diabète peut se voir chez une personne mince quand il y a une prédisposition familiale, ou chez le sujet en surpoids ou obèse. Les glycémies augmentent progressivement, au fil des années. C’est en quelque sorte un diabète qui prévient – on peut donc l’enrayer si l’on maigrit et qu’on améliore son hygiène de vie.

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À savoir

À savoir

Héréditaire, le diabète ? Oui… mais pas de façon irrémédiable. La qualité de l’environnement joue un rôle majeur. Si on mange équilibré et que l’on vit sainement, on peut retarder voire éviter l’apparition de la maladie, même si la famille compte des diabétiques.

 

À quels aliments se fier ?

Indépendamment du traitement médicamenteux, le but du jeu est d’éviter le plus possible d’avoir des glycémies trop élevées. Pour cela, il faudra privilégier les aliments dont l’index glycémique est bas (moins de 50) car leur consommation élève peu la glycémie. Voici donc un détail de ces aliments à privilégier.

Du pain mais du bon !

Au pain blanc, il faut préférer ceux de « tradition », au levain, aux céréales ou de seigle. Et en manger lors des repas et en petites quantités. Une demi-baguette (tradition, donc !) par jour, ce qui équivaut à 100 g, suffit pour une femme ; un homme peut en manger un peu plus. Sachez que le pain blanc à jeun augmente autant la glycémie que du sucre !

Des céréales au petit déjeuner ?

Oui, en évitant celles qui sont destinées aux enfants car trop riches en sucre. Les flocons d’avoine, les céréales complètes et les mueslis, généreux en fibres, élèvent moins la glycémie surtout quand ils sont consommés avec du lait ou du fromage blanc.

Des féculents rassasiants

Oubliez les féculents raffinés et privilégiez les versions « brutes », plus riches en fibres : redécouvrez le riz et les pâtes complets et surtout les légumes secs. Les lentilles, les flageolets, les haricots blancs et rouges, les fèves, les pois chiches rassasient bien et sont faiblement hyperglycémiants. Excellents donc pour les diabétiques – comme pour ceux qui ne le sont pas !

Sucre et produits sucrés avec parcimonie

On ne les bannit plus mais on en contrôle la consommation, bien évidemment. Le diabétique sait qu’il doit les éviter… Mais s’il en mange un peu au dessert d’un repas, ce sera moins dommageable pour sa glycémie que s’il en prend « à jeun », l’après-midi en guise de goûter par exemple. La confiture, le miel, le sucre, les sirops sont à oublier. En revanche, quelques carrés de chocolat noir sont permis en fin de repas. Il faudrait idéalement ne pas manger plus d’un produit sucré dans la journée. Au demeurant, les enfants qui sont sous insuline doivent avoir une alimentation normale et équilibrée dans laquelle le sucre – en petites quantités – a sa place ; les doses d’insuline seront adaptées en conséquence.

L’eau, la boisson de référence

Bien évidemment, exit les sodas et autres boissons sucrées. Le jus de fruit peut être maintenu à raison d’un verre par jour (le jus d’orange du matin, par exemple). Le thé et le café  – sans y ajouter de sucre ou d’autres produits sucrés – sont excellents pour un diabétique car riches en antioxydants. L’eau, plate ou gazeuse, est à boire à volonté et reste la boisson de référence.

À savoir

À savoir

Et les édulcorants ? C’est une possibilité pour le diabétique mais il ne faut pas en abuser ! Car certaines études ont montré que la consommation régulière d’édulcorants semblait perturber le microbiote intestinal et favoriser le développement d’une inflammation, peu propice à l’équilibre d’un diabète. Il faut surtout se déshabituer du goût sucré à outrance.

 

Un diabétique averti vit plus et mieux

Équilibrer son diabète ne repose pas que sur les médicaments. Soigner son alimentation et son hygiène de vie, c’est important aussi.

 

Côté traitements, tous les espoirs sont permis. Les médicaments se multiplient et s’affinent dans leurs objectifs. La pompe à insuline devient toujours plus performante. Le pancréas artificiel sera peut-être la réalité de demain… En attendant, il est tout à fait possible d’équilibrer son diabète en soignant son alimentation et son hygiène de vie. En effet, on peut contrôler la quantité de glucose qui arrive dans le sang en mangeant varié et équilibré. On peut augmenter la pénétration du glucose dans les cellules en pratiquant régulièrement une activité physique. Et optimiser son système cardiovasculaire en évitant le stress et en dormant bien. Bref, tout est important !

Au menu de la journée idéale

Une personne diabétique doit plus que jamais manger sain et équilibré – et ne pas sauter de repas. Pour les boissons, on privilégie l’eau, du thé et un peu de café.

• Au menu du petit déjeuner : un laitage nature, un fruit frais ou une compote sans sucre ajouté, du pain « tradition » ou des céréales complètes, thé ou café. Éviter confiture, miel, sucre.
• Le déjeuner comprend un plat – viande, poisson ou œufs et mi-légumes, mi-féculents –, un laitage ou une part de fromage, un peu de pain « tradition », un fruit.
• Pour la collation de l’après-midi, prévoir un fruit, un laitage nature et éventuellement quelques amandes.
• Le dîner repose sur une assiette composée de légumes et d’un peu de féculents et, pour ceux qui le souhaitent, d’un peu de poisson, de viande ou d’un œuf, suivie d’un laitage nature et d’un fruit. Le chocolat noir du soir est autorisé !

Contrôler l’impact du diabète

Le diabétique doit surveiller ses glycémies régulièrement (avant et après chaque repas quand il est sous insuline) et lors de bilans trimestriels (glycémie à jeun et taux d’hémoglobine glyquée, qui doit être inférieur à 7% chez un adulte). De plus, chaque année, il faut faire un bilan plus complet comprenant la surveillance des cibles du diabète – les yeux, les reins, le cœur et les vaisseaux, les nerfs, les pieds, les dents. Ce check-up permet au diabétique de mesurer l’impact de sa maladie sur sa santé et de s’en féliciter ou au contraire de viser à faire mieux. De plus, maigrir est nécessaire en cas de surpoids – le simple fait de perdre du poids suffit à diminuer les glycémies et conduit à baisser les doses de médicaments. Par ailleurs, la chirurgie bariatrique, réservée aux personnes obèses, a montré toute son efficacité quant à la disparition d’un diabète débutant dans le mois ou le trimestre suivant l’opération.

 À lire aussi : Diabète, comment gérer une crise d’hypoglycémie

 

Sport : un vrai médicament

Bouger est un médicament pour le diabétique car les muscles en mouvement captent le glucose et contribuent ainsi à faire baisser les glycémies. Il faut donc marcher tous les jours au moins 45 minutes, privilégier les escaliers aux ascenseurs et faire du sport deux à trois fois par semaine. Toujours se munir d’un peu de sucre ou de biscuits sucrés pour réagir en cas d’hypoglycémie pendant l’effort. Avoir sur soi sa carte de diabétique.

Relaxation verte

Le stress et le manque de sommeil augmentent la sécrétion d’hormones du stress (adrénaline, cortisol) qui font monter la glycémie. Il faut donc éviter ces situations et veiller à un sommeil de qualité et suffisant (au moins 7 heures par nuit) ; pratiquer des activités de relaxation de type yoga, Pilates… et marcher en pleine nature !

Dr Laurence PLUMEY

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