Dépolluer son organisme : mode d’emploi

Dépolluer son organisme : mode d’emploi

15 avril 2022
Chaque jour, nous avalons des polluants (pesticides, additifs, métaux lourds…) à notre insu. Certes, notre foie et nos reins sont là pour nous aider à les éliminer, mais autant en consommer le moins possible.

 

Les polluants peuvent agresser nos cellules et favoriser l’apparition de maladies cardio-vasculaires, voire d’un cancer. Heureusement, les émonctoires, en premier lieu le foie et les reins, ont pour mission de les chasser. Le tissu adipeux est également efficace dans la mesure où il piège les molécules lipophiles (solubles dans le gras).

Le foie : une usine de transformation très efficace

Tout ce que nous mangeons passe nécessairement par le foie. C’est lui qui contrôle, analyse et décide de ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. Concernant les polluants, les millions d’hépatocytes (cellules du foie) sont équipés en enzymes pour neutraliser, transformer et éliminer les molécules toxiques. Ces dernières repartent transformées dans le sang, prêtes à être éliminées via les reins. Pour bien se protéger des polluants, le foie doit donc être en bonne santé, soutenu par une alimentation saine, variée et équilibrée. En effet, l’excès de sucre et de gras provoque un envahissement de gras au niveau du foie et entrave son bon fonctionnement. On parle alors de stéatose hépatique ou de sa forme plus sévère, la NASH (non-alcoholic steatohepatitis), des maladies du foie de plus en plus fréquentes (surtout chez les personnes en situation d’obésité), silencieuses mais heureusement réversibles.

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Les reins : une turbine à haut régime

Les reins fonctionnent en permanence à plein régime ; ils filtrent 180 litres de sang par jour, pour aboutir à l’élimination de 1,5 litre d’urine. C’est dire qu’ils ont des grandes capacités de préservation de ce qui est utile (eau, minéraux, oligoéléments) et d’évacuation de ce qui inutile, voire nocif (c’est le cas des polluants, des déchets azotés et des toxines produites par nos cellules). Encore faut-il que les reins fonctionnent bien. Pour ce faire, il est important de boire entre 1 et 1,5 litre d’eau par jour.

Le parcours d’un polluant

Quand un polluant pénètre dans l’organisme, il est transporté par le sang vers le foie pour être transformé, puis passe dans les reins pour être évacué via les urines. Le polluant peut devenir toxique pour les cellules quand la quantité consommée est importante et régulière, et que le corps est fragilisé (maladies, manque d’antioxydants, stress chronique). Nous avons donc tout intérêt à avoir une très bonne hygiène de vie et à consommer le moins possible de polluants.

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Limiter la consommation de polluants et d’additifs

Tous les aliments peuvent potentiellement contenir des petites quantités de polluants. À défaut de connaître les quantités précises que nous ingérons, autant prendre des précautions pour en limiter la consommation.

Les végétaux : privilégier le bio

Manger cinq portions de fruits et légumes par jour est bon pour la santé ; il est clairement démontré, à raison de trois ou quatre fruits par jour et des légumes à volonté, si possible à chaque repas (crus et/ou cuits). Idéalement, il faut bien les laver et enlever la peau, sauf si l’on choisit des fruits et légumes bio. Si vous aimez les jus de légumes, faites-en ; vous profiterez ainsi d’un concentré d’antioxydants. Quant aux céréales, si vous achetez du pain complet ou au son, des pâtes complètes, du riz complet, etc., il est préférable là encore de choisir des versions bio. En revanche, quand on utilise de la farine raffinée, l’écorce de la graine ayant été retirée, ce produit n’a pas besoin d’être bio. Cependant, il est moins bon pour la santé en raison de sa pauvreté en fibres, en minéraux, en oligoéléments et en vitamines du groupe B.

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Le poisson et les polluants de la mer

Plus la mer est polluée, plus les poissons concentrent des métaux lourds dans leur chair. Heureusement, vous ne vous intoxiquerez pas en mangeant du poisson deux fois par semaine, car les quantités de polluants sont bien trop faibles pour être nocives. Ainsi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) considère par exemple que l’apport de méthylmercure lié à la consommation de poisson est inférieur aux doses journalières tolérables définies par l’OMS. Il est très bon pour la santé de manger du poisson. Il faut simplement varier les espèces et privilégier les poissons qui sont en début de chaîne alimentaire, comme les sardines, le hareng, le maquereau. Quant aux poissons d’élevage, comme le saumon, on sélectionne de préférence ceux sous Label Rouge.

Le poisson : pas toujours bon

Le poisson : pas toujours bon

Pour les femmes enceintes et allaitantes et les enfants en bas âge (moins de 3 ans), l’ANSES recommande d’éviter de manger les poissons les plus contaminés, comme le requin, la lamproie, l’espadon, et de limiter à 150 g par semaine (60 g pour les très jeunes enfants) la consommation de certaines espèces (lotte, anguille, baudroie…).

 

Et les additifs ?

Les (conservateurs, colorants, etc.) entrant dans la composition des aliments peuvent être nombreux. En France, ceux qui sont autorisés ont a priori fait l’objet d’études ayant démontré qu’ils ne présentent pas de risque pour la santé. Toutefois, même à petite dose, l’association de plusieurs de ces substances serait néfaste (« effet cocktail ») et perturberait le fonctionnement de certaines cellules. Ainsi, par principe de précaution, on privilégie les produits dont la liste d’additifs est la plus courte possible ou, encore mieux, qui en sont exempts.

Pas de miracle, seulement du soutien

Quand on vous vante les mérites de la cure d’ananas ou du jus de citron, n’en attendez pas des miracles. Pas plus que du jeûne prolongé (au-delà d’un jour par semaine), qui ne fait que fatiguer votre corps par les multiples carences qu’il provoque. En revanche, certaines plantes telles que le pissenlit, le radis noir, l’ortie et l’artichaut (en jus, en décoction ou en tisane) peuvent aider les fonctions dépuratives. Parlez-en à votre pharmacien.

Laurence Plumey, Médecin nutritionniste, fondatrice d'EPM Nutrition

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