Trop de cholestérol ? un problème… et des « recettes » personnalisées !

Trop de cholestérol ? un problème… et des « recettes » personnalisées !

05 septembre 2018
Pour limiter un excès de cholestérol, il n’existe pas une solution… mais des solutions, à la hauteur du risque vasculaire et des déterminants probables de l’hypercholestérolémie.

 

Composant indispensable des membranes cellulaires, le cholestérol entre aussi dans la composition de nombreuses hormones, ces courroies de transmission de multiples réactions dans l’organisme. Il en faut donc – ni trop pour le bonheur de ses artères, ni pas assez… Le cholestérol est dosé dans le sang et l’on se base pour juger de son taux sur les chiffres respectifs de ses deux fractions, le HDL cholestérol (HDL-c) et le LDL cholestérol (LDL-c) : elles définissent le risque que survienne un incident cardiovasculaire pour un individu. Un risque pondéré toutefois en fonction de ses autres facteurs de risque vasculaire : un tabagisme, l’âge, une hypertension artérielle, un diabète et/ou un surpoids.

 

Vers le foie ou vers les vaisseaux ? Cholestérols HDL et LDL

 Le HDL-c est le bon cholestérol, qui protège, du nom de la protéine, HDL (pour lipoprotéine de haute densité), qui transporte le cholestérol vers le foie où il est éliminé par la bile, puis les selles, ce qui évite son accumulation sur les artères. À l’inverse, le LDL-c est le mauvais cholestérol parce que, accroché à sa protéine LDL (de basse densité), il atteint les vaisseaux pour y constituer les plaques d’athérome, à l’origine des accidents vasculaires (infarctus du myocarde ou AVC).

On sait encore mal les raisons d’un excès de cholestérol… Ce dont on est sûr, c’est que le foie produit la plus grande part de ce cholestérol (80 % environ) et que le reste provient de l’alimentation. Quant à ce qui déclenche la production par le foie du cholestérol, et son excès, l’explication est loin d’être trouvée… Elle est en partie génétique, en partie seulement. Les mécanismes de régulation s’émoussent avec l’âge probablement aussi.

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Réponses d'expert : de l’inégalité devant le cholestérol

Réponses d'expert : de l’inégalité devant le cholestérol

Pr JEAN FERRIÈRES
Cardiologue au CHU de Toulouse, Fédération française de cardiologie*

La vie est injuste… Certains sont des « hyperabsorbeurs » de cholestérol alimentaire, d’autres non, et ce, indépendamment de leur taux de cholestérol sanguin. Autrement dit, leur synthèse hépatique de cholestérol ne tient aucun compte de la façon dont ils absorbent le cholestérol dans l’intestin. Une dérégulation qui explique la très forte résistance du foie aux tentatives de régime hypocholestérolémiant. Pour savoir ce qu’il en est de notre capacité à absorber le cholestérol, le seul moyen est de tester cette diète sur trois mois par exemple.
Si cela ne fonctionne pas, et que le risque vasculaire, en particulier au décours d’un accident, est décidément élevé, place aux médicaments de synthèse, les statines aujourd’hui, qui empêchent la synthèse du cholestérol « endogène » dans le foie. Leur rapport efficacité/tolérance peut être optimisé, en réduisant les doses ou en les espaçant en cas de douleurs musculaires. Le traitement est le fruit d’une négociation, où l’on met en balance ses avantages et ses inconvénients, pour une personne en particulier, en tenant le plus grand compte de ses facteurs de risque et de ses habitudes de vie.

* www.fedecardio.org

 

Méthodes additives : nutrition et activité physique

 Quoi qu’il en soit (et la nature des déterminants d’une hypercholestérolémie), il s’agit de baisser son cholestérol autant qu’il est possible, pour ainsi réduire son risque vasculaire. Quelques pistes, non universelles !

  • Limiter ses apports en graisses

La base. Sauf que la production de cholestérol est en grande partie endogène, et à ce titre, le cholestérol provenant de l’alimentation n’influence que peu le cholestérol total. Plutôt que de faire l’impasse sur les graisses, ce qui est intenable sur la durée, mieux vaut choisir les meilleures : moins de graisses animales « saturées », issues de la charcuterie, des viandes rouges et des fromages ; davantage de poissons et d’huiles végétales (colza et/ou noix). Une assiette par ailleurs riche en fibres solubles qui emportent le gras avec elles dans l’intestin : légumes à feuilles, aubergine, carotte, pommes, prunes, flocons d’avoine, orge, cannelle, etc.

  • Piano sur les sucres aussi

Il est totalement contre-productif de remplacer les unes, les graisses, par les autres, les sucres… Via l’insuline en effet, qui s’élève à chaque ingestion sucrée, les sucres favorisent le stockage des graisses, et notamment autour des viscères. À la clé, de l’inflammation qui amplifie la maladie cardiovasculaire. On choisit donc des sucres à index glycémique bas (qui n’élèvent que modérément la glycémie) en excluant les sucres bonbons, pain blanc, sodas, etc. Le vin et ses tanins ? Oui, mais avec modération toujours.

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  • Tabler sur les phytostérols naturels

Ce cholestérol végétal entre en concurrence dans l’intestin avec le cholestérol, alors embarqué dans les selles. Le taux de LDL-c en est réduit, de quelques pourcents. On le trouve dans le germe de blé, l’huile de colza, les lentilles ou les algues.

  • Picorer des noisettes…

… Et autres oléagineux (noix, amandes…) permet de diminuer de 5 à 7 % le LDL-c. La bonne « posologie » ? 30 grammes chaque jour, soit une grosse poignée d’amandes.

  • Bouger régulièrement

À ces bonnes mesures, on ajoute 30 minutes de marche rapide par jour par exemple, ou de danse, de nage… On peut ainsi espérer monter son HDL-c, mais encore réduire une hypertension artérielle, lisser les pics de glycémie, c’est-à-dire diminuer la part de chacun des facteurs de risque vasculaire. Ils sont sinon synergiques pour émietter l’espérance de vie en bonne santé…

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Conseils de Pharmacien : levure de riz et tisane hypocholestérolémiantes

Conseils de Pharmacien : levure de riz et tisane hypocholestérolémiantes

Si « bien manger » (ce qui, encore une fois, n’est pas seulement manger moins de gras « saturé ») est le préalable indispensable pour espérer baisser son cholestérol (LDL-c) et augmenter la part du HDL-c, on peut aider la nature, avec des compléments alimentaires.

  • La levure de riz rouge, qui agit comme une statine, mais à plus faible dose : elle est donc moins efficace, mais ses effets secondaires moins gênants. On peut l’associer à de la coenzyme Q10, un protecteur musculaire.
  • Autre solution naturelle, la spiruline, qui réduirait le taux sanguin de triglycérides, une autre graisse à risque, synthétisée celle-ci à partir des sucres (et de l’alcool).
  • La forme tisane, qui allie feuilles d’artichaut, de boldo et de pissenlit (toutes hypocholestérolémiantes), assaisonnée d’une étoile de badiane pour le goût, est intéressante ; en obligeant à boire régulièrement, elle contribue à nettoyer un organisme encrassé. Le mode opératoire ? Chaque jour, 2 cuillerées à soupe de ce mélange pour 50 cl d’eau frémissante, infusées quelques minutes.

 

À lire

À lire

EN FINIR AVEC LE CHOLESTÉROL, de Anne Dufour et Carole Garnier, aux éditions Leduc.s

Un livre épatant pour comprendre les raisons de l’excès de cholestérol, miser sur les aliments anticholestérol… sans faire l’impasse sur ceux qui en contiennent !, recettes à l’appui.

Brigitte Blond

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