Se quitter à partir de 50 ans : adieu, c’est mieux ?

Se quitter à partir de 50 ans : adieu, c’est mieux ?
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Pour vivre heureux, vivons séparés ! Telle pourrait être la devise des cinquantenaires et plus qui décident de mettre un terme à leur couple. Pour le meilleur et pour…

On s’aime, on se met ensemble, on construit… Et on est convaincu que c’est pour la vie. Seulement voilà, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Au fil du temps, l’admiration, le désir, la complicité, la confiance, l’échange, le respect et tout ce qui donne à un couple ses raisons d’exister peuvent s’étioler sous le poids du quotidien. Entre ennui, indifférence, contraintes ou conflits, l’autre n’est plus celui ou celle par qui le bonheur arrive, mais devient la personne que l’on doit quitter si l’on veut se retrouver. Et pour peu qu’il n’y ait plus aucune obligation matrimoniale (argent, enfants) susceptible d’entraver la route vers la liberté, il devient presque plus facile de laisser pousser les ailes de la seconde chance. Celle qui se tente comme un pari fait sur l’avenir, et ce, quel que soit le chemin qu’il reste à parcourir.

Le droit à l’envie

C’est l’Institut national d’études démographiques (Ined) qui le dit : en dix ans, le nombre de « divorces gris », à savoir de séparation chez les seniors, a doublé. Difficile d’expliquer précisément ce que l’Institut considère comme le « phénomène de société » qui agite désormais le parcours conjugal des 50 ans et plus. Toujours est-il que lorsque plus rien n’oblige à respecter les engagements matrimoniaux, les envies de liberté n’ont plus de raison de se taire. À commencer par celles de la gent féminine. Dans 63 % des ruptures comptabilisées, ce sont en effet les femmes qui prennent l’initiative.

Du constat au déclic

Être cinquantenaire aujourd’hui revient à être à la mi-temps de son existence. En forme et avec plein de projets, on a encore de belles années devant soi. Chez la plupart des individus, ce constat soulève inévitablement des questions existentielles aux allures de bilan. Surtout lorsque sonne l’heure du départ des enfants, celle de la retraite ou, pour de nombreuses femmes, celle de la ménopause. « Suis-je vraiment heureux(se) ? », « est-ce que j'aime la femme/l'homme que je vois dans les yeux de l'autre ? », « comment ai-je envie de passer les années qui me restent ? »

La vie en mieux

Il est vrai que dans la vie, on ne sait pas toujours ce que l’on veut. Mais une chose est sûre, c’est qu’il arrive un âge où l’on sait sans équivoque ce que l’on ne veut plus. Voilà pourquoi à 50 ans et plus, la décision du divorce ou de la séparation naît d’une certitude. Celle que le couple n’a pas réussi à basculer d’une histoire d’amour à une relation fondée sur l’autonomie, la tendresse et le dialogue. À cet âge, on part vraiment pour soi, et la peur de la solitude est balayée par le refus que se prolongent les conflits ou l’indifférence.

Les raisons des plus jeunes

Entre 20 et 30 ans, on est encore dans une phase de construction personnelle qui tolère mal les frustrations. Aussi, la séparation a souvent un parfum d’aventure car on se donne plus facilement le droit d’aller voir ailleurs si le bonheur s’y trouve. Chez les 30-50 ans en revanche, les enfants et vie matérielle font réfléchir à deux fois. Seul le constat que la relation n’est plus qu’une source d’insatisfactions sans amélioration possible peut avoir raison des doutes.