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CONTRACEPTION NATURELLE

La contraception naturelle, une méthode fiable… ou pas ?

23 février 2017
Depuis l’arrivée de la pilule, on croyait les méthodes de contraception à l’ancienne reléguées aux oubliettes. Et pourtant, de plus en plus de femmes se tournent vers elles, notamment en raison de la défiance envers les pilules contraceptives de 3e et 4e générations. L’occasion de se demander si ces méthodes dites naturelles sont vraiment fiables.

 

Selon une étude Ined-Inserm datant de mai 2014, près d’une femme sur dix opte pour une méthode de contraception naturelle. Un chiffre qui peut surprendre dans un pays où l’autorisation de la vente de la pilule, à la fin des années 1960, a été vécue comme une libération pour la femme.

 

La contraception naturelle : qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, la contraception naturelle est un ensemble de méthodes de contraception sans artifice ou matériel particulier. Sous ce terme sont ainsi regroupées des techniques aussi diverses que le retrait avant éjaculation ou les différentes méthodes d’observation du cycle féminin : méthode Ogino, méthode de des températures, méthode de Billings ou encore symptothermie (voir encadré ci-dessous). Ces différentes techniques se basent sur le cycle naturel de la femme. En effet, une femme n’est fertile qu’à certains moments de son cycle. En étudiant le fonctionnement de son cycle et en étant attentive à son propre corps, elle serait en mesure de repérer cette période de fertilité. Il suffirait donc, pour ne pas tomber enceinte, de ne pas avoir de rapport pendant cette période.

 

Le pour : une méthode de contraception en phase avec la féminité

Pourquoi un tel engouement autour de ces techniques ? La défiance récente envers la pilule contraceptive y est pour beaucoup. En particulier envers les pilules de 3e et de 4e génération, que l’on accuse d’augmenter le risque cardiovasculaire. Les femmes avancent aussi des raisons « écologiques » (on sait aujourd’hui que le rejet des hormones dans les eaux usées contamine l’eau des rivières) et des arguments liés au respect de leur propre corps. Pourquoi prendre des hormones alors que la nature propose une solution simple pour ne pas tomber enceinte quand on ne le désire pas : l’écoute de son corps. Cet engouement s’inscrit dans une tendance plus large du retour au naturel, que ce soit pour se soigner, pour se nourrir et donc pour faire (ou ne pas faire) des bébés.

 

Le contre : des techniques exigeantes, et pas adaptées à toutes les femmes !

Si les arguments en faveur de la contraception naturelle sont convaincants, qu’en est-il de l’efficacité de ces méthodes ? C’est finalement le point le plus important. Concernant le retrait avant éjaculation, son taux d’efficacité est de 78 %, ce qui est peu. En effet, il reste très difficile, pour un homme, de contrôler ce moment clé. De plus, avant l’éjaculation, l’homme produit un liquide contenant des spermatozoïdes, qui peuvent donc féconder l’ovule.

Concernant les méthodes basées sur l’observation du cycle féminin, elles ne sont pas non plus fiables à 100 %. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le taux d’échec de ce type de méthodes de contraception naturelle serait de 25 %. Statistiquement, une femme qui a recours à ces techniques a donc une chance sur quatre de tomber enceinte lors de la première année d’utilisation. Rappelons qu’en cas d’échec, le seul recours, si l’on ne souhaite pas d’enfant, est l’avortement qui, soulignons-le, n’est pas une solution à prendre à la légère.

Pourquoi peu de réussite malgré une théorie convaincante ? En fait, ces techniques demandent une certaine maîtrise, et les erreurs d’interprétation sont courantes. De plus, elles ne fonctionnent pas en cas de cycle irrégulier (cycles où la date d’ovulation n’est jamais fixe, donc difficilement prévisible !).

Enfin, il est également important de rappeler que ces méthodes sont uniquement des techniques de contraception : elles ne protègent pas des maladies sexuellement transmissibles et notamment du VIH. Elles peuvent aussi constituer un frein à la libido : l’acte sexuel est beaucoup moins naturel quand il est programmé !

 À lire aussi : Quelle méthode pour sa contraception ?

 

Les différentes méthodes d’observation du cycle féminin, de la méthode ogino à la symptothermie

Les différentes méthodes d’observation du cycle féminin, de la méthode ogino à la symptothermie

  • La méthode Ogino : elle consiste à repérer les jours fertiles… et à s’abstenir pendant cette période.
  • La méthode de la courbe des températures : elle consiste à prendre sa température tous les matins à la même heure. Une légère élévation de la courbe indique l’ovulation, et donc permet de repérer la période de fertilité.
  • La méthode Billings : elle est basée sur l’observation de la glaire cervicale (secrétée par le col de l’utérus). Sa composition change en fonction du cycle.
  • La symptothermie : elle associe l’étude de la température au réveil et celle de la glaire cervicale, pour identifier les différentes phases du cycle.
Alix Lefief

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