Contraception masculine : enfin des solutions, perfectibles

Contraception masculine : enfin des solutions, perfectibles

18 mars 2022
La charge mentale et physiologique de la contraception pourra-t-elle bientôt changer de camp ou au moins occuper femmes et hommes à égalité ? Tour d’horizon des possibles.

 

Depuis 1967 et la légalisation de l’accès aux méthodes anticonceptionnelles – pilule ou dispositif intra-utérin (le mal-nommé stérilet) -, la contraception « tradi », de couple, à l’aide des moyens du bord, est devenue médicale (sur prescription) et du ressort quasi-exclusif des femmes. Aujourd’hui, si les plus jeunes en parlent volontiers à leurs compagnes, connaissent bien les avantages et inconvénients (contraintes liées à la prise chaque jour dans le cas de la pilule, effets indésirables des hormones dont une acné, une prise de poids, une moindre libido, etc.) des contraceptifs féminins, ils sont beaucoup moins renseignés sur les solutions contraceptives masculines*. Et pourtant, il y en a, même si pour certaines, on est encore au début de l’aventure parce qu’elles n’ont pas fait toutes leurs preuves en matière d’efficacité ou de sécurité.

Le préservatif, en majesté

Il est au 2ème rang, après la stérilisation féminine, des méthodes contraceptives dans le Monde : un couple sur 5 y a recours. Le risque de rupture ou de glissement est plus faible avec le latex, mais alors le risque d’allergie plus grand. D’accessoire pépère, le préservatif est presque devenu un sex-toy : nervuré et perlé, extrémité ample et plissée, seconde peau, ultrafin, ce qui peut éviter une certaine lassitude et ainsi l’abandon de cet accessoire. Il est surtout irremplaçable pour protéger des infections sexuellement transmissibles, par le VIH (du Sida) certes, mais encore par le virus de l’hépatite B, celui de l’herpès, par la bactérie de la syphilis, de la blennorragie (le gonocoque) ou d’une chlamydiose. Le préservatif, une méthode réversible, est plus précieux encore pour les couples débutants ou peu stables.

 À lire aussi : Pourquoi choisir le préservatif ?

 

Le retrait, toujours aléatoire

Le coït interrompu est une technique simple, gratuite, sans contre-indications d’aucune sorte… mais peu fiable. Il n’empêche bien sûr pas la transmission des infections sexuelles. Enfin et surtout, le partenaire masculin doit être consentant et en mesure de contrôler son éjaculation.

De l’efficacité des contraceptifs

De l’efficacité des contraceptifs

Peu le sont à 100 % en pratique. Si la pilule l’est en théorie (mesurée sur l’indice de Pearl, alors voisin de 0), elle l’est moins en pratique puisqu’elle peut être oubliée (indice de 8). Même cas de figure, de discordance de l’efficacité théorique et pratique (indice de 15), avec le préservatif qui peut être mal utilisé (rupture ou mise en place incorrecte)… Les deux efficacités, théorique et pratique, sont en revanche superposables, proches de 100 %, pour les moyens contraceptifs simples, peu contraignants, qui obligent au minimum de manipulations, que sont le dispositif intra-utérin et la vasectomie.

Le slip chauffant, éteignoir

Pour fonctionner correctement, et produire leur lot de spermatozoïdes, les deux testicules doivent être au fond des bourses où la température est de 2 degrés inférieure à celle mesurée à la racine du pénis. Grâce à ce sous-vêtement spécifique, les testicules sont placés plus haut au plus chaud, une hyperthermie modérée qui inhibe la production de spermatozoïdes matures, leur mobilité, sans affecter les cellules « souches ». La méthode est efficace, réversible. Conçu sur mesure, le modèle prescrit et fourni par le CHU de Toulouse est en cours d’investigation pour déterminer le mode d’emploi le plus judicieux. Il semble qu’il doit être porté tous les jours au moins 15 heures par jour pour être efficace, après une première phase (dite d’inhibition), de 2 à 4 mois, et un contrôle du spermogramme tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois.

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La vasectomie, définitive

Simple, efficace, rapide et réalisable sans inconvénient, la vasectomie n’est pas toujours réversible. Si les hommes s’y prêtent volontiers dans les pays anglo-saxons et du Nord de l’Europe, l’intervention reste marginale en France en dépit de sa légalisation. Elle consiste à faire en sorte, en intervenant sur les canaux déférents (qui conduisent les spermatozoïdes hors des testicules), que le sperme émis contienne uniquement les sécrétions de la prostate et des vésicules séminales. La sexualité et les éjaculations ne sont en rien modifiées. Dûment informé par un urologue, le candidat à la vasectomie dispose d’un délai de réflexion de 4 mois en France.

Les hormones, en cours d’investigation

Il s’agit ici d’inhiber la spermatogénèse, autrement dit de faire passer le nombre des spermatozoïdes dans le sperme sous le seuil contraceptif, sans compromettre bien sûr l’acte sexuel. Plusieurs options sont envisageables et proposées. Des injections hebdomadaires ou mensuelles de testostérone à hautes doses, qui freine la production de testostérone endogène (sécrété par l’homme) et ainsi la spermatogénèse. Autre possibilité, un cocktail de testostérone à dose faible et d’un progestatif, bien toléré mais dont l’efficacité doit être surveillée dans la mesure où 60 à 80 % seulement des hommes y sont sensibles. Par ailleurs, un délai de 3 mois (la durée d’un cycle de la spermatogénèse) est nécessaire pour atteindre le seuil contraceptif, ce qui oblige à une contraception autre, supplémentaire, dans l’intervalle. Enfin, la testostérone exogène peut gêner la libido. Les contre-indications sont nombreuses : cancer de la prostate familial, foie gras, apnées du sommeil, psychose, acné, tabagisme, obésité, hypertension artérielle, etc. La bonne combinaison, actifs et voies d’administration, pourrait être trouvée d’ici 5 à 10 ans.

L’anneau contraceptif, en test

Le principe est le même que pour le slip chauffant. L’anneau, une technique qui n’est pas définitivement validée, repousse les testicules plus haut dans les canaux inguinaux. La fabrication de spermatozoïdes aptes à la rencontre avec l’ovule en est altérée. Ses inconvénients potentiels ? Porté 12 à 13 heures par jour, il peut être inconfortable. Par ailleurs, cette ascension testiculaire permanente ne risque-t-elle pas de compromettre la fertilité à terme ? Ou de provoquer des effets néfastes : quand le testicule est naturellement trop haut situé, le risque de cancer du testicule est plus grand… Des études manquent encore qui évaluent sa sécurité. Enfin, l’efficacité est variable selon les ethnies en particulier et doit être surveillée par un spermogramme régulier.

*Étude #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay

 

À lire

À lire

Les contraceptés, enquête sur le dernier tabou, aux éditions Steinkis, de Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain, dessin de Caroline Lee.

Pour comprendre le fonctionnement de l’anneau, des contraceptions thermiques, des injections hormonales et autres contraceptions masculines en images et en suivant les tribulations de deux candidats à un partage de la charge contraceptive.

 

Dr Brigitte Blond

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