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Conseils pour une sexualité épanouie à tout âge

Conseils pour une sexualité épanouie à tout âge

11 juillet 2017
Si le sexe est l’activité la plus pratiquée, c’est parce qu’il fait du bien. Mais plus ou moins et pas toujours. Quelques conseils pour maintenir ou améliorer désir et plaisir toute la vie, ou presque.

 

Aujourd’hui, tout le monde a accès sur Internet à une multitude de données sur la sexualité, mais le plus souvent d’origines et d’éthiques douteuses ou à visée commerciale. Pour obtenir des informations pertinentes, d’ordre scientifique, psychologique ou sensuel, c’est une autre histoire. Les sites pornographiques donnent aussi une vision « technique » de la sexualité en privilégiant la performance au détriment de la dimension affective et émotionnelle. Les adolescents en particulier, pour qui la sexualité s’apprend désormais surtout sur les écrans, sont d’emblée soumis à cette pression et leur vie sexuelle peut s’en trouver perturbée pour longtemps.

 

Non au diktat de la performance sexuelle

Dans la presse aussi, la performance sexuelle est un sujet « porteur ». C’est devenu une norme, se désolent gynécologues et sexologues qui mesurent tous les jours les répercussions désastreuses de ce diktat. Aujourd’hui, « les activités sexuelles doivent être fréquentes et régulières. Elles doivent durer longtemps. Elles doivent être toujours intenses. Elles doivent amener chaque fois à l’orgasme. Que d’impératifs ! »*. La performance – professionnelle, sociale, familiale, intime – régit la société actuelle et le rapport sexuel ne fait pas exception. Il doit obligatoirement « faire grimper aux rideaux » sous peine d’être anormal. Pas étonnant que les consultations de sexologie soient en hausse…

 

Réponses d'expert : le point G, mythe ou réalité ?

Réponses d'expert : le point G, mythe ou réalité ?

Pr Patrice LopesPr Patrice Lopes
Service de gynécologie du CHU de Nantes*

On a beaucoup fantasmé sur le point G. Est-il la fameuse clé de l’orgasme féminin comme certains le prétendent ? Décrit en 1950 par un gynécologue allemand, il s’agirait d’une partie rugueuse de 1,5 à 2 cm, située sur la paroi vaginale antérieure, à environ 2 ou 3 cm de l’entrée du vagin. La stimulation répétée de cette zone provoquerait dans un premier temps une envie d’uriner, puis mènerait, chez certaines femmes, à des orgasmes violents. À la fin de la phase orgasmique, cette zone gonflerait considérablement. Depuis, la communauté des spécialistes n’est pas d’accord… sur ce point ! Les anatomistes n’ont en effet jamais décrit de zone particulière à ce niveau. Les chirurgiens-gynécologues dissèquent très souvent cette région, sans trouver aucune particularité. La notion de « plaque érogène clitorido-vulvo-vaginale » se substitue à celle de point G.

* Coauteur de Questions Sexo (les réponses à toutes vos questions).

 À lire aussi : Les mystères du point G

 

Plus de tendresse pour plus de plaisir

À trop vouloir être performant et chercher à tout prix à atteindre le Graal qu’est l’orgasme, on en oublie les autres plaisirs et l’épanouissement sexuel. Atteindre le point culminant du plaisir ne veut pas forcément dire que la jouissance sexuelle a été au rendez-vous. Celle-ci est plus large et comprend la satisfaction physique, psychique, sensuelle et se traduit par un abandon total du corps et de l’esprit. Mais, trop souvent, mots doux, gestes tendres, baisers, caresses et autres câlineries passent à la trappe, les préliminaires sont expédiés ou maladroits voire inexistants – et finalement les rapports sexuels ne sont pas pleinement satisfaisants…

* In Questions Sexo. Ouvrage collectif du Centre national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et de l’Association inter-universitaire de sexologie (AIUS), éd. Eyrolles, 2017.

 

 

Des rapports sexuels satisfaisants pour les 2 partenaires

Dans un couple, les sentiments ne suffisent pas à rendre les rapports sexuels satisfaisants pour les deux partenaires. Une bonne entente sexuelle se travaille et s’entretient !

 

Au-delà des différences physiques évidentes, les femmes ne « fonctionnent » pas tout à fait comme les hommes et l’idéal est d’en tenir compte. Chez l’homme, l’excitation est plus « mécanique » et pulsionnelle. La vue du corps de l’autre, de ses mouvements et de ses regards est un puissant moteur du désir. Le toucher des zones intimes aussi, ce que d’ailleurs les femmes apprécient. Mais des progrès restent à faire car les femmes sont plus sensuelles, plus sensibles à la dimension émotionnelle et le mécanisme du désir féminin est plus complexe, plus subtil.

 À lire aussi : Désir en berne : les solutions pour retrouver sa libido

 

Des préliminaires plus longs

À savoir

À savoir

Libido et plaisir : à ne pas confondre ! Ces deux notions sont différentes.

  • La libido est le désir de s’adonner à une activité sexuelle avec un ou une partenaire. Le désir se traduit par des signaux physiques (lubrification, érection, excitation des zones érogènes) et psychiques (pensées sexuelles, envie d’être au contact de l’autre, de le voir nu…).
  • Le plaisir est l’aptitude à accéder aux sensations que procure le rapport sexuel.

La sexualité est ainsi un subtil alliage entre le désir de l’autre et le plaisir ressenti lors des rapports amoureux et sexuels. Mais cet « accord des corps » n’est pas automatique et systématique. Dans un couple, l’intimité sexuelle demande à être entretenue et « travaillée » pour être épanouie et enrichissante.

Souvent, les préliminaires conduisent trop rapidement à la pénétration. Pourtant, plus les préliminaires durent, plus l’homme ressent de plaisir et plus la femme éprouve de désir et de plaisir après la pénétration. Mais les hommes semblent ignorer que les femmes aiment les caresses sur l’ensemble du corps. C’est bien de penser au clitoris, jadis si négligé, mais après les caresses du pubis et du reste de la zone génitale c’est mieux. Et pourquoi oublier la nuque, par exemple, qui est aussi une zone érogène. La peau dans son ensemble, les lèvres de la bouche, les seins et l’anus, richement vascularisé, sont des zones érogènes et pourtant souvent oubliées. Cela dit, il y autant de zones érogènes que d’individus et les découvrir ensemble fait partie, ou plutôt devrait faire partie, du plaisir des jeux amoureux. Ainsi, une femme se montrera peu sensible au titillement des mamelons alors qu’une autre pourra aller jusqu’à l’orgasme. Une zone du cou, du dos, des cuisses ou des pieds procure des sensations très excitantes chez les un(e)s et pas du tout chez les autres. Etc. Le dire au ou à la partenaire peut améliorer les choses.

Fellation et cunnilingus

En fait, tous les gestes préliminaires au rapport sexuel proprement dit, bisous, effleurements, caresses (et davantage) sont recommandés, même s’ils ne sont pas impératifs. Tout dépend des moments, des circonstances et des envies, la sexualité est heureusement multiforme. Rien de neuf dans ce domaine mais les pratiques ont bien évolué depuis une cinquantaine d’années et ont enrichi les relations amoureuses. Alors qu’ils étaient considérés comme des pratiques de maisons closes il y a seulement un siècle, la fellation et le cunnilingus sont aujourd’hui des passages quasi obligés des préliminaires ou du jeu amoureux.

Échanger et suggérer

Pour qu’une relation intime s’affirme, évolue et que la sexualité s’épanouisse des deux côtés, il faut échanger, dialoguer sans réticences. En d’autres termes oser demander des changements de rythme et des interruptions au cours du rapport parce qu’ils accroissent le désir et le plaisir, suggérer des changements, varier les positions donc les sensations, au besoin dire non à ce qui ne plaît pas. Et ne pas s’installer dans la routine, les habitudes. Mais aussi, en dehors des relations sexuelles, offrir à l’autre des petits mots doux ou coquins, des pensées d’amour et de désir pour le surprendre et le séduire autrement que par le corps.

 

Témoignage : Se faire aider parfois

Témoignage : Se faire aider parfois

Après des années de tentatives de FIV (fécondation in vitro), quand enfin j’ai été enceinte, tout a basculé. J’avais tellement peur de ne pas pouvoir mener ma grossesse à son terme que nos rapports sexuels se sont vite espacés. Le médecin avait beau nous dire qu’il n’y avait pas de danger de fausse-couche car tout se passait bien et me conseiller des positions tenant compte de mes craintes, j’étais bloquée. Même mon conjoint n’était pas motivé. En fait, je l’ai compris par la suite, il avait mal vécu toutes ces années de traitements avec ponctions, recueil de sperme, transferts embryonnaires, etc. Notre vie sexuelle était dominée par l’obsession de la grossesse. Après l’accouchement, ça ne s’est pas arrangé. À cause des traitements hormonaux j’avais beaucoup grossi et je n’étais plus attirante. J’allaitais ma fille, je m’en occupais beaucoup mais c’était ma priorité, je l’avais tellement voulue. Je n’éprouvais plus guère de désir et de plaisir. Petit à petit nous nous sommes éloignés sans que je réagisse et finalement nous nous sommes séparés. Sans doute aurions-nous dû voir un(e) sexologue ou un(e) psychologue…

Noëlle, 43 ans

 

 

Les seniors aussi ont des rapports sexuels

Aujourd’hui, les seniors sont en forme et sexuellement actifs. Les rapports ne sont peut-être plus aussi flamboyants mais, moyennant quelques aides, pas question d’y renoncer !

 

Même si statistiquement la fréquence des actes sexuels diminue avec l’âge, l’intérêt pour la sexualité ne diminue pas. Et comme les rapports sexuels sont bons pour la santé en général, le moral et même le fonctionnement cérébral, pourquoi s’en priver disent les septuagénaires (et plus) d’aujourd’hui, actifs et souvent en bonne santé. Cela dit, même en forme, le corps change et ne réagit plus de la même manière.

 À lire aussi : Pas de retraite pour notre sexualité

Pallier la sécheresse vaginale…

Chez la femme, l’arrêt des sécrétions hormonales à la ménopause peut entraîner peu à peu une sécheresse vagino-vulvaire et, plus tard, une atrophie engendrant des douleurs lors de la pénétration et du coït, voire une perte du désir. Mais si sa relation avec son conjoint ou son partenaire est tendre et harmonieuse et si elle est assez motivée pour prendre un traitement hormonal oral ou utiliser régulièrement des traitements locaux, les rapports sexuels peuvent se poursuivre longtemps. Les préliminaires doivent toutefois durer un peu plus.

Conseils de Pharmacien : Hydratation et lubrification vaginale

Conseils de Pharmacien : Hydratation et lubrification vaginale

En cas de sécheresse vaginale, plusieurs options sont possibles :

  • Des produits hydratants et réparateurs, sans hormones, comme les gels vaginaux en monodoses Sérélys et Intimhaé, à utiliser 2 ou 3 fois par semaine et avant chaque rapport sexuel.
  • Des gels lubrifiants avec de l’acide hyaluronique : Saforelle (unidoses), Palomacare (tube), Hydralin lubrifiant (flacon pompe), à appliquer sur les muqueuses et à l’entrée du vagin avant les rapports.
  • Des produits antisécheresse à base d’œstrogènes en application locale, sur ordonnance. En gel, ovules, crème ou, plus nouveau, en anneau vaginal qui diffuse pendant 3 mois, à placer soi-même (Estring).
  • Les gélules par voie vaginale à base de ferments lactiques visent à rééquilibrer la flore vaginale : Physiostim, Florgynal, Bactigyn.

Et les troubles érectiles

Les hommes n’ont pas ce problème et leur taux d’hormones sexuelles diminue très progressivement ou jamais. Au fil des années cependant, les dysfonctionnements érectiles sont plus fréquents. La solution : un des 4 médicaments de la famille des IPDE5 (inhibiteurs de la phosphodiestérase 5) dont la fameuse pilule bleue. Seuls leur délai et leur durée d’action diffèrent.

 

Troubles sexuels : la faute aux médicaments ?

Troubles sexuels : la faute aux médicaments ?

Les dysfonctionnements sexuels peuvent être dus à la prise d’un médicament. En cas de doute, il faut en parler à son médecin.

  • Certains antidépresseurs, surtout de la classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Certains psychotropes, anxiolytiques et neuroleptiques aussi.
  • Des médicaments à visée cardiovasculaire : diurétiques thiazidiques, inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) et antagonistes calciques, amiodarone, certains bêtabloquants.
  • Les traitements (antiandrogènes) du cancer de la prostate.
  • Chez la femme, des traitements à base d’hormones, en particulier contre le cancer du sein, qui abaissent la concentration d’œstrogènes. Pour la pilule contraceptive, ça dépend des femmes et des pilules. Le dosage en œstrogènes et en progestérone peut avoir un impact mais il suffit parfois de changer de pilule pour régler le problème. Par ailleurs, le pic de désir sexuel se situant avant l’ovulation est gommé par la pilule.

 

Evelyne Gogien

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