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HYSTERECTOMIE

Comprendre l’hystérectomie en quatre questions

07 décembre 2017
Totale ou partielle, près de 70 000 ablations de l’utérus sont réalisées en France chaque année. Pourquoi, comment et avec quels risques ?

 

L’hystérectomie est une procédure chirurgicale qui consiste à enlever l’utérus. Cette opération très bien maîtrisée aujourd’hui a des conséquences psychologiques importantes pour les patientes, même lorsqu’elles ont passé l’âge d’enfanter, et peut être vécue comme une perte de leur féminité. Selon les sources, entre 65 000 et 75 000 ablations1 d’utérus sont pratiquées chaque année en France. Quelles sont les indications qui justifient cette opération ? Les différentes formes qu’elle peut prendre ? Les conséquences positives à en attendre ? On fait le tour de la question.

 

Fibromes utérins et autres indications dans lesquelles une hystérectomie peut être recommandée

Plusieurs pathologies peuvent nécessiter une hystérectomie, qui ne sera toutefois envisagée qu’après l’échec de toutes les autres possibilités de traitement et en fonction du profil de la patiente.

Les fibromes utérins constituent l’indication la plus courante. Le plus souvent asymptomatiques, ils peuvent entraîner des douleurs pelviennes, des règles trop abondantes, des sensations de lourdeur dans le bas-ventre.

Ces tumeurs bénignes qui se développent sur la paroi de l’utérus touchent 20 à 30% des femmes blanches, et 50% des femmes noires2. À 50 ans, 70 à 80% des femmes sont touchées par cette maladie gynécologique qui est la première cause d’hystérectomie en France.

Viennent ensuite dans les indications les plus fréquentes, les méno-métrorragies, c’est-à-dire des règles trop abondantes ou des saignements permanents, fréquentes à l’approche de la ménopause ou en cas de fibromes ; l’endométriose, où l’on observe une migration de la muqueuse tapissant l’utérus sur les organes entourant l’utérus, entraînant des douleurs importantes : l’hystérectomie peut être une réponse proposée aux patientes qui ont déjà expérimenté sans succès plusieurs traitements et ayant déjà porté des enfants.

Plus rare, le prolapsus utérin, provoqué par l’âge et les grossesses successives, consiste en une descente de l’utérus dans le vagin, provoquant une pesanteur et des problèmes urinaires, peut être aussi résolu par l’hystérectomie. Enfin, l’opération peut être nécessitée par la détection d’un cancer utérin ou ovarien, nécessitant l’ablation pour éviter une prolifération des cellule cancéreuses.

 À lire aussi : Fibrome utérin, ce grand inconnu qui touche 1 femme sur 10

 

Hystérectomie totale ou partielle : quelles sont les différentes procédures ?

Il existe quatre types différents d’hystérectomie, déterminés selon la nature du problème à traiter et l’âge de la patiente. L’hystérectomie totale consiste à enlever l’utérus et le col de l’utérus, alors que l’hystérectomie subtotale conserve le col de l’utérus en place. On parle d’hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie, dans laquelle le corps de l’utérus, le col mais aussi les ovaires et trompes de Fallope sont ôtés.

Enfin, on pratique l’hystérectomie radicale face à des cancers gynécologiques invasifs : sont alors enlevés l’utérus et son col, les trompes et ovaires, mais aussi la partie supérieure du vagin et les ganglions lymphatiques pelviens. L’opération peut être réalisée par voix vaginale, abdominale ou par coelioscopie. La voix abdominale laisse une cicatrice plus apparente, mais facilite l’extraction de l’utérus s’il est très volumineux, par exemple avec un fibrome très développé : certains peuvent peser plusieurs kilos !

 À lire aussi : Les cancers de la femme, on en parle sans tabous

 

Quelles sont les suites opératoires et complications éventuelles ?

Comme toute intervention chirurgicale, une hystérectomie présente un risque de complications post-opératoire. L’hospitalisation dure en général trois jours après l’opération, le temps de retirer la sonde urinaire et le drain posés en sortie de bloc. Afin de prévenir les risques de phlébite, des anticoagulants sont prescrits, ainsi que le port de bas de contention. Des saignements vaginaux importants sont normaux les premiers jours. Pendant le mois qui suit l’opération, la patiente doit se reposer au maximum, éviter tout effort physique, ainsi que les rapports sexuels, les bains et le port de tampons. Les complications les plus fréquentes à surveiller sont la phlébite et l’embolie pulmonaire, l’infection de la zone opérée, l’occlusion intestinale, l’infection urinaire, des saignements vaginaux importants et persistants. Toute fièvre, difficulté respiratoire ou douleur persistante doit amener la patiente à consulter sans attendre.

 

Qu’est-ce que l’hystérectomie change à la vie des femmes ?

Cette question est la première à être posée lorsque l’opération est envisagée. Les femmes qui sont opérées avant la ménopause ne seront plus fertiles, et n’auront plus de règles ni la possibilité de tomber enceintes, même si leurs ovaires sont conservés. Si les ovaires sont également retirés, elles peuvent expérimenter des symptômes identiques à ceux de la ménopause : baisse de libido, sécheresse vaginale, sueurs nocturnes, bouffées de chaleurs, etc… Ces troubles peuvent être atténués par un traitement hormonal de substitution. De nombreuses patientes s’inquiètent de leur sexualité après l’opération : l’ablation de l’utérus et le cas échéant du col de l’utérus ne modifie en rien les sensations orgasmiques ni le plaisir du partenaire. Du moins sur un plan physiologique, car l’impact de l’opération est lourd sur un plan psychologique. Si certaines femmes qui subissaient de lourdes douleurs au quotidien sont soulagées, la majorité des femmes opérées doivent faire le deuil de cet organe symbolisant la maternité et la féminité, une démarche qui reste difficile même si elles étaient déjà ménopausées.

 À lire aussi : Ménopauses, symptômes gênants et solutions

 

En France, depuis 2010, on constate une légère baisse du recours à l’hystérectomie, avec environ 64 000 hystérectomies pratiquées en 2014 contre 68 000 en 20103.

 

  1. Source Fibrome Info France
  2. Etude sur « Les traitements médicamenteux du fibrome utérin », 2004, réalisée par l’ANSM.
  3. Source Institut de Recherche et de documentation économique en santé (Irdes) – Atlas des variations de pratiques médicales – Edition 2016
Clémentine Garnier

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