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Zona et complications

Zona et complications

14 mars 2016
Le risque de réactiver le virus de la varicelle après un contact avec un enfant atteint augmente fortement après 60 ans. Or à cet âge le zona entraîne souvent des névralgies difficiles à traiter pendant des mois ou des années après la guérison.

 

Tout le monde a entendu parler du zona – et pour cause : cette maladie, douloureuse et invalidante, touche 1 personne sur 4 au cours de sa vie. Comme la moitié des cas de zona se développent chez les personnes âgées de plus de 60 ans et que la population française est vieillissante, le nombre de cas va encore augmenter chez les seniors dans les prochaines années. On connaît moins le lien étroit existant entre zona et varicelle, et moins encore l’importance et la persistance de névralgies dues au zona après sa guérison. En fait, le virus du zona est le même que celui de la varicelle. En clair, le zona résulte de la réactivation du virus de la varicelle resté tapi dans l’organisme après la guérison de la maladie, contractée en général dans l’enfance.

 

Réactivation du virus de la varicelle

Plus précisément, le virus dit VVZ (virus varicelle-zona) reste présent sans se manifester dans les ganglions nerveux jusqu’à ce qu’un contact avec une personne souffrant de varicelle le réactive en provoquant, dans sa phase aiguë, une éruption (les vésicules contiennent de nombreux virus et sont très contagieuses), habituellement d’un seul côté et le plus souvent au niveau du thorax, mais aussi le zona ophtalmologique (conjonctive, cornée, rétine, nerf optique). Or le zona ophtalmique, qui touche environ 20 000 personnes par an, est souvent grave. Autre conséquence : des douleurs causées par les lésions nerveuses, elles-mêmes dues à la réplication du VVZ dans les ganglions et à sa diffusion dans les nerfs. Ces douleurs neurologiques, locales le plus souvent, qui précèdent de quelques jours l’éruption dans 70 à 80 % des cas, sont neuropathiques : principalement de type brûlure mais aussi de démangeaison ou de picotement, parfois de décharge électrique ou de « coup de poignard ». Il faut impérativement consulter un médecin car des antiviraux adaptés (sur ordonnance) permettent de traiter le zona en limitant la réplication virale… à condition d’être administrés dans les premières 72 heures après le début de l’éruption.

 

Névralgies après la guérison suite à un traitement du zona

L’éruption guérit complètement en trois ou quatre semaines mais les douleurs peuvent persister au-delà. Le traitement antiviral pris précocement vise aussi à prévenir les complications : cicatrices inesthétiques, insensibilité locale et, plus graves, névralgies chroniques dites post-zostériennes extrêmement pénibles à supporter au quotidien. Mais les traitements ne suffisent pas toujours et on ne sait pas à l’avance qui aura ce type de douleurs neuropathiques. Cela dit, les facteurs de risque sont la gravité des douleurs et de l’éruption à la phase aiguë, une localisation ophtalmique et l’âge.

 

Repli social

Plus on vieillit et plus la probabilité de souffrir de douleurs neuropathiques pendant des mois ou des années est élevée. Environ 20 % des personnes atteintes de zona âgées de plus de 50 ans développent des douleurs persistantes et ce taux atteint 50 % chez les 70 ans et plus. Dans 15 % des cas, les seniors souffrent encore de névralgies post-zostériennes au bout d’un an. Or les troubles du sommeil et la diminution de l’appétit, avec parfois une perte de poids, que ces névralgies entraînent finissent par donner une fatigue chronique, des troubles de l’attention et de la mémoire, et par retentir sur la qualité de vie. Les activités quotidiennes banales comme s’habiller ou faire les courses deviennent difficiles voire impossibles, et l’anxiété et la dépression peuvent conduire à un repli social.

 

Traitements difficiles et lourds

Comme toutes les douleurs neurologiques, les névralgies post-zostériennes sont rebelles et difficiles à traiter : seulement 50 % des patients sont soulagés correctement de leurs douleurs. Le traitement, pourtant lourd, associant parfois plusieurs médicaments – un antalgique (anti-inflammatoire, éventuellement opioïde), un antidépresseur (tricyclique, inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) et un antiépileptique à faible dose –, ne suffit pas toujours. Des traitements complémentaires (tissus à base de lidocaïne, neurostimulation ou, en hospitalisation, pose de patchs à la capsaïcine) peuvent apporter un surcroît d’efficacité. Mais c’est souvent un casse-tête pour les médecins et un supplice pour les malades. D’où l’intérêt d’un vaccin destiné à prévenir le zona et les névralgies post-zostériennes chez les seniors (lire encadrés).

 

Un vaccin contre le zona pour les seniors

Le vaccin Zostavax® de Sanofi Pasteur MSD, déjà utilisé depuis quelques années aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Suisse, est désormais disponible en France et recommandé par le Haut Conseil de la Santé publique à partir de l’âge de 65 ans. C’est le premier vaccin qui contrôle la réactivation du virus de la varicelle présent à l’état latent dans l’organisme (quand on a eu la varicelle, en général durant l’enfance). Plus exactement, d’une part il réduit de moitié la probabilité d’avoir un zona et, en cas de zona, atténue la sévérité des douleurs. D’autre part, il diminue de 65 % la survenue de névralgies post-zostériennes (une fois le zona guéri) et de plus de 61 % la gravité de ces douleurs.

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Dr. PickeringDr Gisèle Pickering
Neuropharmacologue, gériatre et spécialiste de la douleur (CHU de Clermont-Ferrand).

Le zona n’est jamais une maladie anodine, en particulier chez les personnes âgées qui ont fréquemment, en plus des douleurs pénibles dues au zona proprement dit, des complications neuropathiques qui durent plusieurs mois voire des années (1 personne sur 2 après l’âge de 60 ans). Or ces douleurs neurologiques persistantes dites post-zostériennes sont beaucoup plus délicates à soigner et ont un impact très important sur tous les aspects de la qualité de vie : fatigue, insomnie, manque d’appétit, repli sur soi, dépression, troubles cognitifs (troubles de la mémoire et de la concentration…).

Evelyne Oudry

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