Le cholestérol, parfois de mauvaise compagnie

Le cholestérol, parfois de mauvaise compagnie

20 novembre 2020

Il en faut… mais point trop pour notre bonne santé cardiovasculaire. Or, il n’est pas si facile de le maintenir dans les limites souhaitées. Quelques balises.

 

Vital ! Le cholestérol est vital parce qu’indispensable à la synthèse de nombreuses hormones. Il est aussi un constituant irremplaçable des membranes cellulaires, des neurones en particulier. On ne saurait donc s’en passer. Il provient à 25 % de l’alimentation ; pour le reste, il est fabriqué par le foie, à partir de graisses « saturées ». Si l’on mange trop mal, trop gras saturé donc (viennoiseries, sauces, viandes, etc.) et que l’on bouge trop peu, le foie libère dans la circulation générale du cholestérol en excès… Celui-ci, transporté par des protéines du type LDL, se dépose sur les artères, à l’origine des incidents et accidents cardiovasculaires. À l’inverse, le cholestérol (véhiculé par les protéines HDL) qui rejoint le foie pour y être éliminé par la bile est qualifié de bon puisque, en débarrassant les cellules de leur gras, il est protecteur pour les tissus.

 

Un facteur parmi d’autres

Cela dit, la capacité de notre foie à réguler sa production de cholestérol, l’âge venant – avec son lot de surpoids, de diabète… –, est aussi déterminée génétiquement et certains, pourtant minces, peuvent avoir un cholestérol beaucoup trop élevé.

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Le cholestérol doit être dans une fourchette raisonnable, certes, mais il est inutile, voire contre-productif, de se focaliser sur ce seul facteur de risque cardiovasculaire. À cet égard, le tabac remporte la palme, bien épaulé par l’hypertension artérielle, le surpoids, un diabète, etc. Or, le traitement de première intention d’un cholestérol, alimentation équilibrée et activité physique, est aussi celui d’un diabète de type 2 ou d’un surpoids.

Réponses d'expert : et les triglycérides, comptent-ils pour du beurre ?

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Pr JEAN FERRIÈRES
Cardiologue au CHU de Toulouse, Fédération française de cardiologie, www.fedecardio.org

Ce sont des graisses qui circulent dans le sang et élèvent le risque vasculaire quand ils sont véhiculés par les mauvais transporteurs, à l’image de ce qui se produit pour le cholestérol. Pour mieux apprécier le risque, on se base sur le « contexte clinique » d’une part, c’est-à-dire l’histoire familiale vasculaire (un infarctus du myocarde survenu précocement chez un ascendant par exemple), un surpoids combiné à une sédentarité, etc. Sur le dosage des apolipoprotéines B d’autre part, non remboursé certes, mais reflet plus sûr des « mauvaises » graisses.
Au-delà des mesures diététiques, moins de graisses, mais aussi de sucres et d’alcool (pour les triglycérides), et des efforts d’activité physique, dont les résultats sont souvent « injustes », poids de la génétique oblige, on peut donner une combinaison de médicaments (fibrates et statines) si le risque le justifie.

Prévenir ou traiter

Les solutions « hypolipémiantes » ne manquent pas, l’objectif étant d’abaisser ce cholestérol dans certaines limites, déterminées en fonction de son histoire familiale et personnelle d’accident vasculaire. En fonction également de ses autres facteurs de risque – on, et votre médecin avec vous !, est forcément plus exigeant en cas de cumul…

Tabler sur les aliments « vertueux »

D’autant qu’ils sont bien utiles aussi pour les autres facteurs de risque vasculaire qui multiplient (et non pas seulement additionnent) le risque… Il s’agit de privilégier les acides gras insaturés, et notamment les « polyinsaturés », ceux que l’on retrouve dans les graines et les huiles végétales, les poissons gras. On préfère aussi les phytostérols (des graines et des huiles végétales), des composés naturels qui limitent l’absorption du cholestérol. Les fibres solubles des fruits, légumes et produits céréaliers (avoine ou graines de chia) embarquent avec elles les graisses. À assaisonner d’une poignée d’amandes, de noix ou de noisettes, qui ont fait la preuve de leurs effets bénéfiques cardiovasculaires. Enfin, mieux vaut contrôler ses apports en sucre, gras, alcool et sel que de faire l’impasse sur les aliments riches en cholestérol uniquement.

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Ne pas se dispenser d’activité physique

Bouger régulièrement, au moins 30 minutes 5 fois par semaine, et ne pas rester assis plus de deux heures d’affilée, sont des conseils de bon sens… À la clé, et toutes les études le montrent, un LDL cholestérol et des triglycérides abaissés, un HDL augmenté, et en prime un meilleur contrôle de la pression artérielle.

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Les statines sur prescription

Si les changements diététiques et de mode de vie n’ont pas donné de résultats suffisants, leur pertinence est appréciée au cas par cas… Les statines sont particulièrement indiquées en prévention secondaire d’un premier incident vasculaire, quand abaisser le LDL cholestérol en deçà d’une certaine valeur est déterminant pour la suite des événements vasculaires.

Les nouveaux médicaments

On peut y associer aujourd’hui, si le LDL-c ne descend pas en dessous de 0,7 g/l ou si, dans le cadre notamment d’une hospitalisation en urgence pour une angine de poitrine, le LDL-c ne baisse pas d’au moins 50 %, un inhibiteur du récepteur digestif du cholestérol qui en réduit l’absorption.

 

Interpréter les analyses

Interpréter les analyses

Le cholestérol doit être mesuré une fois tous les 5 ans à partir de 40 ans si l’on n’a pas de facteur de risque particulier… Le cholestérol total est normal jusqu’à 2 g/l, le taux de LDL cholestérol ne devant pas dépasser 1,6 g/l et celui de HDL devant être au-dessus de 0,45 g/l. Et le taux de triglycérides inférieur à 1,5 g/l. Cholestérol total et triglycérides figurent tous deux dans le bilan lipidique (ou « exploration des anomalies lipidiques ») demandé par le médecin. C’est l’ensemble, cholestérol et triglycérides, qu’il faut considérer pour évaluer le risque vasculaire… Or, un bilan lipidique tel que pratiqué habituellement ne reflète pas la réalité de ce risque puisqu’il mêle bon et mauvais cholestérol, mais aussi bons et mauvais triglycérides, véhiculés par des transporteurs qui en font, ou non, des petites bombes à retardement. Le dosage des apolipoprotéines B, qui assurent les déplacements des mauvais cholestérol et triglycérides à la fois, est plus informatif sur le risque…

 

Autre solution : les anti-PCSK9. Elle est destinée, à l’heure actuelle, exclusivement aux patients souffrant d’hypercholestérolémie familiale qui recourent (ou sont des candidats) à une LDL-aphérèse (une épuration sanguine du LDL cholestérol « subie » pendant 2 à 4 heures en moyenne, toutes les deux semaines).

 

À lire

À lire

Ma bible de l’alimentation anticholestérol, de Anne Dufour et Carole Garnier, aux éditions Leduc.s, pour comprendre le cholestérol et ses déterminants, connaître les (57 !) aliments anticholestérol et tester 150 recettes gourmandes.

Brigitte Blond

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