Les chiens, les chats et les changements climatiques

Les chiens, les chats et les changements climatiques

24 juin 2022
Le bouleversement du climat affecte aussi la santé de nos animaux de compagnie. Au développement des maladies transmises par les tiques et les insectes s’ajoutent des problèmes comportementaux, de plus en plus souvent observés par les vétérinaires.

 

Comme nous, les chiens et les chats sont sensibles au stress qu’engendre la multiplication des tempêtes et des orages. Ils souffrent également lorsque leur temps de sortie diminue drastiquement pendant les périodes chaudes… Les conseils qui suivent visent à améliorer le bien-être des chiens et des chats en toutes circonstances ! 

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Prévenir le coup de chaleur

Dès que la température dépasse 20°C, les chiens « brachycéphales » (comme les bouledogues, dont le museau est très court), ceux à pelage dense et les individus âgés sortent de leur zone de confort. Au-dessus de 30°C, le risque de coup de chaleur devient réel et cet accident peut entraîner la mort de l’animal (environ un cas sur deux).

À savoir

À savoir

Les modifications climatiques et environnementales que nous subissons actuellement ont des effets négatifs sur l’efficacité du système immunitaire. L’exposition à tous ces changements pourrait favoriser l’apparition de maladies infectieuses mais aussi d’autres affections telles que les allergies et les maladies auto-immunes. C’est vrai pour les humains mais les chiens et les chats ne sont pas épargnés ; ils auront besoin d’aide pour mieux se défendre contre les conséquences des dérèglements saisonniers.

 

Adaptation des horaires de sortie

Il ne faut bien sûr pas priver son chien de promenades et de jeux à l’extérieur sous prétexte qu’il fait chaud ! Outre le fait qu’il aura tendance à grossir s’il manque d’activité, des sorties insuffisantes favorisent l’apparition de troubles du comportement. C’est en particulier le cas des chiots adoptés au printemps et qui ne sortent pas suffisamment en été. Ainsi privés d’exercice et de contacts fréquents avec leurs congénères, leur socialisation sera insuffisante et, une fois adolescents, ces chiens risquent de manifester des troubles comportementaux. Pour éviter d’en arriver là, il suffit de décaler les horaires des promenades les plus longues pour qu’elles restent agréables pour le canidé. On le sort plus tôt le matin et plus tard le soir, sans oublier les sorties « hygiéniques » à d’autres moments de la journée.

Côté chat, s’il a accès à l’extérieur, libre à lui de sortir à l’aube et au crépuscule. Un félin est naturellement plus actif pendant ces créneaux horaires que pendant la journée, a fortiori quand il fait très chaud. Et on ne l’enferme surtout pas la nuit… 

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Hydratation, alimentation, toilettage…

Pour un chat comme pour un chien, de l’eau fraîche doit toujours être disponible. À domicile, on installe plusieurs points d’eau ; et avant de partir en promenade, on glisse une gourde et une écuelle dans le sac à dos.

L’excès de poids renforçant l’intolérance à la chaleur, il convient de surveiller attentivement l’évolution de la silhouette et du poids des animaux de compagnie et d’adapter leur alimentation.

Enfin, brosser régulièrement chien ou chat pour les débarrasser des bourres de poils, sans hésiter à raccourcir un peu leur pelage lorsqu’il est très long, contribue à les rafraîchir.

Traquer les tiques

L’augmentation globale des températures s’accompagne d’une réduction du nombre de jours de gel dans l’année, ce qui favorise la survie des parasites et en particulier des tiques, dont la plupart restent actives tant que la température est supérieure à 7°C.

Assoiffées et peu regardantes

Assoiffées et peu regardantes

Les modifications climatiques saisonnières favorisent l’activité des tiques toute l’année. Ces parasites sont peu spécifiques et peuvent s’accrocher sur n’importe quel mammifère. Si vous trouvez une tique sur votre chien au retour d’une excursion à la campagne, vérifiez bien que vous-même n’en portez pas ! Les tiques sont en effet vectrices de nombreuses maladies et une étude française faite sur une espèce commune de tiques (Ixodes ricinus) a montré qu’une seule tique peut être porteuse de cinq agents pathogènes différents !

 

Piroplasmose, maladie de Lyme…

Les vétérinaires observent de plus en plus de cas de maladies à tiques ; un chien peut par exemple être infecté par la piroplasmose en hiver, pendant des périodes de redoux. La vigilance est donc de mise toute l’année. La piroplasmose n’est d’ailleurs pas la seule affection à redouter. La maladie de Lyme, qui touche l’Homme et aussi le chien, en est une autre. Elle peut être transmise par des tiques infectées par des bactéries de type Borrelia et le nombre de cas ne cesse d’augmenter en Europe. 

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Les zones à risque

Certaines tiques sont maintenant présentes dans des zones où elles étaient absentes autrefois. Elles remontent progressivement vers le nord de l’Europe, jusqu’en Scandinavie… Elles diffusent grâce aux oiseaux migrateurs et aussi parce que d’autres espèces sauvages hôtes, telles que les cervidés, leur permettent de proliférer.

Les zones boisées et la végétation dense sont particulièrement attrayantes pour les tiques car elles y restent à l’affût en attendant de se fixer sur les animaux qui passent. En cas de promenade dans une zone à risque, il est impératif d’inspecter le chien soigneusement au retour, et ce, même s’il est régulièrement traité par un produit anti-tiques.

Éviter les insectes volants

Parmi eux, les phlébotomes, qui transmettent la leishmaniose, une maladie parasitaire chronique très délabrante pour les chiens. Si la leishmaniose était jusqu’ici limitée au sud-est de la France, on la retrouve maintenant jusque dans les Pyrénées, car les insectes vont de plus en plus loin…

Des nouvelles maladies font aussi leur apparition : c’est par exemple le cas de la thélaziose, une maladie oculaire causée par un ver parasite (Thelazia). Cette maladie était absente en France il y a quinze ans mais des foyers sont maintenant identifiés dans le Sud-Ouest, en particulier en Dordogne et dans les Landes. Le parasite est transmis par des petites mouches, les drosophiles.

Parasites : lutte « à la carte »

Parasites : lutte « à la carte »

Les chiens et les chats sont exposés à de nouveaux parasites et même l’hiver, les risques de contamination ne sont pas absents. Traiter préventivement les chiens et les chats toute l’année avec des médicaments à très large spectre n’est pourtant pas la seule solution. Il est préférable de réfléchir au cas par cas, en collaboration avec le vétérinaire qui, grâce à sa clientèle, a une bonne connaissance des parasites auxquels sont confrontés les animaux dans sa région. Une stratégie de lutte adaptée sera ainsi mise en place, de manière fine et raisonnée.

 

La multiplication des moustiques augmente aussi le risque de contamination par des parasites filiformes, les filaires. La dirofilariose cardiopulmonaire est un exemple de maladie parasitaire de ce type, très fréquente aux États-Unis. En France, elle reste pour l’instant cantonnée aux territoires d’outre-mer, à la Corse et à certaines zones humides, dont la Camargue. Comme le moustique tigre est un vecteur de la dirofilariose et qu’il est maintenant implanté dans un grand nombre de départements français, il est probable que de nouveaux foyers de dirofilariose cardiaque émergeront. Quand les températures sont élevées, les moustiques profitent des espaces avec des points d’eau pour se reproduire. Éliminer l’eau stagnante (coupelles sous les pots…) autour de la maison contribue à protéger les animaux de compagnie des moustiques et des maladies qu’ils transmettent.

Identifier les phobies aux orages

Les comportementalistes sont unanimes : les cas de phobies aux orages et aux tempêtes sont de plus en plus fréquents chez les animaux. Ces conditions risquent d’aggraver la situation pour ceux qui souffrent d’anxiété, comme c’est le cas d’environ 30 % des chiens aujourd’hui.

Pour tenter de rassurer un chien ou un chat dans ces circonstances, le maître doit d’abord dominer sa propre peur si elle est présente. Sinon, l’animal la sentira et cela augmentera son malaise. Ensuite, on peut essayer de le distraire en jouant avec lui. Ce type de dérivatif ne marche évidemment que si l’animal est encore émotionnellement disponible. Certains chiens gravement phobiques associent au contraire la balle qu’on leur lance avec le danger et ne veulent plus l’approcher…

Enfin, il existe des compléments alimentaires à effet anxiolytique, disponibles en pharmacie, à distribuer de manière ponctuelle ou au long cours. S’ils s’avèrent insuffisants pour empêcher le développement des signes de phobies, il faut faire appel à un vétérinaire qui orientera vers la thérapie appropriée à la situation. Et rapidement car les troubles phobiques ont tendance à s’aggraver lorsque la cause se répète souvent et violemment. Certains chiens phobiques des orages ont par exemple très peur dès que le vent souffle un peu fort et les réactions liées à la panique peuvent les mettre en danger…

À savoir

À savoir

Aujourd’hui, 60 % des maladies humaines connues sont des zoonoses (c’est-à-dire qu’elles viennent du monde animal) et 75 % des nouvelles maladies infectieuses qui touchent l’Homme sont d’origine animale. Les agences de santé mondiales observent donc attentivement ce qui se passe chez les animaux, en incluant ceux « de compagnie » qui vivent au contact quotidien de l’Homme. Le concept One Health, « Une seule santé » (humaine, vétérinaire et environnementale), se décline partout.

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