AIL NOIR
50 ans, l’âge du check-up

50 ans, l’âge du check-up

17 mars 2016
50 ans, ou même 55 ans, c’est le bon âge pour faire une révision en règle. Objectifs : dépister ce qui ne va pas ou qui marche moins bien, s’en occuper sérieusement et espérer ainsi vivre en bonne santé 40 ans de plus…

 

En 2012, selon les statistiques de l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’espérance de vie était de 84,9 ans pour les femmes et de 78,5 ans pour les hommes. Si, en France, l’espérance de vie s’est allongée et continue d’augmenter d’année en année, c’est grâce à l’amélioration des conditions de vie, de la baisse du nombre d’accidents de la route et aussi des progrès de la médecine et du dépistage de maladies graves. Mais vous, prenez-vous soin de votre santé ?

Prenez-vous en main

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Connaissez-vous les chiffres de votre tension artérielle ? Votre taux de cholestérol ? Si vous êtes une femme, à quand remontent votre dernière mammographie et votre dernier frottis vaginal ? Si vous êtes un homme, vous inquiétez-vous de votre prostate ? Avez-vous fait un test Hémoccult ? Avez-vous vu récemment un ophtalmologiste ? Ne faites pas l’autruche ! Mieux vaut prévenir que guérir et dépister tôt permet de traiter plus efficacement. À la cinquantaine, certaines maladies peuvent commencer à se développer. Même si vous vous sentez en forme et n’avez aucun facteur de risque particulier (tabagisme, surpoids, hérédité cardiovasculaire…), il est prudent de faire un check-up.

L’heure du bilan

Dans un premier temps, adressez-vous à votre médecin traitant. Préparez votre consultation en notant les symptômes qui vous paraissent suspects (essoufflement, toux, douleurs, grain de beauté…) ou ce qui vous semble nécessiter un contrôle en fonction de votre sexe, de vos habitudes de vie, de votre métier, de vos antécédents personnels ou familiaux. Le médecin commencera par prendre votre tension, vous posera des questions, vous auscultera, vous examinera et vous pèsera ; il prescrira ensuite les examens nécessaires puis, selon les cas, vous donnera des conseils ou/et vous prescrira un traitement. Ou bien il vous adressera à un spécialiste s’il a détecté ou suspecté un problème dépassant sa compétence.

 

Anticipez les pépins cardiaques avec un bilan médical

Identifier les facteurs de risque

L’athérosclérose, c’est-à-dire les plaques d’athérome qui se forment sur les parois des artères et qui les bouchent, se développe de manière insidieuse, parfois dès l’enfance. À la cinquantaine, quand les vaisseaux sont déjà moins souples, il est temps de s’en préoccuper, notamment en recherchant l’existence de lésions et de facteurs de risque cardiovasculaire.

Tabac, arrêtez tout !

La cigarette raccourcit la vie de dix ans en moyenne parce qu’elle entraîne au bout de 20 ou 30 ans (vous êtes pile dans la tranche !) des maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, artérite des jambes…), mais aussi BPCO et cancers du poumon, de la bouche, du larynx, du pharynx, de l’œsophage, de la vessie.

Attention à l’hypertension

Le plus souvent, aucun symptôme ne traduit l’élévation de la tension artérielle. À partir de 50 ans, c’est au moins une fois par an qu’il faut la faire mesurer par le médecin et si possible, entre deux rendez-vous, la mesurer soi-même à domicile. Le jeu en vaut la chandelle. Si votre tension est trop haute, un changement de vie (moins saler, faire du sport…) peut suffire à normaliser les chiffres. Sinon, les médicaments antihypertenseurs sont efficaces.

Le mauvais cholestérol

À cet âge, c’est normalement tous les 3 ans qu’il faut le faire doser, en même temps que les triglycérides. Le cholestérol est une substance naturelle, pour partie apportée par la viande et les produits laitiers et transportée dans le sang par deux protéines, les LDL, qui le déposent sur les parois des artères et les HDL qui, au contraire, nettoient celles-ci en le rapportant vers
le foie où il est épuré. C’est donc un taux excessif de LDL-cholestérol, dit mauvais cholestérol, qu’il faut surveiller ou abaisser en modifiant son alimentation et au besoin en prenant des médicaments.

Surpoids, alcool, sédentarité

Vous mangez bien, vous buvez trop et le sport, c’est à la télé ? Arrière toute. À la cinquantaine, il est temps de réagir. Gare à la bedaine ! La graisse abdominale est celle qui entraîne le plus de risques cardiovasculaires. Mais c’est aussi celle qui part en premier avec un petit régime diététique, c’est motivant… En même temps, remettez-vous au sport, cela vous aidera et vous y gagnerez sur tous les plans. Dans cette tranche d’âge, les plus recommandés sont les sports d’endurance : jogging, marche à pied, vélo, natation. Mais par sécurité, demandez à votre médecin si vous êtes en état de reprendre le sport. L’arrêt de l’alcool en sera aussi facilité. Au-delà de 1 ou 2 verres par jour, gare à l’hypertension, aux problèmes de foie, aux cancers de la bouche, de la gorge, du côlon et même du poumon. En plus, l’alcool fait grossir…

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien


Votre pharmacien ne demandera pas mieux que de vous aider.

  • Pour vous arrêter de fumer. Patchs (plusieurs dosages), gommes aromatisées, pastilles à sucer et spray buccal à la nicotine, médicaments, produits d’homéopathie et de phytothérapie.
  • Pour perdre du poids. Brûle-graisse à base de plantes, draineurs et modérateurs d’appétit naturels, micronutriments et crèmes minceur, tous soumis à une réglementation précise.
  • Pour surveiller votre tension. Autotensiomètres automatiques fiables, à fixer au bras de préférence. Il tiendra compte de votre anatomie pour vous en proposer et vous montrera comment vous en servir.
Les bons chiffres

Les bons chiffres

  • Tension artérielle : 12/8 ou un peu moins. Le premier chiffre (pression systolique) correspond à la pression au moment de la contraction du cœur et le deuxième (pression diastolique) au relâchement du cœur. Mais la pression augmente un peu avec l’âge, même en bonne santé. Passé 60 ans, on parle d’hypertension à partir de 14/9.
  • Cholestérol : lorsque la concentration sanguine de cholestérol total dépasse 3 g/l, cela signifie toujours que la fraction de mauvais cholestérol est trop élevée. Le taux maximal souhaitable de cholestérol LDL varie selon le nombre de facteurs de risque cardiovasculaire : 2,2 g/ou mieux 2 g/l en l’absence de facteurs de risque ; 1,9 g/l avec un seul facteur de risque (hérédité, surpoids, tabac…), 1,6 g/l avec 2 facteurs de risque, 1,3 g/l avec 3 facteurs de risque et 1 g/l en cas de maladie cardiaque ou de diabète.
  • Glycémie : 1,26 g/l ou moins.
  • Gamma GT : chez les hommes de 7 à 40 Ui/l, chez les femmes de 7 à 28 Ui/l. À mesurer quand on boit trop d’alcool.
  • Albumine : 35 à 50 g/l.
  • Créatinine  : 7 à 13 mg/l chez les hommes, 6 à 11 mg/l chez les femmes. Son dosage permet de surveiller les effets de l’âge sur le fonctionnement des reins et de détecter une insuffisance rénale.
  • Acide urique : 30 à 70 mg/l chez les hommes, 25 à 60 mg/l chez les femmes. À cet âge, une augmentation dans le sang traduit l’apparition de la goutte ou de certains calculs urinaires, et une diminution peut révéler une insuffisance hépatique ou un cancer.

 

Cancers à dépister

Même sans risque particulier, il faut dépister le plus tôt possible les cancers qui bénéficient de tests ou d’examens de dépistage, pour pouvoir se traiter efficacement. Certains s’adressent aux deux sexes, d’autres sont destinés aux hommes ou aux femmes.

Cancer colorectal

Faire un test Hémoccult qui détecte des traces de sang invisibles à l’œil nu dans les selles. Il est vivement recommandé après 50 ans, si possible chaque année, et d’ailleurs pris en charge par l’Assurance maladie entre 50 et 74 ans. Profitez-en, car les symptômes de la maladie n’apparaissent le plus souvent qu’à un stade avancé. Parlez-en à votre médecin si vous n’avez pas reçu la proposition de participer au dépistage organisé. Si le test revient positif, une coloscopie vous sera proposée pour confirmation avant de passer au traitement.

Cancers cutanés

Gare au mélanome, le plus redoutable des cancers de la peau. Inspectez-vous régulièrement, mais comme il n’est pas toujours facile de repérer une anomalie dans le dos ou les cheveux, consultez de temps en temps un dermatologue, c’est plus prudent. Et tous les ans si vous êtes à risque : peau claire, cheveux blonds ou roux, grains de beauté nombreux, expositions fréquentes au soleil. En même temps, le médecin repérera d’autres variétés de cancers cutanés comme le carcinome basocellulaire ou des taches de kératose solaire qui peuvent dégénérer.

Cancer de la prostate

À partir de 50 ans, l’hypertrophie de la prostate vous guette, c’est gênant mais pas grave. En revanche, le cancer de la prostate peut l’être, surtout s’il survient à un âge plus précoce qu’habituellement. Son dépistage est une démarche individuelle qui se décide, à partir de cet âge, avec votre médecin. Celui-ci peut pratiquer un toucher rectal et prescrire un dosage du taux de PSA (antigène prostatique spécifique), deux examens complémentaires. L’Association française d’urologie recommande aux hommes ce dépistage une fois par an entre 50 et 74 ans, mais le bien-fondé d’un dépistage systématique reste sujet à controverses.

 

Focus

Focus

  • Cancer du sein. La palpation des seins ne dispense pas d’une mammographie régulière. De 50 à 74 ans, le programme de dépistage est organisé et gratuit. La double lecture des clichés par des experts permet un meilleur diagnostic.
  • Cancer de l’utérus. Ce cancer dû à des papillomavirus (transmis par voie sexuelle) donne peu de symptômes et évolue sur plusieurs années. Il est donc essentiel de voir un gynécologue tous les 2 ou 3 ans pour un frottis cervico-vaginal et plus souvent si l’on est infectée et que des lésions sont à surveiller.
  • Ostéoporose. Ce n’est pas un cancer, mais il est tout aussi important de la dépister tôt, car les conséquences sont graves (fractures du col du fémur, du poignet, du rachis…) alors qu’un traitement peut ralentir son évolution.

 

À faire

À faire

Apportez votre calendrier vaccinal à votre médecin pour d’éventuels rappels oubliés, surtout contre la diphtérie et la polio si vous voyagez.
Hépatite A : les plus de 50 ans sont souvent immunisés, car ils ont eu dans leur enfance une hépatite A passée inaperçue. Sinon passé cet âge, la maladie peut être grave.
Si vous devez voyager en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud, demandez à votre médecin de faire un dosage de vos anticorps contre le virus pour évaluer la nécessité d’une vaccination.
Evelyne Gogien

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