MEDTRONIC PARLONS DIABÈTE
Charlotte Valandrey : « C’est dans la solitude que j’ai appris à m’aimer ! »

Charlotte Valandrey : « C’est dans la solitude que j’ai appris à m’aimer ! »

05 septembre 2018

D’abord actrice, puis écrivaine et aujourd’hui chanteuse, Charlotte Valandrey nous explique dans son livre Chaque jour, j’écoute battre mon cœur comment faire un pas vers le meilleur de nous-mêmes.

 

Votre sixième livre est-il le fruit d’un besoin ?

Il découle plutôt d’une envie de partager ce qui m’a aidée à tenir debout depuis mes 17 ans – où l’on ne me donnait plus que quelques mois à vivre lorsque j’ai appris ma séropositivité – jusqu’à aujourd’hui où je vais fêter mes 50 ans. Tout cela n’était pas gagné d’avance. J’ai eu envie d’écrire un livre de dévoilement personnel et de bienveillance. J’y raconte tous les ressorts qui m’ont permis de dépasser les épreuves. Ce n’est pas un livre sur le bonheur, c’est un livre pour être plus heureux. Si cela peut faire gagner du temps à certaines personnes en leur donnant envie de se poser les bonnes questions, j’en serai très heureuse.

D’où vient cet optimisme qui semble ne pas vous quitter ?

Ma philosophie est basée sur l’instant présent et l’optimisme vrai. Quand on est face au mur, soit on reste tranquille, soit on cherche une issue – une façon de grimper sur la montagne. J’ai toujours aimé la vie, j’ai toujours été curieuse de ce que je pourrais vivre. Je suis plus optimiste que pessimiste, mais l’optimisme c’est un trait de caractère. On peut devenir optimiste, il suffit de vouloir changer sa façon de voir les choses. L’optimisme vrai n’est pas un optimisme forcé. Je ne suis pas à cent pour cent positive mais je suis à cent pour cent constructive. Depuis mes 17 ans et malgré les épreuves, j’ai toujours voulu être dans l’action. L’optimisme, c’est une manière de penser, une façon de voir la vie – une philosophie de vie. On a tous en nous un peu d’optimisme à la base. Après, tout dépend de la volonté. La volonté, comme un muscle, ça s’entretient, ça se repose… On peut tous aller chercher au fond de nous le meilleur de soi-même si l’on s’en donne la possibilité.

En quoi la vérité est-elle thérapeutique ?

J’ai eu une enfance silencieuse car dans ma famille le silence était d’or. À 16 ans, j’ai fait un métier que je n’avais pas choisi. On fait ce que l’on nous dit. Après, j’ai caché ma maladie pendant des années. Donc, j’étais renfermée. Puis, j’ai été greffée du cœur… En 2005, j’ai révélé ma séropositivité dans L’Amour dans le sang, mon premier livre, pour me libérer d’un secret, m’accepter et dévoiler, comme en un conte, mon histoire à ma fille. Cela n’a pas été facile. J’ai douté, j’ai été critiquée et ostracisée, je ne faisais plus rêver. Ce n’était pas glamour d’être « séropo », mais c’était vrai. Ma vérité m’a donné ma force et j’ai séduit différemment. Aujourd’hui je suis bien avec moi-même. À partir de la vérité, on peut se reconstruire. Il n’y a pas d’échecs pour moi, il n’y a que des épreuves qui sont des expériences à vivre. La vérité est en nous car ce qui nous fait du bien ou ce qui nous fait du mal, on le sait au fond de nous.

Êtes-vous prévoyante au niveau de votre santé ?

Je ne l’ai pas toujours été mais la vie m’a envoyé des signes. Côté hygiène alimentaire, j’ai réappris à bien me nourrir. Je ne bois pas d’alcool ni de café mais je suis gourmande et j’aime bien les sucreries. Je mange de moins en moins de viande mais je sais que j’en ai besoin de temps en temps. Je suis très à l’écoute de mon corps ; ça prend du temps mais je sens quand je dois manger plus équilibré ou bien faire de l’exercice.

Vous êtes une adepte de la méditation et de la sophrologie ?

Depuis que j’ai découvert la méditation, je ne peux plus m’en passer mais j’y consacre plus ou moins de temps selon les moments de ma vie. Quand je ne suis pas pressée, je peux méditer environ dix minutes le matin. Je fais du yoga, ou bien je m’allonge et respire profondément. J’ai appris à respirer, à me concentrer sur mon souffle, à maîtriser pleinement cette fonction vitale, à imaginer la circulation de mon sang gorgé d’oxygène dans tout mon corps, un sang clair en bonne santé. Pas de mauvais sang ! Entre les prises quand je tourne pour Demain nous appartient qui passe sur TF1, je garde mon énergie grâce à la méditation. Mais je suis capable de fermer les yeux à n’importe quel moment de la journée. Notre esprit a besoin de faire des pauses. La marche est le sport le plus facile à faire parce qu’on peut le pratiquer n’importe où, tout comme la méditation. La sophrologie a créé la paix en moi. Ce qui est fascinant, c’est ce pouvoir que nous avons tous de faire naître, n’importe quand, quelle que soit notre situation, en soi, un moment, une oasis de bien-être.

Quelles leçons retenez-vous du passé ?

J’aime le temps présent, passionnément. Je n’ai rien contre mon passé ou mon futur, je les laisse simplement tranquilles. Mon passé a fait de moi celle que je suis, un être façonné par chacun de ses souvenirs. Il est passé et non modifiable. Je l’accepte et le laisse où il est autant que possible. Quand il revient me hanter, mordre mon petit bonheur, je lui souris et il s’en va. Du passé, il n’y a qu’une seule chose que l’on peut changer : notre regard sur lui. Et c’est beaucoup. Entre ma contamination et les premiers traitements efficaces par AZT se sont écoulées dix années pendant lesquelles seuls mon esprit et ma façon particulière d’appréhender la vie m’ont sauvée. Quant à mon futur, ce beau mystère, je le construis maintenant. C’est en étant présente à cent pour cent à la vie que je tisse à chaque instant son fil.

Selon vous, la solitude a ses bons côtés ?

Longtemps, la solitude m’a été insupportable. J’avais besoin de distractions. La solitude, c’était rentrer chez moi, claquer la porte et n’entendre que le silence. J’ai découvert depuis que la solitude a bien des vertus. Elle m’a appris à me découvrir, elle a rendu possible mon travail d’introspection. C’est dans la solitude que j’ai appris à m’aimer. La solitude est inhérente à la vie. Une vie sans solitude n’existe pas. Autant s’y habituer, bien la vivre, y trouver des opportunités. Quand elle est choisie, la solitude s’avère être un cadeau. La vraie solitude, c’est d’être inconnu à soi-même.

Pensez-vous que l’on puisse modifier son destin ?

Certains événements, mineurs ou majeurs, négatifs ou positifs, arrivent sans que l’on puisse les maîtriser ni les changer. On peut appeler ça le destin. Accepter notre destin, c’est être sage, c’est se donner une chance d’être plus heureux. Il est une chose que l’on peut toujours changer, c’est notre regard sur la vie, le monde, les êtres, notre destin. Nous détenons par ce regard un pouvoir immense, celui de changer notre vision des choses, d’en modifier l’impact, de donner à la vie la couleur qui nous plaît. Aujourd’hui, je suis en phase avec la vie à chaque instant.

Avez-vous réalisé tous vos rêves ?

J’avais envie de chanter depuis mes 15 ans. C’était un désir que je n’avais pas réussi à réaliser jusqu’à aujourd’hui. Je viens de terminer mon premier album et j’en suis fière. Le 15 octobre, je serai en concert au Réservoir et le 29 novembre je fêterai mes 50 ans au Zèbre de Belleville à Paris. J’aurai mis trente-cinq ans à réaliser mon rêve le plus cher !

À lire

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Séropositive et greffée cardiaque, Charlotte Valandrey s’est construit au fil des épreuves une philosophie de vie unique : l’optimisme vrai. Dans cet ouvrage de dévoilement de soi, elle donne toutes les clés pour savourer le présent, se libérer de ses peurs et devenir le meilleur de soi-même.

CHAQUE JOUR, J’ÉCOUTE BATTRE MON CŒUR, par Charlotte Valandrey, éd. Cherche-midi.

Propos recueillis par Didier Galibert

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