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cancers femmes

Les cancers de la femme, on en parle sans tabous

10 octobre 2017
Cette longue maladie qui ne se nommait pas ne se cache (presque) plus. Elle prend même des couleurs gaies pour redonner espoir. Les progrès de la recherche y sont aussi pour beaucoup.

 

Chaque année 15 000 nouvelles femmes sont atteintes par des tumeurs malignes qui se développent dans leur appareil génital. Col et corps de l’utérus (endomètre), ovaires sont les principales localisations des cancers gynécologiques. La vulve, le vagin et les trompes sont moins touchés. Quant au cancer du sein il reste le plus fréquent chez la femme, devant celui du côlon et du poumon. Ce dernier, qui n’est pas typiquement féminin, est en recrudescence. « Non seulement parce que les femmes sont de plus en plus nombreuses à fumer mais aussi parce que la muqueuse de leurs poumons est plus sensible au tabac, explique le Dr Nasrine Callet, gynécologue-oncologue à l’Institut Curie. De plus, le fait de fumer est un cofacteur qui influe sur la survenue d’autres cancers, notamment ceux du col de l’utérus et de la vessie. Très souvent les femmes atteintes sont des fumeuses.»

 

Une nouvelle génération de traitements anti-cancers

Même si le nombre de cancers ne cesse d’augmenter, leurs causes étant multifactorielles, on en guérit un sur deux. Grâce aux progrès de la recherche, la médecine dispose de solutions inimaginables il y a dix ans. L’immunothérapie et l’hormonothérapie changent la donne, notamment pour les cancers avancés. Cette nouvelle génération de traitement en plein essor consiste à bloquer des mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses. Les thérapies ciblées, l’oncogénétique, les innovations en chirurgie de précision, radiothérapie, chimiothérapie rendent la stratégie thérapeutique anticancéreuse performante. L’espérance de vie des patientes est améliorée. Grâce aussi au dépistage organisé, même s’il fait débat.

 

Des effets secondaires atténués par les soins de support

Chaque femme malade est un cas particulier, le choix de son traitement dépend de l’étendue du cancer (son stade) et de l’agressivité de la tumeur (son grade). Face à la diversité des traitements actuels, le protocole est décidé en réunion de concertation par les spécialistes concernés. Seules ou combinées, les différentes thérapies ont pour objectif de limiter le risque de récidive et d’optimiser les chances de guérison. Efficaces certes mais non dénuées d’effets secondaires délétères sur la peau, les cheveux, les ongles, l’appareil digestif ou urinaire – et le moral. À ce retentissement physique modifiant l’image corporelle s’ajoutent la douleur et la fatigue générées par le cancer. Depuis le 1er plan Cancer des soins de support remboursés ont donc été intégrés au parcours de soins anticancer pour en atténuer les effets secondaires et répondre aux besoins survenant pendant et après la maladie. Écoute, sophrologie, kinésithérapie, drainage lymphatique, accompagnement social, nutritionnel, soutien psychologique, aide à la reprise d’une activité physique, hypnothérapie, acupuncture, homéopathie… Selon la plainte exprimée la patiente est orientée vers l’unité adéquate dans son centre anticancéreux ou chez un spécialiste proche de chez elle.

 À lire aussi : Comment lutter contre les effets secondaires des traitements

 

Des couleurs et des fleurs pour lutter contres les cancers

Autre évolution, chaque organe féminin touché a désormais son mois, sa semaine ou sa couleur. Octobre et rose pour le cancer du sein et à un niveau international. L’ovaire a sa journée mondiale en mai ; le col de l’utérus, sa semaine européenne de prévention et de dépistage en janvier. Le mois de mars est voué à « Une jonquille pour Curie » sans distinction de cancers. L’objectif est de récolter des fonds destinés au premier centre d’immunothérapie des cancers créé par l’Institut Curie…

 

À savoir

À savoir

  • En France, le cancer c’est 355 000 nouveaux cas par an dont 174 000 gynécologiques et plus de 50 000 pour le sein ; 1000 personnes apprennent chaque jour qu’elles ont un cancer ; 1/3 des malades perd ou quitte son emploi dans les 2 ans suivant le diagnostic…
  • 886 établissements de santé et centres de radiothérapie de statut libéral sont autorisés en cancérologie. Une carte interactive les répertorie sur le site de l’Institut national du cancer : www.e-cancer.fr

 

4 cancers au féminin décryptés

Grâce aux effets conjugués de la prévention, du dépistage et des progrès des traitements anticancéreux, de nombreuses vies sont épargnées.

 

Sein, col de l’utérus, endomètre et ovaire sont particulièrement touchés chez la femme. Ces cancers qui les frappent sont l’objet de toutes les attentions tant du côté des institutionnels, des médecins (gynécologues, oncologues), des chercheurs que des associations de patientes. Tous unis pour innover, faire reculer la maladie, inciter les femmes à se faire dépister et récolter des fonds. État des lieux.

Cancers du sein : 9 sur 10 guéris

Premier cancer féminin avec plus du tiers des cancers annuels détectés en France. Si les nouveaux cas sont en augmentation (54 000 en 2015), le taux de survie est de 87 % à 5 ans. Pourtant les tumeurs malignes du sein restent la première cause de mortalité par cancer chez la femme (12 000 décès annuels).

95% sont des adénocarcinomes qui naissent à partir des cellules épithéliales tapissant l’intérieur de la glande mammaire, au niveau des canaux galactophores (8 cancers sur 10 sont canalaires) ou des lobules (cancer lobulaire). Soit ils sont in situ, les cellules cancéreuses restent « sur place ». Soit invasifs ou infiltrants : les cellules malignes envahissent les tissus entourant la tumeur. Non traitées à temps, elles peuvent se propager et s’accumuler dans les ganglions lymphatiques au niveau des aisselles ou migrer vers d’autres parties du corps, générant des métastases.

  • Facteurs de risques. 75 % des cancers du sein se déclarent après 50 ans, l’âge moyen du diagnostic étant de 63 ans. D’autres facteurs sont hormonaux ou liés aux modes de vie (tabac, alimentation, sédentarité, alcool), à l’environnement, aux antécédents familiaux et personnels. 5 à 10 % sont dus à une mutation génétique. Deux gènes (BRCA1 et BRCA2) sont à l’origine de 65 % des cancers du sein héréditaires et de 95 % des formes familiales de cancers du sein et de l’ovaire.
  • Symptômes. Il n’y en a pas de typiques tant il existe de causes susceptibles de modifier la forme et la texture du sein. Comme cet organe est externe – l’avantage par rapport aux autres cancers féminins – des signes doivent alerter : boule à la palpation, ganglion dur vers l’aisselle, modification de la texture de la peau ou de l’aréole, écoulement par le mamelon… Des examens spécifiques (cytoponction, biopsie, mammographie) confirmeront le diagnostic. Sur 5 grosseurs examinées, 4 sont bénignes.
  • Dépister. Malgré la connaissance des facteurs de risque et des essais médicamenteux préventifs en cours assez prometteurs, il est impossible d’éviter la survenue d’un cancer du sein. Le mieux est de dépister la maladie le plus tôt possible afin d’avoir toutes les chances d’en guérir. Un examen clinique annuel avec palpation par un professionnel de santé est recommandé dès 25 ans. Après 50 et jusqu’à 74 ans, le programme national de dépistage organisé invite les femmes, tous les deux ans, à un contrôle via une mammographie gratuite avec double lecture, complétée si besoin par une échographie. Le dépistage organisé et la stratégie thérapeutique actuelle assurent la guérison de 9 cancers du sein débutants sur 10.
  • Traiter. Le protocole de soins dépend de l’état général de la femme et des caractéristiques de « son » cancer (localisation, évolution). En première intention, la chirurgie est pratiquée dans 80 % des cancers in situ. Selon le stade évalué, la tumeur seule est retirée ou la glande mammaire dans sa totalité (mastectomie). Quand la tumeur est inférieure à 3 cm, peut alors être pratiquée la technique du ganglion sentinelle (le plus proche de la tumeur et le premier atteint si les cellules tumorales circulent dans la lymphe). Cela consiste à l’enlever en même temps que la tumeur. Ce qui préserve toute la chaîne ganglionnaire s’il s’avère sain à l’analyse, évite les curages axilaires inutiles et limite ainsi le risque de lymphœdème (ou gros bras). La radiothérapie locale est quasi systématique lorsque le sein est conservé. Dans bon nombre de cas, la chirurgie et la radiothérapie constituent le traitement. L’hormonothérapie est prescrite quand la tumeur est hormonosensible, c’est-à-dire sensible aux hormones de la reproduction qui stimulent la croissance des cellules cancéreuses. La chimiothérapie peut précéder ou suivre l’acte chirurgical. Parmi les thérapies ciblées, le trastuzumab (Herceptin) est dirigé contre une anomalie bien précise retrouvée dans 15 % des cancers du sein. L’immunothérapie qui inhibe la croissance tumorale pour certains cancers métastatiques, combinée à la chimiothérapie, améliore le pronostic vital.
  • Progrès. Les approches individualisées de précision suscitent de grands espoirs. Par exemple le traitement anti-angiogénique pour contrer le développement des vaisseaux sanguins qui viennent nourrir la tumeur cancéreuse. En oncogénomique, une nouvelle génération de tests fonctionnels prédictifs de la réponse thérapeutique (Oncotype DX, MammaPrint les premiers agréés) permet d’accroître le taux de réussite des chimiothérapies. Le développement de ces marqueurs biologiques a pour but de mieux identifier les patientes à risque de rechuter ou pas, autrement dit pour lesquelles une chimiothérapie adjuvante est inutile ou a contrario indiquée. Une autre piste à l’initiative de Theraclion, société d’équipement médical de haute technologie, vise à étendre à certains cancers métastatiques du sein les effets combinés de l’immunothérapie et des ultrasons.
 À lire aussi : Cancer du sein : Trois examens pour un diagnostic

 

Col de l’utérus : une double prévention

À la 12e place dans la liste des cancers fréquents, avec chaque année 3000 nouveaux cas et plus de 1000 décès. Le cancer du col est l’un de ceux qui a connu les plus grandes avancées au cours des 20 dernières années : grâce au frottis et au vaccin préventif, il pourrait être éliminé. Il se développe sur la première couche de l’épithélium qui recouvre la partie basse et étroite de l’utérus. Sa cause principale est une infection persistante par le papillomavirus humain (HPV). Une fois installé durablement ce virus peut provoquer des lésions précancéreuses (ou dysplasies de bas ou haut grade) susceptibles d’évoluer vers un cancer 10 à 15 ans après l’infection. 13 types de virus HPV sont cancérigènes, dont les HPV16 et 18 impliqués dans 70 % des cas.

  • Facteurs de risque. Le HPV se transmet lors des rapports sexuels quelle qu’en soit la forme. 80 % des femmes sont infectées au moins une fois dans leur vie. Le virus est éliminé spontanément par l’organisme. Mais parfois, sous l’influence d’autres facteurs (précocité des rapports, multiplicité des partenaires, tabagisme), l’infection persiste. À un stade précoce, ce cancer se développe souvent sans symptôme particulier. D’où la nécessité d’un suivi gynécologique et du dépistage recommandé pour le détecter.
  • Dépister et prévenir. « C’est le seul cancer qui bénéficie d’une double prévention, l’une primaire par le vaccin, l’autre secondaire par le frottis, observe le Dr Callet. Pour lutter contre les HPV oncogènes l’idéal serait de vacciner aussi les garçons. On ne le fait pas à cause du coût mais aussi parce que chez eux, ces papillomavirus ne développent pas de cancers. » Aux filles de se protéger : par le vaccin préventif (Gardasil ou Cervarix) au début de leur vie sexuelle, entre 11 et 19 ans. À partir de 20-25 ans, vaccinées ou pas, se protéger passe par 2 frottis cervico-utérins de dépistage du papillomavirus à un an d’intervalle puis, s’ils sont négatifs, tous les 3 ans jusqu’à 65 ans. 31 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses dépistées chaque année nécessitent un traitement ou une surveillance gynécologique particulière.
  • Traiter. En cas d’anomalies (saignements, pertes infectées) ou de positivité des frottis, au stade de dysplasie, le traitement est local. La zone touchée est retirée par conisation, intervention par voie vaginale sans incision abdominale prélevant, par laser ou bistouri classique, un petit cône dans la partie de l’utérus porteuse de la maladie. Si le cancer est avéré, selon l’étendue, la taille et la profondeur de la tumeur, ses métastases, le traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie (radiothérapie externe et curiethérapie) et la chimiothérapie, seules ou ou associées (dans ce cas on parle de radiochimiothérapie concomitante). Pour éviter une chirurgie radicale, le dépistage précoce à l’état précancéreux est incontournable.
  • L’avenir. Malgré ces outils efficaces de prévention et de dépistage, son pronostic se dégrade en France, le nombre de cancers graves du col augmente avec un taux de survie à 5 ans en diminution. La couverture vaccinale n’est que de 14 %. Après leurs 40 ans, 40 % de femmes ne réalisent pas leur frottis. Or, l’âge moyen du diagnostic étant 51 ans, ce cancer peut être évité dans 9 cas sur 10 grâce aux frottis réguliers. D’où la décision du dépistage organisé à l’échelle nationale en 2018.
 À lire aussi : Comprendre l’hystérectomie en quatre questions

 

Réponses d'expert : Le dépistage organisé, ça en vaut la peine

Réponses d'expert : Le dépistage organisé, ça en vaut la peine

Pr Nisand Pr Israël Nisand
Président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (cngof.fr), chef de service de gynécologie-obstétrique, CHU de Strasbourg

Nous déplorons l’ambiance actuelle qui pousse à douter de tout message de santé publique. Ainsi de la vaccination : 14 % seulement des jeunes filles sont vaccinées contre le HPV (98 % en Grande-Bretagne). La même méfiance est à l’œuvre vis-à-vis de la détection et de la prise en charge du cancer du sein. La controverse autour du risque de sur-diagnostic ou de sur-traitement a dérivé dans un amalgame où se mélangent cancers issus du dépistage et cancers cliniques. Résultat : après une forte progression les premières années, le dépistage organisé a baissé de façon historique. Les praticiens voient désormais des femmes porteuses de tumeurs à un stade très avancé. Or l’un des effets indéniables du dépistage est de repérer des anomalies à un stade infra-clinique. Détectées plus petites, les tumeurs sont plus aisément guérissables, sans que cela soit au prix de chirurgies mutilantes et de chimiothérapies. Combattre les cancers du sein ne se joue pas qu’en termes de vies gagnées, mais aussi et surtout en qualité de vies épargnées. Autant d’arguments qui nous autorisent à rappeler – sans autre intérêt que celui de la santé des femmes – que diminuer le nombre de décès et améliorer la qualité de vie par un dépistage, ça en vaut la peine!

 

Cancer de l’endomètre : le plus fréquent

Avec 7500 nouveaux cas par an, ce cancer du corps de l’utérus (endomètre) est le plus fréquent des cancers gynécologiques. 4e cancer de la femme, il survient en moyenne après la ménopause autour de 68 ans. Bien que très voisin par sa localisation, il diffère du cancer du col par ses facteurs de risque, son diagnostic, son traitement. Il se développe à partir de la muqueuse qui tapisse intérieurement la cavité utérine. Sa forme la plus courante est le carcinome, qui prend naissance à partir d’une cellule de la première couche de l’endomètre, l’épithélium.

  • Facteurs de risque. Plusieurs y sont associés : l’âge, les troubles métaboliques liés à la suralimentation (obésité, diabète, hypertension), plus rarement une prédisposition génétique.
  • Symptômes. Des saignements vaginaux anormaux (métrorragies) après la ménopause, ou avant, entre les règles.
  • Diagnostic. Il n’y a pas de dépistage mais il doit être orienté chez certaines femmes au terrain favorable ou ayant eu des polypes. Le diagnostic est établi par une échographie du pelvis (petit bassin) et une hystéroscopie (examen de la cavité de l’utérus à l’aide d’une caméra) qui permet des prélèvements afin d’avoir un examen anatomopathologique. Celui-ci confirmera ou pas le cancer. Son étendue est ensuite évaluée par une IRM du pelvis et des ganglions lombo-aortiques. Diagnostiqué à un stade précoce, il est de bon pronostic.
  • Traiter. Tant que la tumeur ne s’est pas propagée, on recourt à la chirurgie : ablation de l’utérus, des ovaires et des trompes (hystérectomie totale non conservatrice) et des ganglions pelviens. Elle est souvent suivie d’une curiethérapie pour contrer les récidives sur la partie haute du vagin ainsi que d’une radiothérapie externe en fonction du grade de la tumeur et de l’atteinte des ganglions. Si métastases, les traitements systémiques (hormonothérapie, chimiothérapie) complètent le protocole. Le taux de guérison du cancer de l’endomètre est de 76 % à 5 ans.

Cancer de l’ovaire: méconnu

Avec environ 5000 nouveaux cas par an, ce cancer est qualifié de rare mais aussi de « méchant ». En effet, proportionnellement, il est plus meurtrier que le cancer du sein, avec plus de 3500 décès par an. Toujours de mauvais pronostic car 3 cancers de l’ovaire sur 4 sont découverts à un stade avancé. Dans 90 % des cas, la tumeur se développe à partir des cellules épithéliales formant le revêtement de l’ovaire. On parle d’adénocarcinomes ou d’épithéliomas papillaires, en raison de leur tendance à former des franges friables qui peuvent se séparer de la tumeur et disséminer les foyers tumoraux dans les organes voisins (ovaire, trompes, utérus, vessie, rectum). Le cancer peut s’étendre au péritoine ou aux ganglions lymphatiques de l’abdomen. Et si aucun traitement n’est entrepris, il métastase le foie et les poumons.

  • Symptômes. Aucun n’est significatif, car le cancer de l’ovaire se forme à bas bruit, en profondeur. De ce fait, il est souvent diagnostiqué tardivement lorsque les tumeurs ayant grossi appuient sur les intestins, la vessie, les organes avoisinants. Certains signes abdominaux anormaux sont alors révélateurs: gêne, pesanteur, constipation d’apparition récente et durant plus d’un mois. Le diagnostic sera confirmé par l’examen gynécologique, l’imagerie médicale (échographie pelvienne, scanner, IRM) et la cœlioscopie, essentielle dans les cas difficiles.
  • Facteurs de risque. Le vieillissement (ce cancer survient entre 60 et 70 ans) avec des exceptions chez des femmes jeunes ayant une susceptibilité familiale liée à la mutation des gènes BRCA1 ou 2.
  • Traiter. Principalement par la chirurgie qui retire les lésions et les tumeurs visibles voire toute la cavité utérine selon l’agressivité du cancer. Une chimiothérapie post-opératoire est généralement prescrite. Le seul traitement dans les cas très avancés, quand les poumons et le foie sont touchés.
  • Progrès. De nouvelles biothérapies innovantes permettent parfois d’éviter la chimiothérapie. La thérapie ciblée est aujourd’hui autorisée pour les femmes en rechute chez qui a été détectée la mutation génétique. L’immunothérapie pourra être une arme supplémentaire dans la lutte contre le cancer de l’ovaire, des protocoles de recherche en phase 3 sont en cours.

 

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 À lire aussi : Cancers bronchiques chez la femme

 

Réponses d'expert : Apaiser la peau en souffrance

Réponses d'expert : Apaiser la peau en souffrance

nuria perezNuria Pérez-Cullell
Pharmacienne, directrice générale Eau Thermale Avène

Si les traitements anti-cancéreux – chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, thérapies ciblées – sont de plus en plus pointus, la grande majorité s’accompagne d’effets associés. Pour ce qui concerne les séquelles d’ordre dermatologique, les principales manifestations cutanées apparaissent en moyenne 15 jours à un mois après le début du traitement. Aux extrémités : fissures douloureuses au bout des doigts et des pieds ; syndrome inflammatoire mains-pieds qui empêche de marcher, écrire, manger ; photosensibilisation de la peau avec des réactions allergiques (rougeurs, pigmentation, irruption acnéique, sécheresse cutanée, démangeaisons, prurit). Ces effets secondaires soit disparaissent lorsque le traitement est terminé, soit perdurent. Des cicatrices douloureuses ou disgracieuses peuvent aussi persister suite à une intervention chirurgicale ou une reconstruction mammaire. Sur les principaux signes d’inconforts cutanés (peau sèche, démangeaisons, induration, xéroses), les patientes disposent de produits cosmétiques apaisants de type Xeracalm, Trixera, Cicalfate chez Avène.

Tous les conseils sur www.one-smile.care.

 

Les cancers font émerger solidarités féminines et associatives

Pour supporter les effets secondaires des traitements, reprendre confiance en soi et rester actrice de la maladie, le rôle des associations de patientes est primordial.

 

Face à la dureté des traitements et à la détresse engendrée par la maladie, l’accompagnement physique et psychologique est devenu indissociable de la prise en charge globale des cancers. Peut-être encore plus pour les cancers féminins tant l’image de soi est dégradée. Depuis plus de 20 ans, les associations petites et grandes, locales, régionales, nationales se sont multipliées pour informer, donner du réconfort à celles qui affrontent avec courage et dignité leur maladie, certaines toutes seules. Se serrer les coudes entre patientes mais aussi soutenir la recherche pour qu’un jour la cause réelle du cancer soit découverte. Zoom sur trois associations.

Rose casse les codes

Dans Rose il y a « ose », déclarent avec joie les deux Céline (Lis-Raoux et Dupré), les fondatrices qui, en 2011, se lancent dans cette aventure. « Nous voulions changer l’ordre des choses, bousculer les paradigmes du cancer qui présentaient toujours les malades comme des victimes, des morts en sursis, l’objet de la charité. Chez Rose, le sujet n’est pas le cancer. Le sujet est le vivant. » Elles ont donc eu cette idée folle de parler du cancer autrement. En 6 ans, l’association a été un moteur reconnu d’innovation sociale. Ses 3 piliers : l’information via l’édition du magazine Rose, glamour, haut de gamme et distribué gratuitement dans les services de cancérologie et dans lequel les mannequins sont des malades, patientes et médecins unis dans une dynamique commune. Le second pilier, la défense des droits des malades : en 2015, l’inscription du « droit à l’oubli » pour les malades du cancer dans la loi Santé est le fruit de quatre ans de travail et de lobbying. Enfin, dernier pilier, l’accompagnement et le service avec l’ouverture de la Maison Rose en 2016 à Bordeaux – lieu de partages et d’échanges, dédié aux femmes pendant et après les traitements – et RoseCar, la première plate-forme de partage de trajets vers l’hôpital (www.covoiturage-rosecar.fr).

www.rose-association.fr

Rester femme avec belle & bien

Soigner son apparence physique aide aussi à retrouver confiance en soi et se sentir mieux dans un corps malmené par la maladie. Pour y parvenir, l’association Belle&Bien a créé des ateliers de soins et de maquillage, collectifs et gratuits. Depuis le premier, accueilli en 2002 par le centre René-Huguenin, plus de 22 000 femmes en ont bénéficié dans les 31 établissements de santé partenaires répartis dans 17 villes. « Redonner aux patientes une image positive d’elles-mêmes est la mission de notre association, déclare sa directrice Róisín Dockery. Notre vœu serait que les ateliers “belle & bien” fassent partie intégrante du parcours de soins de support de toutes les femmes en cours de traitement. » Chaque atelier animé par des bénévoles dure 2 heures. On y enseigne les techniques permettant d’atténuer et de dissimuler les effets visibles directement ou indirectement liés à la maladie et ses traitements. On y prodigue des conseils sur les soins de la peau, le maquillage et les ongles. L’occasion de ne pas se sentir seule, de se détendre et d’échanger entre femmes vivant une même expérience. Chacune reçoit une trousse contenant des produits de soins adaptés aux peaux sensibles et à leur carnation, offerts par les 15 marques cosmétiques soutenant l’association (Avène, L’Oréal, Clarins, Guerlain, La Roche-Posay, Clinique, Vichy, Maybelline…).

www.bellebien.fr

Un café avec imagyn

Pascale Jubelin, présidente : « Aujourd’hui, aucune d’entre nous ne peut savoir si nous atteindrons le port ni comment elle supportera le voyage. Mais en unissant nos forces et nos idées, nous pourrons peut-être changer le programme et rendre la navigation plus sûre. » Tel est l’objectif affiché d’Imagyn dès la page d’accueil de son site. Imagyn (pour Initiative des Malades atteintes de cancers Gynécologiques) est une association récente. Fondée en mars 2014, elle est dédiée uniquement aux cancers gynécologiques, la seule à ce jour à se mobiliser sur le cancer de l’ovaire. Il s’agit bien de sensibiliser, informer, partager. Notamment lors des « Cafés Imagyn » qui se déroulent régulièrement à travers l’Hexagone. L’idée étant d’échanger lors de moments privilégiés en petits groupes (accès libre sur inscription), toujours dans un cadre agréable (Bandol, le Chalet lyrique à Gradignan, le Café français à Bordeaux, la Serrurerie à Poitiers…). L’association a aussi pour but de soutenir l’organisation des congrès, des formations ou tout événement lié aux cancers gynécologiques (Journée de la Femme, Octobre rose, World Ovarian Cancer Day). Elle est affiliée à Arcagy-Gineco, groupe coopérateur spécialisé depuis 20 ans en recherche clinique et translationnelle dans les cancers de la femme et du sein métastatique, labellisé par l’Inca et la Ligue nationale contre le cancer.

www.arcagy.org

 

Autres engagements exemplaires

Autres engagements exemplaires

Vous trouverez la carte des associations sur le site de l’Inca : www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Ressources-utiles/Carte-des-associations

 

Dominique Thibaud

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