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Cancer : tous sauvés par l’immunothérapie ?

Cancer : tous sauvés par l’immunothérapie ?

21 juin 2018
Utilisant les ressources de notre propre système immunitaire, l’immunothérapie montre des résultats intéressants dans la lutte contre certains cancers. Quels sont les mécanismes de l’immunothérapie ? Où en est la recherche ? Quelles sont les pistes explorées par les médecins ? On fait le point.

 

L’ASCO, plus grand congrès international dédié à l’oncologie, s’est déroulé du 1er au 5 juin à Chicago. Cette nouvelle édition a confirmé les promesses des nouveaux traitements contre le cancer utilisant le principe d’immunothérapie. De nombreuses études cliniques et résultats ont été dévoilés par les différents laboratoires, qui donnent de l’espoir aux patients dans leur lutte contre le cancer.

 

Le principe de l’immunothérapie

Dans immunothérapie, il y a « immuno », préfixe en rapport avec les processus immunitaires, et « thérapie », du grec ancien therapeía pour « cure ». Ces nouveaux traitements visent à soigner la maladie en activant les défenses immunitaires du patient afin qu’elles éliminent les cellules cancéreuses.

Notre système immunitaire est en effet programmé pour lutter contre les agressions extérieures et éliminer les bactéries et virus. Hélas, il peine souvent à reconnaître et détruire les cellules cancéreuses, soit par défaut d’identification, soit parce que la réaction arrive trop tard. Les traitements d’immunothérapie visent à déclencher une réaction immunitaire contre ces cellules malignes, en bloquant notamment l’interaction entre la protéine PD1, située dans les cellules immunitaires, et la PD-L1 des cellules tumorales, qui provoque l’inhibition des cellules immunitaires. L’organisme est en effet programmé pour empêcher ces dernières d’attaquer leurs propres tissus… sauf que face aux cellules cancéreuses, cela pose problème ! Cela fait beaucoup de cellules pour une seule phrase, mais on espère que vous avez compris le mécanisme.

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Les lymphocytes, nouveaux acteurs de la lutte contre le cancer

Il a fallu plusieurs décennies de recherches pour identifier cet antigène tumoral, qui permet une approche ciblée des cellules cancéreuses. Présents dans le sang, la moelle osseuse et les tissus lymphoïdes, les lymphocytes appartiennent à la famille des globules blancs. Les lymphocytes B sont responsables de la production des anticorps, et les lymphocytes T constituent la pierre angulaire de l’immunité cellulaire.

En cas d’infection, le taux de lymphocytes augmente afin de combattre l’intrus. Lorsque les « T » croisent une cellule anormale ou un virus, les lymphocytes tueurs se multiplient puis se fixent aux cellules indésirables et libèrent des substances chimiques qui les détruisent. Les « B » jouent un rôle essentiel puisque ce sont eux qui activent les T en leur indiquant les ennemis à éliminer.

Les traitements par immunothérapie stimulent les lymphocytes, et leur apportent un bouclier protecteur contre les substances produites par les cellules cancéreuses pour les éliminer.

 

L’immunothérapie est-elle accessible à tous ?

Des traitements sont déjà disponibles, et ont montré de bons résultats face à différents cancers, notamment le mélanome et certains types de cancers du poumon. On observe une nette amélioration de la survie des patients, autrefois condamnés à court terme, et qui retrouvent (dans certains cas) une espérance de vie sur plusieurs années, voire parviennent à un état de rémission. Toutefois, tous les patients ne répondent pas de manière identique à l’immunothérapie, et certains pas du tout.

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L’immunothérapie va-t-elle remplacer les autres traitements contre le cancer ?

On a pu le penser lorsque les premiers résultats prometteurs ont été dévoilés, mais l’avancée des recherches démontre plutôt les bénéfices d’une association entre immunothérapie et traitements traditionnels.

En effet, tous les patients ne répondant pas de manière identique à l’immunothérapie, les médecins misent plutôt sur des combinaisons thérapeutiques afin de maximiser les chances de réussite du traitement.

 

Les combinaisons de traitements différents au cœur des nouveaux essais cliniques

Des essais d’association entre plusieurs traitements d’immunothérapie ont montré de bons résultats, mais aussi des effets secondaires lourds qui ont conduits certains patients à stopper le traitement.

Les pistes les plus prometteuses se situent plutôt au niveau de l’association entre immunothérapie et chimiothérapie. Au congrès de l’ASCO 2018, deux études ont montré que l’association de l’immunothérapie (avec le pembrolizumab ou l’atézolizumab) avec la chimiothérapie obtenait de meilleurs résultats que la chimio seule chez les patients atteints de cancers bronchiques non à petites cellules. Bémol : les patients subissent à la fois les effets secondaires de la chimio et ceux de l’immunothérapie, qui est toutefois mieux tolérée dans l’ensemble car moins toxique.

Côté radiothérapie, des résultats intéressants ont également été présentés sur sa combinaison avec l’immunothérapie. Les rayons provoquent une réaction immunitaire en s’attaquant à la tumeur, modifiant son micro-environnement et abaissant ainsi sa résistance à l’immunothérapie. À l’Institut Curie, une équipe prépare un essai de cette association chez des femmes atteintes d’un cancer du sein.

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La recherche continue sur les biomarqueurs

On l’a dit plus haut, l’objectif de l’immunothérapie est de bloquer l’interaction entre les protéines PD1 des cellules immunitaires et PD-L1 exprimée par les cellules tumorales. La logique voudrait que plus une tumeur exprime de PD-L1, plus le patient répond à l’immunothérapie. Eh bien non… Près de 60% des patients présentant ce biomarqueur ne répondent pas, tandis que d’autres dont les tumeurs n’expriment pas PD-L1 réagissent très bien à l’immunothérapie.

Les spécialistes considèrent qu’il faut continuer à creuser cette question afin de diversifier les biomarqueurs et pallier à la diversité des tumeurs. Aucune piste ne fait encore l’unanimité, même si le marqueur correspondant au taux de mutation dans les cellules cancéreuses était au centre de l’attention lors de l’ASCO.

Affaire à suivre, donc, la recherche contre le cancer est loin d’avoir dit son dernier mot.

Clémentine Garnier

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