AIL NOIR
Calimero, sors de ce corps

Calimero, sors de ce corps

25 mai 2017
« C’est trop injuste », « Ça tombe toujours sur moi »… Chez certains, chaque contrariété du quotidien devient un motif de plainte, au point d’exaspérer tous ceux qui les entourent. Pourquoi avons-nous besoin de râler ? Comment arrêter ?

 

On se souvient tous de Calimero, ce mignon petit poussin avec sa coquille ébréchée sur la tête qui répète en boucle « C’est vraiment trop injuste » d’une petite voix zézayante. Si à la télé on le trouve mignon, dans la vraie vie, les jérémiades des « Calimeros » qui sautent sur la moindre contrariété pour se plaindre à tout bout de champ nous tapent vite sur le système. Même nous, nous avons nos bons et nos mauvais jours, où l’on râle sur tout : les bouchons, les enfants, notre conjoint… Alors, si nous sommes tous un peu Calimero, comment supporter ceux qui nous entourent, et comment essayer de l’être moins ? Quelles émotions se cachent derrière cette plainte ?

 

« C’est trop injuste ! » – Pourquoi fait-on son Calimero ?

« Elle n’est jamais contente », « J’ai jamais de chance », « il se plaint tout le temps »… À l’origine de ces plaintes récurrentes, on retrouve un fort sentiment d’injustice. C’est toujours sur eux que tombent les corvées au bureau, les pannes de voiture, les grèves de métro ou les taches de sauce.

À les entendre, on pourrait croire qu’ils catalysent toute la misère du monde, et l’on s’étonne que ces Calimero ne parviennent pas à prendre du recul sur leur situation, pas si dramatique que cela de notre point de vue.

Saverio Tomasella, psychanalyste et docteur en psychologie, propose des éléments de réponse dans son ouvrage Le Syndrome de Calimero. Il souligne que souvent, ces éternels plaignants ont été victimes d’injustices bien réelles. Humiliation, spoliation, rejet ou abandon les ont marqués profondément : chaque situation qui réactive des émotions voisines réactive aussi leur souffrance. Plutôt que de l’exprimer ainsi, ce qui serait trop douloureux, ils préfèrent râler sur des éléments anecdotiques mais irréfutables. Ce café était vraiment trop chaud, cette autoroute vraiment bouchée, ces nouveaux talons vraiment trop fragiles : pour ceux qui ont dû faire face à la négation de leur mal-être, c’est un soulagement de pouvoir exprimer une souffrance indéniable.

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Pourquoi faut-il les écouter râler ?

On pourrait être tenté de verrouiller ses écoutilles et d’éviter le contact avec ces éternels insatisfaits, voire de moquer leur pessimisme et leurs jérémiades. Erreur ! Les Calimero ont besoin d’être entendus, ils se plaignent pour que leur souffrance soit reconnue. La nier ne fera qu’aggraver leur besoin de la manifester, et donc augmenter le volume de leurs plaintes.

Attention toutefois à certaines personnes toxiques qui utilisent la plainte à des fins de manipulation, ou qui se complaisent dans la lamentation permanente : une fois démasquées, elles sont à fuir.

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Faut-il arrêter de se plaindre ?

Ce serait une erreur de tomber dans l’extrême inverse. Nos sociétés occidentales basées sur une culture de la performance et de l’apparence ont oublié un point essentiel : exprimer sa douleur est indispensable pour ne pas la laisser nous dévorer. Nous nous autorisons rarement à dire « Ça ne va pas », laissant enfler les émotions négatives et favorisant ainsi la rumination. Finalement, le remède serait pire que le mal. La plainte reste utile lorsqu’elle est ponctuelle et qu’elle permet d’attirer l’attention sur un problème à un instant T. L’idéal pour qu’elle ne perde pas en impact : réussir à formuler ses émotions négatives dès qu’elles pointent le bout de leur nez pour désamorcer leur pouvoir de nuisance.

 

Comment sortir de la spirale de la plainte ?

Tout d’abord, il est primordial de remettre les choses en perspective et à leur place. Lorsqu’on ressent un sentiment d’injustice, plutôt que de globaliser la cause, façon « Ça tombe toujours sur moi », on tente de rationnaliser le problème. La voiture est tombée en panne, mais cela faisait six mois que le voyant rouge clignotait. Notre boss a promu quelqu’un d’autre, mais elle travaille 15 heures par jour alors qu’on préfère partir à une heure raisonnable du bureau pour profiter de notre vie.

Enfin, on s’interroge sur les causes réelles de cette émotion. Est-on vraiment en colère parce que notre conjoint a oublié le pain, ou parce que cela fait plusieurs mois qu’il/elle ne nous a pas dit « Je t’aime » ? Est-on énervé parce que notre meilleure amie a décidé de se marier à une date peu pratique, ou parce qu’elle se marie alors qu’on est toujours célibataire ? Se poser les bonnes questions permet de sortir de l’immobilisme et de se donner les moyens d’agir sur ce qui nous chagrine.

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À lire

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Le Syndrome de Calimero de Saverio TomasellaPour aller plus loin dans la compréhension des Calimero, LE SYNDROME DE CALIMERO de Saverio Tomasella (éditions Albin Michel, mars 2017, 256 pages, 19 €) analyse en profondeur les ressorts de ces plaintes incessantes et propose des pistes de développement personnel pour devenir « moins râleur ».

 

Clémentine Garnier

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