BRULURES

Brûlures, 1, 2, 3… degrés !

10 mai 2017
C’est à la maison que se produit l’essentiel des accidents à l’origine de la brûlure. Un cocon « piégeux » à apprivoiser pour préserver notre enveloppe protectrice. Et si le mal est fait…

 

De la superficie vers la profondeur, trois couches (l’épiderme, le derme et l’hypoderme) forment la peau, l’organe le plus étendu du corps. Il est aussi doté d’une multitude de fonctions, ce qui explique qu’une brûlure étendue puisse être une urgence, une urgence vitale.

 

Une brûlure du 1er degré, par définition superficielle, entame à peine l’épiderme, et pas du tout la « couche basale », la jonction entre l’épiderme et le derme. La lésion, une rougeur (un érythème), produite par un fer à repasser par exemple, douloureuse, ne laisse aucune cicatrice.

Un cran au-dessus, mais superficielle encore, une brûlure du second degré : l’épiderme entier (dans sa hauteur !) est érodé, sans rupture de la couche basale. Celle-ci se présente rose et suintante au fond d’une cloque (la phlyctène) ; les poils sont toujours présents. La douleur est intense. La plaie se referme en trois semaines, sans cicatrice. Lors des brûlures du second degré profond, le derme est touché et l’on ne fait plus la différence entre une piqûre et le toucher : les sensations sont émoussées. Et la cicatrisation plus longue, avec des séquelles, des boursouflures notamment.

Quand, dans le cas d’une brûlure du troisième degré, le derme est brûlé, jusqu’à l’hypoderme, une cicatrisation spontanée est impossible, et une greffe indispensable, en milieu spécialisé. La douleur est ici abolie ; elle est donc inversement proportionnelle à la gravité de la brûlure. C’est également sa superficie qui détermine les soins, une paume de main (l’unité de mesure en matière de brûlure) représentant 1 % de la surface du corps.

 À lire aussi : Les bons réflexes en cas de brûlure légère

 

Panser les brûlures

Des petits moyens… aux dispositifs médicaux ultra-pointus, les brûlures quelles que soient leur étendue et leur profondeur devraient trouver pansements à leur mesure. Et ce, de la détersion au bourgeonnement et à l’épidermisation, les étapes successives d’une cicatrisation réussie, sous la supervision du médecin bien sûr, et avec l’aide « matérielle » du pharmacien. 

Refroidir la brulure

En cas de brûlure, il s’agit d’abord d’éteindre les flammes, s’il y en a, en les étouffant avec un vêtement en tissu naturel ou en roulant la personne sur le sol. Puis d’appliquer la « règle des 15 », à moduler pour la durée en fonction de la profondeur : faire couler de l’eau fraîche – à 15°C –, pendant 5 minutes, à 15 cm de la peau brûlée et uniquement sur celle-ci. C’est le geste de premier secours, quel que soit le degré de la brûlure, superficielle (1er ou 2nd degré, avec des cloques) ou profonde.

Appliquer huile ou crème

Sur des brûlures superficielles uniquement, on peut délicatement masser la rougeur avec de l’huile essentielle de lavandin, à la fois anti-inflammatoire, désinfectante et réparatrice, directement sur la peau, pure ou diluée dans de l’huile végétale de calophylle selon la superficie. Ou des crèmes spécifiques en couche épaisse, parfois du tulle gras.

Percer la cloque

C’est permis, en laissant le toit de la bulle (qui fait alors office de pansement naturel), si le liquide dans la cloque est clair. Quand il est douteux, on découpe, toujours avec des instruments désinfectés à l’alcool à 60° (aiguille et ciseaux), avant de nettoyer la plaie. 

Adopter un pansement « intelligent »

Alginates ou hydrocolloïdes, ils permettent de garder la plaie bien humide, tout en étant perméables aux échanges gazeux et capables d’absorber les exsudats. La plaie est nettoyée et la cicatrisation accélérée. À tous ces stades de la cicatrisation, de la détersion (le nettoyage de la plaie) au bourgeonnement, il existe des pansements spécifiques.

 À lire aussi : Plaies et cicatrisation

 

Protéger

Avec un filtre solaire le temps que la cicatrisation soit complétement terminée, au moins un an.

 À lire aussi : CONSEIL de PHARMACIEN – Favoriser la cicatrisation d’une plaie superficielle

 

Réponses d'expert : soigner ses brûlures en cure thermale

Réponses d'expert : soigner ses brûlures en cure thermale

Dr EVELYNE DELREZDr EVELYNE DELREZ
Dermatologue au Centre thermal de La Roche-Posay

L’objectif de la cure thermale est d’obtenir une plus belle cicatrice (sur des brûlures étendues ou qui concernent des zones « fonctionnelles »), sachant qu’elle se « remodèle » naturellement sur plusieurs mois, et que l’on peut donc infléchir son évolution. C’est sur ce dernier acte de la cicatrisation, le remodelage, que nous intervenons, avec des massages quotidiens, une rééducation pour assouplir les articulations devenues « carcan ». Le port de vêtements compressifs limite le risque de cicatrices chéloïdes (rétractiles).

Et bien sûr la cure thermale, deux fois par an les deux premières années. Elle associe des soins techniques (massages, douches filiformes, pulvérisations, etc.) et l’eau thermale, riche en sélénium et en silice, aux propriétés cicatrisantes, anti-inflammatoires et adoucissantes. Une efficacité qui se mesure en termes d’amélioration de l’aspect esthétique et fonctionnel de la cicatrice, de réduction de l’inflammation, des chéloïdes, des brides, du prurit. Et, à l’évidence, une meilleure qualité de vie.

 

4 règles pour minimiser le risque de brûlure d’un enfant

4 règles pour minimiser le risque de brûlure d’un enfant

1/ Le bain doit être à 37° au plus, et des dispositifs de sécurité installés sur les robinets pour empêcher l’ouverture du robinet d’eau (très) chaude.

2 / Dans la cuisine, un four à porte isotherme, des queues de casserole tournées vers l’intérieur, pas de micro-ondes pour chauffer un biberon, pas de pause thé avec un enfant dans les bras, etc.

3 / Les brûlures de barbecue sont redoutables, d’autant que les enfants, fascinés par les flammes, se placent tout près de l’appareil. Ils doivent donc être tenus à distance pendant toute la durée des opérations. Ce sont eux, et plutôt des garçons, de moins de 10 ans, qui font l’essentiel du recrutement des urgences hospitalières pour les accidents de barbecue…

4 / Pour allumer le barbecue, stabilisé, à l’extérieur toujours (mais éloigné d’une haie censée protéger du vent !), pas de liquide inflammable, comme de l’alcool à brûler ou de l’essence, mais de petits morceaux de bois ou encore des allume-feu du commerce, de préférence d’origine végétale.

 

Dr Brigitte Blond

Le choix de la rédac

L’année des méduses ?

Autres

L’année des méduses ?

Anti-piqûres et protection solaire

Ostéo-gym, un guide visuel qui nous apprend à adopter les bonnes postures

Maux de dos

Des jambes légères 24 h / 24

Circulation sanguine

Des jambes légères 24 h / 24

Du frais et encore du frais

L’huile de coco : l’huile végétale multi usage de l’été

Corps