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SILENCE

Les bienfaits du silence sur la santé

08 juin 2017
Qu’on le garde ou qu’on l’écoute, le silence a des vertus à découvrir sans attendre. Apprendre à se taire permet de profiter de cet état qui tranche avec notre époque très bruyante.

 

« Le silence est d’or, la parole est d’argent ». Tout est dit, on pourrait en rester là, mais on va quand même creuser un petit peu plus. Ce célèbre proverbe enjoint à notre société bavarde, au sens propre comme au figuré, de s’interroger sur le bruit permanent qui nous entoure, et l’importance de savoir se taire, d’être capable d’écouter ce que le silence des autres a à nous dire. Avant même de parler de ses bienfaits psychologiques, le silence s’impose comme une nécessité dans notre société où le bruit (musique, voisins, circulation, etc…) fait figure de norme et pèse lourdement sur notre santé.

 

L’impact des nuisances sonores sur l’homme

D’après une enquête menée par TNS Sofres, 67% des actifs jugent leur milieu de travail bruyant1. Ouvriers ou salariés en open space : même combat ! Le calme est un luxe qui échappe à la majorité d’entre nous. Et une fois de retour à la maison, le bruit continue de nous taper sur le système : les deux tiers des Français citent le bruit à leur domicile comme première source de nuisance2.

Si nos oreilles en pâtissent les premières, l’exposition répétée au bruit nous affecte sur différents plans et perturbe notre sommeil, notre système digestif, notre système endocrinien. Il peut engendrer des désordres cardiovasculaires et conduire à l’apparition de syndromes anxio-dépressifs. En bref, le bruit n’est pas notre ami, contrairement au silence, qui nous veut grand bien.

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Le silence rend (plus) intelligent

Le silence ne se pratique pas que dans les échanges avec les autres, même s’il a une importance sociale évidente, on y reviendra. Il constitue une formidable source d’énergie, à condition de l’apprivoiser. Lorsque l’on se contraint au silence, on libère l’accès à une partie de notre esprit qui est d’ordinaire masquée par le brouhaha de la vie quotidienne. Il nous permet de ralentir, de marquer une pause, de nous reconnecter à notre être intérieur et d’écouter ce qu’il a à nous dire.

Intuitions, émotions, décisions… s’explorent bien plus facilement dans le silence qui dépouille les choses de leur bavardage superflu et oblige à se concentrer sur l’essentiel. Il favorise également la concentration, le questionnement, la prise de distance, l’acuité mentale et la mémorisation, et nous permet de tirer le meilleur parti de nos capacités intellectuelles. La légende de Pythagore, célèbre philosophe et mathématicien grec, dit d’ailleurs que ses disciples faisaient serment de silence pendant leurs 5 années d’apprentissage, afin de se mettre à l’écoute des savoirs qui leur étaient inculqués. A bon entendeur…

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Le silence est une parole (presque) comme une autre

« Ce qu’un homme ne dit pas est le sel de la conversation. » Ce proverbe japonais résume l’importance du silence dans notre relation à autrui. Alors que beaucoup sont agités par l’injonction « d’avoir quelque chose à dire », et se sentent obligés de combler le silence par un flot de paroles, les sages de ce monde relèvent que le silence en dit plus que bien des mots.

Savoir garder le silence est particulièrement utile dans une conversation difficile : il devient un allié pour recueillir des informations sensibles ou provoquer des confidences, en laissant l’autre face à lui-même. C’est un outil fort utile à manier en diplomatie, puisqu’il en appelle à la finesse de votre interlocuteur, et l’invite à méditer sur votre échange plutôt que de rentrer dans une surenchère. Savoir se taire est aussi un excellent moyen d’apprendre, puisque l’on se met à l’écoute de ce que l’autre a à nous transmettre plutôt que de répéter ce que l’on connaît déjà.

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Comment apprendre à se taire ?

Le silence est une denrée rare dans notre quotidien, et il nécessite souvent d’apprendre à l’installer. Entamez votre rééducation silencieuse avec de petits exercices quotidiens : commencez par vous octroyer 5 minutes de silence matin et soir, en écoutant… rien, justement, hormis votre respiration. Augmentez progressivement la dose jusqu’à atteindre 15 minutes. Vous serez surpris de l’importance que cette parenthèse de calme prendra dans votre équilibre. Et maintenant que vous voici lancé, pourquoi ne pas prolonger votre découverte des bienfaits du silence en vous plongeant dans la passionnante Histoire du silence, d’Alain Corbin ?

Bonne découverte de votre silence qui ne ressemble à aucun autre.

 

1 – Source Agence Européenne pour la sécurité et la santé au travail, 2005.
2 – Enquête TNS SOFRES, 2010

Clémentine Garnier

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