MA PEAU EST UNE PRISON
Apaiser ses allergies

Apaiser ses allergies

15 avril 2018
Quand on devient allergique, le parcours du combattant commence. La parade existe pour apprivoiser ses allergies et mieux vivre avec, même devenues permanentes.

 

Chiffre

Chiffre

  • 1 Français sur 4 souffre d’allergie respiratoire. 1 rhinite allergique sur 2 est due aux acariens. 30 % des adultes sont allergiques aux pollens.
  • 15% de la population a une dermatite atopique. Près de 8 % des moins de 3 ans ont une allergie alimentaire.

Source : association Asthme & allergies

Environ 15 000 litres d’air transitent chaque jour par nos voies respiratoires. Quand il est de mauvaise qualité à l’extérieur ou à l’intérieur de nos lieux de vie ou de travail, il devient l’air de tous les dangers. La pollution atmosphérique due aux activités humaines combinée à la dissémination dans l’air ou dans la nourriture de substances allergéniques en tous genres a des conséquences préjudiciables sur la santé des systèmes respiratoire et digestif ou de l’enveloppe cutanée. La peau, les muqueuses du nez, de l’intestin deviennent hypersensibles et inflammatoires, ce qui favorise la pénétration des allergènes. L’organisme sait se défendre contre ces ennemis invisibles sauf quand une défaillance de ses récepteurs immunitaires le fait se tromper de cible. La réaction allergique se déclenche alors sous plusieurs formes parfois associées : rhinite, asthme, eczéma, démangeaisons, œdème, gonflement, urticaire, rougeurs, gêne respiratoire.

 

La faute à l’atopie et à l’épigénétique

Certaines formes d’eczéma, l’asthme, les rhinites saisonnières et les allergies alimentaires sont des maladies allergiques qui résultent du même mécanisme. Elles se déclenchent en deux temps. La phase initiale est la sensibilisation : le système immunitaire identifiant une substance inoffensive comme un allergène met en place des défenses en prévision de la prochaine intrusion. Au contact suivant il le reconnaît. Se sentant attaqué, il réagit très fort, les premiers signes de l’allergie apparaissent. C’est ainsi que le lait, les œufs, l’arachide, les fruits à coque, les crustacés sont parmi les principaux responsables des allergies alimentaires de l’enfant. La question est de savoir pourquoi cette interaction complexe se produit chez certains et pas chez d’autres. La prédisposition génétique (l’atopie) n’est plus la seule explication, puisque des allergies surviennent chez les plus âgés non atteints jusque-là. La réponse viendrait de l’épigénétique qui démontre par exemple qu’une surexposition aux molécules chimiques modifie l’expression génétique… Une clé potentielle pour comprendre l’explosion du nombre d’allergiques en France qui a doublé en vingt ans. Et l’OMS prévoit qu’en 2050 la moitié de la population le sera. De plus en plus d’enfants, d’adolescents et de seniors souffrent d’allergies respiratoires ou cutanées, encore trop souvent sous-diagnostiquées. Mieux vaut consulter sans tarder. Bien adaptée la palette antiallergique est efficace.

 

Agir contre les allergies respiratoires

Passer de la rhinite saisonnière à l’asthme allergique chronique pourrait ne plus être une fatalité. À condition de se traiter dès les premiers symptômes. 

 

Au printemps ou toute l’année, l’allergie respiratoire survient plus ou moins brutalement à tout âge, chez les plus fragiles. Rhinite ou asthme allergiques en sont les principales manifestations, souvent associées. « Nous disposons d’une palette de prise en charge, préventive et curative, efficace. En améliorant l’état de nos patients, elle évite les complications et leur permet de mieux vivre avec leur maladie respiratoire, affirme le Dr Madeleine Epstein, allergologue. Les traitements actuels sont performants pour soulager, contrôler et parfois même supprimer l’allergie grâce à la désensibilisation. »

 À lire aussi : Allergie respiratoire, impact de la pollution

Ne pas banaliser une rhinite allergique

Nez bouché ou qui coule, démange, salves d’éternuements, yeux qui piquent… Ce sont les signes de la rhinite allergique, le « rhume des foins » étant l’une de ses formes saisonnières. De mars à octobre, lors de la libération des pollens, ceux des graminées, ambroisie, cyprès et bouleau sont les plus allergisants. La rhinite allergique peut être perannuelle et se déclencher en inhalant d’autres allergènes de l’environnement (acariens, moisissures, poils de chats) ou issus de produits d’entretien, de décoration. Elle est la plus fréquente des allergies respiratoires mais on a tendance à la banaliser. Non traitée, elle peut s’aggraver et évoluer en asthme avec un risque accru de polysensibilisation. Sans compter qu’elle génère fatigue et troubles du sommeil qui influent sur la qualité de vie.

  • Diagnostic. « Les symptômes de la rhinite allergique ne sont pas spécifiques, explique le Dr Epstein. Après l’examen clinique, nous procédons donc à une enquête pour en chercher la cause, le degré de l’atteinte, l’intensité de la gêne, le rythme de survenue, les antécédents familiaux. Ses circonstances : où se déclenche-t-elle, dehors, dedans ?… Cet interrogatoire précis sur le mode de vie, l’habitat permet d’en découvrir les failles et leur impact. Le diagnostic est affiné avec le bilan allergologique réalisé par des tests cutanés à lecture immédiate (prick-tests), complété parfois par un dosage des IgE (immunoglobulines de type E), anticorps caractéristiques de l’allergie. Bilans réalisés même chez de très jeunes enfants. »
  • Éviction. Réduire l’exposition à l’allergène identifié, voire supprimer tout contact, est le début du traitement. Intra-muros, des mesures sont impératives : traquer les acariens par un dépoussiérage rigoureux. Utiliser des nettoyants ménagers non toxiques. Éradiquer l’humidité favorable aux moisissures. Aérer tous les jours. Interdire au chat l’accès des chambres et lui passer un gant humide sur les poils… Dehors, limiter l’exposition pollinique est plus compliqué. Ce qui n’empêche pas de s’imposer des règles : différer ses sorties en période à risque, fermer les fenêtres en fin d’après-midi, se laver les cheveux en rentrant de promenade. Avant de partir en vacances, consulter le bulletin du Réseau national de surveillance aérobiologique (www.pollens.fr).
  • Médicaments. Antihistaminiques par voie orale, pour apaiser et diminuer l’intensité des symptômes légers, modérés et intermittents. Pour protéger et décongestionner la muqueuse nasale : spray, gouttes et solutions pulvérisées antiallergiques. En homéopathie, les souches dépendent des symptômes : écoulement (Allium cepa), éternuements (Sabadilla), et de l’allergène : acarien (Sulfur, Psorinum), pollen (Poumon histamine et Pollens). Dans les formes sévères, persistantes, les corticoïdes inhalés viennent en renfort ou en alternative aux antihistaminiques.
 À lire aussi : Traitement homéopathique contre allergie au pollen

 

  • Désensibilisation (ou immunothérapie allergénique). Préventive et curative, elle s’attaque à la cause de l’allergie respiratoire et réussit à l’éradiquer en rééquilibrant le système immunitaire (cf. encadré expert). Elle est efficace contre les allergies aux acariens, poils d’animaux, pollens de graminées et venins d’abeille ou guêpe. Seul un médecin allergologue peut la prescrire après un diagnostic précis (ce dès 5 ans) quand les traitements symptomatiques sont insuffisants ou mal tolérés.

Contrôler l’asthme allergique

30% des rhinites allergiques évoluent vers l’asthme. Du nez aux bronches, la muqueuse est la même, mais certains auront de la rhinite et pas d’asthme parce que leurs bronches sont moins réactives que le nez. Comme 80% des asthmes ont commencé par une rhinite, l’idéal est de la traiter avant qu’elle ne dégénère. Toux récurrente, difficultés à respirer, essoufflement marquent l’apparition de l’asthme. Si le médecin en suspecte une origine allergique, il recherche les circonstances du déclenchement des crises et procède à des tests cutanés pour identifier l’allergène en cause afin de l’éviter si cela est possible. Aucun antihistaminique n’est prescrit sauf si une rhinite allergique est associée. Le contrôle des symptômes est au cœur de la prise en charge qui est celle de l’asthme classique : corticoïdes inhalés, bronchodilatateurs, éducation thérapeutique. Complétée parfois si l’allergène est connu par un protocole de désensibilisation.

Réponses d'expert : La désensibilisation : une prévention sur mesure

Réponses d'expert : La désensibilisation : une prévention sur mesure

Madeleine EpsteinDr MADELEINE EPSTEIN
Allergologue, vice-présidente du Syndicat français des allergologues, www.syfal.fr

Son but est de mettre l’organisme en relation avec l’allergène responsable. Des doses croissantes d’extraits sont administrées sous forme injectable ou sublinguale. Ces Apsi (Allergènes spécialement préparés pour un seul individu) sont formulés par l’allergologue. Il les commande à un laboratoire spécialisé qui les envoie au patient. Depuis 2012 des comprimés sont disponibles en pharmacie uniquement pour les pollens de graminées et sous ordonnance. La voie sublinguale est plus facile d’utilisation à raison d’une dose le matin. Certains patients préfèrent la forme injectable : soit au début une injection sous-cutanée hebdomadaire puis progressivement espacée à une par mois. Le protocole débute trois mois avant la saison pollinique et se poursuit pendant sa durée. Toute l’année si l’allergie est permanente. Une désensibilisation n’est pas un médicament symptomatique, c’est un traitement de prévention, le seul à modifier le cours de la maladie. À condition de le suivre sans déroger entre 3 et 5 ans. Si une désensibilisation ne donne pas de résultats dès la première saison, elle est arrêtée.

 

Témoignage : Une expérience partagée

Témoignage : Une expérience partagée

À partir de 19 ans, j’étais enrhumée chaque été – sans traitement particulier, on parlait peu d’allergie. Vers 30 ans, un allergologue met un nom sur mes symptômes qui empiraient : rhinite allergique due aux graminées et aux acariens. Un antihistaminique oral m’est prescrit de mai à septembre. Vers 40 ans, l’inflammation est descendue aux poumons, des crises sévères d’asthme m’imposaient des hospitalisations, ce qui m’inquiétait pour mon avenir. Or à 60 ans je vais beaucoup mieux, grâce au traitement de fond quotidien : anti-inflammatoire à inhaler matin et soir, bronchodilatateur à longue durée d’action et antihistaminique. Parce qu’aussi j’ai aménagé mon habitat en éliminant les allergisants et, comme tous les asthmatiques, je vis avec la météo. Très observante, je ne suis plus handicapée par ma maladie comme avant, j’ai repris confiance. À tel point que je coordonne l’éducation thérapeutique pour l’asthme à l’Espace du souffle de Tours.

Marie-Pierre Rinn, 60 ans, présidente d’Asthme & Allergies-Tours

 

En savoir +

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Combattre les allergies de la peau

Eczéma de contact et dermatite atopique sont les principales maladies allergiques cutanées. En connaître les causes, c’est le début du traitement.

 

Peau qui démange ou suinte, se couvre de plaques rouges, de vésicules, de croûtes… Ces symptômes sont communs aux différentes manifestations allergiques de la peau, eczéma et dermatite atopique en tête. Selon la substance irritante ou allergénique les ayant provoquées, l’inflammation cutanée est soit immédiate à son contact, soit retardée et elle évolue alors par poussées récurrentes et rémissions. Dans tous les cas des solutions existent pour apaiser la peau qui souffre puis traiter le terrain sur le long terme.

 À lire aussi : Tout savoir sur les allergènes dans les cosmétiques

 

La dermatite atopique, hydrater et calmer le prurit

Tout comme l’asthme et la rhinite allergique, la dermatite (ou eczéma) atopique apparaît sur un terrain héréditaire particulier. Elle est liée en partie à une anomalie de la kératinisation de la peau (altération de sa fonction barrière) à l’origine de sa sécheresse et de sa grande vulnérabi­lité vis-à-vis des allergènes de l’environnement. L’inflammation affecte les plis, le ventre, les jambes, les coudes mais aussi le visage. La maladie alternant poussées et accalmies, le traitement est de longue haleine. De plus en plus fréquente dès le plus jeune âge, elle empoisonne aussi la vie des adolescents et adultes : c’est la 2e maladie de peau après l’acné. Le prurit, souvent féroce, et la sécheresse (xérose) retentissent sur l’état général. C’est une bataille au quotidien pour les parents pour en venir à bout même si les traitements actuels aident au retour à une vie plus douce. Avant d’en définir la composante allergique, afin de l’éliminer quand elle est identifiable, et si elle existe, le soulagement est apporté par un anti-inflammatoire local. L’application de crèmes à base de cortisone utilisées judicieusement (ni trop ni pas assez et sur un temps court) permet de passer la période inflammatoire difficile et d’éviter une surinfection bactérienne. Apaiser la peau atopique nécessite aussi de la réhydrater et d’en restaurer le film protecteur avec des émollients. En limitant le passage des irritants et des allergènes à travers la barrière cutanée, ces produits dermatologiques amé­liorent le confort de la peau, espacent les poussées et diminuent la consommation de corticoïdes. Leur action est optimale après la toilette, laquelle se fait uniquement avec des produits d’hygiène surgras non détergents, sans savon, ni parfum. Les références pour petits et grands : Avène, Bioderma, Cavaillès, La Roche-Posay, Mustela, Uriage…

Guérir l’eczéma de contact

Bien que partageant ses symptômes avec la dermatite atopique, l’eczéma de contact n’est pas localisé sur les mêmes zones du corps. Cette inflammation cutanée résulte du contact direct d’une peau hypersensible avec une substance chimique émanant de métaux (nickel), parfums, conservateurs, colorants, détergents, caoutchouc, plastiques, colles… La réaction allergique ne déborde pas de la zone touchée. Les deux types d’eczéma sont différenciés par le bilan allergologique et les patch-tests. L’origine établie, le traitement d’abord symptomatique repose sur des dermocorticoïdes locaux d’activité forte à très forte jusqu’à disparition des plaques et guérison, en une à deux semaines environ. La prévention associe une réduction des expositions à risque, une limitation des lavages à l’eau, l’application de crèmes émollientes réparatrices et protectrices. L’idéal étant d’éviter tout contact avec l’allergène quand il est repéré (bijou, lessive, peintures…) Ce qui est parfois impossible et explique la chronicité de certains eczémas. En général son évolution est plus favorable que la dermatite atopique dont on ne connaît pas toujours la cause ni l’allergène déclenchant.

Le syndrome dermo-respiratoire traité à la bourboule

Le syndrome dermo-respiratoire traité à la bourboule

Aux Thermes de La Bourboule, où a été créée la première école de l’Asthme, on innove avec la prise en charge du syndrome dermo-respiratoire, l’eczéma étant souvent couplé à l’asthme. La station à la double orientation Voies respiratoires et Dermatologie combine ses cures Mieux respirer et Bien dans ma peau dans un programme spécifique de 6 soins quotidiens dédiés aux deux pathologies. Dès 6 mois pour l’eczéma atopique, à partir de 18 mois pour les allergies respiratoires. Les eaux de la Bourboule aux vertus anti-inflammatoires, anti-radicalaires apaisent les tissus atopiques et contribuent à renforcer le système immunitaire.

www.grandsthermes-bourboule.com

 

Conseils de pharmacien : l’allergie sévère au venin d’abeille, une urgence !

Conseils de pharmacien : l’allergie sévère au venin d’abeille, une urgence !

Évaluer la réaction allergique à la piqûre d’un hyménoptère (abeille, guêpe, frelon) est codifié. Qualifiée de sévère quand elle « dépasse 2 segments de membre » : piqué au doigt, la réaction s’étend jusqu’à l’épaule. Elle ne l’est pas si elle provoque un simple œdème local.Très grave en revanche quand, piqué n’importe où, une réaction généralisée de l’organisme survient : choc anaphylactique avec gêne respiratoire, œdème de Quincke, nausées, vomissements, chute de tension entraînant un risque vital. Un geste médical d’urgence, l’injection d’adrénaline intramusculaire, est alors impératif. Puis une consultation s’impose pour qu’un traitement de secours soit prescrit, notamment de l’adrénaline en stylo auto-injectable, uniquement délivrée en pharmacie sur ordonnance et remboursée : EpiPen (Mylan), Emerade (Bausch), Jext (Alk). À toujours avoir avec soi comme le font les enfants souffrant d’allergies alimentaires sévères. Et pour ne plus engager son pronostic vital, la désensibilisation aux venins d’hyménoptères est recommandée. Elle est efficace à 90 % car on connaît bien les coupables !

 

Dominique Thibaud

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