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Apaiser une peau sèche

Apaiser une peau sèche

05 septembre 2015
Quand la peau est très sèche et réactive, souvent la maladie en est la cause, ou le vieillissement. Connaître ses agresseurs, c’est le début du soin.

 

La peau est le plus lourd et le plus grand de nos organes : 4 kg pour 2 m2 en moyenne. Nous naissons avec un certain type de peau : normale, grasse, sèche ou mixte ; rien de pathologique, comme le fait d’avoir les yeux bleus ou les cheveux noirs. On peut cependant hériter d’une peau atopique dès les premiers mois de la vie. Et la peau peut changer de nature lorsque des traitements lourds soignent une autre partie du corps. Ou tout simplement parce qu’elle vieillit en même temps que celui ou celle qu’elle protège. Notre enveloppe est bien le reflet de notre bien-être ou de notre mal intérieur. Si rien ne venait perturber son bel équilibre (et le nôtre), la peau est, paraît-il, programmée pour durer 150 ans ! En attendant, le dermatologue figure parmi les spécialistes dont le cabinet ne désemplit pas. Les motifs de le consulter ne manquent pas : acné, eczéma, psoriasis, infections cutanées, cancers… Sans oublier les soins pour combattre le vieillissement qui, lui, n’est pas une maladie de… peau.

Lutter contre la sécheresse cutanée

La peau est en contact permanent et simultané avec notre « intérieur » et notre environnement. Lorsque notre organisme subit une agression, la peau ultrasensible est aux premières loges et réagit. Quand elle « respire », cela se ressent partout dans le corps ; mais quand elle est asphyxiée, elle fait mal. Ainsi, 8 personnes sur 10 souffrent de problèmes de peau qui ont un impact majeur sur leur qualité de vie pour au moins 25 % d’entre elles. La souffrance est souvent due à une sécheresse cutanée qui peut survenir à tout âge. Elle est, par exemple, l’un des symptômes de l’eczéma atopique du petit enfant, mais aussi l’une des conséquences des traitements anticancéreux. Cette sécheresse de la peau fait aussi partie des suites de la ménopause, lorsque la disparition des hormones sexuelles la laisse fine et fragilisée. Si on ne peut éliminer toutes les causes souvent complexes du desséchement, on sait en revanche bien réparer et apaiser la peau lorsqu’elle est dans tous ses états.

 À lire aussi : La peau dans tous ses états – acné, psoriasis, vaisseaux, etc.

 

Soulager la dermatite atopique de son enfant 

Cette maladie chronique, de plus en plus fréquente, touche 20 % des enfants de moins de 7 ans. Traitée dès son déclenchement, elle peut régresser.

 

Comme l’asthme et la rhinite allergique, la dermatite atopique apparaît sur un terrain héréditaire particulier lié à une hypersensibilité à certains allergènes de l’environnement. À la fois maladie inflammatoire de la peau et pathologie du système immunitaire, l’atopie se manifeste par des plaques rouges, des vésicules suintantes et des croûtes. Très prurigineuses, ces lésions affectent les plis, le ventre, les jambes, les coudes mais aussi le visage. La maladie évolue en alternant poussées inflammatoires et accalmies.

 À lire aussi : Peau de bébé : prévention et soin

 

Une souffrance partagée

Si la dermatite atopique débute souvent avant l’âge de 6 mois, elle disparaît dans 80 % des cas avant 7 ans. En attendant, l’enfant vit un calvaire. Sa peau rouge très sèche le démange tant qu’il se gratte parfois jusqu’au sang. Il pleure. Il dort mal. Face à sa souffrance, les parents sont désemparés. La maladie bouleverse la vie de toute la famille. C’est une bataille au quotidien pour en venir à bout même si les traitements actuels aident au retour à une vie plus douce.

Des soins locaux quotidiens : dermocorticoïdes, émollients

Bien adaptés, bien compris et instaurés tôt, ils soulagent vraiment.

  • Pour réduire l’inflammation et le prurit, le médecin prescrit un dermocorticoïde, pommade ou crème selon l’aspect sec ou suintant des lésions, à appliquer suivant un dosage et une durée limités. Une cure thermale de 3 semaines est parfois indiquée dans une station spécialisée (Avène, La Roche-Posay, Rochefort…). Enfants et parents y apprennent à vivre avec cet eczéma envahissant.
  • Pour diminuer la sécheresse, une application quotidienne d’émollient sur les zones non rouges selon un pommadage précis. Et lors des accalmies sur tout le corps afin de réhydrater la peau et prévenir l’inflammation. « La peau sèche est le premier signe génétique de la maladie. L’émollient est incontournable pour restaurer la barrière cutanée altérée tant que l’enfant n’a pas de poussées. Une peau bien hydratée empêche les allergènes de passer », explique la dermatologue Marie-Christine Derouet.
  • Le choix du produit est dicté par la façon dont la peau de l’enfant le supporte. Parmi les références : Lipikar AP+ (La Roche-Posay), Stelatopia (Mustela), XeraCalm AD (Avène). L’action apaisante est optimale lorsque l’émollient est passé après la toilette. Celle-ci se fait avec un nettoyant, solide ou liquide, sans savon ni parfum. Des règles à suivre au long cours car l’atopie et l’aspect peau sèche persistent toute la vie.
Réponses d'expert : Stop à la corticophobie

Réponses d'expert : Stop à la corticophobie

MARIE-CHRISTINE DEROUETDr MARIE-CHRISTINE DEROUET
Dermatologue, La Roche-Posay

Confondant dermocorticoïde et corticoïde par voie orale, certains parents ont peur de la cortisone. Or, le traitement cortisonné local calme l’inflammation et évite la surinfection. Ces parents ont d’autant plus tort que le médecin essaie toujours de trouver la dose minimale efficace sur un temps court. Si l’on suit bien la prescription, il n’y a pas de problème. Seuls les abus (produit mal utilisé, en trop grande quantité, trop longtemps ou pas assez) provoquent des effets néfastes. Si aucune amélioration n’est observée alors que l’application est correctement faite, d’autres thérapeutiques plus lourdes prennent le relais (photothérapie, immunosuppresseurs par voie générale pour les eczémas sévères nécessitant l’hospitalisation). Ce qui reste exceptionnel.

 

Santé connectée

Santé connectée

PO-SCORAD
Une appli pour évaluer l’eczéma de son enfant. À télécharger sur www.fondation-dermatite-atopique.org

 

Atténuer les effets cutanés des thérapies anti-cancer

En faisant du bien, les traitements lourds font aussi du mal. Pour soulager une peau devenue plus sensible et fragilisée, règles d’hygiène et soins dermocosmétiques sont associés.

 

De nombreuses vies sont épargnées grâce aux traitements oncologiques. Ils ont cependant des conséquences négatives sur l’apparence physique. Il faut « faire avec » ces effets qui sont souvent le signe que le traitement atteint sa cible. Pour autant, il ne s’agit pas de subir cet inconfort supplémentaire. Aujourd’hui, oncologues et dermatologues travaillent ensemble pour prendre en charge les troubles cutanés liés aux thérapies. Les patient(e)s apprennent ainsi à soulager leur épiderme agressé et à prendre soin de leur peau devenue réactive.

 À lire aussi : Comment lutter contre les effets secondaires du cancer

 

La priorité : hydrater et graisser les peaux asséchées

La radiothérapie provoque des brûlures. Chimio-, immuno- et thérapies ciblées dessèchent la peau. Œdème, érythème, prurit, perte d’élasticité, éruptions de boutons sont d’autres symptômes induits. La peau devient rouge, irritée, démange, tiraille, pèle. Savoir que ces désagréments sont inévitables a au moins l’intérêt de ne pas attendre leur survenue pour commencer les soins destinés à les prévenir ou les atténuer.

Une bonne hydratation est primordiale pour restaurer le film lipidique, restituer la souplesse de la peau, apaiser les démangeaisons. L’arsenal dermocosmétique est celui préconisé contre l’ultrasécheresse : syndet ou huile lavante, émollients en crème ou baume. Un produit hydratant et régénérant peut être utilisé chaque jour, à condition de l’appliquer à distance des séances de thérapie. Un baume relipidant à l’urée calme les pieds et les mains atteints d’un syndrome douloureux (érythème, sécheresse, fissure ou épaississement). Si cela ne suffit pas, un dermocorticoïde, prescrit sur une durée limitée, traite cette nouvelle inflammation.

Une cure réparatrice

Le protocole dermatologique post-cancer peut inclure une cure thermale spécifique. Elle apaise les brûlures des radiothérapies et accélère la cicatrisation. Après un cancer du sein non métastatique traité, les trois semaines remboursées par la Sécu sont une parenthèse réparatrice qui améliore l’état cutané comme le moral. Chaque station thermale spécialisée travaille avec un centre anti-cancer de référence (liste sur www.medecinethermale.fr).

Témoignage : Hydrater sa peau, cela s’apprend

Témoignage : Hydrater sa peau, cela s’apprend

Avec la chimio, tout devient sec de la tête aux pieds ! J’avais l’impression que ma peau risquait de se casser à tout moment. On perd ses cheveux, le cuir chevelu souffre aussi. On se sent tellement mal, on ne se reconnaît plus dans la glace. Pour passer ce cap, vécu comme une souffrance en plus, on a besoin d’aide physique et morale. Une spécialiste du service m’a conseillé de bien hydrater mon corps et m’a montré comment faire. Avant je ne mettais jamais de crème, et c’est devenu important de faire attention à ma peau. Appliquer consciencieusement ma crème avant le coucher me fait du bien. Au corps comme à la tête.

Véronique, 53 ans

À savoir

À savoir

Ces deux programmes bénéficient de l’expertise du centre de cancérologie Gustave-Roussy.

  • Le site www.one-smile.care, à l’initiative des laboratoires dermatologiques Pierre-Fabre, est un espace d’infos et conseils illustrés par des fiches et des vidéos explicatives sur chaque pathologie cutanée.
  • Le Guide Beauté de La Roche-Posay et L’Oréal Recherche & Innovation répond aux besoins des femmes en soins anti-cancer. Il est disponible dans les pharmacies et les services hospitaliers.

 

Après la ménopause, la sécheresse cutanée s’installe avec tiraillements et démangeaisons à la clef

La faute aux hormones en baisse et à l’avancée en âge. Les solutions anti-dessèchement ne manquent pas pour que la peau reste en bonne santé.

 

La xérose physiologique est une extrême sécheresse de la peau dont se plaignent souvent les personnes âgées. À la ménopause, avec la baisse de production des hormones sexuelles, la sécrétion lipidique et sudoripare diminue, la régénération cellulaire ralentit. Avec l’âge, mais aussi à cause du tabac, du soleil, voire du stress, la peau devient moins ferme, plus fine, rugueuse, sèche car l’eau qu’elle contient s’évapore plus vite. La peau qui vieillit sans hydratation se flétrit ou ressemble à des écailles qui desquament comme des pellicules. Avec sa barrière lipidique déficiente, la peau sèche est mal protégée contre les irritants extérieurs. Du coup, elle tire, pique. La prise en charge de ces peaux assoiffées est curative et préventive.

 À lire aussi : Notre DOSSIER « Sécheresse cutanée : de l’eau pour ma peau »

 

Les bons réflexes pour traiter une peau sèche

Le traitement symptomatique standard repose sur les émollients déjà évoqués. « La sécheresse cutanée liée à l’âge n’est pas une maladie comme l’eczéma atopique. La peau est sèche, elle pèle, mais sans présenter de plaques rouges. Les crèmes très hydratantes associées aux règles d’hygiène sont indispensables pour reconstruire la barrière cutanée. Maintenir leur teneur en eau ainsi que leur flore microbienne protectrice est la seule façon d’apaiser ces peaux vieillissantes ultrasensibles », explique le Dr Derouet.

  • Se laver avec des nettoyants doux sans savon. « Le savonnage complet quotidien du corps est proscrit sur une peau très sèche. Deux fois par semaine suffisent. Seul l’essentiel (aisselles, fesses) doit être savonné car il faut limiter l’agression du film lipidique. Rincer seulement tout le corps puis sécher en tamponnant », recommande la dermatologue.
  • Appliquer chaque jour après la douche, sur la peau encore humide, un soin (crème, baume ou huile) qui hydrate l’épiderme et réduit les tiraillements. Par exemple : crème nutritive anti dessèchement Xera-Mega A-Derma, huile lavante apaisante Sensinol Ducray, Argan Huile végétale bio Naturactive, Baume confort hydratation intense Neutrogena, Lait corps confort à l’amande bio Weleda.
  • Enrichir son alimentation en acides gras essentiels qui renforcent la couche lipidique, favorisent l’élasticité et la bonne hydratation. On en trouve dans les poissons gras (harengs, sardines), les huiles de colza ou de noix…
  • Et transpirer ! Car « l’absence de transpiration qui caractérise l’avancée en âge est aussi un facteur de sécheresse cutanée », conclut la dermatologue.

 

Émollients et ths

Émollients et ths

  • Le traitement hormonal de substitution est reconnu pour pallier la sècheresse cutanée liée à la ménopause. Vu le nombre de ses contre-indications, c’est une décision à prendre à trois : la patiente, le gynécologue et le dermatologue.
  • Il n’est pas obligatoire d’alterner les produits émollients mais on peut en tester plusieurs. Parfois c’est une question d’actifs les composant ou de texture qui fait la différence (en général on n’aime pas que « ça » colle). L’univers de la marque ou l’intensité de la sécheresse ont aussi leur importance. Le produit qui convient à votre peau sera toujours celui qui vous fait du bien.

 

Dominique Thibaud

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