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ALLERGIES

Allergies respiratoires : l’impact de la pollution

12 avril 2017
Si les allergies respiratoires, surtout aux pollens au printemps et en été, ont triplé ces 25 dernières années, la pollution atmosphérique en est en partie responsable. Un phénomène encore trop peu connu.

 

Aujourd’hui, les allergies touchent, à des degrés divers, 25 à 30 % de la population française. Contre à peine 5 % au début des années 1970. Même constat dans les autres pays industrialisés. L’Organisation mondiale de la santé estime que, au train où vont les choses, une personne sur deux sera allergique en 2050 ! L’augmentation constante des allergies tient en effet à notre mode de vie moderne et en grande partie à la pollution qui en résulte. Sauf changement radical de la société, la tendance n’est donc pas près de s’inverser…

Pollens + particules fines

Les pics de pollution de l’hiver dernier ont attiré l’attention sur la responsabilité de la pollution atmosphérique dans l’explosion d’allergies, notamment aux pollens, et dans l’aggravation des symptômes qu’elles provoquent. Par quels mécanismes ? Le diamètre des pollens est, en général, de 20 à 55 µm (microns ou micromètres) et la muqueuse du nez arrête et évacue les plus gros. En revanche, ceux qui mesurent moins de 10 µm comme ceux du bouleau ou du cyprès – de plus en plus plantés et très allergisants – passent cette barrière. Or, les polluants atmosphériques viennent encore accroître leur toxicité. En entrant au contact d’une particule fine – comme celles émises par les pots d’échappement –, la paroi du grain de pollen se déforme, se fragilise, finit par se rompre et libère de tout petits fragments de pollen appelés allergènes. Lesquels se disséminent plus facilement dans l’air et, grâce à leur petite taille, pénètrent profondément dans le système respiratoire, entraînant davantage de crises d’asthme.

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Le réchauffement climatique aussi

Le boom des allergies liées à la pollution atmosphérique s’explique également par d’autres mécanismes. Primo, les polluants gazeux comme l’ozone et le dioxyde d’azote favorisent la production dans l’organisme d’anticorps qui activent l’allergie. Secundo, ces particules en suspension irritent les muqueuses nasales et oculaires, les altèrent, d’où des réactions allergiques à des concentrations de pollens plus faibles. Tertio, à cause du réchauffement climatique – dû en partie aux gaz à effet de serre –, la période de pollinisation de nombreuses espèces d’arbres et de plantes débute plus tôt et dure environ 15 jours de plus. De plus, l’élévation des températures entraîne une migration régulière d’espèces allergisantes vers le nord de la France.

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Des pollens bien plus allergisants

Abaisser le taux de pollution atmosphérique, due notamment aux automobiles, et planter intelligemment permettrait de réduire les allergies aux pollens en constante augmentation. Il serait temps !

 

Tout le monde connaît les symptômes du « rhume des foins », autrement dit de la rhinite allergique saisonnière due aux pollens d’arbres, de plantes ou d’herbes. La gorge picote, le nez coule comme une fontaine puis se bouche, les éternuements sont en rafale, les yeux rouges larmoient… On sait moins que ces pollinoses qui se manifestent au printemps – dès janvier pour certaines espèces dans le Sud – et en été sont moins fréquentes à la campagne que dans les villes.

La pollution urbaine : Alerte en ville !

Ce paradoxe s’explique, comme on l’a vu plus haut, par l’importance de la pollution urbaine qui décuple l’allergénicité des pollens. En particulier les particules fines et extra-fines issues de la circulation automobile (véhicules diesel surtout), des industries (cimenteries par exemple), du chauffage au bois, de la combustion de déchets dans des centrales produisant de l’électricité ou de la chaleur, du métro (suspensions métalliques provoquées par les frottements)…

Les mauvais choix de plantations par les municipalités et les particuliers jouent aussi un rôle dans l’explosion des rhinites allergiques et d’asthme. Les arbres et les plantes sont souvent sélectionnés sur des critères esthétiques ou économiques sans tenir compte de leur impact sur la santé. À Paris, par exemple, les herbes folles semées un peu partout, au ras des voitures, et jamais fauchées, ont un potentiel allergisant très élevé. Certaines villes comme Nantes et Bordeaux, sensibles aux arguments des allergologues, choisissent des arbres et des plantes d’agrément peu ou pas allergisants – mais ces villes sont peu nombreuses.

 

Allergies croisées, quèsaco ?

Allergies croisées, quèsaco ?

On dit d’une allergie qu’elle est croisée quand la personne ayant une réaction à un allergène végétal, alimentaire ou animal devient également réactive (jusqu’au choc anaphylactique) à d’autres allergènes qui possèdent des molécules allergisantes communes. Ces associations peuvent concerner des produits d’une même famille. Par exemple, les noix avec les autres fruits à coque, l’œuf avec la volaille, le lait de vache avec celui de brebis ou de chèvre. Mais les allergies croisées sont parfois surprenantes. On peut ainsi être allergique aux pollens de bouleau et, par réaction croisée, l’être aussi à la pomme, l’abricot ou le céleri. Ce type d’allergie pollens-aliments végétaux est fréquent. Pollens d’armoise et aneth, carotte, coriandre, fenouil, persil, moutarde, poivre, anis, cumin, curry, piment, graine de tournesol. Pollens d’ambroisie et pastèque, banane, concombre, melon. Pollens de graminées et cacahuète, tomate, poivron, melon, pomme de terre, kiwi, farine de blé. Pollens d’aulne et pêche, noisette, cerise, amande, persil, pomme, poire.

Il existe aussi des allergies croisées avec les acariens : escargot, crevette, blatte. Et avec le latex (gants ménagers, tétines, préservatifs) : banane, kiwi, raisin, avocat…

 

Trop de cyprès et de bouleaux

Les plantations excessives de cyprès, de thuyas, de bouleaux et maintenant d’oliviers, à la mode, sont catastrophiques. Plus une espèce est répandue dans un territoire, plus les probabilités de rencontrer ses pollens, de se sensibiliser et donc de devenir allergique, sont grandes. Les arbres à chatons et à petits pollens sont également allergisants : aulne, noisetier, charme, frêne, chêne, châtaignier, peuplier, hêtre, platane, mimosa… Les graminées le plus souvent en cause en France sont : fléole, dactyle, pâturin, chiendent, mais aussi avoine, seigle, blé, orge, maïs… Parmi les pollens d’herbacées, l’ambroisie, très fréquente dans la région Rhône-Alpes, remonte d’année en année vers le Nord et est un vrai fléau. Elle arrive largement en tête devant la pariétaire, le plantain, l’armoise (herbe de la Saint-Jean), l’oseille.

La pollution chronique, c’est pire

La question de l’impact de la pollution atmosphérique sur les maladies cardiaques et respiratoires, les cancers et les allergies fait à juste titre la « une » des journaux à chaque pic de pollution. Ces alertes ont une utilité car elles font, à chaque fois, prendre un peu plus conscience du problème et peuvent faire accélérer les mesures anti-pollution et modifier les seuils réglementaires. Mais ces pics de pollution, observés notamment à Paris, Lyon et Grenoble et dus à la stagnation des nuages de polluants faute de vents, ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La pollution de fond à laquelle est exposé 1 habitant des grandes villes sur 2 tout au long de l’année, est encore plus nocive à long terme pour la santé. Impossible de s’en protéger, ni en portant un masque en tissu ni en s’enfermant.

 

Réponses d'expert : Pics de pollution : pas de sport dehors

Réponses d'expert : Pics de pollution : pas de sport dehors

ISABELLE BOSSÉDr ISABELLE BOSSÉ
Allergologue à La Rochelle, présidente de l’ARCAA*

Durant un pic de pollution, les nouveau-nés et les petits enfants aux poumons immatures, les femmes enceintes, les personnes âgées ou fragilisées par une maladie respiratoire (asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive, pathologies pulmonaires) devraient rester tranquilles à la maison pour ne pas prendre de risque ou aggraver leurs symptômes. Faire du sport en extérieur (jogging, football…) ou se déplacer à vélo à ces moments-là est aussi déconseillé car, en faisant des efforts, on inhale beaucoup plus d’air et donc de polluants, notamment des particules fines. Pneumologues et allergologues le répètent depuis des années, mais le message n’est pas encore passé. Résultat, à chaque pic de pollution, les urgences pédiatriques et adultes sont encombrées et on enregistre une surmortalité comme en janvier dernier…

* Association de recherche clinique en allergologie et asthmologie.

 

La pollution intérieure : à ne pas négliger

À la pollution extérieure qui pénètre dans les habitats s’ajoutent polluants chimiques allergisants, acariens et moisissures favorisés par un excès d’isolation et une aération insuffisante.

 

Réalisée avec le Pr Denis Charpin (hôpital Nord de Marseille) et le Dr Hélène Sénéchal (hôpital Trousseau, Paris), une étude récente montre que les pollens non seulement se déposent dans nos intérieurs, mais aussi gardent leur pouvoir allergisant pendant un an quand ils ne sont pas aspirés ! Si, en plus, ils sont chargés en polluants chimiques (ozone, dioxyde de soufre, d’azote, de carbone…), c’est pire !

Logements très pollués

Nos habitats sont, en fait, bourrés toute l’année de polluants irritants et allergisants. Au point que la pollution y est 5 à 10 fois plus élevée qu’à l’extérieur. Or, nous passons 80 % de notre temps dans des lieux fermés (logements, bureaux, lieux publics…). En se déposant dans nos voies aériennes, ces polluants potentialisent notre sensibilité par exemple aux acariens de la poussière de maison. Déjà responsables de 45 % des allergies respiratoires, on les trouve même dans les logements les plus propres (literies, canapés, rideaux, tapis, moquettes, peluches…).

 À lire aussi : Supprimer la pollution intérieure

Aérez !

Certains polluants intérieurs comme le formaldéhyde diffusent lentement : matériaux et produits de construction, de décoration (peintures, bois collés, vernis, isolants, revêtements…), mobilier. D’autres ponctuellement, avec des pics d’émission élevés : produits d’entretien, insecticides, désodorisants, bougies, encens, produits de toilette, cosmétiques, parfums. Autres sources de pollution intérieure : blattes, animaux de compagnie, plantes, moisissures, tabac.

En fait, le grand responsable est… l’isolation. Pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire la facture, nos logements sont calfeutrés et l’air intérieur peu renouvelé. D’où ce conseil des allergologues : aérez tous les jours, même en période de pic de pollution, plutôt aux heures fraîches – le matin ou en début de nuit.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

À côté des traitements prescrits par le médecin (antihistaminiques inhalés, corticoïdes, antileucotriènes, bronchodilatateurs) et de la désensibilisation par voie sublinguale ou injectable, des produits sans ordonnance sont utiles.
  • Pour calmer les symptômes de rhinite allergique, comprimés à base d’antihistaminiques (Drill Allergie et DoliAllergie en comprimés), flacon pulvérisateur à base de dérivé de la cortisone (Humex), complexe homéopathique (Lergypax).
  • Pour affronter les agressions d’allergènes, spray nasal (Stérimar Stop Protect nez allergique) ou stick nasal aux huiles essentielles (Puressentiel).
  • Pour traiter literie, canapés, rideaux non lavables, etc., spray anti-acariens (Ascaflash).

 

Des sites et des applis

Des sites et des applis

  • Sites d’informations et de conseils : www.arcaa.info (Association de recherche clinique en allergologie et asthmologie) ; www.asthme-allergies.org ; www.pollens.fr (Réseau national de surveillance aérobiologique).
  • Applications smartphone du laboratoire ALK : Arbrallergik (pour reconnaître les arbres allergisants) et Allergik (sur les allergies croisées).
Evelyne Gogien

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