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ADDITIF E171

Additif suspect dans les bonbons : le dioxyde de titane en question

26 janvier 2017
Dans la grande famille des additifs alimentaires, je demande le dioxyde de titane ou E171. Ce composant, que l’on trouve dans certains bonbons, chewing-gums, biscuits ou encore plats préparés, mais aussi des produits de consommation courante comme le dentifrice ou les cosmétiques, fait l’objet d’une sérieuse mise en garde de la part de scientifiques de l’INRA.

 

Les scientifiques de l’INRA (Institut national de recherche agronomique) ont mené une étude sur les effets de ce composant sur le rat. Et sont parvenus à cette conclusion alarmante, publiée le 20 janvier dernier dans la revue Nature : l’ingestion de cet additif chimique provoque des troubles immunitaires et des lésions précancéreuses. Même si les scientifiques soulignent que leurs résultats ne sont pas transposables de manière directe à l’homme, la situation est préoccupante car il s’agit d’un additif très largement présent dans un grand nombre de produits de consommation courante.

 

Qu’est-ce que le dioxyde de titane ?

Le dioxyde de titane est un pigment blanc, dont le seul et unique rôle est de renforcer la blancheur de certains produits. Voilà pourquoi on le retrouve dans des produits aussi divers que des crèmes solaires, des dentifrices, des peintures, des bonbons, des chewing-gums ou encore des plats préparés en conserve comme la blanquette !

Il a déjà fait l’objet de plusieurs mises en garde : le Centre international de recherche sur le cancer l’a notamment classé, en 2006, comme « cancérigène possible pour l’homme » quand il est inhalé (et pas quand il est ingéré, nuance). Cette étude menée par les chercheurs de l’INRA va donc plus loin en se penchant sur ses conséquences quand il est ingéré. Ils ont pour cela fait boire à des rats de l’eau contenant cet additif alimentaire à des doses proches de celles auxquelles un humain est exposé chaque jour.

 

Troubles immunitaires, lésions précancéreuses, réactions inflammatoires…

 Les résultats de l’étude font froid dans le dos : le dioxyde de titane franchit la barrière intestinale, passe dans le sang et entraine un déséquilibre des défenses immunitaires. Par ailleurs, chez le rat, l’exposition chronique au E171 accroit le risque d’apparition de lésions précancéreuses. Pour l’instant, rappellent les chercheurs, ces résultats ont été constatés chez le rat uniquement. D’autres études sont donc nécessaires pour savoir s’ils sont extrapolables chez l’homme.

Fin 2016, l’Association Agir pour l’environnement avait fait d’ailleurs la liste de 100 sucreries contenant des additifs alimentaires potentiellement dangereux comme ce fameux dioxyde de titane. Elle n’hésitait d’ailleurs pas à comparer les effets de ce composant à ceux de l’amiante. Les particules extrêmement petites du dioxyde de titane (on les appelle des nanoparticules) ont en effet « la capacité de franchir les barrières physiologiques (intestins, cerveau, reins…), de pénétrer dans l’organisme et de s’y accumuler ». D’après les études citées par l’association, cela provoquerait, à terme, des « dysfonctionnements de l’ADN, stress oxydatif, réactions inflammatoires, mort des cellules… »

 

E171 : quelles précautions prendre ?

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a immédiatement été saisie de l’affaire. En attendant leurs conclusions, prévues pour fin mars, prenez le réflexe d’étudier les étiquettes pour faire la chasse à cet additif ! Selon les chiffres de l’Association Agir pour l’environnement, 200 produits de grande distribution contiendraient cet additif. Sachez aussi que, déjà, de grands noms de l’industrie agro-alimentaire sont en alerte et s’engagent à ne plus utiliser ce composant dans la fabrication de leurs produits. Affaire à suivre !

 

E171 : les enfants en première ligne !

E171 : les enfants en première ligne !

Selon l’un des chercheurs à l’origine de l’étude, les niveaux d’exposition au dioxyde de titane vont de 1 à 10 mg par kilo et par jour. Les plus exposés seraient les jeunes enfants, qui sont de gros consommateurs de confiseries et qui ont tendance, très souvent, à avaler leur dentifrice lorsqu’ils se lavent les dents. Crache ton bonbon… et ton dentifrice !

 

Alix Lefief

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