Pas à pas, un dépistage plus éclairé du cancer du sein

Pas à pas, un dépistage plus éclairé du cancer du sein

07 mai 2021
Sur tous les fronts du diagnostic, machines, particulière attention portée aux femmes les plus à risque, etc., les progrès de la science permettent de dépister vite et mieux.

 

En France, le dépistage du cancer du sein, en l’absence donc de tout signe d’alerte (les explorations sont, sinon, faites en vue de poser un diagnostic), repose sur la mammographie, systématiquement proposée aux femmes de 50 à 74 ans, tous les deux ans, systématiquement toujours. Une « population cible » qui a été déterminée ainsi par les autorités de santé parce que la plupart des cancers du sein surviennent dans cette tranche d’âge. L’examen de référence, la mammographie, est dans ces conditions considéré comme le plus « rentable » pour le dépistage. Il est d’autant plus intéressant dans ce cadre, du dépistage organisé, que ces mammographies bénéficient d’une double lecture…  Les clichés sont lus, dans la foulée, par le radiologue qui les a réalisés et ensuite dans un centre dédié, ce qui permet un rattrapage des lésions qui n’auraient pas été vues par un premier œil.

 À lire aussi : DOSSIER – Cancers au féminin

 

Vers un dépistage personnalisé

Or ce dépistage est à l’évidence perfectible : certains cancers (de 15 à 17 %) se développent dans l’intervalle des deux ans, d’autres sont dépistés à un stade avancé ; à l’opposé, la mammographie en voit qui n’auraient jamais évolué… Et c’est sans doute ces faiblesses qui sont à l’origine d’une certaine désaffection des femmes vis-à-vis du dépistage tel qu’il est proposé aujourd’hui…

 À lire aussi : Le dépistage du cancer colorectal chez l’homme

 

Pour les pallier, et transformer le dépistage à terme, une grande étude européenne, MyPeBS* (« Surveillance personnalisée du sein »), sous l’impulsion du Pr Suzette Delaloge de l’Institut Gustave-Roussy (Villejuif), devrait débuter à l’automne. En pratique, 30 centres français qui participent déjà activement au dépistage organisé proposeront à 20 000 femmes de 40 à 74 ans d’entrer dans l’étude*. Le score de risque (que survienne le cancer dans les 5 à 10 ans) sera établi pour chaque femme incluse en fonction d’un test salivaire génétique (pour repérer des anomalies qui, associées, peuvent faciliter le cancer), d’analyses d’images (dont la mammographie) et des critères habituels d’âge, d’histoire familiale, de tabagisme, de « passé » hormonal, etc. Les femmes se verront ensuite proposer selon leur score (de bas à très haut) un dépistage tous les 4 ans, 2 ans ou 1 an, voire, pour les femmes à très haut risque, une IRM en plus de la mammographie, et ce, pendant 6 ans.

 

Après 75 ans aussi

Par ailleurs, le risque que survienne un cancer du sein ne s’interrompt pas brutalement à 75 ans, l’âge où le dépistage n’est plus systématiquement proposé. Loin de là : 4 500 des 11 200 décès par cancer du sein par an se produisent après 74 ans. Jusqu’ici, une fois franchie cette étape des 75 ans, l’espérance de vie n’était pas suffisante pour justifier un dépistage des cancers du sein. Or elle est croissante aujourd’hui (20 % des femmes auront plus de 70 ans en 2030) et bientôt, en 2040, les cancers du sein seront plus nombreux après qu’avant 70 ans.

 À lire aussi : Cancers bronchiques au féminin

 

Argument supplémentaire pour les dépister, en dehors donc du champ du dépistage systématique, ces cancers s’ils sont détectés précocement sont plus faciles à traiter parce que leurs caractéristiques biologiques sont plus favorables et qu’ils poussent plus lentement. À un stade tardif de découverte, ce qui est trop souvent le cas, les défenses immunitaires sont parfois dépassées, les traitements plus lourds… et les taux de survie moins bons. Le bon rythme de dépistage ? Une mammographie tous les deux ans et une (auto)palpation des seins tous les ans.

 

Des machines intelligentes

Premier frein à la mammographie, la compression du sein, indispensable pour que l’image soit précise : l’autocompression est ici une bonne option parce que les femmes compriment leurs seins davantage que ne l’aurait fait le manipulateur, avec une moindre douleur, selon une étude de l’Institut de cancérologie de Lorraine.
Autre progrès, accessible à 15 % des femmes seulement à l’heure actuelle, la tomosynthèse qui reconstruit le sein en 3D, est plus sensible que la mammographie, avec la même dose d’irradiation. Enfin, grâce à l’intelligence artificielle (IA), les images suspectes sont immédiatement repérées et leur malignité éventuelle confirmée avec l’échographie ou une IRM. Ce logiciel, ProFound IA 2D (pour la mammographie conventionnelle) ou 3D (pour la tomosynthèse) de la société iCAD, s’appuie sur un algorithme bâti à partir d’une banque d’images de microcalcifications, asymétries, masses, etc., des données sans cesse enrichies par de nouvelles images qu’envoient les centres équipés. La performance de ces examens de radiologie en est significativement améliorée, notamment pour les seins les plus difficiles à « lire », comme les seins denses ou des images « subtiles ». « On manque ainsi moins de lésions, et quand signal il y a, il est présent à meilleur escient », se réjouit le Dr Patrick Toubiana, radiologue au CSE de Paris, qui dispose de la plateforme logicielle (ainsi que l’Institut Gustave-Roussy par exemple).

* www.mypebs.eu , pour savoir si l’on est éligible à l’étude, préalable à une visite « d’inclusion » chez l’un des médecins investigateurs recensés sur le site.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Les effets indésirables cutanés des thérapies du cancer sont nombreux… et encore mal connus. C’est ce qui justifie, en plus naturellement du bien-être des patients, les collaborations nouées entre les centres de cancérologie et les laboratoires dermatologiques. L’observance, clé de la rémission, voire de la guérison, est aussi à ce prix. Bioderma vient ainsi de créer avec l’Institut Curie un espace de soins et d’étude de la peau. Pionnier sur ce terrain, La Roche-Posay accompagne les traitements en proposant une gamme de services* : séances audio de sophrologie, à écouter avant, pendant et après les séances de chimio- ou radiothérapie ; tutoriels vidéos de maquillage ou de Pilates adapté ; cure post-cancer du sein.

* www.laroche-posay.fr/mapeaupendantuncancer

 

Info

Info

Le quart des cancers du sein (en tout 59 000 nouveaux cas par an) touchent des femmes de 74 ans et plus et provoquent près de la moitié des décès (4 500 chaque année) par cancer du sein.

 

Dr Brigitte Blond

Le choix de la rédac

Les huiles essentielles ciblées

Huiles essentielles

Les huiles essentielles ciblées

Soigner les petits maux du quotidien

Un corps apicole

Corps

Un corps apicole

Trois formules uniques pour toute la famille

La recette naturelle pour des gambettes légères

Circulation sanguine

La recette naturelle pour des gambettes légères

Créez votre huile bienfaisante

Les oligo-éléments, mode d’emploi

Compléments alimentaires

Les oligo-éléments, mode d’emploi

Dans quels aliments les trouver et comment les utiliser