Maladies vectorielles : miser sur la prévention

Réchauffement climatique, voyages, mondialisation… Plusieurs facteurs expliquent le développement des maladies vectorielles. L’application d’antiparasitaires externes est à la base de la prévention.

 

En recrudescence en raison de différents facteurs, dont le réchauffement climatique, les maladies vectorielles sont des maladies infectieuses qui font appel à un vecteur vivant (arthropode hématophage) qui assure la survie, la transformation et la transmission d’un agent pathogène (bactérie, virus ou parasite) à l’origine de signes cliniques chez un vertébré (chien, chat, Homme…).

L’agent pathogène transite par le vecteur qui ne développe pas la maladie mais sert de réservoir, voire « d’incubateur », et le disperse en le transmettant à un autre être vivant.

Parmi les arthropodes hématophages, seuls quelques-uns peuvent être des vecteurs. Il s’agit principalement d’insectes et d’acariens hématophages, le plus souvent pour les maladies vectorielles animales : des moustiques, phlébotomes (moucherons), puces et tiques.

Au rang des maladies vectorielles les plus connues dans notre pays figurent la leishmaniose, transmise par le moustique phlébotome, qui sévit dans le sud de la France ; la dirofilariose, également transmise par un moustique ; la maladie de Lyme, transmise par une tique.

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Souvent zoonotique

Une problématique supplémentaire vient du caractère souvent zoonotique de ces maladies (transmissibles de l’animal à l’Homme) ou du fait que l’animal devient un réservoir d’agents vectorisés même s’il ne transmet pas directement la maladie à l’Homme.

Le réchauffement climatique favorise l’installation de certains arthropodes vecteurs dans des zones non colonisées jusque-là. Le moustique tigre (Aedes albopictus) qui véhicule des maladies comme le chikungunya ou la dengue, est ainsi régulièrement retrouvé en France et a même été répertorié en Belgique, donc bien loin de son habitat d’origine, en Asie du Sud-Est.

À ces facteurs climatiques s’ajoutent des facteurs sociétaux, le développement du transport aérien mondial et la mondialisation des échanges commerciaux – autant de pratiques qui font elles aussi voyager les vecteurs.

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Lutter contre les vecteurs

La base de la lutte consiste à s’attaquer aux vecteurs. Elle s’appuie pour cela sur les antiparasitaires externes, en vérifiant que les vecteurs concernés entrent bien dans leur spectre d’action (prévention contre les phlébotomes si on voyage avec son chien dans le sud de la France par exemple).

Il existe également des vaccins contre certaines maladies vectorielles, notamment la leishmaniose, la piroplasmose ou la maladie de Lyme chez le chien. Ils peuvent être conseillés en prévision d’un séjour dans une zone à risque de certaines maladies vectorielles ou chez les animaux à risque (maladie de Lyme chez les chiens de chasse par exemple).

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Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

• Selon l’Organisation mondiale de la santé, 77 000 Européens contractent des maladies à transmission vectorielle chaque année*. Entre 1990 et 2010, les piqûres de moustiques, de phlébotomes et de tiques ont transmis des maladies à plus de 1,5 million d’Européens.

• Les agents pathogènes transmis par des vecteurs peuvent être hautement pathogènes chez le chien et le chat. L’infection peut persister chez les animaux atteints qui servent alors de réservoirs.

*Chiffres de 2014.

Les 8 huiles essentielles à avoir chez soi

Sinusite, arthrite, infections, stress, et tous les maux du quotidien : découvrez comment vous soigner avec les huiles essentielles.

 

 

Les bienfaits des huiles essentielles sont étudiés et reconnus depuis l’Antiquité. Leurs effets sur la santé et le psychisme sont étonnants, mais elles sont si concentrées en actifs parfois toxiques qu’il convient d’apprendre à les connaître avant de les utiliser. Si elles peuvent être administrées seules ou en synthèse avec d’autres huiles essentielles, il est préférable de s’initier d’abord aux effets d’une seule huile essentielle afin d’en découvrir toutes les indications thérapeutiques avant de se lancer dans les mélanges selon les affections à traiter. Ces huit huiles essentielles comptent parmi les plus efficaces, et sauront vite se rendre indispensables dans votre pharmacie.

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Estragon contre les crampes et l’aérophagie

Voilà une huile essentielle bien utile au quotidien ! L’huile essentielle d’estragon (Artemisia dracunculus), extraite de la « plante aux dragons », est un puissant antispasmodique (chic) et n’a pas son pareil pour calmer colites spasmodiques, crampes d’estomac et crampes tout court (chic aussi). Elle diminue les phénomènes d’aérophagie et les ballonnements. En usage externe, l’estragon soulage les crises d’eczéma et d’urticaire. Un vrai couteau suisse !

Comment l’utiliser ? En cas de crampe, la diluer à 10% dans une huile végétale et l’appliquer en massage. Par voie orale, mettre deux gouttes sur une boulette de pain ou un morceau de sucre et l’ingérer après le repas.

Contre-indications : Déconseillée en voie orale pour les femmes enceintes et les enfants. L’usage externe est à éviter pour les femmes enceintes de moins de trois mois. L’estragon a des propriétés photosensibilisantes, évitez de vous exposer après son application.

 

Neroli contre la déprime

Cette huile essentielle issue des fleurs de l’oranger bigaradier est un remède très efficace contre la lassitude, le « à quoi bon » et la tristesse latente. Son activité puissante sur le système nerveux vient à bout des nœuds émotionnel, de l’épuisement nerveux et apaise l’hypersensibilité. C’est une sorte d’antidépresseur végétal très puissant, qui stimule la bonne humeur et la joie de vivre. Elle est plutôt chère mais ses effets le justifient bien.

Comment l’utiliser ? Versez 5 à 10 gouttes d’HE Néroli (Citrus aurantium ssp. Amara) dans un verre de lait et versez le tout dans l’eau d’un bain chaud. Prélassez-vous au moins 15 minutes dans votre bain aromatique.

Contre-indications : Aucune, elle peut être utilisée par la femme enceinte, allaitante et les nourrissons.

 

En route pour la détente avec la camomille romaine

Son odeur douce et réconfortante a le pouvoir d’apaiser les âmes agitées et leur apporter un équilibre bienfaisant. La Chamaemelum nobilis possède de nombreuses vertus : antispasmodique, anti-inflammatoire, antiparasitaire, elle calme aussi le système nerveux, endort la douleur et apaise les démangeaisons. En bref, elle sait se rendre indispensable dans la vie de tous les jours.

Comment l’utiliser ? Il existe autant de posologies que d’indications pour la camomille noble. En usage externe, versez deux gouttes au creux de la nuque pour profiter de ses vertus apaisantes. Face à un choc émotionnel, versez 3 gouttes sur le plexus solaire, et pour calmer vos nerfs, versez une goutte sur une boulette de pain à placer sous la langue. Si vous êtes victime d’une parasitose intestinale, avalez deux gouttes sur un morceau de sucre trois fois par jour. De manière générale, n’hésitez pas à l’utiliser en diffusion, son parfum apaise l’atmosphère.

Contre-indications : A éviter chez la femme enceinte de moins de 3 mois.

 

Bois de rose pour des nuits osées

Celles qui ressentent un passage à vide côté libido apprécieront les vertus de l’aniba rosaeodora. En plus d’être un puissant antibactérien, elle a un effet aphrodisiaque, et est un excellent tonique utérin. Cette huile a aussi un puissant effet régénérant sur la peau, et peut s’utiliser comme actif cicatrisant et anti-âge : définitivement une alliée de choix pour des femmes !

Comment l’utiliser ? Profitez de ses vertus aphrodisiaques en appliquant 2 gouttes sur le plexus entre le nombril et le pubis, sans la diluer, et en l’utilisant en diffusion atmosphérique. Elle peut aussi s’utiliser pour des massages, en synergie avec une huile végétale. En cas d’infection ORL ou urinaire, vous pouvez frictionner 5 à 7 gouttes pures au niveau de l’organe ciblé.

Contre-indications : A éviter chez la femme enceinte en raison de son action stimulante sur l’utérus.

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La citronnelle contre les tendinites et les moustiques

Si les vertus anti-moustiques de la citronnelle sont bien connues, en répulsif et en curatif sur les piqûres, peu savent qu’elle est aussi très indiquée en cas de tendinites, de rhumatismes et d’arthrite grâce à ses propriétés anti-inflammatoires. Le Cymbopogon flexuosus, ou Lemongrass est aussi un bon antiseptique aérien pour garder une atmosphère saine dans sa maison. Si vous avez tendance à transpirer un peu (beaucoup) dès que le mercure monte ou que le stress s’installe, vous apprécierez ses propriétés régulatrices.

Comment l’utiliser ? Contre la transpiration excessive, diluez 1 goutte de citronnelle dans 5 gouttes d’huile végétale, et appliquez sous les aisselles ou les pieds en massage. Soulagez vos piqûres d’insectes avec une goutte d’HE appliquée directement dessus. Soignez vos inflammations et douleurs articulaires avec des massages sur les zones douloureuses après l’avoir diluée à 10% dans une huile végétale.

Contre-indications : A éviter chez la femme enceinte pendant les trois premiers mois de grossesse.

 

Sus aux infections avec la palmarosa

Cette plante originaire de l’Inde et du Vietnam est reconnue pour ses propriétés fongicide et bactéricide. C’est une arme de choix contre les mycoses cutanées et gynécologiques, l’eczéma, les cystites, mais aussi toutes les affections de la sphère ORL (rhinopharyngites, sinusites, otites). Elle a aussi de puissantes propriétés antivirales et stimule les défenses naturelles. Elle stimule l’activité de l’utérus, et est donc proscrite chez les femmes enceinte.

Comment l’utiliser ? Frictionnez 5 à 7 gouttes d’huile essentielle de palmarosa sur la peau au niveau de organes ciblés pour profiter de ses propriétés anti-infectieuses. Appliquez deux gouttes sur l’un des plexus nerveux (solaire, cardiaque ou entre le nombril et le pubis) sans la diluer. Dans l’eau du bain, versez 10 gouttes dans un verre de lait avant de verser le tout dans la baignoire et vous laisser mariner 15 minutes. N’hésitez pas à l’utiliser en diffusion pour assainir l’atmosphère de la maison.

Contre-indications : A éviter chez la femme enceinte tout au long de la grossesse.

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On respire à fond grâce à l’eucalyptus mentholé

Décongestionnant et anti-inflammatoire, l’Eucalyptus dives est l’ennemi des sinusites, otites, bronchites et cystites. Grâce à son action destructrice des graisses et ses propriétés drainantes, il aide à lutter contre la cellulite et la rétention d’eau. Un bon copain, on vous dit !

Comment l’utiliser ? En friction pour la bronchite ou la sinusite en la diluant à 50% dans une huile végétale fine (abricot, tournesol par exemple), faites pénétrer 1 à gouttes du mélange sur la zone sujette à l’infection (bas-ventre, sinus, thorax, oreilles).

Contre-indications : Cette huile contient un fort pourcentage de composants neurotoxiques. A éviter chez la femme enceinte et allaitante et les enfants de moins de 3 ans. Elle ne doit pas être utilisée en diffusion aérienne, ni en massage sur une zone trop étendue.

 

Paludisme, articulations, infections : les (super) pouvoirs de la girofle

On connaît ses propriétés anesthésiantes pour les maux de dents, mais la girofle voit bien plus grand. Elle a une action antibactérienne et virale très efficace contre les infections ORL, la grippe, les cystites, les mycoses, le paludisme. Elle soulage également les inflammations et est recommandée pour soulager les articulations douloureuses. Bref, elle nous veut du bien, beaucoup de bien.

Comment l’utiliser ? Pour soulager les gencives douloureuses, diluez deux gouttes dans une cuillère d’huile olive et appliquer à l’aide d’un coton tige. Elle sera appliquée en massage local après une dilution à 5% dans une huile végétale pour soigner les foyers infectieux. En cas de mycose des ongles, mélangez une goutte de girofle à une goutte d’huile d’olive et faites pénétrer en massant.

Contre-indications : A éviter chez les femmes enceintes et allaitantes, et les enfants de moins de 7 ans. Cette huile est très agressive pour la peau et doit toujours être fortement diluée avant d’être utilisée (maximum 5% de concentration). Elle est toxique par voie orale et sa prise doit être limitée à 3 jours.

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À lire

À lire

Le Grand Livre des huiles essentielles pour les nuls Pour découvrir les 1001 utilisations possibles des huiles essentielles, plongez-vous dans LE GRAND LIVRE DES HUILES ESSENTIELLES POUR LES NUL (éditions First, 2016, 24.95 €) qui détaille tout ce qu’il faut connaître sur l’aromathérapie et détaille les bénéfices des différentes huiles essentielles.

Les bénéfices du lavage de nez

« Peut-on éviter le rhume grâce au lavage de nez ? », Sylvie, 43 ans.

 

Les narines constituent la porte d’entrée principale des microbes générant les infections des voies aériennes les plus fréquentes. On comprend mieux l’intérêt de les neutraliser dès leur arrivée dans le nez. Les fosses nasales jouent aussi le rôle de filtre des impuretés que nous respirons (allergènes, pollution, poussières). Elles sont capables  d’effectuer un travail d’épuration car leur muqueuse est tapissée de cils qui transportent un mucus qui est soit dégluti soit expulsé – les microbes sont ainsi éliminés quand on se mouche. Mais parfois la muqueuse est débordée et le système de nettoyage naturel du nez est perturbé, par exemple en cas de production excessive de mucus ou de croûtes. Les lavages avec du sérum physiologique ou des solutions d’eau de mer constituent le premier geste de prévention sans attendre la survenue d’infections. Ils devraient constituer une routine d’hygiène quotidienne.

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Nez sec ou encombré

L’eau de mer stérilisée nettoie et apaise les zones irritées, elle les humidifie et les décongestionne. Elle protège et nourrit la muqueuse nasale grâce à sa richesse en minéraux. Il est conseillé d’utiliser des solutions salines isotoniques dont la composition est analogue à la composition minérale du sérum nasal. Elles respectent les mécanismes naturels d’épuration et de régénération. Elles peuvent être utilisées aussi souvent que nécessaire sans risque d’altération de la muqueuse nasale ou d’accoutumance.

En cas de nez bouché, en revanche, il est préférable d’utiliser des solutions d’eau de mer hypertoniques. Ces solutions hypersalées, fonctionnant par appel d’eau (effet osmotique), dégagent rapidement le nez des mucosités gênantes et l’aident à mieux respirer. Leur emploi est plus ponctuel. Certaines présentations sont enrichies en oligoéléments ou en antiseptiques.

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Les bons gestes

Les lavages de nez constituent une action qui va au-delà d’une simple hygiène. Ils représentent une véritable prévention des atteintes courantes de tout l’arbre respiratoire, y compris sur les terrains allergiques en période pollinique. Le nez doit être lavé au moins deux à trois fois par jour, une narine après l’autre, et le lavage suivi d’un mouchage correct. La marche à suivre chez le grand enfant et l’adulte : se placer devant le lavabo, la tête penchée en avant et tournée sur le côté ; boucher une narine, aspirer le sérum de l’autre, cracher le liquide passé dans la bouche ; changer de narine et enfin se moucher.

La force du jet (spray) est adaptée aux muqueuses du nourrisson, de l’enfant ou de l’adulte selon les embouts. Par souci d’hygiène, les présentations multidoses ne doivent pas être utilisées par plusieurs personnes.

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Recrudescence inquiétante des IST

Au secours, les infections sexuellement transmissibles (IST), dont certaines sont graves, repartent à la hausse ! En cause : des rapports sexuels non protégés et un dépistage insuffisant.

 

MST ou IST ? Aujourd’hui, les autorités de santé préfèrent parler d’infections sexuellement transmissibles plutôt que de maladies sexuellement transmissibles parce que le terme de « maladie » sous-entend que l’on présente des symptômes et n’incite pas au dépistage. Or, on peut être porteur d’une IST sans le savoir. Mais quelle que soit leur appellation, leur explosion, constatée en métropole et en outre-mer depuis quelques années, constitue un gros problème de santé publique.

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Explosion de chlamydia et de gonocoques

Les statistiques de 2017 et 2018 ne sont pas encore complètes mais tout laisse à penser que les infections sexuellement transmissibles continuent d’augmenter. D’après une enquête réalisée auprès des laboratoires de biologie médicale publics et privés et publiée par l’agence nationale Santé publique France en juillet 2018, le nombre d’infections à Chlamydia trachomatis, ou chlamydioses, est passé de 77 000 cas en 2012 à près de 268 000 en 2016. Et les infections à gonocoques, encore appelées blennorragies ou « chaudes-pisses », de 15 000 cas à presque 50 000. Autrement dit, le nombre de ces IST a plus que triplé en seulement 4 ans ! Des chiffres élevés par rapport à d’autres pays européens et pourtant sous-estimés car ils ne prennent évidemment pas en compte les personnes qui n’ont pas consulté et ne se sont pas fait dépister. Ces deux infections sont en effet très souvent « silencieuses » et ne donnent pas de symptômes, notamment chez les femmes. L’enquête montre aussi que les infections à chlamydia touchent majoritairement les jeunes femmes de 15 à 24 ans, en particulier en Île-de-France et en Guadeloupe. Or, les conséquences d’une infection non diagnostiquée et non traitée peuvent être graves, en particulier pour les femmes désirant procréer : grossesse extra-utérine voire stérilité définitive. Les infections à gonocoques sont, elles, en augmentation surtout chez les hommes.

Le retour de la syphilis

Les autres IST sont également en hausse, même la syphilis qui avait presque disparu au début des années 2000. Elle fait son grand retour, principalement chez les homosexuels mais pas seulement, et on estime que 15 % des contaminations sont dues à des pratiques oro-génitales. Le nombre d’infections à Papillomavirus, qui peuvent provoquer des cancers, essentiellement du col de l’utérus (3 000 nouveaux cas par an) ne diminue pas. Pour le sida, les dernières données publiées en mars de cette année font état d’une stabilité, depuis 2010, des découvertes de séropositivité chez les homosexuels et les hétérosexuels (6 400 en 2017). Mais, malgré une offre large de dépistage, dans près d’un tiers des cas, ces diagnostics – et par conséquent les traitements antirétroviraux – sont trop tardifs…

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À savoir

À savoir

Contrairement à ce que l’on croit parfois, les pratiques oro-génitales (fellation, cunnilingus et anulingus) ne sont pas sans risque. En effet, bactéries et virus responsables d’IST se transmettent aussi par la bouche. Une personne porteuse du virus de l’herpès génital peut ainsi contaminer son ou sa partenaire au niveau de la bouche ou des lèvres, et vice versa. Autres maladies transmissibles par la bouche : syphilis, gonococcie, chlamydiose, hépatite B, infection à Papillomavirus. Le risque de transmission du VIH est plus faible mais il existe (par le sperme ou le sang des règles). Deux conseils : pas de sexe oral en cas de blessure ou d’inflammation au niveau de la bouche, des dents ou des gencives, elles facilitent la contamination ; et ni brossage ni utilisation de fils dentaires dans l’heure qui précède une relation par voie orale, ils peuvent irriter les muqueuses et favoriser le passage des microbes. La solution : le préservatif ou, encore peu connue, la digue dentaire (à usage unique), utilisée à l’origine par les dentistes en cas d’intervention pour isoler la bouche et la salive des dents à soigner. On en trouve dans certaines pharmacies.

 

De la « chaude-pisse » au sida

Excepté quand on est dans une relation exclusive et de longue durée – à condition que les tests des deux partenaires aient été au départ négatifs –, le préservatif est de rigueur. Même si le ou la partenaire ne présente aucun signe d’infection. Ce n’est même pas une question de confiance car une infection peut passer des années inaperçue. Gare aux sites et applis de rencontres et à la pratique de la « sexualité récréative ». Une étude récente (Zava), réalisée auprès de jeunes Anglais, indique que 18 % des personnes interrogées ont eu une IST après un rapport occasionnel avec une personne rencontrée en ligne. Dans tous les cas, pas de discussion, c’est « préso » ! Les risques sont trop importants.

Infection à chlamydia

Brûlures, écoulement par la verge, l’anus ou le vagin, fièvre, douleurs au bas-ventre voire angine peuvent apparaître une à deux semaines après la contamination, mais le plus souvent l’infection ne donne pas de symptômes. Elle se soigne par antibiotiques, encore faut-il savoir que l’on est infecté. Seul moyen pour vérifier : un prélèvement à l’entrée du vagin chez la femme et de l’urètre chez l’homme (chez lui un test d’urine peut suffire). Sans dépistage, l’infection se complique : salpingite, douleurs pelviennes chroniques, grossesse extra-utérine chez la femme, stérilité chez les deux sexes.

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Blennorragie

Signes chez l’homme : difficultés à uriner, sensation de brûlures en urinant, douleurs, écoulement jaune. Mais chez la femme, rien dans la plupart des cas ; c’est ennuyeux car les complications peuvent être importantes : infection des articulations et stérilité. Là aussi, le diagnostic se fait par prélèvement ; s’il est positif, un antibiotique s’impose, associé à un traitement local (en même temps chez les partenaires pour évier une réinfection).

Herpès génital

Signes caractéristiques une semaine ou plus après la contamination : petits boutons douloureux en forme de bulles sur les organes génitaux, démangeaisons, parfois fièvre, maux de tête, de ventre et douleur en urinant. Une fois le diagnostic posé par prélèvement sur les cloques à l’aide d’un coton-tige, des médicaments spécifiques permettent de réduire la douleur, l’intensité et la durée de la crise. Mais ils n’éliminent pas le virus qui reste pour toujours dans l’organisme et peut déclencher d’autres crises. Attention en cas de grossesse : le bébé peut être infecté à l’accouchement.

Syphilis

Trois semaines en moyenne, parfois plus, après la contamination, apparaissent, sur la peau et les muqueuses, des petites plaies indolores, puis des boutons ou des petites plaques rouges sans démangeaisons. Une analyse biologique permet de détecter la bactérie en cause (un tréponème) et de traiter sans retard par pénicilline G injectable. Sinon, après quelques mois ou années, les organes vitaux sont touchés : cerveau, nerfs, cœur, artères, yeux. Mais attention, la maladie peut évoluer en silence.

Hépatite B

Elle se transmet par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales mais il existe un vaccin efficace pour se protéger. L’information passe encore mal (voir l’encadré ci-contre) et environ 2 500 Français sont infectés chaque année par le virus. Des signes alertent mais pas toujours : fatigue, fièvre, douleurs musculaires et articulaires, nausées, diarrhées, urines foncées. On peut certes guérir spontanément mais la maladie peut aussi évoluer en cirrhose puis en cancer du foie. Les nouveaux traitements (interféron alpha injectable, antiviraux oraux) empêchent son évolution, néanmoins la maladie reste grave.

Hépatite B : vacciner bébé

Hépatite B : vacciner bébé

En France, depuis janvier 2018, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire et remboursée par la Sécurité sociale et les mutuelles pour tous les nourrissons (3 doses à l’âge de 2, 4 et 11 mois). Ce qui étonne souvent les parents puisque le virus se transmet plus tard lors de rapports sexuels. Explication : le vaccin est très efficace chez le nourrisson, bien toléré et sa durée de protection est très longue, probablement à vie. Un vaccin combiné permet d’immuniser simultanément le bébé contre 5 autres maladies (diphtérie, tétanos, coqueluche, polio, infection à Haemophilus influenzae b) et ainsi de limiter les injections. La vaccination est aussi recommandée en rattrapage chez les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 15 ans.

 

VIH/sida

Les petits signes, à partir de deux semaines après la contamination, sont peu parlants (fièvre, éruption cutanée, fatigue, diarrhée), puis disparaissent. La maladie apparaît plus tard quand le système immunitaire est affaibli. D’où l’intérêt du traitement d’urgence (au plus tard dans les 48 heures après les rapports) qui réduit considérablement le risque de contamination, de l’auto-test (vendu en pharmacie) et des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD). Car plus le traitement est précoce, plus il est efficace. Mais, malgré les progrès, les médicaments ne guérissent pas encore…

 

VIH : prophylaxie préexposition

VIH : prophylaxie préexposition

Il existe aussi un traitement préventif contre le VIH, la PrEP, destiné aux personnes à risque qui n’utilisent pas systématiquement un préservatif, essentiellement des homosexuels hommes. C’est aussi un outil de prévention pour les couples sérodifférents dont la personne vivant avec le VIH n’a pas une charge virale indétectable. Il s’agit d’une association de deux antirétroviraux qui bloque la multiplication du VIH dans les cellules. Un comprimé par jour, à prendre en continu ou ponctuellement avant un rapport à risque.

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Pour inciter les jeunes à se prémunir efficacement contre les IST, le ministère de la Santé a accordé le remboursement – jusqu’en mars 2024 – à deux préservatifs en latex lubrifié : Eden des laboratoires Majorelle, en boîtes de 6, 12 ou 24 (forme classique ou XL), et Sortez couverts ! de Polidis, en boîtes de 12 (taille standard). Disponibles uniquement en pharmacie sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme, ils sont remboursés à 60 % par la Sécurité sociale et la part restante par les mutuelles.

 

Gare au Papillomavirus !

Grâce aux recommandations faites aux femmes de faire régulièrement un frottis (prélèvement cervico-utérin), le nombre de cancers du col de l’utérus, liés à une infection par un ou plusieurs Papillomavirus humains (HPV) transmise par voie sexuelle, a bien diminué. Mais ce cancer cause encore 1 100 décès par an. C’est trop pour un cancer évitable.

Condylomes ou lésions précancéreuses ?

Une infection à Papillomavirus n’entraîne pas forcément le développement d’un cancer du col. Certains HPV peuvent rester « dormants » dans l’organisme puis disparaître spontanément. D’autres génèrent, sur les organes génitaux ou l’anus, des condylomes contagieux, appelés aussi « verrues génitales », qui n’entraînent pas nécessairement de douleurs. D’autres encore provoquent des lésions précancéreuses puis, sans traitement, un cancer. La seule façon de dépister et de traiter précocement anomalies ou lésions est d’effectuer régulièrement un frottis. En cas de condylomes, une coagulation ou un traitement chimique règle le problème mais les récidives sont fréquentes. Les lésions induites par un Papillomavirus à risque sont détruites au laser ou enlevées. Si un cancer s’est développé, le traitement dépend de son stade : hystérectomie, radiothérapie et/ou chimiothérapie.

Vaccin + frottis et test HPV

La stagnation du nombre de cancers du col est due à une mauvaise information, comme le montre une enquête CSA Research réalisée pour Roche Diagnostics France. Ainsi, 46 % des femmes ne connaissent pas au moins un des moyens de prévention de ce cancer (frottis, test HPV, vaccin). Le programme national de dépistage organisé du cancer du col, lancé cette année, vise justement à inciter les femmes âgées de 25 à 65 ans à faire des frottis régulièrement : tous les 3 ans après deux frottis annuels normaux. Pour rappel, ils sont remboursés à 100 %. Il existe aussi un test moléculaire HPV, plus fiable mais pas encore remboursé en France. L’autre stratégie est la vaccination contre les HPV, recommandée aux jeunes filles de 11 à 15 ans, puis en rattrapage jusqu’à 19 ans révolus. Le vaccin protège contre les principaux Papillomavirus, mais pas tous. Le dépistage reste donc indispensable…

 

Réponses d'expert : vacciner aussi les garçons ?

Réponses d'expert : vacciner aussi les garçons ?

Dr JOSEPH MONSONÉGO
Gynécologue, Institut du col (Paris)

Comme cela a été dit en décembre 2018, à Lisbonne, lors du dernier congrès international de l’Eurogin (European research organization on genital infection and neoplasia), de nombreux pays, dont les États-Unis et l’Australie, se sont engagés dans des stratégies globales de prévention des maladies dues aux HPV en vaccinant les filles et les garçons. Parce que ces maladies touchent également le sexe masculin et qu’il n’existe pas de dépistage. Elles entraînent des lésions précancéreuses et cancéreuses essentiellement au niveau anal mais aussi de l’oropharynx (partie du pharynx située derrière la bouche). Trois garçons ou hommes sont concernés par les cancers de l’oropharynx pour une femme. La prévention vaccinale apporte en effet chez les garçons une protection de presque 90 % pour les lésions anales et on s’attend à une protection aussi élevée pour les cancers de l’oropharynx. Mais, les études cliniques n’étant pas terminées, on ne peut encore l’affirmer avec certitude.

 

Info

Info

• Sites à consulter (appels anonymes et gratuits) :

www.info-ist.fr 

www.sida-info-service.org (tél. 0 800 840 800)

www.hepatites-info-service.org (tél. 0 800 845 800)

www.filsantejeunes.com (tél. 0 800 235 236)

• Une appli gratuite : MSTRisk, développée par le Syndicat national des dermatologues-vénéréologues français.

Une nouveauté chez CALMOSINE : un baume apaisant lèvres !


COMMUNIQUÉ

 

Lorsque l’hiver s’installe et que le froid arrive, nos lèvres et les lèvres des enfants sont mises à rude épreuve. Gerçures, irritations, fendillements… Les lèvres de bébé deviennent douloureuses et nos bout’choux sont souvent les premiers à en souffrir. Comment protéger ses lèvres et passer un hiver tout en douceur ? Dans cet article, nous vous expliquons tout sur le pourquoi de ces petits tracas et comment les éviter.

 

L’effet du froid sur la peau de bébé

La peau joue un rôle majeur dans la régulation de la température de notre corps. Lorsqu’il fait froid, les micro-vaisseaux de la peau se contractent afin de limiter les déperditions de chaleur. La peau est donc moins bien vascularisée et moins bien nourrie. La production de sébum, le film gras produit par la peau pour la protéger et l’assouplir, diminue également.

Le vent a lui aussi un effet desséchant et décapant sur l’épiderme. Associé au froid et à un air généralement plus sec, la peau souffre et s’abîme. La peau pèle, devient rugueuse, tiraille, rougit.

La peau des enfants étant plus fine et donc plus fragile, elle est encore plus exposée à ses désagréments et demande des soins adaptés pour éviter à bébé d’avoir les lèvres gercées par exemple.

De plus, le froid, en diminuant la vascularisation de la peau, ralentit également la cicatrisation des éventuelles plaies qui peuvent se former, entraînant un vrai cercle vicieux.

 

La spécificité des lèvres

Les lèvres sont une partie du corps que nous sollicitons beaucoup mécaniquement, par exemple en parlant, en mangeant et en buvant ou par de mauvaises habitudes comme le fait de se passer la langue sur les lèvres ou de se mordiller les lèvres. Certains enfants développent également des tics de léchage, nous avons rédigé un article sur ce sujet qui concerne également les lèvres fragiles des enfants.

Les lèvres de bébé sont également très sollicitées : biberon, tétine, pouce, sein ou encore doudou.

En hiver, les lèvres sont plus exposées au froid car non couvertes. Elles sont aussi plus fragiles car dépourvues de film hydrolipidique et ne peuvent donc pas se protéger aussi correctement que d’autres zones de la peau. La peau des lèvres présente en effet une structure différente de celle du reste du corps. C’est une peau très fine (5 fois plus fine que le reste de la peau) et qui ne comporte pas de couche cornée (la couche supérieure de l’épiderme), ce qui la rend plus fragile. Par ailleurs, elle ne contient ni glandes sébacées ni glandes sudoripares, ce qui l’expose plus facilement à la déshydratation. Conséquence : la peau des lèvres se déshydrate 3 fois plus vite que la peau d’autres parties du corps.

Résultat, dès les premiers frimas, les lèvres perdent leur élasticité et peuvent se fendiller. Lèvres craquelées, gercées, coupées… Nombreux sont les petits bobos pouvant arriver à cet endroit s’il n’est pas suffisamment nourri et protégé.

Chez certaines personnes et très souvent chez les enfants, les lèvres gercées vont de pair avec des fissures aux coins des lèvres, la perlèche. Très désagréables et inesthétiques, ces petites plaies des commissures des lèvres ont tendance à se rouvrir à chaque fois que l’on mange ou que l’on baille. Afin d’en venir à bout et de prévenir toute surinfection de la zone, les huiles essentielles assainissantes sont vos meilleures alliées.

 

Comment prendre soin de ses lèvres en hiver ?

Et comment prendre soin des lèvres de bébé ! Mieux vaut prévenir que guérir ! N’attendez pas les premiers désagréments pour agir. Dès que le froid est là, une bonne routine vous permettra d’éviter les petits tracas.

• Première chose à faire : bien s’hydrater. L’air est souvent plus sec lorsqu’il fait froid, et contrairement aux périodes plus chaudes de l’année, nous n’avons pas forcément plus soif et nous ne buvons donc pas forcément suffisamment. Or, une bonne hydratation du corps est indispensable à une bonne hydratation de la peau. Alors ressortons les gourdes, pour ne pas perdre nos bonnes habitudes !

• En cas de froid intense, évitez d’utiliser des produits ou crèmes à base d’eau qui vont aggraver le problème, car l’eau qu’ils contiennent risque de brûler la peau si le froid est intense. Utilisez plutôt des huiles ou cires végétales pour l’effet barrière. De la même façon, évitez d’humecter vos lèvres avec votre salive, car cela aura tendance à les assécher encore plus.

• Choisissez la bonne texture : privilégiez les textures grasses, de type baume, plus confortables et enveloppantes.

• Isolez la peau : Les composés naturellement isolants, tels que les cires végétales ou la cire d’abeille, permettent de maintenir l’hydratation naturelle de la peau tout en évitant son évaporation. Résultat : des lèvres plus douces et souples et protégées du froid.

• Usez et abusez des baumes : on ne mettra jamais trop de baume à lèvres, du moment que le produit choisi contient les bons ingrédients.

• Réparez : Si la peau est déjà abîmée, profitez des bienfaits réparateurs et anti-inflammatoires des huiles essentielles comme le géranium ou le candeia.

Quel baume à lèvres choisir, avec quels ingrédients ?

• Une cire isolante telle que la cire d’abeille permettra de protéger les lèvres contre les agressions extérieures.

• L’huile de Jojoba est naturellement riche en vitamine E et en Omega-9, actifs réparateurs et protecteurs. Sa structure, très proche de celle du sébum, lui confère une parfaite affinité avec la peau.

• L’huile de coco : cette huile exerce un effet hydratant et assouplissant sur vos lèvres, certains lui attribuent également des propriétés antibactériennes et antifongiques.

• En cas de perlèche ou de plaies, l’huile essentielle d’Eucalyptus permettra d’assainir la peau. Associée à l’huile essentielle de Litsée, idéale pour les problèmes cutanés, et à celle de Géranium qui possède des vertus régénérantes et réparatrices, ces huiles devraient permettre à votre peau de récupérer rapidement sa souplesse initiale.

 

Le Baume à Lèvres des Laboratoires Laudavie

Le Baume à Lèvres des Laboratoires Laudavie

Afin de prendre soin de la peau sensible des lèvres des enfants, les Laboratoires Laudavie ont développé le Baume Apaisant Lèvre Calmosine. Le BAUME APAISANT LÈVRES est une formule généreuse aux actifs végétaux et minéraux (Oranger, Géranium, Candéia, Litsée, Eucalyptus), sur une base toute douce contenant de la cire d’abeille et des huiles végétales pour les enfants à partir de 3 ans.

Grâce à son complexe d’actifs, le BAUME APAISANT LÈVRES :
• Apaise, nourrit et protège,
• Assainit et diminue les rougeurs des lèvres, de leur contour et des commissures,
• Répare les lèvres mordillées, desséchées, fendillées, gercées
• Le mélange de sels minéraux (magnésium, calcium, sodium, potassium) entrant dans la formule permet de réhydrater et de reminéraliser la peau, de restaurer la barrière protectrice hydro-lipidique cutanée.

Pourquoi vieillir rime-t-il avec grossir ?

Entre la valse des hormones qui provoque une prise de poids à la ménopause et la perte de masse musculaire naturelle avec l’âge, la silhouette semble s’arrondir de manière irréversible avec les années. Vrai ou faux ?

 

Que vous soyez déjà concerné par la question ou pas (mais vous le serez un jour), vous avez forcément remarqué qu’après 50 ans, les bedaines s’arrondissent, les hanches s’élargissent et les silhouettes s’empâtent. À quoi est dû ce phénomène généralisé ? Est-il possible d’inverser le sens de la machine ?

 

Un inéluctable ralentissement du métabolisme

Avec les années, notre métabolisme se ralentit, et nous brûlons moins de graisses. Petit rappel pour ceux qui viennent d’arriver : le métabolisme de base désigne la dépense d’énergie minimale de l’organisme. Ce qui signifie que même au repos, nous brûlons des calories afin d’assurer le bon fonctionnement des fonctions vitales : respiration, battements cardiaques, circulation sanguine, maintien de la température corporelle, entretien de la masse musculaire.

Ce dernier point est important car, avec les années, la masse musculaire a tendance à diminuer. Qui dit moins de muscle dit ralentissement du métabolisme de base, dit moindre consommation de calories au repos. Vous commencez à comprendre ? Eh oui, si on conserve la même alimentation ou le même niveau d’activité physique, notre corps brûlera moins de calories pour effectuer les mêmes tâches… et stockera donc les autres. À cette perte musculaire vient s’ajouter une perte osseuse, naturelle aussi, qui peut conduire à l’apparition d’ostéoporose dans certains cas, et qui réduit également le métabolisme de base.

 

Ménopause et prise de poids, toutes concernées ou pas ?

Les hormones jouent un rôle central dans la prise de poids au cours d’une vie de femme. Pendant la grossesse bien sûr, en stimulant l’appétit et le stockage en prévision de l’allaitement, mais aussi à la ménopause. Lors de ce cap important, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone baissent, mais pas à la même vitesse : les œstrogènes se retrouvent en excès, contribuant à la formation de tissus adipeux. La baisse des œstrogènes accélère aussi la fonte musculaire et le ralentissement métabolique, entraînant une prise de poids si le rythme de vie ne change pas.

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Et les hommes dans tout ça ?

Pas de jaloux, les messieurs sont tout aussi concernés par la prise de poids en vieillissant, comme en attestent les bedaines rebondies qu’on peut admirer chez certains amateurs de bonne chère une fois passée la cinquantaine. Chez eux aussi, les hormones sont les principales responsables de cette prise de poids : la testostérone, qui participe à la construction musculaire et alimente le métabolisme, se raréfie progressivement avec le temps, entraînant un stockage des graisses dans l’organisme, tout particulièrement au niveau abdominal.

 

Que faire contre la perte de masse musculaire ?

Rappelons les chiffres de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), qui s’alarmait déjà en 2008 que 31% des adultes de 15 ans et plus soient en manque d’activité physique1, et déplorait environ 3,2 millions de décès dans le monde imputables au manque d’exercice physique. Wow. Et vous, vous en êtes où côté sport ?

On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs : puisque les muscles ont tendance à fondre en vieillissant, cette perte se compense par une hausse de l’activité physique. Marcher au moins 30 minutes par jour est un bon début, mais restera insuffisant si vous voulez atteindre l’équilibre et conserver une silhouette svelte. Vous ne savez pas à quel cours vous vouer ? Faites un tour sur le site de la Fédération Française Sport Santé qui vous aide à définir votre programme personnalisé et à trouver un club adapté près de chez vous. Facile.

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Côté alimentation, cap sur les protéines et la vitamine D

Enfiler vos baskets ne vous mènera pas très loin, ou du moins pas autant que vous pourriez l’espérer, sans un rééquilibrage avisé de votre alimentation. Les muscles ont besoin de protéines pour se maintenir et se développer : après 50 ans, il est conseillé d’augmenter vos apports quotidiens en protéines animales et végétales pour préserver votre masse musculaire et le métabolisme qui va avec.

Gare aussi à vos apports en vitamine D, qui contribue à la bonne santé de nos os et au maintien de la masse musculaire. Pourquoi le dit-on ? Car plusieurs études2 ont montré que les plus de 65 ans ont des carences de vitamine D, ce qui entraîne une faiblesse musculaire et un risque de chute. Pour l’éviter, exposez-vous autant que possible à la lumière du jour, qui déclenche la synthèse de vitamine D par la peau, et mangez des poissons gras (hareng, saumon, thon, sardines), du beurre, des céréales complètes et des œufs afin de compléter. Votre médecin pourra aussi vous prescrire une supplémentation en vitamine D s’il l’estime nécessaire.

 

Le cas particulier de l’hypothyroïdie

Le cas particulier de l’hypothyroïdie

La prise de poids peut être accélérée par ce dysfonctionnement de la glande thyroïde, qui s’accompagne en général d’une fatigue importante et persistante. L’hypothyroïdie concerne principalement les femmes de plus de 50 ans et ne se guérit pas. Un traitement à bas d’hormones thyroïdiennes de remplacement permet de bien contrôler la pathologie et de stabiliser la prise de poids.

 

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1 – Source OMS
2 – Vitamin D Deficiency, N Engl J Med. 2007 Jul 19;357(3):266-81.

Ronflements ou apnées du sommeil

« Ma femme s’inquiète de mes ronflements bruyants avec des arrêts respiratoires… », Georges, 51 ans

 

Source de discorde ou sujet de plaisanterie au sein des couples, le ronflement représente aussi un risque pour la santé s’il s’accompagne d’apnées du sommeil. Les ronflements s’expliquent par un relâchement musculaire au niveau de la gorge qui produit un rétrécissement du pharynx. Lorsque les voies aériennes supérieures s’obstruent complètement, un arrêt du flux respiratoire (apnée) survient. Sa fréquence peut aller jusqu’à plus d’une centaine de fois par nuit. Les pauses respiratoires durent généralement de 20 à 40 secondes et jusqu’à une ou deux minutes dans les cas graves. La reprise de la respiration est bruyante et s’accompagne de micro-éveils brefs avec sensation d’étouffement. Ils ne sont pas toujours perçus par le dormeur, ils sont le plus souvent rapportés par l’entourage.

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Des accidents professionnels et cardiaques

Il faut commencer à s’inquiéter quand on ressent une fatigue inexpliquée au réveil ou qu’on souffre de somnolence et d’endormissement pendant la journée, à n’importe quel moment et de façon imprévisible. La diminution de la vigilance et l’altération des fonctions cognitives peuvent affecter la vie quotidienne et professionnelle voire provoquer des accidents, notamment de la circulation. De plus, chaque nouvelle apnée provoque un stress pour le cœur et le cerveau et le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) peut favoriser l’apparition de maladies cardiaques graves. À noter, la prévalence du SAS est plus fréquente chez les diabétiques et les personnes en surcharge pondérale. Les autres facteurs favorisants sont l’âge, la fatigue excessive, la prise d’alcool, de tranquillisants et de somnifères.

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Un appareillage nocturne

Le traitement de première ligne pour les symptômes d’apnées obstructives graves est la respiration nocturne spontanée en pression positive continue (PPC). Appliquée à l’aide d’un masque nasal, elle consiste à envoyer de l’air avec une pression qui maintient ouvertes les voies aériennes supérieures. La PPC ne nécessite ni médicament ni chirurgie mais le port d’un masque relié à un appareil de pression pendant toute la nuit est une contrainte parfois difficile à accepter.

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Le recours aux orthèses mandibulaires

En cas de SAS légers et modérés, on peut avoir recours à des orthèses de propulsion mandibulaire ou d’avancée bimaxillaire : placées à l’intérieur de la bouche, elles agrandissent les voies aériennes supérieures. Cette intervention n’est pas toujours facile à réaliser car elle exige un bon état dentaire. Le recours à la chirurgie intervient quand il faut procéder à une modification anatomique de la sphère ORL. Les dispositifs pulvérisateurs buccaux et nasaux et les dilatateurs nasaux sont surtout efficaces sur le ronflement.

Des algues dans l’assiette

Des rouges, des vertes et même de belles bleues… Minuscules ou géantes, les algues alimentaires ont des arguments nutritionnels de taille.

 

Consommées et cultivées depuis le Ve siècle en Asie, les algues alimentaires s’installent dans les habitudes et les assiettes européennes. C’est que, vers les années 1970, l’industrie agro-alimentaire a découvert les propriétés de ces végétaux et comment en tirer des additifs alimentaires à base d’agar-agar ou d’alginate par exemple. Et l’essor des cuisines « exotiques » nous a familiarisés avec ces légumes aquatiques. Qu’elles viennent de la mer ou d’eau douce, qu’elles soient micro- ou macroscopiques, brunes, rouges ou vertes, les algues contiennent de nombreuses substances bénéfiques pour notre organisme.

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Des légumes ­­bourrés de nutriments

Alors que la demande mondiale en protéines s’accélère, les algues permettent d’en diversifier les sources. Selon l’espèce et les modes de production, elles peuvent en accumuler entre 20 et 70%. Elles représentent également une source importante de glucides et de lipides, ainsi que de nombreux composés bioactifs tels que des pigments (caroténoïdes, chlorophylle) qui ont une activité antioxydante, des acides gras polyinsaturés, des polysaccharides. Leur teneur en vitamines (A, C et E) varie selon différents facteurs (croissance, intensité lumineuse) – à noter, le nori (Porphyra umbilicalis) et la chlorelle sont une des rares sources végétales de vitamine B12. Manger des algues régulièrement permet aussi de rétablir l’équilibre minéral (calcium, magnésium, fer…) mais leur teneur en iode limite leur utilisation en cas d’allergie. Leur richesse en fibres est favorable au transit et produit un sentiment de satiété très utilisé dans les régimes amaigrissants.

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Des préparations salées ou sucrées

Les algues alimentaires comestibles les plus populaires nous viennent du Japon. Parmi les nombreuses sortes on retrouve surtout le kombu royal, le wakamé, le haricot de mer, la dulse, la laitue de mer, le nori, la spiruline. Les espèces spiruline ou chlorella sont déjà produites de façon industrielle et incorporées dans divers aliments ou vendues sous forme de compléments alimentaires.

En cuisine, les novices peuvent se familiariser avec leur texture et leur saveur particulières en commençant par les algues déshydratées en paillettes à saupoudrer sur les salades ou les soupes. On en trouve également surgelées. Comme les légumes terrestres, les algues fraîches se prêtent à de nombreuses préparations salées (mayonnaise, salades, plats cuisinés…) et sucrées (crèmes glacées, gâteaux…). Souvent conservées au sel, elles doivent être bien dessalées avant emploi. Les paillettes peuvent être stockées plusieurs mois à l’abri de la lumière et de la chaleur, et les algues fraîches, plusieurs semaines au réfrigérateur.

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À savoir

À savoir

Si les algues se nourrissent uniquement des éléments qu’elles puisent dans leur milieu aquatique, elles en tirent aussi les éventuels métaux lourds (cadmium et arsenic) et pesticides. Aussi les autorités sanitaires émettent-elles des recommandations : l’algue doit répondre à des critères toxicologiques (teneur en métaux lourds et iode) et microbiologiques précis. De plus, la consommation d’algues est déconseillée pour les malades de la thyroïde, du cœur, ceux traités par lithium, les insuffisants rénaux, les femmes enceintes et allaitantes hors avis médical. Depuis février 2014, 24 algues sont autorisées à la consommation en France : 8 algues brunes, 11 algues rouges, 2 algues vertes et 3 micro-algues.

Le microbiote vaginal, un écosystème réglé (au lactobacille près)

La bonne santé de cette cavité virtuelle dépend de l’équilibre d’un microbiote spécifique. Exploration guidée en terra encore bien incognita.

 

À la fois ouvert et secret, le vagin est une gaine qui mène de la vulve (les organes génitaux externes) au col, porte d’entrée de l’utérus. Une sorte d’antichambre aux parois collées l’une à l’autre, mais toniques et extensibles. Il est traversé par le flux sanguin menstruel venu de l’utérus plus haut, le bébé au moment de la naissance, pénétrée par le sexe de l’homme ou un tampon. Quelle que soit sa taille, éminemment variable d’une femme à une autre (de 4 à 14 cm), le vagin s’adapte à son contenu…

 

En quête du sucre

Cette zone d’échanges est habitée par une flore de différents partenaires microbiens, dont les fameux lactobacilles, nécessaire à son bon fonctionnement. L’ambiance hormonale et la prise d’antibiotiques notamment déterminent la composition de ce microbiote, qui diffère, en quantité et en qualité, d’une femme à l’autre. Des communautés qui sont par ailleurs dynamiques ou, à l’inverse, parfaitement stables. Elles s’installent de façon plus pérenne à l’adolescence quand les lactobacilles (dans l’intestin proche, leur réservoir naturel) colonisent le vagin, attirés par le glycogène (un sucre), fabriqué à la faveur de cette atmosphère baignée d’œstrogènes. Ils transforment ce sucre en acide lactique, ce qui contribue à acidifier le milieu, hostile alors aux bactéries indésirables.

De ce subtil équilibre, propre à chacune, dépend la bonne santé du vagin… et de la femme ! Sa vulnérabilité aux infections est alors réduite, son immunité préservée. « Jouer » donc sur l’écosystème vaginal permet de mieux traiter des infections opportunistes, mais aussi de les prévenir.

Réponses d'expert : rééquilibrer la flore

Réponses d'expert : rééquilibrer la flore

Dr Jean-Marc Bohbot
Infectiologue et directeur médical de l’Institut Alfred-Fournier (Paris)

Les probiotiques par voie vaginale sont conseillés dès un premier épisode de vaginose en association avec l’antibiotique (et une semaine ensuite). Et bien sûr en cas de vaginose récidivante, en cures de 1 à 2 semaines par mois pendant 3 à 6 semaines.

Ils sont utiles aussi pour guérir une mycose récidivante, là encore 1 à 2 semaines par mois pendant 3 à 6 semaines, en plus des antifongiques per os.

Pour ce qui est des cystites, la solution probiotique est double puisqu’il convient d’agir sur le microbiote intestinal d’une part (d’où vient le colibacille à l’origine de la plupart de ces infections) et sur le microbiote vaginal d’autre part, que l’on rend hostile à l’implantation et au transit des germes vers la vessie. Ce rééquilibrage des flores prend quelques mois.

Enfin, dans la période qui précède la ménopause, des apports réguliers (une semaine par mois par exemple) de lactobacilles permettent de limiter les désagréments liés à la chute des œstrogènes, dont la sécheresse vaginale.
Une certitude, parce que la quasi-totalité de ces infections ne sont pas dues à des microbes d’importation (à l’occasion de rapports sexuels) : il est inutile de traiter le partenaire !

 

Un milieu sous influences… et influenceur

Pour différentes raisons, certaines populations de bactéries croissent et se multiplient au-delà des limites acceptables, au détriment des lactobacilles protecteurs. À la clé, des pathologies qu’il convient de soigner en tenant compte du microbiote aussi.

La vaginose bactérienne

Témoin du déséquilibre de la flore au profit de germes anaérobies souvent, qui se développent donc à l’abri de l’air, elle n’est en effet ni une infection acquise, ni une infection sexuellement transmissible (IST). La prise d’antibiotiques est l’un des principaux facteurs de déséquilibre de la flore. Comme une toilette vulvaire inappropriée, un déficit en œstrogènes, le tabac (qui diminue le taux d’œstrogène circulant), etc.

Certes, ce n’est pas une IST, mais l’activité sexuelle amplifie certainement la « malodeur » symptomatique d’une vaginose. Car le pH vaginal est normalement acide, bas (entre 3,5 et 4,5) ; celui du sperme (plutôt neutre) de 7 ; et si les lactobacilles qui acidifient le milieu sont absents, le microclimat du vagin reste favorable à la multiplication de bactéries… Une infection sans gravité, mais gênante et qui facilite l’acquisition d’autres microorganismes (dont le VIH ou le papillomavirus). Elle est aussi une cause majeure de prématurité.

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Une vaginose doit être traitée par des antibiotiques… qui déséquilibrent la flore vaginale, ce qui facilite les récidives (30 % à un mois, 50 à 80 % à 3 mois !) – si l’on n’inverse pas la tendance en réensemençant avec des lactobacilles spécifiques.

Une cystite ?

Des brûlures en faisant pipi, l’envie d’y aller toutes les deux minutes, pour quelques gouttes, en option des douleurs dans le bas du ventre, un peu de sang dans les urines, le diagnostic de cystite (ou inflammation de la vessie) paraît sûr à 99 %. À l’origine de la cystite, un colibacille dans la majorité des cas, venu de l’intestin tout proche… et qui n’a pas été arrêté par les lactobacilles dans le vestibule du vagin. Là encore, un traitement antibiotique résout les symptômes, au prix toutefois d’un bouleversement du microbiote, propice aux cystites à répétition.

 À lire aussi : Prévenir les cystites en douceur

 

Une mycose ?

Encore faut-il que ce soit vraiment une mycose ! On peut souffrir de démangeaisons en raison d’une utilisation inappropriée des protège-slips (pas plus de quelques jours par mois) ou de solutions lavantes antiseptiques (qui décapent le film naturel protecteur). Ou parce qu’au Candida (des mycoses), s’est jointe une bactérie (de vaginose). Les mycoses, liées à un développement anormal d’un champignon dans la flore vaginale, sont caractérisées certes par des démangeaisons très intenses, de l’extérieur de la vulve, mais aussi par des pertes blanches. Cela dit, il existe des mycoses authentiques aux signes moins spectaculaires, ce qui sème la confusion diagnostique… Si le traitement de première intention (un ovule vaginal) échoue, mieux vaut consulter pour un traitement plus spécifique et un rééquilibrage de la flore.

 À lire aussi : Traiter une mycose vaginale

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

• Le milieu est acide (pH à 3,5-4,5) et pour l’intégrité des lactobacilles, mieux vaut qu’il le reste… avec des produits adaptés à l’hygiène intime pour la vulve (à l’entrée du vagin), dont le pH est moins acide, jusqu’à 6 ou 7. En cas de déséquilibres récurrents de la flore ou d’irritations, on opte pour des syndets liquides (Hydralin, Saforelle ou Saugella). Sinon, un lavage une fois par jour avec un savon ou gel douche dénué de sodium lauryl sulfate suffit.

• Point de toilette vaginale au risque de bouleverser ce petit monde.

• Le pH est un indicateur précieux : supérieur à 4,5, il peut annoncer une infection (pour les femmes non ménopausées) ; on peut le mesurer à l’aide d’un auto-test et acidifier s’il le faut son vagin avec les lactobacilles qui conviennent.

• Le risque de vaginose bactérienne étant multiplié par 2 à 3 si l’on fume, l’un des moyens de prévention, de cette maladie aussi, est d’arrêter, avec l’aide de substituts pour plus d’efficacité.

• 30 minutes seulement après un rapport, le pH vaginal revient à la normale, grâce aux bons offices des lactobacilles… s’ils sont présents en quantité et qualité adéquates.

À lire

À lire

Prenez soin de votre microbiote vaginal, du Dr Jean-Marc Bohbot et Rica Etienne, aux éditions Poche Marabout

Un guide épatant, qui vous dit tout, tout sur le vagin et ses hôtes, désirables et indésirables.

 

Ménopause, la dédramatiser

Elle n’est pas une maladie et pourtant on la redoute. Ses troubles affectant la qualité de vie y sont pour beaucoup, les idées reçues aussi. Alors que des solutions existent pour ne pas trop en pâtir.

 

Si la ménopause est une étape naturelle, elle est rarement accueillie avec joie, à l’inverse des premières règles. Être réglée signifie que sa vie de femme commence. Ne plus l’être est souvent vécu comme la perte d’une partie de sa féminité, parfois comme la fin de la sexualité ou le dernier passage avant la vieillesse… Et les plus optimistes la considèrent comme une libération… À chaque femme sa façon d’appréhender « sa » ménopause mais pour toutes le processus déclencheur est le même.

Un bouleversement physiologique

La disparition définitive des règles marquant la ménopause résulte de l’arrêt de la fonction ovarienne commencée à la puberté. Les sécrétions d’hormones sexuelles (œstrogènes, progestérone) s’interrompent ainsi que la fertilité. Cette carence hormonale est responsable de l’apparition de troubles divers : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, insomnies, irritabilité, fatigue, sécheresse cutanée et vulvo-vaginale, migraines. Leur nombre, leur intensité et leur durée varient selon les femmes.

La ménopause est confirmée après 12 mois consécutifs sans saignements. Elle survient naturellement entre 45 et 55 ans avec une moyenne autour de 50. Mais on ne se réveille pas un beau matin «ménopausée». Ce bouleversement physiologique s’installe progressivement lors de la périménopause, phase de yoyo hormonal précédant (de 2 à 4 ans) l’arrêt complet des cycles. Elle se manifeste par des symptômes typiques d’une ménopause proche (règles anarchiques, seins douloureux…). Elle se prolonge pendant l’année qui suit les dernières règles et parfois 10 ans après! Sans compter que l’absence des hormones protectrices a des conséquences à long terme sur les os, les vaisseaux sanguins et le cœur. Ce qui augmente le risque d’ostéoporose, de maladies cardiovasculaires et de cancers (sein, colorectal). D’où l’importance du suivi médical post-ménopause et des dépistages organisés en prévention de ces pathologies liées au vieillissement.

Agir pour être mieux

La longévité a augmenté mais la date de la ménopause est inchangée. Psychologiquement parlant, c’est encore plus difficile à accepter car à 45/50 ans les femmes d’aujourd’hui ne ressemblent pas à leurs aïeules au même âge, ni dans la tête ni en apparence. « En effet, ajoute le Dr Michèle Bonal, gynécologue, elles sont actives, et engagées dans leur vie professionnelle. C’est une période de maturité et de développement positif. Et aussi parfois de changements familiaux (divorce, départ des enfants). Au moment où les femmes se sentent pousser des ailes dans l’affirmation de soi, des troubles corporels apparaissent. De nouveau, elles se voient pénalisées dans leur identité de femme. Ce qui les angoisse et peut les amener à une forme de résignation. Elles n’osent pas en parler car, souvent, elles ignorent qu’elles peuvent agir pour être mieux. »

À savoir

À savoir

• En France, 11,5 millions de femmes sont ménopausées ; 430 000 le deviennent chaque année.
• 80% des femmes ménopausées présentent un autre symptôme que l’arrêt des règles.
• Alors qu’une femme ménopausée sur deux prenait un traitement hormonal en 2000, elles sont moins de 10% aujourd’hui.

(Sources : Afem, Inserm)

 

Bien vivre sa ménopause  

Quand les premiers symptômes de la ménopause se font sentir, la question est de savoir quand et comment agir. Doit-on attendre pour consulter que le quotidien soit très impacté? Les prévenir avant même qu’ils ne se manifestent ? Et, après la ménopause, doit-on poursuivre le traitement prescrit? Si la ménopause est la fin de la fécondité, signifie-t-elle aussi le début du vieillissement ? « Non, la femme ménopausée n’est pas une vieille femme. Ce n’est pas la fin de tout ; le grand âge survient plus tard, rassure la gynécologue Michèle Bonal. Mais les femmes étant appelées à vivre plus longtemps, elles ne doivent pas renoncer à prendre soin d’elles à partir de la ménopause – pour leur santé et leur bien-être présents et à venir. Cela passe par l’adoption des principes d’hygiène de vie, d’activité physique, d’alimentation équilibrée, d’arrêt des toxiques (tabac, alcool, drogues). Ce sont les mêmes principes à tout âge mais plus encore à ce moment-là. Sur le plan médical une prise en charge est recommandée. Traiter sa ménopause et se prendre en mains permet non seulement de ne plus en subir l’inconfort, mais aussi de se préparer à bien vieillir. » Et elles sont plus de 14 millions de femmes en France concernées par les effets de la ménopause et de la préménopause et susceptibles de demander un traitement pour mieux vivre ces années-là.

Se libérer des troubles climatériques

On nomme ainsi les symptômes qui découlent du déficit en œstrogènes et progestérone. Ils ne sont pas systématiques, toutes les femmes ne sont pas pénalisées de la même façon. Certaines s’en voient épargnées, d’autres n’ont que des troubles légers, d’autres encore en sont vraiment très gênées. Récurrents et intenses, ils se révèlent difficiles à supporter physiquement et psychologiquement. Selon leur ressenti et leurs préférences (allopathie ou médecines complémentaires), les femmes disposent d’une panoplie thérapeutique efficace pour être soulagées rapidement.

  • Au commencement, les bouffées de chaleur…

Les troubles vasomoteurs (bouffées de chaleur, sudations nocturnes) touchent de 50 à 75% des femmes plus ou moins violemment. En moyenne pendant 4 ans, davantage chez certaines – 15% les ressentiraient jusqu’à 20 ans après le début de leur ménopause ! Ils sont le signe le plus spécifique de l’entrée en ménopause. Une brève et soudaine sensation de chaleur envahit tout le corps, suivie de rougeurs du visage et du cou, de sueurs, parfois de frissons, de palpitations, d’anxiété. La bouffée est spontanée ou déclenchée par les émotions, le stress, une température ambiante élevée, mais aussi un repas épicé, l’alcool. Ce, plusieurs fois par jour ou la nuit, obligeant quand la transpiration est intempestive à se doucher ou à changer les draps. Les sudations nocturnes surviennent aussi indépendamment des bouffées de chaleur. Quand les symptômes sont sévères et gâchent vraiment la qualité de vie, la prise en charge repose sur des thérapies palliant la chute hormonale responsable.

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La solution allopathique. La prescription d’un THM (traitement hormonal de la ménopause), jusqu’à ce que les symptômes disparaissent, s’adapte à chaque femme. Le THM doit toujours combiner un œstrogène naturel (estradiol) à un progestatif (sauf en cas d’ablation de l’utérus qui le rend inutile). Pour les œstrogènes de préférence par voie transdermique ou percutanée (patch ou gel) ; pour la progestérone sous la forme micronisée et uniquement par voie orale, selon un protocole précis (voir encadré). À noter que l’effet du THM est global sur les autres signes de la ménopause : sécheresse vulvo-vaginale, cutanée, déperdition osseuse…

Les alternatives thérapeutiques « naturelles » sont choisies par la moitié des femmes ménopausées qui se sont détournées du THM. Principalement la phytothérapie et l’homéopathie. Parmi les plantes réputées, citons la sauge officinale, indiquée pour ses vertus antisudorales, ou le gattilier contre le syndrome prémenstruel. En homéopathie les principales souches ayant une action sur les bouffées de chaleur et l’hypersudation sont Lachesis mutus, Sepia officinalis, Sulphur… La prise en charge peut commencer dès les premiers signes et après l’arrêt des règles. À condition d’être suivie par un médecin spécialisé qui oriente le traitement selon le diagnostic clinique, les antécédents médicaux, les médicaments en cours. Car qui dit « naturel » ne dit pas inoffensif. Ces médecines qui reposent sur des principes actifs puissants nécessitent une certaine prudence. Ainsi les phyto-œstrogènes extraits du soja, très « tendance » pour remplacer le THM quand il faisait débat, se révèlent partager les contre-indications du THM… En automédication, un conseil pharmaceutique reste indispensable.

L’activité physique, la relaxation, la méditation, le yoga ou l’hypnose ont également prouvé leur impact favorable non pas sur la fréquence des bouffées de chaleur mais sur la tolérance à leur intensité.

Réponses d'expert : le THM n’est plus systématique

Réponses d'expert : le THM n’est plus systématique

Dr MICHÈLE BONAL
Gynécologue-sexologue, Toulouse

Le doute a été semé en 2002 lorsque l’étude américaine WHI avait publié tous les effets secondaires et risques liés à sa prise. Les femmes en ont eu peur, certains médecins aussi. Puis il a été démontré que les résultats de l’étude n’étaient pas extrapolables en France. Ne reposant pas sur les mêmes hormones substitutives qu’ici, elle avait été réalisée sur des femmes de 60 ans et plus, ménopausées depuis 13 à 15 ans, en surpoids et hypertendues. Chez lesquelles d’emblée le THM n’était déjà pas indiqué en France. Depuis, suite aux études de l’Inserm, quand la ménopause est installée, le THM ne doit plus être utilisé systématiquement mais sous certaines conditions. Des recommandations ont été émises en 2014, textuellement : « La Haute autorité de santé (HAS) maintient le service médical rendu (SMR) important des traitements hormonaux des symptômes de la ménopause lorsqu’ils sont gênants au point d’altérer la qualité de vie des femmes. Elle rappelle que les risques connus de ces traitements se confirment et recommande un traitement aux doses les plus ajustées et le plus court possible, réévalué au moins chaque année. » Autrement dit, le THM demeure une prescription chez les femmes de 50 à 60 ans (ou de moins de 10 ans de ménopause) quand elles n’ont aucune contre-indication absolue à le prendre (antécédent de cancer du sein, maladie cardiovasculaire, lupus sévère…) et qu’elles n’y sont pas opposées. L’indication  du THM est discuté au cas par cas, le bilan de santé régulier décide de son opportunité ou pas  après une évaluation individuelle de ses bénéfices et de ses risques.

 

Pallier la sécheresse des muqueuses et de la peau

Autre joyeuseté induite par la ménopause et sa carence œstrogénique : l’asséchement et le relâchement des couches superficielles de la peau jusqu’au plus profond de son intimité. Ce qui à 50 ans n’est pas sans conséquences sur la vie sexuelle et le moral ! Explication : des récepteurs aux œstrogènes sont présents sur de nombreux tissus : cutané, muqueuse vaginale, vulvaire et vésicale. Sans œstrogènes, les fibres de collagène diminuent, les tissus s’amincissent et perdent en élasticité. Au niveau cutané, l’épiderme est moins hydraté ; la peau, plus fine et sèche, se relâche. La panoplie dermocosmétique y remédie avec des formulations « peaux matures » de plus en plus performantes. Au niveau vaginal, la muqueuse s’atrophie, s’assèche et saigne facilement au contact. Des modifications à l’origine de dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels), prurit vulvo-vaginal, vulvo-vaginite, sécheresse vaginale, baisse de lubrification. Les infections sont aussi plus fréquentes. En effet, sans œstrogènes, la flore vaginale de Döderlein, protectrice de la muqueuse, diminue. Elle redevient normale en la renforçant avec des probiotiques locaux.

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En réintroduisant des œstrogènes dans l’organisme, le THM a un effet positif sur la sécheresse de la peau et des muqueuses. Sans ce traitement, par choix ou contre-indication, le recours aux œstrogènes locaux par voie vaginale (ovules de promestriène ou gel d’estradiol) permet de conserver la trophicité vulvo-vaginale et de lutter contre la sécheresse ou l’envie pressante d’uriner… Les hydratants et lubrifiants vaginaux améliorent le confort sexuel en restaurant la souplesse de la muqueuse vaginale. Y associer une gymnastique de ses muscles pelviens (périnée) contribue à garder la tonicité de cette partie du corps. 

Retrouver le sommeil

Un tiers des femmes ménopausées souffrent de troubles du sommeil ; les bouffées de chaleur et les sueurs qui perturbent les nuits en sont les principales causes. Ce qui se répercute la journée sous forme de fatigue, d’irritabilité, de nervosité, avec des conséquences sur la vigilance, la concentration, la mémoire. Sur l’humeur et le moral également. Un cercle vicieux en périménopause comme en ménopause. Retrouver le sommeil passe par la suppression des sueurs et bouffées. Si l’on n’est pas sous THM qui les annihile, les plantes traditionnellement utilisées pour régulariser les troubles mineurs du sommeil et le stress sont toutes indiquées (passiflore, mélisse, tilleul, escholtzia, valériane, houblon, lavande) avec l’avantage de ne pas rendre dépendante. Le rôle de l’homéopathie est prépondérant sur les troubles de l’humeur et du sommeil dus au déséquilibre hormonal. Le traitement de fond homéopathique est établi en fonction du profil de la patiente, le moment de survenue des symptômes, leur intensité. La prise en charge est personnalisée. Sans oublier les bienfaits de l’acupuncture, de la sophrologie et la relaxation qui aident aussi à passer ces périodes difficiles.

Automatique, la prise de poids ?

Chaque événement hormonal de la vie d’une femme est accusé de provoquer une prise de poids ; la ménopause n’y échappe pas. En réalité, elle n’en est pas responsable. Les études montrent que la prise de poids commence 15 ans avant la ménopause et se poursuit 20 ans après. En revanche on y observe une modification de la silhouette. Conséquence directe de la carence en œstrogènes, les graisses sont redistribuées, passant d’un morphotype gynoïde (graisse au niveau des cuisses et des fesses) à un morphotype androïde (au niveau du ventre et du haut du corps). Un changement qui se fait au profit de la masse grasse et au détriment de la masse maigre (les muscles et les os). D’où l’impression d’avoir grossi avec cette taille épaissie.

Toutefois, prendre du poids est bien réel à la ménopause lorsque, à ces bouleversements physiologiques, s’ajoutent des troubles émotionnels, du stress, une angoisse… générés par la perte de la fécondité, le départ des enfants, la retraite… Pour compenser tous ces manques, certaines femmes vont alors se tourner vers l’alimentation. Si en plus elle n’est pas équilibrée, et trop riche en graisses saturées, sucres et que l’on est sédentaire, cela favorise les kilos en trop. La prise de poids en elle-même est davantage la conséquence d’une augmentation de l’apport calorique, une baisse de l’activité physique et une fonte de la masse musculaire. Continuer à surveiller son poids à la ménopause est conseillé, pour se sentir mieux dans sa peau mais aussi en prévention des pathologies liées au surpoids. En cas de surcharge pondérale élevée, mieux vaut être accompagnée par un spécialiste. Le travail du thérapeute consistera à aider à retrouver un comportement alimentaire normal, contrôlé par les besoins réels de l’organisme et non plus les émotions.

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Témoignage : je n’y pensais pas...<br>

Témoignage : je n’y pensais pas...

Je suis devenue rouge lors d’une réunion de chantier – je suis architecte – et ce n’était pas par timidité face aux hommes de l’équipe. Comme ils m’observaient bizarrement, et que je sentais ma tête envahie par une vague de chaleur étrange, j’ai filé aux toilettes : j’étais écarlate, le visage ruisselant! Je me suis réfugiée dans ma voiture, et puis plus rien ! La violence de ce trouble m’a fait penser à un malaise cardiaque, à aucun moment à la ménopause… Il s’est reproduit devant une amie d’enfance qui m’a dit « bienvenue au club » !

Le diagnostic de ma gynéco a été vite fait avec moins de 4 cycles en un an, des règles abondantes non-stop durant 3 semaines ; ce qui me perturbait moins que les bouffées qui survenaient n’importe quand. Quand mes règles ont disparu, elle m’a prescrit un THM. Vers 56 ans, en examinant mes seins, les trouvant très denses, décision est prise de stopper le traitement. Depuis, je ne prends plus rien, je n’ai aucun trouble mais je fais les mammographies recommandées.

Ghislaine, 58 ans

 

Info

Info

www.gemvi.org, Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal

www.menopauseafem.com, Association française pour l’étude de la ménopause

 

Ménopause précoce, la méconnue

La ménopause précoce, médicalement parlant l’insuffisance ovarienne prématurée, a différentes origines : maladie auto-immune, dysfonctionnement endocrinien, suites d’un traitement lourd fait à l’enfance ou jeune femme (ablation des ovaires, chimiothérapie, radiothérapie). Elle peut être alors associée à une hypothyroïdie, mais aussi à un lupus, à une maladie de Crohn, à une polyarthrite rhumatoïde ou à une myasthénie. Certaines ménopauses précoces surviennent après un choc affectif. Les ovaires peuvent aussi s’arrêter de fonctionner en cas d’anorexie mentale. Mais parfois on ne trouve aucune explication. Cette pathologie, certes peu fréquente, expose avant 40 ans aux symptômes climatériques de la ménopause, ainsi qu’à ses effets secondaires : sécheresse des muqueuses, troubles du sommeil, augmentation du risque d’ostéoporose ou de maladies cardiovasculaires…

Des symptômes prémonitoires ?

Une consultation très spécialisée s’impose pour tout arrêt des règles avant 40 ans. Le problème est que l’on ne s’en aperçoit pas tout de suite quand on est resté sous pilule de l’âge de 17 ans jusqu’à 35 ans et que l’on décide alors de l’arrêter pour faire un enfant. Mais les – vraies – règles ne reviennent pas. Or leur absence totale, précédée parfois par des cycles irréguliers, et des bouffées de chaleur sont les symptômes d’une ménopause précoce. Quand elle est due à une cause spontanée, la pilule a caché sa date de survenue. Ainsi, quand il existe des risques d’insuffisance ovarienne précoce, il peut être souhaitable d’envisager d’autres moyens de contraception, comme le stérilet ou le préservatif, qui ne masquent pas la disparition possible des règles (aménorrhée) sur une durée d’un an pour savoir où l’on en est de son cycle et de son état de santé endocrinien. S’il subsiste une capacité ovarienne à ovuler, on pourra alors encore la stimuler en vue d’une grossesse ; après c’est trop tard. « Toutefois ce n’est pas parce que l’on a des règles irrégulières que l’on est en ménopause précoce, qui reste rare, souligne le Dr Bonal. Simplement, selon son passé médical ou son terrain génétique, il faut être vigilante et s’en occuper tôt parce qu’il y a aura des décisions à prendre. Diagnostiquer cette pathologie permet de pouvoir proposer des solutions palliatives et donc une orientation rapide sur des centres d’infertilité. »

Un traitement substitutif sans tarder

Pour confirmer le diagnostic, un bilan hormonal déterminera le stade d’évolution de la maladie. Le dosage sanguin concerne 3 hormones : la folliculo-stimulante (FSH ), la lutéinisante(LH) et l’anti-müllérienne (AMH) pour évaluer les possibilités d’ovulation. Si les résultats confirment l’état d’insuffisance ovarienne précoce, le traitement hormonal substitutif est mis en route sans tarder. Le terme substitutif est important car la ménopause précoce est une vraie pathologie qui est traitée avec des médicaments remplaçant la fonction ovarienne et préventifs des risques ostéoporotiques et cardiovasculaires. Il est instauré en première intention sauf contre-indication (cancer du sein) jusqu’à 50 ans, l’âge moyen de la ménopause physiologique. Son protocole et sa durée obéissent alors aux recommandations imposées pour le THM classique et l’intérêt de la poursuite ou de l’arrêt est réévalué chaque année comme pour toute femme ménopausée.

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Que la ménopause soit normale ou précoce, la chute œstrogénique favorise la déperdition osseuse et l’augmentation du risque fracturaire. Événements également corrélés à une insuffisance en vitamine D dont le rôle est capital. Elle favorise l’absorption digestive du calcium et permet la minéralisation de l’os. Si les besoins en calcium sont couverts par une alimentation riche en produits laitiers, fromages et yaourts, il n’en va pas de même avec la vitamine D. Moins présente dans l’alimentation, elle doit être synthétisée par la peau sous l’effet des UV pour être assimilée par l’organisme. Les carences en vitamine D sont fréquentes passé un certain âge et parce qu’il n’est pas toujours possible de bénéficier d’une exposition solaire favorable. La supplémentation est donc recommandée. Quand la carence est avérée, la vitamine D est prescrite sous forme d’une ampoule dosée à 100 000 UI tous les trois mois. Une nouvelle présentation dosée à 50 000 UI est disponible depuis peu ; elle permet une prise mensuelle, plus physiologique. En automédication, des solutions prêtes à l’emploi sont proposée en cure d’entretien.