Soigner les bleus de mon enfant

La plupart s’oublient avec un bisou magique – et une dose d’arnica. Ceux s’accompagnant d’un hématome méritent plus d’attention.

 

Intrépide… Quand ce terme qualifie un enfant, les bleus se ramassent à la pelle. Votre bambin joue, tombe, se cogne et, bien sûr, cela se voit sur son petit corps. Là où l’épiderme a été percuté, se forme une tache bleue, appelé ecchymose. Ce phénomène traduit la rupture ou la fissure de petits vaisseaux sanguins superficiels. Le sang s’en échappe alors et se répand dans les couches supérieures de l’épiderme. Aussi courante que bénigne – à condition qu’elle ne soit pas assortie d’une plaie ouverte –, cette réaction naturelle est indolore et disparaît en dix jours au plus. En revanche, si le bleu s’accompagne d’une bosse ou d’une blessure, il faut surveiller de près son évolution.

 

Des signes à surveiller

Un cran au-dessus, les hématomes ajoutent au bleu une bosse et peuvent cacher une lésion plus grave causée au moment du choc. On doit donc les surveiller attentivement, surtout localisés au niveau du cœur, de l’abdomen, du thorax ou du visage de l’enfant. Et consulter en urgence en cas d’œil au beurre noir. Sur le front ou sur le cuir chevelu, même si la plaie n’est pas ouverte, les bosses doivent rapidement être examinées par un médecin si, dans la journée qui suit le coup, le petit vomit ou montre une somnolence excessive. De même devant une perte d’équilibre, un trou de mémoire ou des pupilles anormalement dilatées. Si aucun de ces symptômes ne s’est manifesté, il ne reste plus qu’à attendre patiemment que tout rentre dans l’ordre.

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Sitôt blessé, sitôt soigné

Bien sûr, il est impossible d’empêcher les enfants de se cogner. Mais ce n’est pas parce que le mal est fait qu’il faut laisser champ libre à la douleur. Le premier réflexe à avoir est d’appliquer du froid sur la contusion pour limiter l’inflammation. Utilisez pour cela une poche de glace ou un spray pharmaceutique à effet froid. Il existe pour les enfants des poches ludiques et colorées dont les motifs amusants les distraient de la douleur. Ne placez jamais de glaçons en contact direct avec la peau pour éviter une brûlure. Le membre blessé doit être soulevé pour faire régresser le gonflement ou l’empêcher de progresser. Si la peau n’est pas ouverte, on peut appliquer à l’endroit du choc une crème ou un gel spécifique. Les formules à base d’arnica sont les plus préconisées.

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Conseils de pharmacien : argile verte anti-bleu

Conseils de pharmacien : argile verte anti-bleu

Pour atténuer les ecchymoses, il existe une recette de grand-mère qui n’a jamais cessé de faire ses preuves : les cataplasmes à l’argile verte. Connue pour ses vertus décongestionnantes et anti-inflammatoires, cette argile s’achète broyée en fine poudre. Dans une tasse, mettez un volume d’argile pour un volume d’eau froide ; mélangez jusqu’à la formation d’une pâte homogène. Appliquez-en une couche d’une épaisseur d’un centimètre environ sur le bleu et laissez agir jusqu’à ce que la pâte sèche complètement, à savoir au moins une heure. Plus vous répéterez ces cataplasmes dans la journée, plus le bleu se résorbera rapidement.

 

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La vie à belles dents !

Les conséquences d’une mauvaise hygiène bucco-dentaire sont trop lourdes pour faire l’impasse sur le brossage, le fil dentaire et les visites de contrôle régulières chez le dentiste.

 

Non, les Français ne sont toujours pas des champions de l’hygiène bucco-dentaire et ne vont pas assez souvent chez le dentiste. Résultat : encore trop de caries et de maladies bucco-dentaires. Ces dernières sont même en augmentation à cause notamment de notre alimentation trop sucrée. Or, on l’ignore souvent, une bouche en mauvais état peut causer toutes sortes de pathologies, principalement des infections digestives, respiratoires chroniques et rénales ainsi que des infarctus. Les bactéries accumulées passent en effet dans le sang à partir des gencives et forment de petits caillots sanguins qui contribuent à obstruer les artères. Le risque de développer un diabète ou de le compliquer est également multiplié en cas de parodontite.

 

Carie et sensibilité dentaire

Les bactéries naturellement présentes dans la bouche et la plaque dentaire – cette fine couche blanchâtre qui se crée après les repas – transforment les aliments sucrés en substances acides qui attaquent l’émail. Faute de brossages rigoureux et de soins quotidiens, cette plaque dentaire reste, durcit et se calcifie pour former le tartre. Un petit point noir se forme à la surface de l’émail, puis la carie se propage en profondeur et, si elle n’est pas traitée à temps, la cavité s’agrandit et atteint la dentine située sous l’émail. La mise à découvert de la dentine provoque des douleurs, notamment au chaud, au froid et à la pression. On parle alors de sensibilité dentaire. Si la carie n’est pas stoppée, elle gagne la pulpe de la dent où se trouvent des nerfs d’où une rage de dents. Quand les bactéries attaquent le ligament, un abcès peut apparaître, la dent peut même se casser et les gencives sont mises à mal.

De la gingivite à la parodontite

Au fil des ans, sous l’effet du tabac, de l’alcool, des sucreries, des changements hormonaux, des médicaments qui dessèchent la bouche, du diabète ou de la mauvaise adaptation d’une prothèse, les gencives s’abîment de plus en plus. Le tartre, dur à la surface des dents, les blesse aussi. Elles sont gonflées, saignent au brossage ou même spontanément et deviennent sensibles : c’est une inflammation des gencives, ou gingivite. Sans soins appropriés et une bonne hygiène, la situation s’aggrave forcément et dégénère en parodontite. Autrement dit en inflammation-infection qui se propage sous la gencive et détruit les tissus de soutien. Les dents semblent alors plus longues du fait de la rétractation des gencives et des espaces noirs apparaissent entre elles. La chute n’est pas loin, il est grand temps de consulter ! Mais les soins sont alors longs et coûteux : détartrage en profondeur, pose de lambeaux d’assainissement, greffe de gencive, implant…

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Conseils de pharmacien : L’hygiène dentaire, un jeu d’enfant aussi !

Conseils de pharmacien : L’hygiène dentaire, un jeu d’enfant aussi !

  • De 6 mois à 1 an, dès que les dents apparaissent, nettoyez-les deux fois par jour à l’aide d’une compresse imbibée de sérum physiologique. Puis, de 1 à 2 ans, avec une petite brosse souple sans dentifrice, le soir au coucher.
  • Pour faire mieux accepter les séances de brossage, choisissez (ou, mieux, faites choisir par l’enfant) des brosses à dents attractives et colorées, avec des personnages drôles.
  • Ce n’est qu’à partir de 2 ans environ, quand l’enfant est capable de recracher, qu’un dentifrice est conseillé, à condition qu’il soit adapté à son âge. C’est-à-dire moins fluoré que pour les adultes : moins de 500 ppm (50 mg pour 100 g) jusque vers 3 ans puis 1000 ppm. Un petit pois de dentifrice, pas plus. Pendant la période de minéralisation de la dentition, un excès de fluor peut en effet causer une fluorose dentaire, en clair des taches blanches sur les dents. À partir de 6-7 ans, un dentifrice dosé à 1500 ppm est souhaitable.
  • Pour les enfants et adolescents à risque élevé de caries, il existe des dentifrices dont le dosage en fluor est supérieur à 1500 ppm mais ils sont délivrés sur ordonnance.

 

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Prévenir plutôt que réparer sa dentition

Entretenir sa dentition pour éviter caries, sensibilité dentaire, gingivite et, un cran au-dessus, parodontite, ce n’est pas si difficile. Mais la régularité et la rigueur sont essentielles.

 

Pas de fatalisme ! Même si vous avez « hérité » d’une mauvaise denture, la chute des dents n’est pas inéluctable quand on prend de l’âge. Mais, à l’inverse, si vous avez naturellement des dents solides, vous n’êtes pas à l’abri des caries et de la gingivite. Une bonne hygiène bucco-dentaire est toujours indispensable, dès la petite enfance.

Les bonnes habitudes : brossage, dentifrice, fil dentaires…

Quelques gestes simples qui ne prennent pas beaucoup de temps mais nécessitent d’être accomplis soigneusement, au moins deux fois par jour permettent de conserver une bonne denture ou de limiter les dégâts quand on a la malchance d’avoir une maladie à risque comme le diabète par exemple.

  • Un brossage en règle

Les dentistes estiment aujourd’hui que deux brossages par jour (au lieu des trois préconisés il y a quelques années) suffisent… à condition qu’ils soient bien faits matin et soir. C’est-à-dire suffisamment longtemps (2 minutes au moins) après le repas avec une brosse souple ou extra-souple adaptée à la bouche. Aidez-vous d’un minuteur, vous verrez, ce n’est pas si long… Brosser par groupes de 2 ou 3 dents en allant « du rose au blanc », c’est-à-dire de la gencive vers la dent, sans oublier les faces internes. Ni le dessus des prémolaires et des molaires en un mouvement horizontal. Attention, le brossage doit être rigoureux, pas vigoureux sous peine, à la longue, d’abraser l’émail et de le fragiliser.

Une brosse manuelle ou électrique ?

Une brosse manuelle ou électrique ?

Les deux sont efficaces… utilisées régulièrement. La brosse électrique élimine bien la plaque bactérienne. Mais à condition de s’en servir de la même façon que la manuelle : de la gencive vers la dent et pas en rotation. Et surtout pas de brossage agressif qui rayerait l’émail. Dans les deux cas, il faut bien rincer la tête de la brosse qui se transforme vite en nid à microbes et la remplacer dès que les poils sont ébouriffés.

 

  • Du dentifrice au fluor

Grâce aux agents saponifiants et à la silice qu’ils contiennent, tous les dentifrices permettent de nettoyer efficacement l’émail et d’éliminer la plaque dentaire. Mais ils doivent aussi être fluorés car le fluor lutte contre les attaques acides qui se produisent après chaque prise alimentaire (liquide ou solide), en renforçant l’émail. Gel ou pâte, peu importe, c’est selon ses préférences. Il existe aussi des dentifrices spécifiques recommandés en cas de saignements des gencives et de sensibilité dentaire. Et des dentifrices blancheur contenant du bicarbonate de sodium, à utiliser en entretien deux fois par semaine.

  • Une brossette ou un fil interdentaire

Recommandés en complément du brossage du soir. Pour déloger les résidus alimentaires et enlever la plaque située entre les dents que les poils de la brosse ne peuvent atteindre. Le fil interdentaire, de préférence ciré, parfois imprégné de fluor, est plus fin.

  • Un bain de bouche

Après le brossage. Antiseptique ou pas (plusieurs parfums), il soulage les gencives sensibles, limite la formation de la plaque dentaire, donne bonne haleine et, éventuellement, réduit un abcès. Pas d’excès cependant avec les bains de bouche à la chlorhexidine, cet antiseptique peut temporairement altérer les bourgeons du goût et fausser ainsi la saveur des aliments.

Entretenir l’appareil dentaire, prothèse ou bagues

Que l’on porte une prothèse dentaire amovible ou une bague orthodontique destinée à corriger la position des dents, il faut être très vigilant sous peine d’infection et au minimum de mauvaise haleine. Nettoyer impérativement au moins deux fois par jour, de préférence avec une brosse spéciale double implantation ou double tête et du savon ou un nettoyant spécifique car le dentifrice classique peut rayer la base de la prothèse. Compléter par un trempage pendant une dizaine de minutes ou toute la nuit dans une solution de nettoyage disponible en pharmacie (poudres ou comprimés effervescents). Pour purifier, désinfecter et détartrer. Bien rincer et brosser la prothèse avant de la remettre en place. En cas d’utilisation d’un produit destiné à améliorer la fixation d’une prothèse amovible, l’éliminer avec soin à chaque nettoyage de l’appareil avant de procéder à une nouvelle application.

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Réponses d'expert : se brosser aussi la langue ?

Réponses d'expert : se brosser aussi la langue ?

Dr DRIDRIDr SOPHIE-MYRIAM DRIDI
Spécialiste en médecine bucco-dentaire, CHU de Nice-Sophia Antipolis, hôpital Saint-Roch

Une langue saine s’auto-nettoie régulièrement. La nature est bien faite, grâce à l’auto-nettoyage la prolifération bactérienne est entravée et les bactéries qui restent fixées sur la langue nous protègent. La brosser n’est donc pas justifié car cela peut altérer sa surface et déséquilibrer les relations entre les populations bactériennes. Le brossage est cependant bénéfique dans certains cas. Lorsque la langue est chargée d’un enduit blanchâtre à cause d’une salivation ou d’une mastication diminuée ou d’épisodes fébriles et infectieux. Lorsqu’elle est villeuse, notamment quand on abuse de bains de bouche antiseptiques ou que l’on fume beaucoup (les fumeurs salivent moins) : les papilles deviennent blanches et peuvent ensuite se colorer en brun ou en noir. Et aussi en cas de mauvaise haleine d’origine buccale, due à l’accumulation de dépôts bactériens sur les dents, de prothèses mal entretenues… Associé à celui des dents, le brossage de la langue abaisse alors de façon significative la production de composés sulfurés volatils malodorants par rapport au brossage dentaire seul. Pour ne pas abîmer les papilles, ce brossage doit être doux, à l’aide d’une brosse à dents ultra-douce ou d’un racleur dédié à cet usage.

 

À ne pas faire pour soigner ses dents

Pour conserver des dents en bonne santé, connaître les comportements à éviter a autant d’importance que les gestes à adopter. Exemples de mauvaises habitudes et de décisions néfastes.

 

Chacun de nous a des petites manies ou des comportements inadéquats touchant aux dents, inoffensifs en apparence mais qui peuvent provoquer des dégâts importants. Ainsi, se servir de ses dents comme outil coupant pour ouvrir un sachet, couper du fil ou pire, casser une noix, entraîne effritement, usure, cassure.

Mettre un piercing sur les lèvres ou la langue est risqué car la pression et le frottement du fermoir ou de la bille sur les dents et les gencives provoque à la longue fissure, fracture, éclats d’émail, gingivite, modification de la position des dents.

Grignoter entre les repas et boire des sodas est néfaste car, à la moindre prise alimentaire, les sécrétions acides présentes dans la salive attaquent l’émail, surtout avec les aliments collants, sucrés ou gras.

Fumer et prendre des stupéfiants est catastrophique. Le tabac et le cannabis dessèchent et accroissent le risque de gingivite ; la cocaïne, souvent frottée sur les gencives, provoque des ulcérations ; l’ecstasy déclenche grincements de dents et serrage des mâchoires, etc.

Sauter le brossage du soir est lourd de conséquences : la production de salive diminuant la nuit, les acides sécrétés après les repas ne sont plus contrôlés et favorisent les caries.

Blanchir ses dents, oui mais…

Si vous trouvez vos dents ternes ou jaunes, ne faites pas n’importe quoi pour les blanchir. Les bars à sourire qui ont fleuri ces dernières années n’ont plus le vent en poupe et pour cause, le produit utilisé (peroxyde d’hydrogène), bien moins concentré que celui employé par les dentistes, est peu efficace. Les kits blanchiment des dents (stylos, bandes, gouttières) à appliquer soi-même sont aussi faiblement dosés, donc sans danger, mais les résultats durent moins longtemps que chez le dentiste. Et surtout celui-ci s’assure d’abord de la qualité de l’émail et procède à un nécessaire détartrage-polissage.

Témoignage : Implants : pas n’importe où !

Témoignage : Implants : pas n’importe où !

Mon dentiste me déconseillait les implants à cause de la mauvaise qualité de mes gencives et de la densité insuffisante de l’os. Mais je ne voulais pas d’appareil… Une collègue qui était allée en Tunisie se faire poser quatre implants – trois fois moins coûteux qu’en France mais ratés – m’avait mise en garde car son dentiste n’avait pas voulu reprendre le travail pour des questions d’assurance et de responsabilité. Finalement, une école dentaire était réintervenue (pour deux fois moins cher que chez un dentiste de ville) mais que de souffrances… J’hésitais donc beaucoup quand une cousine m’a parlé d’une clinique spécialisée en implantologie, a priori sérieuse, à Budapest. Une agence, contre commission, se chargeait de tout, transport et logement compris, et comme la Hongrie fait partie de l’Union européenne, une partie des soins (les couronnes) était remboursée par la Sécurité sociale sur dossier. J’avais deux rendez-vous prévus pendant mes congés à 6 mois de distance. C’était effectivement moins cher qu’en France mais il était difficile de communiquer et le résultat n’est pas satisfaisant. Or le « service après-vente » n’est pas garanti et aucun recours n’est possible ! Au Maghreb, en Turquie et en Thaïlande, c’est encore plus risqué…

Aline, 61 ans

 

Comment différencier la colite et la colique ?

Entre colique et colite, il y a de quoi se perdre. Ces deux mots presque homonymes désignent des douleurs intenses dans la région du ventre. Mais d’autres symptômes et leur origine permettent de bien les différencier, et ainsi mieux les soigner.

 

La colite, une inflammation du colon

Le suffixe « ite » utilisée en médecine signale une inflammation. Littéralement, la colite désigne une inflammation du colon. Elle se traduit par une douleur localisée en bas de l’abdomen, et provoque divers symptômes selon l’intensité de l’inflammation : ballonnements, flatulences, diarrhées ou constipation, glaires ou sang dans les selles, fièvre, fatigue ou encore perte de poids.

La colite est plus fréquente sous sa forme aigue. Celle-ci peut faire suite à une infection par un virus, une bactérie ou un parasite, dans le cadre d’une intoxication alimentaire ou lors d’un séjour à l’étranger par exemple. Autre cause potentielle de la colite aigue : un excès de laxatifs ou d’antibiotiques.

Concernant la colite chronique, trois principales affections peuvent en être à l’origine : la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique et le syndrome du colon irritable. Certains traitements anticancéreux peuvent également parfois être impliqués dans la colite chronique.

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La colique, une distension du tube digestif

La colique désigne également une douleur, mais de nature différente. Il s’agit d’une douleur spasmodique de forte intensité au niveau d’un viscère abdominal : le tube digestif rencontre une distension. Les fortes douleurs qui en découlent sont accompagnées de gaz, de contractions intestinales, de difficultés du transit et parfois d’une transpiration abondante.

Les coliques sont plus fréquentes chez les nourrissons âgés d’un à quatre mois. Souvent, les intestins ne sont pas encore arrivés totalement à maturité, et près de 15% des bébés de cette tranche d’âge sont concernés par les coliques dites « coliques du nourrisson », qui laissent désemparés de nombreux parents face à la douleur de leur tout-petit.

Chez l’enfant ou l’adulte, les coliques peuvent intervenir en cas de gastro-entérite ou de mauvaises habitudes alimentaires. L’abus d’alcool peut également provoquer des coliques.

Enfin, les coliques peuvent être d’ordre psychosomatiques lorsque l’on traverse une épreuve particulièrement difficile.

 

Que faire en cas de colite ?

En règle générale, il est préférable de consulter. C’est indispensable en cas de saignement, de fièvre ou de symptômes persistants. Pour établir un diagnostic, après évaluation des symptômes, on pratique souvent un examen des selles. Si nécessaire, le patient peut également subir une prise de sang accompagnée d’une coloscopie, dans le cadre de laquelle une biopsie sera pratiquée pour déterminer l’origine de l’inflammation.

Les colites sont traitées par corticoïdes, ou immunosuppresseurs pour les colites chroniques. Dans les cas les plus graves, une intervention chirurgicale est envisagée pour ablation d’une partie du colon.

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Les réflexes de prévention de la colite

Si vous êtes sujets aux colites, il est conseillé de bannir de son alimentation les plats épicés, les fritures, les crudités, les légumineuses, le chou, le gras, le thé et le café, le cola, les boissons gazeuses ou encore alcool pour en limiter la fréquence et l’intensité. Manger à heure fixe, fractionner ses repas et bien mastiquer tous ses aliments favorise une meilleure digestion, et limite les risques de douleur.

Il est également recommandé d’avoir une bonne hygiène générale, de respecter les dates de péremption des aliments, de ne pas consommer dès que l’on a un doute sur le respect de la chaine du froid ou de la provenance de l’eau dans certains pays. Evitez aussi d’autres facteurs aggravants pour la colite comme le tabac, le stress ou encore les laxatifs. Et si vous êtes sous traitement antibiotique, accompagnez-le d’ultra-levure pour éviter de réveiller une inflammation de la muqueuse du colon.

 

Que faire en cas de colique ?

Les coliques finissent par passer, on ne peut pas vraiment les soigner mais il est possible de les soulager, car même elles sont bénignes, elles peuvent être extrêmement douloureuses. Appliquer de la chaleur sur le ventre, avec une bouillotte notamment, provoque un effet de vasodilatation et donc de relâchement musculaire, ce qui peut calmer les crampes intestinales, tout comme un bain chaud ou un massage doux. Des exercices de respiration et la position fœtale peuvent aussi soulager momentanément.

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Les vertus de la prêle des champs

Surnommée « queue-de-cheval » pour son drôle d’aspect et sa foule de tiges, la prêle des champs est une plante vivace qui vaut le détour. Articulations douloureuses, troubles urinaires, beauté des cheveux et des ongles… : son champ d’action est large !

 

La prêle des champs est une plante vivace poussant dans des terrains sablonneux. Attention à ne pas la confondre avec sa cousine, la prêle des marais. Celle-ci est plus courante… mais toxique ! Il n’est pas évident de les distinguer, aussi est-il préférable de vous approvisionner en pharmacie pour bénéficier de toutes les vertus de la prêle des champs.

 

Vertus diurétiques de la prêle des champs

Les personnes souffrant de troubles du système urinaire, tels que calculs rénaux, cystites ou infections urinaires à répétition apprécieront les propriétés diurétiques et drainantes de la prêle des champs.

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La prêle des champs, atout beauté des cheveux et des ongles

Le silicium contenu dans la prêle des champs favorise la production de collagène, pour des cheveux en bonne santé. La prêle des champs renforce également les ongles et les cheveux, grâce au soufre et la silice contenus dans ses tiges.

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Une plante reminéralisante contre l’arthrose

Reminéralisante du fait de sa richesse en silice et en potassium, la prêle des champs favorise la réparation les os et tendons après un traumatisme et les renforce. L’action du silice aide aussi au traitement de l’arthrose, en renforçant les tissus articulaires et l’élasticité des tendons. En stimulant la synthèse du collagène contenu dans les tissus osseux, la prêle favorise la reconstitution des cartilages (rhumatismes, arthrose). Elle est aussi recommandée en prévention de l’ostéoporose car la silice limite la perte de densité osseuse.

Coupures, bleus, une alliée contre les bobos du quotidien

La prêle des champs possède des vertus cicatrisantes, et s’applique en décoction avec une compresse sur les plaies superficielles pour accélérer la cicatrisation de la peau. Elle a également des propriétés hémostatiques et favorise ainsi la résorption des hématomes.

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La prêle des champs, un atout minceur

Les propriétés drainantes de la prêle des champs sont souvent utilisées en accompagnement d’un régime amincissant, afin de favoriser les fonctions d’élimination de l’organisme. La médecine chinoise traditionnelle confère également à cette plante des vertus protectrices des cellules du foie grâce aux polyphénols antioxydants qu’elle renforme.

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Une alliée anti vergetures

Sa richesse en silice, qui joue un rôle important dans la reconstitution des tissus, fait de la plante une précieuse alliée contre les vergetures. Une décoction à base de prêle des champs appliquée chaque jour pendant 15 à 20 minutes sur les zones à risque entretient l’élasticité de la peau, stimule la production de collagène et d’élastine, et aide ainsi la peau à résister aux distensions.

 

Une plante qui allège les jambes lourdes

Grâce à ses vertus apaisantes et raffermissantes, la plante entre dans la composition de certains gels destinés à soulager les problèmes de circulation dans les jambes et stimuler le retour veineux.

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Comment utiliser la prêle des champs ?

La prêle des champs, en usage thérapeutique, existe sous forme d’infusion, de décoction ou encore de gélules/capsules. Son usage est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, ainsi qu’aux enfants de moins de trois ans. Il est recommandé de prendre l’avis de votre pharmacien ou d’un professionnel de santé avant d’entamer un traitement.

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Comment choisir le bon anti-douleur au bon moment ?

Les douleurs du quotidien sont des désagréments simples à soulager grâce aux antalgiques. Mais lequel prendre entre le paracétamol, l’aspirine et l’ibuprofène ? Spécificités, avantages et contre-indications.

 

Les médicaments couramment qualifiés d’antidouleurs sont des antalgiques. Leur but est de diminuer la douleur, dans un souci de confort. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) les a classés en trois catégories. Au sommet, le palier 3 concerne la morphine et ses dérivés, qui agissent contre les douleurs intenses. Le palier 2 désigne les médicaments à base de codéine ou de dextropropoxyphène, pour les douleurs modérées à intenses. Enfin, les antalgiques de palier 1 visent à soulager les douleurs légères à modérées, et sont en vente libre. Ces antidouleurs disponibles en pharmacie sans ordonnance se divisent en trois familles : paracétamol, ibuprofène et aspirine.
Qui n’a pas dans son armoire à pharmacie ces trois médicaments ? Ces antalgiques sont en effet couramment utilisés en automédication. Toutefois, chacun d’entre eux a ses spécificités, et pour une bonne utilisation, mieux vaut les connaître.

 

Du bon usage du paracétamol

Il s’agit de l’antalgique conseillé en premier lieu, car c’est celui qui présente le moins de risques d’effets indésirables et d’allergie. Sa tolérance est élevée, y compris chez l’enfant ou la femme enceinte. Le paracétamol est utile pour soulager des douleurs musculaires, maux de dos, règles douloureuses, céphalées modérées, ou encore douleurs dentaires. La seule contre-indication du paracétamol s’adresse aux personnes ayant un foie déjà fragilisé, sur lesquelles un surdosage de paracétamol pourrait causer de graves dommages.

 

Quand passer à l’ibuprofène ?

C’est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). L’ibuprofène est destiné à soulager les douleurs ayant pour origine une inflammation, telle que l’arthrite. Il est aussi utile en cas de courbatures, migraines, lombalgie, sciatique ou règles douloureuses.

L’ibuprofène détient également des propriétés antipyrétiques, c’est-à-dire qu’il fait baisser la fièvre. Les éventuels effets indésirables peuvent être des douleurs gastriques voire des diarrhées. L’ibuprofène est déconseillé à partir du sixième mois de grossesse. Il est également important d’éviter la prise de comprimés à distance des repas.

Respectez bien les consignes indiquées sur la notice, et notamment la dose maximale quotidienne. Si vous prenez plusieurs médicaments en même temps, vérifiez bien que vos autres traitements ne contiennent pas eux aussi d’anti-inflammatoires, afin d’éviter les risques de surdosage.

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Oui à l’aspirine, mais pas pour tous ni tout le temps

De son petit son nom scientifique acide acétylsalicylique, l’aspirine est un anti inflammatoire non stéroïdien (AINS), tout comme l’ibuprofène. Cet antalgique est recommandé en cas d’inflammation comme une tendinite, mais aussi en cas de maux de dents, entorses, migraines. Comme l’ibuprofène, l’aspirine fait tomber la fièvre. Il a également la propriété de fluidifier le sang. En dose légère, cette action anticoagulante est utilisée de manière préventive pour empêcher la formation de caillot, et ainsi prévenir les accidents cardio-vasculaires. En revanche, parce qu’il fluidifie le sang, l’aspirine est un antalgique à éviter soigneusement pendant les règles ou après une opération.

Des trois antalgiques de palier 1, l’aspirine est celui qui présente le plus d’effets indésirables. Notamment, il peut irriter l’estomac, provoquer des gastrites, voire des ulcères ou des hémorragies digestives chez les sujets les plus fragiles.

 

Précautions d’usage

Ce n’est pas parce qu’un médicament est disponible sans ordonnance qu’il ne présente pas de risques. Quel que soit l’antalgique concerné, demandez conseil à votre pharmacien, veillez à toujours respecter la posologie afin d’éviter tout effet indésirable lié au surdosage. Le sous-dosage est également déconseillé : il ne vous fera courir aucun risque de santé, en revanche l’antalgique sous-dosé sera inefficace sur la douleur ! De plus, pour obtenir l’effet escompté, prenez l’antalgique dès que la douleur se manifeste, n’attendez pas qu’elle s’installe. Une douleur durable est plus difficile à soulager et déloger. Même si la douleur diminue, tant qu’elle est toujours présente, poursuivez la prise d’antalgique, dans la durée limite mentionnée sur la notice.

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Otite externe et otite moyenne aiguë

« Mon bébé de 18 mois souffre de l’oreille depuis deux jours. Faut-il consulter? », Samantha, 33 ans

 

Les pathologies infectieuses des oreilles affectent surtout les jeunes enfants d’âge préscolaire (avant 6 ans). Bien traitées, elles guérissent sans séquelle, mais mal contrôlées, elles font courir un risque auditif à l’enfant quel que soit son âge.

L’atteinte externe

L’otite externe intéresse le conduit auditif à l’entrée de l’oreille ou la zone péri-auriculaire. Elle se traduit par une inflammation douloureuse sans altération du tympan. Il s’agit d’une infection localisée (furoncle, eczéma, bouchon d’oreille) dont l’évolution est généralement bénigne. L’instillation pendant quelques jours de gouttes auriculaires, antiseptiques et/ou antalgiques selon l’avis du médecin, permet d’obtenir une guérison rapide.

Au niveau de l’oreille moyenne otite moyenne aiguë ou otite séreuse

D’origine virale ou bactérienne, l’otite moyenne aiguë (OMA) est plus sujette à des complications car l’infection se situe au niveau de l’oreille moyenne. En l’absence de traitement, le tympan se perfore pour laisser s’écouler le pus. N’attendez pas la survenue de cet écoulement pour consulter. Les récidives multiplient les risques de complications graves (mastoïdites, méningites). Le traitement permet d’éviter des séquelles sensorielles. L’atteinte de l’oreille moyenne peut aussi se manifester par un épanchement plus ou moins gluant qui s’accumule derrière le tympan. On parle alors d’otite séromuqueuse (OSM). Elle évolue souvent vers la guérison spontanée mais elle peut se compliquer sur le plan infectieux et auditif.

La gratitude, un mot à la mode ! Oui mais, pourquoi ?

Et si la gratitude donnait tout son sens à la Pleine Conscience ?

 

Pleine Conscience, Présence Attentive ou Mindfulness, autant de termes qui nous parlent entre autre, de la méditation. Pour reprendre ce que disent Jon Kabbath Zinn ou Christophe André qui ont largement contribué à la diffusion de la Pleine Conscience en occident, méditer, c’est un moment pendant lequel on va délibérément diriger notre attention vers ce qui se passe dans notre environnement (sons, odeurs, goûts, images, sensations du toucher) et ce qui se déroule en nous, (pensées, émotions, sensations corporelles), avec deux particularités : c’est une observation de ce qui se déroule dans le moment présent et sans jugement, ni critique ou commentaire, bien loin de nos modes de fonctionnement habituels. Avez-vous déjà remarqué comment nous avons tendance à nous enliser dans les ruminations, puis à nous perdre dans des expectatives stériles et angoissantes. Et c’est ainsi que l’on passe complètement à coté du moment présent.

 

Et si c’était ainsi que l’on passe à coté d’un des trésors de la vie ?

Dans un premier temps, la pratique régulière de la méditation entraîne l’attention. On se rend compte plus rapidement que l’on a été happé par une pensée. Avec un peu plus de pratique et peut être le soutien d’une personne plus expérimentée, on apprend à observer ses pensées, repérer comment on se parle, prendre de la distance avec nos « blabla ». On devient aussi plus familier avec nos émotions et nos sensations corporelles, on se connaît mieux. Toutes ces perspectives sont motivantes, mais pas assez sur le long terme, en tout cas pour moi. Car s’asseoir tous les jours entre 15 et 60 mn demande de la discipline qui est parfois vécue comme une contrainte.

Méditer en groupe soutient notre pratique personnelle, mais ce qui va vraiment nourrir mon élan vers le coussin (ou la chaise) pour ma méditation quotidienne, c’est la gratitude que je vais exprimer et ressentir dans mes actes du quotidien.

Vraiment ressentir l’eau de ma douche, la saveur de mon thé, le goût de ce que je mange, le bonheur d’avoir 2 pieds, 2 jambes qui me portent, celui de préparer un repas … Ces « pauses de pleine conscience » où la gratitude nourrit mon cœur, viennent soutenir ma méditation quotidienne qui a son tour « muscle » mon mental. C’est un cercle vertueux.

Je me suis moins embarquée dans des pensées nuisibles, et redirige davantage mon attention vers le moment présent, source de gratitude.

Astuce

Astuce

Exercice pour cultiver la gratitude : tenir un carnet près de son lit où l’on notera chaque soir 3 moments de la journée pour lesquels on éprouve de la gratitude. Au bout de quelques semaines, relisez ce que vous avez écrit … vous aurez peut être des surprises.

 

Par Géraldine Desindes, thérapeute certifiée et validée du réseau Medoucine.

Une grossesse annonce le printemps !

… Et de grands bouleversements dans une famille jusqu’ici centrée sur le couple. Apprivoisement de la situation, mois à mois, avant que bébé ne pointe le bout de son nez.

 

Grâce aux résultats de la toute dernière enquête périnatale (2016), on en sait beaucoup plus sur cette période qui entoure la naissance… Les grossesses à plus de 35 ans sont plus nombreuses qu’en 2010, date de la précédente enquête ; surpoids et obésité sont plus fréquents. La consommation de tabac n’a pas baissé, à 17 %. Le taux de prématurité augmente (6 % des nouveau-nés).

Les accouchements se produisent plus souvent dans des maternités publiques, spécialisées et de grande taille, et la prise en compte de la douleur s’est améliorée, 88 % des femmes étant satisfaites de ce qui leur a été proposé. Enfin, le taux de césariennes est stable, à 20,4 % en 2016 ; celui d’épisiotomies est en baisse, à 20 % aujourd’hui (contre 27 % en 2010), et la prise en charge au moment de l’accouchement est moins médicalisée (avec en particulier un moindre recours à un « accélérateur » de contractions).

Autant d’indicateurs en faveur d’une surveillance plus rapprochée de la grossesse en cas de facteurs de risques, de la visite préconceptionnelle (qui peut s’avérer fort utile) à la naissance. Certes, la grossesse n’est pas une maladie, mais elle peut favoriser l’éclosion de certaines… Un diabète gestationnel, une hypertension (gravidique) notamment. Par ailleurs, une Listeria (bactérie de la listériose), un virus de varicelle ou le parasite de la toxoplasmose ne sont pas bienvenus à l’âge, embryonnaire, de formation des organes. Enfin, alcool et tout ce qui se fume doivent être boycottés, et si possible à plus long terme que la naissance.

 À lire aussi : Préparer sa grossesse, un travail de fond

 

Les grandes étapes de la formation de bébé

Mois après mois, organes et fonctions se mettent en place, à des moments bien précis. Une évolution tracée par les différentes visites prénatales, assorties d’examens biologiques et de trois échographies. Un suivi qui peut être réalisé en ville (par une sage-femme, un médecin généraliste, un gynécologue ou gynéco-obstétricien), à l’hôpital ou dans un centre de protection maternelle et infantile (la PMI). Le médecin traitant faisant le lien ou davantage, s’il le souhaite et si la grossesse ne présente pas de risque particulier (comme un diabète, une grossesse multiple, etc.).

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Le livret : « Je prépare l’arrivée de mon enfant », de l’Assurance maladie : toutes les étapes de la maternité jusqu’aux premiers mois de l’enfant, du point de vue de la santé certes, mais encore des démarches administratives, du congé parental, etc.

 

La 1re visite, avant la fin du 3e mois

C’est à l’occasion de ce premier examen prénatal que l’on déclare la grossesse, étape indispensable pour la prise en charge par l’Assurance maladie de toutes les dépenses de santé liées à la grossesse. C’est aussi entre la 11 et la 13e semaine d’aménorrhée (sans règles) que toutes les femmes sont invitées à faire un dépistage de la trisomie 21, par une échographie (la première) et une prise de sang pour commencer. C’est encore à cette étape que l’on procède à des vérifications d’usage, repérage d’un diabète gestationnel pour les femmes à risque, immunisation correcte vis-à-vis de la rubéole et de la toxoplasmose, etc.

Chaque mois…

Sage-femme ou médecin s’assurent du bon déroulement de la grossesse, épaulés si cela est nécessaire par des examens biologiques (statut en fer…) : prise de poids, tension, croissance du bébé, etc. Au cours du 5e mois, est prévue la deuxième échographie qui permet d’analyser la morphologie du fœtus et vérifier sa bonne croissance. À la 3e échographie, au cours du 8e mois, on prévoit les conditions de l’accouchement sur la position du placenta et la présentation du bébé (par les fesses ou la tête). Les séances de préparation à la naissance sont habituellement proposées à partir du 7e mois.

Jusqu’à la naissance !

Bébé bouge moins parce qu’à l’étroit. L’accouchement s’annonce par la perte du bouchon muqueux, ou des eaux alors libérées (le liquide amniotique dans lequel baigne l’enfant), ou directement par des contractions, au début un peu désorganisées, puis régulières, « efficaces ». Il est alors temps de rallier la maternité !

 À lire aussi : Quels sont les bienfaits du yoga prénatal ?

 

Conseils de pharmacien : Une trousse sûre

Conseils de pharmacien : Une trousse sûre

Au minimum, pour soigner les petits désagréments de la grossesse…, ou en éviter de plus gros, cette trousse de secours :

  • Une bonne huile végétale (germe de blé ou amande douce), pour prévenir ou atténuer les vergetures ;
  • Une crème solaire d’indice de protection très élevé, pour réduire le risque de « masque de grossesse » ;
  • Contre les nausées, de l’homéopathie (Sépia en 7 CH, utile aussi en cas de constipation) ;
  • Des bas ou des chaussettes de compression : indispensables ;
  • Une huile essentielle, de lavande vraie ou de petit grain bigaradier, pour résoudre une bouffée d’angoisse qui réveille la nuit, ou, diluée dans une huile végétale, pour soulager un mal de dos ;
  • Pour les sujettes à infections urinaires, de la canneberge, bien dosée (36 mg par jour de proanthocyanidines de type A), par cures, qui empêchent l’adhésion des bacilles aux parois vésicales ;
  • Pour faire le tri, et ne garder que les contractions actives sur le col, une astuce des sages-femmes spécialisées en homéopathie à adopter en amont, à partir du 9e mois : Caulophyllum et Actaea racemosa en 9 CH, 5 granules de chaque tous les jours, puis pendant le travail.
Réponses d'expert : maternités, un label très bientôt

Réponses d'expert : maternités, un label très bientôt

Pr Israël NisandPr Israël Nisand
Président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français

Quatorze critères… Taux d’épisiotomie et de césarienne bien sûr, taux d’extraction instrumentale, proportion de femmes qui ont vu en maternité celui qui est intervenu (sage-femme ou médecin), programmes d’éducation à la bientraitance (une fausse couche peut être une catastrophe), c’est sur ces critères et d’autres que les maternités se verront attribuer le label CNGOF (du Collège national des gynécologues et obstétriciens français). Parce que la naissance est une violence, qui doit être atténuée dans la mesure du possible… Ce label sera accompagné d’une application qui distillera, en douceur, vers le 6e mois, des informations alors « tracées » sur la césarienne, les épisiotomies et le reste. Un projet de naissance réaliste, compatible avec la sécurité de l’enfant et de sa mère, devra être dans ces conditions proposé, vers le 6 ou le 7e mois. L’objectif : que les femmes soient accouchées, non rescapées !

 À lire aussi : Accoucher sous péridurale

 

Isabelle Quenin : « Je m’attache davantage à l’être qu’au paraître ! »

Cette adepte du mieux vivre en toutes circonstances a su trouver un sens à sa vie. Le sourire aux lèvres et l’œil pétillant, Isabelle Quenin tient désormais chaque jour sur Europe 1 les rênes de La Vie devant soi.

 

Quel est le concept de l’émission La Vie devant soi ?

La vie devant soi, c’est ultra concernant car chacun a la vie devant soi (ou nous avons tous la vie devant nous). La seule chose que nous ne maîtrisons pas, c’est sa durée. Je suis partie de l’idée suivante : quel que soit le nombre d’années que nous avons devant nous, autant faire en sorte qu’elles soient plus belles. Il n’est jamais trop tard pour changer ce qui pèche dans notre vie afin d’aller vers quelque chose de plus épanouissant et, peut-être, de plus en harmonie avec ce que nous sommes vraiment. La Vie devant soi, c’est chaque jour prendre une heure pour vivre mieux en faisant un état des lieux : « Est-ce que je suis bien dans ma vie ou est-ce que je me suis fourvoyé(e) ? »

Comment procédez-vous au choix des thèmes traités ?

Pour réussir une émission, il faut tout d’abord parler de choses qui concernent les personnes qui nous écoutent. Nous savons maintenant qu’il n’est jamais trop tard pour changer de comportement. Personnellement, je m’attache davantage à l’être qu’au paraître. Notre corps est une mécanique extraordinaire mais quand il nous envoie des signaux, il ne faut pas les ignorer. On parle beaucoup de cette petite voix intérieure qui nous ramène à la raison. Se guérir grâce à l’hypnose, apprendre à soigner ses migraines naturellement, s’épanouir sexuellement à tout âge, prendre soin de ses articulations, trouver l’amour quand on ne s’y attend pas, arrêter de douter de soi… Ces diverses thématiques sont dans l’air du temps.

Quels sont les sujets qui touchent le plus le public ?

Durant la saison 2016-2017, j’ai coprésenté le matin avec le Dr Gérald Kierzek sur Europe 1 une émission quotidienne consacrée à la santé. C’était en quelque sorte un baromètre de ce qui touchait les Français au niveau de leur santé. C’est la prévention qui venait en priorité. Si on n’est que dans le médical et dans la complication, c’est très anxiogène. On a l’impression que la mauvaise nouvelle nous tombe dessus. Aborder la santé par la prévention, c’est plein de bon sens car on peut se dire qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. On voit par exemple que l’épidémie de grippe de cette année a été beaucoup moins sévère que celle de l’année dernière. En fait, on a bénéficié des fruits de toutes les campagnes de prévention portant aussi bien sur la vaccination que sur le partage des bonnes pratiques.

Que pensez-vous du système de santé actuel ?

Nous avons en France un système de santé excellent. Nombre de pays nous l’envient. Nous sommes dans une sorte de confort médical, avec un laps de temps plus ou moins long en cas de problème, mais nous avons toujours une réponse. Les professionnels de santé sont beaucoup plus dans l’empathie et le partage des connaissances que dans le discours professoral d’autrefois. En revanche, ce système de santé a un coût, et peut-être va-t-il falloir procéder à quelques changements pour en préserver la qualité.

Êtes-vous prévoyante au niveau de votre santé ?

J’ai une santé de fer !, et je me soigne en fonction des bobos qui passent. Ma sœur aînée est médecin. Aussi, dès que nous avons un pépin dans la famille, nous lui téléphonons aussitôt. Pour protéger ma voix, je prends des infusions au thym et je fais beaucoup d’inhalations. Mon pharmacien est un interlocuteur de choix. Je vis dans le même quartier depuis longtemps donc il me connaît bien. Je vais chez lui en toute confiance et il peut même être une étape intermédiaire avant une consultation.

Avez-vous une hygiène alimentaire particulière ?

Dès que je suis fatiguée, j’ai l’impression que mon corps m’envoie un signal afin que je prenne soit du fer, soit des vitamines. Aujourd’hui mon petit-déjeuner est beaucoup plus équilibré qu’autrefois. Je me méfie des céréales toutes prêtes, souvent trop sucrées. Je me reconnais plus dans une alimentation raisonnée que dans une alimentation frustrée. Je limite le sucre et les graisses mais je ne me prive de rien et je n’oublie pas de me faire plaisir. J’adore la crème de marrons… mais je reste raisonnable. Plutôt que d’être maigre ou mince, je préfère avoir des formes et rester tonique !

Êtes-vous sportive ?

Je pratique beaucoup la marche. Cela me permet de me vider la tête. Je surveille mon appli sur mon téléphone afin d’atteindre environ 10 000 pas chaque jour. Deux fois par semaine, je fais de la gymnastique, notamment des étirements, et je commence toujours mes cours par dix minutes de boxe. Je travaille beaucoup ma respiration. Cela contribue à me libérer de mon trop-plein d’énergie. J’adore aussi partir en thalassothérapie. 

Prendre de l’âge vous inquiète-t-il ?

Plus le temps passe et plus je trouve que ma vie est bien remplie. Je suis très fière de mes deux filles et j’ai eu une jolie vie pleine d’amour. Avancer en âge en sachant ce que l’on sait et en gardant notre joie de vivre et notre bonne santé, ce n’est que du bonheur. Vivre le plus longtemps possible en ayant l’envie d’affronter sa journée, je trouve cela génial. J’ai appris cela grâce à l’ikigaï, la méthode japonaise qui permet de trouver un sens à sa vie. Je n’ai pas peur de la vieillesse, je crains plutôt la maladie, voire la perte d’autonomie.

Quels rapports -entretenez-vous avec vos deux filles ?

Elles ne partagent pas le même papa donc j’ai incarné l’autorité mais en leur donnant le sentiment d’être à l’abri. J’ai vécu une enfance très protégée et j’ai voulu recréer cela pour mes filles. Je ne sais pas si j’y suis parvenue, mais aujourd’hui elles sont grandes et je suis très fière d’elles. Elles ont été pour moi un booster extraordinaire. Elles ont grandi comme enfants, mais elles m’ont fait grandir en tant que parent !

La télévision ne vous manque pas trop ?

J’ai travaillé sur TF1 en 1991 avec Christophe Dechavanne dans Ciel mon mardi, puis j’ai coprésenté avec Jean-Pierre Pernaut le mensuel Combien ça coûte. J’ai aussi présenté un magazine sur l’univers de la maison… Mais c’est la radio que je préfère. Être confrontée à son image est assez violent. On ne maîtrise pas grand-chose et on a l’impression d’être donnée en pâture. Je suis très heureuse dans ma vie actuelle. La Vie devant soi est née le 28 août 2017, donc c’est une émission assez récente. Et j’aimerais bien avoir le temps d’installer ce rendez-vous quotidien et de m’y installer en même temps. Je ne suis pas une grande aventurière mais je n’ai ni manque ni frustration. Je souhaite que cette vie devant moi dure le plus longtemps possible. Autrefois, j’avais tendance à être toujours dans l’instant d’après. Maintenant, j’arrive à savourer le moment présent ! 

 

À écouter : La vie devant soir

À écouter : La vie devant soir

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Une émission animée par Isabelle Quenin du lundi au vendredi de 15 à 16 heures sur Europe 1. Une heure consacrée au bien-être,
à la santé, au développement personnel et qui fait vraiment du bien !
(Vous pouvez retrouver l’émission en podcasts sur www.europe1.fr.)

Apaiser ses allergies

Quand on devient allergique, le parcours du combattant commence. La parade existe pour apprivoiser ses allergies et mieux vivre avec, même devenues permanentes.

 

Chiffre

Chiffre

  • 1 Français sur 4 souffre d’allergie respiratoire. 1 rhinite allergique sur 2 est due aux acariens. 30 % des adultes sont allergiques aux pollens.
  • 15% de la population a une dermatite atopique. Près de 8 % des moins de 3 ans ont une allergie alimentaire.

Source : association Asthme & allergies

Environ 15 000 litres d’air transitent chaque jour par nos voies respiratoires. Quand il est de mauvaise qualité à l’extérieur ou à l’intérieur de nos lieux de vie ou de travail, il devient l’air de tous les dangers. La pollution atmosphérique due aux activités humaines combinée à la dissémination dans l’air ou dans la nourriture de substances allergéniques en tous genres a des conséquences préjudiciables sur la santé des systèmes respiratoire et digestif ou de l’enveloppe cutanée. La peau, les muqueuses du nez, de l’intestin deviennent hypersensibles et inflammatoires, ce qui favorise la pénétration des allergènes. L’organisme sait se défendre contre ces ennemis invisibles sauf quand une défaillance de ses récepteurs immunitaires le fait se tromper de cible. La réaction allergique se déclenche alors sous plusieurs formes parfois associées : rhinite, asthme, eczéma, démangeaisons, œdème, gonflement, urticaire, rougeurs, gêne respiratoire.

 

La faute à l’atopie et à l’épigénétique

Certaines formes d’eczéma, l’asthme, les rhinites saisonnières et les allergies alimentaires sont des maladies allergiques qui résultent du même mécanisme. Elles se déclenchent en deux temps. La phase initiale est la sensibilisation : le système immunitaire identifiant une substance inoffensive comme un allergène met en place des défenses en prévision de la prochaine intrusion. Au contact suivant il le reconnaît. Se sentant attaqué, il réagit très fort, les premiers signes de l’allergie apparaissent. C’est ainsi que le lait, les œufs, l’arachide, les fruits à coque, les crustacés sont parmi les principaux responsables des allergies alimentaires de l’enfant. La question est de savoir pourquoi cette interaction complexe se produit chez certains et pas chez d’autres. La prédisposition génétique (l’atopie) n’est plus la seule explication, puisque des allergies surviennent chez les plus âgés non atteints jusque-là. La réponse viendrait de l’épigénétique qui démontre par exemple qu’une surexposition aux molécules chimiques modifie l’expression génétique… Une clé potentielle pour comprendre l’explosion du nombre d’allergiques en France qui a doublé en vingt ans. Et l’OMS prévoit qu’en 2050 la moitié de la population le sera. De plus en plus d’enfants, d’adolescents et de seniors souffrent d’allergies respiratoires ou cutanées, encore trop souvent sous-diagnostiquées. Mieux vaut consulter sans tarder. Bien adaptée la palette antiallergique est efficace.

 

Agir contre les allergies respiratoires

Passer de la rhinite saisonnière à l’asthme allergique chronique pourrait ne plus être une fatalité. À condition de se traiter dès les premiers symptômes. 

 

Au printemps ou toute l’année, l’allergie respiratoire survient plus ou moins brutalement à tout âge, chez les plus fragiles. Rhinite ou asthme allergiques en sont les principales manifestations, souvent associées. « Nous disposons d’une palette de prise en charge, préventive et curative, efficace. En améliorant l’état de nos patients, elle évite les complications et leur permet de mieux vivre avec leur maladie respiratoire, affirme le Dr Madeleine Epstein, allergologue. Les traitements actuels sont performants pour soulager, contrôler et parfois même supprimer l’allergie grâce à la désensibilisation. »

 À lire aussi : Allergie respiratoire, impact de la pollution

Ne pas banaliser une rhinite allergique

Nez bouché ou qui coule, démange, salves d’éternuements, yeux qui piquent… Ce sont les signes de la rhinite allergique, le « rhume des foins » étant l’une de ses formes saisonnières. De mars à octobre, lors de la libération des pollens, ceux des graminées, ambroisie, cyprès et bouleau sont les plus allergisants. La rhinite allergique peut être perannuelle et se déclencher en inhalant d’autres allergènes de l’environnement (acariens, moisissures, poils de chats) ou issus de produits d’entretien, de décoration. Elle est la plus fréquente des allergies respiratoires mais on a tendance à la banaliser. Non traitée, elle peut s’aggraver et évoluer en asthme avec un risque accru de polysensibilisation. Sans compter qu’elle génère fatigue et troubles du sommeil qui influent sur la qualité de vie.

  • Diagnostic. « Les symptômes de la rhinite allergique ne sont pas spécifiques, explique le Dr Epstein. Après l’examen clinique, nous procédons donc à une enquête pour en chercher la cause, le degré de l’atteinte, l’intensité de la gêne, le rythme de survenue, les antécédents familiaux. Ses circonstances : où se déclenche-t-elle, dehors, dedans ?… Cet interrogatoire précis sur le mode de vie, l’habitat permet d’en découvrir les failles et leur impact. Le diagnostic est affiné avec le bilan allergologique réalisé par des tests cutanés à lecture immédiate (prick-tests), complété parfois par un dosage des IgE (immunoglobulines de type E), anticorps caractéristiques de l’allergie. Bilans réalisés même chez de très jeunes enfants. »
  • Éviction. Réduire l’exposition à l’allergène identifié, voire supprimer tout contact, est le début du traitement. Intra-muros, des mesures sont impératives : traquer les acariens par un dépoussiérage rigoureux. Utiliser des nettoyants ménagers non toxiques. Éradiquer l’humidité favorable aux moisissures. Aérer tous les jours. Interdire au chat l’accès des chambres et lui passer un gant humide sur les poils… Dehors, limiter l’exposition pollinique est plus compliqué. Ce qui n’empêche pas de s’imposer des règles : différer ses sorties en période à risque, fermer les fenêtres en fin d’après-midi, se laver les cheveux en rentrant de promenade. Avant de partir en vacances, consulter le bulletin du Réseau national de surveillance aérobiologique (www.pollens.fr).
  • Médicaments. Antihistaminiques par voie orale, pour apaiser et diminuer l’intensité des symptômes légers, modérés et intermittents. Pour protéger et décongestionner la muqueuse nasale : spray, gouttes et solutions pulvérisées antiallergiques. En homéopathie, les souches dépendent des symptômes : écoulement (Allium cepa), éternuements (Sabadilla), et de l’allergène : acarien (Sulfur, Psorinum), pollen (Poumon histamine et Pollens). Dans les formes sévères, persistantes, les corticoïdes inhalés viennent en renfort ou en alternative aux antihistaminiques.
 À lire aussi : Traitement homéopathique contre allergie au pollen

 

  • Désensibilisation (ou immunothérapie allergénique). Préventive et curative, elle s’attaque à la cause de l’allergie respiratoire et réussit à l’éradiquer en rééquilibrant le système immunitaire (cf. encadré expert). Elle est efficace contre les allergies aux acariens, poils d’animaux, pollens de graminées et venins d’abeille ou guêpe. Seul un médecin allergologue peut la prescrire après un diagnostic précis (ce dès 5 ans) quand les traitements symptomatiques sont insuffisants ou mal tolérés.

Contrôler l’asthme allergique

30% des rhinites allergiques évoluent vers l’asthme. Du nez aux bronches, la muqueuse est la même, mais certains auront de la rhinite et pas d’asthme parce que leurs bronches sont moins réactives que le nez. Comme 80% des asthmes ont commencé par une rhinite, l’idéal est de la traiter avant qu’elle ne dégénère. Toux récurrente, difficultés à respirer, essoufflement marquent l’apparition de l’asthme. Si le médecin en suspecte une origine allergique, il recherche les circonstances du déclenchement des crises et procède à des tests cutanés pour identifier l’allergène en cause afin de l’éviter si cela est possible. Aucun antihistaminique n’est prescrit sauf si une rhinite allergique est associée. Le contrôle des symptômes est au cœur de la prise en charge qui est celle de l’asthme classique : corticoïdes inhalés, bronchodilatateurs, éducation thérapeutique. Complétée parfois si l’allergène est connu par un protocole de désensibilisation.

Réponses d'expert : La désensibilisation : une prévention sur mesure

Réponses d'expert : La désensibilisation : une prévention sur mesure

Madeleine EpsteinDr MADELEINE EPSTEIN
Allergologue, vice-présidente du Syndicat français des allergologues, www.syfal.fr

Son but est de mettre l’organisme en relation avec l’allergène responsable. Des doses croissantes d’extraits sont administrées sous forme injectable ou sublinguale. Ces Apsi (Allergènes spécialement préparés pour un seul individu) sont formulés par l’allergologue. Il les commande à un laboratoire spécialisé qui les envoie au patient. Depuis 2012 des comprimés sont disponibles en pharmacie uniquement pour les pollens de graminées et sous ordonnance. La voie sublinguale est plus facile d’utilisation à raison d’une dose le matin. Certains patients préfèrent la forme injectable : soit au début une injection sous-cutanée hebdomadaire puis progressivement espacée à une par mois. Le protocole débute trois mois avant la saison pollinique et se poursuit pendant sa durée. Toute l’année si l’allergie est permanente. Une désensibilisation n’est pas un médicament symptomatique, c’est un traitement de prévention, le seul à modifier le cours de la maladie. À condition de le suivre sans déroger entre 3 et 5 ans. Si une désensibilisation ne donne pas de résultats dès la première saison, elle est arrêtée.

 

Témoignage : Une expérience partagée

Témoignage : Une expérience partagée

À partir de 19 ans, j’étais enrhumée chaque été – sans traitement particulier, on parlait peu d’allergie. Vers 30 ans, un allergologue met un nom sur mes symptômes qui empiraient : rhinite allergique due aux graminées et aux acariens. Un antihistaminique oral m’est prescrit de mai à septembre. Vers 40 ans, l’inflammation est descendue aux poumons, des crises sévères d’asthme m’imposaient des hospitalisations, ce qui m’inquiétait pour mon avenir. Or à 60 ans je vais beaucoup mieux, grâce au traitement de fond quotidien : anti-inflammatoire à inhaler matin et soir, bronchodilatateur à longue durée d’action et antihistaminique. Parce qu’aussi j’ai aménagé mon habitat en éliminant les allergisants et, comme tous les asthmatiques, je vis avec la météo. Très observante, je ne suis plus handicapée par ma maladie comme avant, j’ai repris confiance. À tel point que je coordonne l’éducation thérapeutique pour l’asthme à l’Espace du souffle de Tours.

Marie-Pierre Rinn, 60 ans, présidente d’Asthme & Allergies-Tours

 

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Combattre les allergies de la peau

Eczéma de contact et dermatite atopique sont les principales maladies allergiques cutanées. En connaître les causes, c’est le début du traitement.

 

Peau qui démange ou suinte, se couvre de plaques rouges, de vésicules, de croûtes… Ces symptômes sont communs aux différentes manifestations allergiques de la peau, eczéma et dermatite atopique en tête. Selon la substance irritante ou allergénique les ayant provoquées, l’inflammation cutanée est soit immédiate à son contact, soit retardée et elle évolue alors par poussées récurrentes et rémissions. Dans tous les cas des solutions existent pour apaiser la peau qui souffre puis traiter le terrain sur le long terme.

 À lire aussi : Tout savoir sur les allergènes dans les cosmétiques

 

La dermatite atopique, hydrater et calmer le prurit

Tout comme l’asthme et la rhinite allergique, la dermatite (ou eczéma) atopique apparaît sur un terrain héréditaire particulier. Elle est liée en partie à une anomalie de la kératinisation de la peau (altération de sa fonction barrière) à l’origine de sa sécheresse et de sa grande vulnérabi­lité vis-à-vis des allergènes de l’environnement. L’inflammation affecte les plis, le ventre, les jambes, les coudes mais aussi le visage. La maladie alternant poussées et accalmies, le traitement est de longue haleine. De plus en plus fréquente dès le plus jeune âge, elle empoisonne aussi la vie des adolescents et adultes : c’est la 2e maladie de peau après l’acné. Le prurit, souvent féroce, et la sécheresse (xérose) retentissent sur l’état général. C’est une bataille au quotidien pour les parents pour en venir à bout même si les traitements actuels aident au retour à une vie plus douce. Avant d’en définir la composante allergique, afin de l’éliminer quand elle est identifiable, et si elle existe, le soulagement est apporté par un anti-inflammatoire local. L’application de crèmes à base de cortisone utilisées judicieusement (ni trop ni pas assez et sur un temps court) permet de passer la période inflammatoire difficile et d’éviter une surinfection bactérienne. Apaiser la peau atopique nécessite aussi de la réhydrater et d’en restaurer le film protecteur avec des émollients. En limitant le passage des irritants et des allergènes à travers la barrière cutanée, ces produits dermatologiques amé­liorent le confort de la peau, espacent les poussées et diminuent la consommation de corticoïdes. Leur action est optimale après la toilette, laquelle se fait uniquement avec des produits d’hygiène surgras non détergents, sans savon, ni parfum. Les références pour petits et grands : Avène, Bioderma, Cavaillès, La Roche-Posay, Mustela, Uriage…

Guérir l’eczéma de contact

Bien que partageant ses symptômes avec la dermatite atopique, l’eczéma de contact n’est pas localisé sur les mêmes zones du corps. Cette inflammation cutanée résulte du contact direct d’une peau hypersensible avec une substance chimique émanant de métaux (nickel), parfums, conservateurs, colorants, détergents, caoutchouc, plastiques, colles… La réaction allergique ne déborde pas de la zone touchée. Les deux types d’eczéma sont différenciés par le bilan allergologique et les patch-tests. L’origine établie, le traitement d’abord symptomatique repose sur des dermocorticoïdes locaux d’activité forte à très forte jusqu’à disparition des plaques et guérison, en une à deux semaines environ. La prévention associe une réduction des expositions à risque, une limitation des lavages à l’eau, l’application de crèmes émollientes réparatrices et protectrices. L’idéal étant d’éviter tout contact avec l’allergène quand il est repéré (bijou, lessive, peintures…) Ce qui est parfois impossible et explique la chronicité de certains eczémas. En général son évolution est plus favorable que la dermatite atopique dont on ne connaît pas toujours la cause ni l’allergène déclenchant.

Le syndrome dermo-respiratoire traité à la bourboule

Le syndrome dermo-respiratoire traité à la bourboule

Aux Thermes de La Bourboule, où a été créée la première école de l’Asthme, on innove avec la prise en charge du syndrome dermo-respiratoire, l’eczéma étant souvent couplé à l’asthme. La station à la double orientation Voies respiratoires et Dermatologie combine ses cures Mieux respirer et Bien dans ma peau dans un programme spécifique de 6 soins quotidiens dédiés aux deux pathologies. Dès 6 mois pour l’eczéma atopique, à partir de 18 mois pour les allergies respiratoires. Les eaux de la Bourboule aux vertus anti-inflammatoires, anti-radicalaires apaisent les tissus atopiques et contribuent à renforcer le système immunitaire.

www.grandsthermes-bourboule.com

 

Conseils de pharmacien : l’allergie sévère au venin d’abeille, une urgence !

Conseils de pharmacien : l’allergie sévère au venin d’abeille, une urgence !

Évaluer la réaction allergique à la piqûre d’un hyménoptère (abeille, guêpe, frelon) est codifié. Qualifiée de sévère quand elle « dépasse 2 segments de membre » : piqué au doigt, la réaction s’étend jusqu’à l’épaule. Elle ne l’est pas si elle provoque un simple œdème local.Très grave en revanche quand, piqué n’importe où, une réaction généralisée de l’organisme survient : choc anaphylactique avec gêne respiratoire, œdème de Quincke, nausées, vomissements, chute de tension entraînant un risque vital. Un geste médical d’urgence, l’injection d’adrénaline intramusculaire, est alors impératif. Puis une consultation s’impose pour qu’un traitement de secours soit prescrit, notamment de l’adrénaline en stylo auto-injectable, uniquement délivrée en pharmacie sur ordonnance et remboursée : EpiPen (Mylan), Emerade (Bausch), Jext (Alk). À toujours avoir avec soi comme le font les enfants souffrant d’allergies alimentaires sévères. Et pour ne plus engager son pronostic vital, la désensibilisation aux venins d’hyménoptères est recommandée. Elle est efficace à 90 % car on connaît bien les coupables !