Mon enfant a… un érythème fessier

Rares sont les bébés qui échappent à cette irritation de la peau. Que faire quand leurs petites fesses voient rouge ?

 

Rien n’est plus doux que la peau d’un nouveau-né. Mais cette enveloppe délicate est fragile, ses défenses naturelles étant loin d’avoir acquis leur maturité. Dépourvue de bouclier protecteur et au moins trois fois plus fine que celle d’un adulte, la peau d’un bébé est particulièrement vulnérable. Hypersensible aux agressions environnementales ou de contact (eau calcaire, résidus de produits lessiviels, tissus rêches ou synthétiques…), elle s’irrite facilement et cela se voit. Parmi les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les parents : l’érythème fessier.

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À l’origine de l’érythème

Appelé aussi dermite du siège, l’érythème fessier touche plus d’un nourrisson sur deux. Il résulte du frottement des couches sur la peau ou de la macération des urines et des selles, facteur de développement des bactéries. L’acquisition de la position assise le rend particulièrement fréquent entre 4 et 12 mois. Il se manifeste par des rougeurs sèches ou suintantes, avec ou sans petits boutons. Il peut évoluer jusqu’à une peau à vif, douloureuse, et vers une inflammation accompagnée de fissures ou de vésicules. À ce stade, il est conseillé de prendre rendez-vous avec le médecin ou le pédiatre. Mais les risques d’érythème fessier peuvent être réduits grâce à beaucoup de vigilance et à une hygiène adaptée.

 

L’art du change : prévenir et traiter les fesses rouges

Changez votre bébé régulièrement, mais sans toilette complète systématique. Lavez-vous les mains avant et après chaque change pour éviter la dissémination bactérienne. Si la couche ne contient que de l’urine, un peu d’eau suffit pour rincer la peau de l’enfant.

En présence de matières fécales, enlevez d’abord le plus gros avec du papier toilette ou un mouchoir en papier. À l’aide d’une lingette, d’un gant humide éventuellement passé sur du savon de Marseille, voire d’un morceau de coton imbibé d’un lait adapté ou de liniment oléo-calcaire, nettoyez les fesses, en allant du moins sale vers le plus sale. La suite diffère selon le sexe du bébé, sauf pour les outils : lingette ou gant humide, propres !, ou nouveau coton imbibé de lait ou de liniment. Si c’est un garçon, commencez par le ventre en allant jusqu’au nombril ; lavez ensuite le pénis, les testicules et enfin les plis de l’aine. C’est une fille ? nettoyez délicatement les lèvres et la vulve, insistez sur les plis de l’aine.

Enfin, séchez, sans frotter !, en tamponnant ; « ouvrez » les petits plis pour traquer toute trace d’humidité. Puis appliquez une crème qui fera rempart entre la peau et la couche. Et veillez à ce que celle-ci ne soit pas trop serrée.

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Bain ou vêtements : des précautions supplémentaires

La « grande » toilette des fesses de votre bébé se fait une fois par jour, dans le bain, avec un savon surgras par exemple. Là encore, séchez soigneusement tous les plis.

D’autres précautions sont bonnes à prendre pour réduire les risques d’érythème fessier. Ne lui mettez jamais de vêtement ou de sous-vêtement trop serrés (frottements), ni de culotte en plastique par-dessus la couche (macération). Et bannissez les produits irritants tels que lingettes alcoolisées ou parfumées, savons trop agressifs…

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Assécher et protéger

Assécher et protéger

  • Pour soigner un érythème fessier important au niveau des plis, appliquez de l’éosine sur les lésions seulement (et non sur tout le fessier).
  • Vous pouvez également utiliser des pommades à base de cuivre et de zinc. Tout en protégeant la peau des urines et des selles, ces produits freinent la prolifération microbienne et fongique, source de complications.

 

Mesurez votre tension !

Bien souvent, l’hypertension artérielle ne se traduit par aucun symptôme, d’où son surnom de « tueur silencieux ». Seule façon de la dépister : faire mesurer sa tension par son pharmacien ou son médecin, ou la mesurer soi-même.

 

C’est une des principales causes de maladies et d’accidents cardiovasculaires, souvent très graves : attaque cérébrale, angine de poitrine, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale chronique… Mais comme une tension artérielle trop élevée ne se manifeste par aucun signe pendant longtemps, on peut être hypertendu et ne le découvrir qu’avec une complication.

 

Pression artérielle : chiffres et normes

La mesure de la tension à l’aide d’un tensiomètre reflète la pression du sang dans les vaisseaux. Le premier chiffre, le plus élevé, correspond à la contraction du cœur qui éjecte le sang dans les artères ; c’est la pression systolique. Le deuxième chiffre reflète la pression la plus faible entre deux battements, quand le cœur se relâche et se remplit à nouveau ; c’est la pression diastolique. Une tension « normale » est de 11/7 ou 12/8.

On est hypertendu quand les chiffres sont égaux ou supérieurs à 140 mmHg (millimètres de mercure) pour la pression systolique et à 90 mmHg pour la pression diastolique. Plus couramment, on dit 14/9 (centimètres de mercure).

 

Quels sont les facteurs de risque en cas d’hypertension ?

De nombreux facteurs interviennent, notamment le vieillissement, l’hérédité, le surpoids, une consommation excessive de sel et d’aliments ou de boissons contenant du sodium (fromages, charcuteries, plats préparés, sodas…) et l’abus d’alcool, dont les effets se cumulent souvent. Le sang exerce une pression plus forte sur les parois des artères, qui se rigidifient et se fragilisent. L’hypertension augmente aussi la formation de plaques d’athérome (dépôts de graisses et de résidus calcaires et fibreux) sur les parois. À la longue, les artères se bouchent ou se rompent. Par ailleurs, une pression artérielle élevée augmente l’activité du cœur qui peine pour maintenir un débit sanguin constant. D’où une augmentation du volume du ventricule gauche et une diminution progressive de son activité contractile, cause d’insuffisance cardiaque.

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Mesurer sa tension : À tout âge

Tout le monde a intérêt à faire mesurer sa tension au moins une fois par an, surtout après 50 ans. Mais même les enfants et les adolescents peuvent être hypertendus… et le rester à l’âge adulte s’ils ne sont pas pris en charge.

N’attendez pas pour contrôler votre tension, en particulier si vous avez un parent hypertendu, si vous êtes en surpoids ou diabétique, si vous avez une maladie rénale ou si vous mangez trop salé.

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Faire mesurer sa tension en pharmacie

Faire mesurer sa tension en pharmacie

N’hésitez pas à demander à votre pharmacien de prendre votre tension. Si elle est trop élevée, consultez. Pour être certain qu’il ne s’agit pas d’une élévation temporaire, le médecin procède à plusieurs mesures sur une période de 3 à 6 mois. Pour contrer l’effet « blouse blanche », il peut aussi vous demander de mesurer votre pression à domicile. Choisissez, en pharmacie, un appareil homologué* à positionner sur le bras. La marche à suivre :

  • S’asseoir au calme et se reposer 5 minutes.
  • Respecter la « règle des 3 » :  3 mesures le matin à jeun, en les espaçant de 2 minutes ; 3 mesures le soir entre le dîner et le coucher dans les mêmes conditions ; pendant 3 jours de suite.
  • Noter les chiffres si l’appareil n’a pas de mémoire électronique.

C’est la moyenne de ces mesures qui permet de dire si l’on est ou non hypertendu.

Les chiffres tensionnels obtenus chez soi, au calme et au repos, sont plus bas que ceux obtenus chez le médecin ou le pharmacien. Aussi les limites de l’hypertension sont-elles fixées à 135/85 en automesure et à 140/90 chez un médecin.

* Liste sur www.ansm.sante.fr

 

« J’ai subi une intervention chirurgicale sous hypnose… »

Atteinte d’un cancer et devant subir une ablation des seins, Marie-Claude, 69  ans, a bénéficié de l’hypnosédation, une technique qui réduit l’angoisse et favorise la récupération.

 

Ancienne kinésithérapeute, je me suis toujours intéressée aux méthodes qui conduisent à une modification de la conscience. Pratiquant moi-même la méditation et la relaxation profonde, je n’ai pas longtemps hésité lorsque mon chirurgien m’a parlé d’intervention sous hypnosédation. Pratiquée à l’Institut Curie en cancérologie, l’hypnose chirurgicale m’a été présentée comme un moyen de mieux appréhender physiquement et moralement la mastectomie, c’est-à-dire l’ablation de mes seins. J’avais déjà subi deux opérations. Je connaissais l’épreuve et les difficultés de récupération. La possibilité d’en être épargnée s’offrait donc à moi avec l’hypnosédation.

Avant le jour J, j’ai rencontré l’anesthésiste hypnothérapeute de l’Institut Curie, le Dr Aurore Marcou. Elle m’a expliqué en détail comment elle procède pendant l’acte chirurgical. Nous avons parlé des paysages qui m’apaisent, des images qui me permettent de m’évader… Nous avons convenu d’une « promenade en montagne » pendant l’opération.

Cet entretien m’a permis d’arriver très sereine au bloc. Pendant que l’équipe chirurgicale se préparait derrière un drap, hors de mon champ de vision, j’étais sur la table d’opération et le Dr Marcou se tenait à mes côtés. Elle m’a fait l’anesthésie locale avant de m’embarquer dans ma balade virtuelle. Si mon corps ressentait ce que faisait le chirurgien, mon esprit, lui, avait tellement pris de distance qu’il gérait la douleur sans angoisse. Car l’hypnosédation n’empêche pas d’avoir mal, mais cela permet à l’esprit de prendre le dessus.

L’opération terminée, lorsque j’ai été ramenée à ma pleine conscience, je n’étais pas groggy. J’ai même pu passer toute seule de la table d’opération au lit qui m’a emmenée en salle de réveil. Le reste de la journée s’est déroulé normalement, sans fatigue ni douleur.

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Réponses d'expert : L’hypnose réduit les risques d’une anesthésie

Réponses d'expert : L’hypnose réduit les risques d’une anesthésie

Aurore Marcou

Dr AURORE MARCOU
Médecin anesthésiste et hypnothérapeute à l’Institut Curie

Une anesthésie générale nécessite l’injection de médicaments qui plongent le patient dans un état d’inconscience et d’insensibilité à la douleur. Mais ces produits ont des effets secondaires pendant l’intervention : ils ralentissent la respiration spontanée, la tension artérielle et la déglutition, ce qui présente des risques. Le but de l’hypnosédation est d’éliminer ces dangers et de favoriser au réveil une récupération plus rapide. Elle consiste en effet à combiner anesthésie locale et hypnose. La première désensibilise la zone tandis que la seconde maintient le patient en éveil, dans un lâcher-prise. En l’aidant par la parole à focaliser son esprit sur un bien-être intérieur, on conditionne sa conscience à mettre la douleur en sourdine. Accompagné ainsi pendant l’opération, le patient parvient à diminuer les sensations induites par l’acte chirurgical. Très bénéfique sur le plan physique et moral, cette technique se limite cependant à des interventions d’une heure et demie au maximum et sur des organes non vitaux, situés près de la peau, où une anesthésie locale suffit.

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Mal de dos, comment reprendre la main

Mal de dos, mal très partagé, mal qui vous oblige à décélérer et vous pencher (avec précaution !) sur votre mode de vie. Trop de… ? Pas assez ? C’est sûr, cette douleur qui vous épuise ne vous y reprendra plus !

 

La colonne vertébrale, à la croisée de tous les chemins articulaires, soutient le squelette entier (le propre de l’Homme). Elle peut faire souffrir en n’importe quel endroit du dos, des vertèbres cervicales aux vertèbres sacrées, de la nuque aux fesses, mais c’est le bas du dos qui remporte la palme des douleurs, en termes de fréquence.

 

À cet étage stratégique, où s’exercent toutes les pressions, debout ou assis, plusieurs raisons de dysfonctionnement, mécanique, puisque cohabitent un certain nombre de « pièces d’usure » : des vertèbres bien sûr, les lombaires, susceptibles d’abriter des becs-de-perroquet, un signe d’arthrose, qui titillent les nerfs en regard. On y trouve aussi des disques, qui peuvent faire hernie et pincer le nerf là encore. Les ligaments peuvent être trop étirés lors d’un effort inhabituel. Enfin, les muscles qui, en principe, corsètent la colonne et empêchent les dérapages, sont souvent trop faibles. Il est parfois difficile de déterminer la cause précise de la douleur parce que toutes ces structures sont plus ou moins « souffrantes ». À la clé, une lombalgie dite « mécanique », ou un lumbago (deux mots pour un seul mal), qui se manifeste par des douleurs au mouvement.

Pour éviter que le lumbago, une fois résolu, ne récidive ou devienne chronique, on n’interrompt pas ses activités (ou peu) et l’on apprivoise son dos. Les radiographies sont inutiles si la lombalgie se résout en moins de quatre à six semaines. Gare, la douleur peut révéler un problème qui n’est pas seulement mécanique (une infection, une inflammation, etc.) et mérite donc un traitement spécifique.

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Pour soigner ce mal de dos, je peux compter sur… 

Les antidouleurs

Inutile de jouer au héros, une lombalgie fait mal et limite les mouvements. Or, si l’on a mal, on bouge le moins possible, ce qui à terme fait fondre les muscles… Les antalgiques doivent être donc pris à bonnes doses et à heures fixes, sans attendre que la douleur soit installée, du paracétamol pour commencer, efficace et bien supporté. Si cela ne suffit pas, pour une courte période et sur avis médical, des anti-inflammatoires à prendre par la bouche (avec, si cela est nécessaire, un protecteur de l’estomac). Localement, on mise sur le chaud (pommades, patchs ou bouillotte).

Le corset

Non, les muscles ne fondent pas sous un corset, en tout cas beaucoup moins que pour un patient douloureux sans corset campé dans son lit…

À doses filées, le corset permet de limiter les mouvements extrêmes (à risque de déclenchement de la douleur), en immobilisant le segment vertébral douloureux (surtout en extension et en flexion sur le côté) et supplée les muscles insuffisants. Assortie d’exercices réguliers, une ceinture de soutien, garde-fou de posture inadéquate ou d’amplitude de mouvements inappropriée, facilite la reprise des activités, ou leur poursuite.

Le kinésithérapeute

Au tout début de la lombalgie, il complète les antidouleurs en massant, chauffant, décontracturant les muscles, à l’aide d’étirements doux. Une fois la période très aiguë passée, place aux exercices de renforcement musculaire et à l’enseignement des bonnes postures.

 Le chiropracteur

Après avoir repéré d’où vient le déséquilibre, excès de contractures ou déficit de tonus musculaire, le chiropracteur travaille sur le corps des muscles ou sur les attaches tendineuses, débusque des dérangements articulaires mineurs, des subluxations, et réajuste ; il s’attache aussi aux réflexes de centrage du bassin.

 À lire aussi : Pourquoi consulter un chiropracteur ?

L’ostéopathe

Il réajuste l’articulation (sans forcément faire craquer !, en étirant parfois), après avoir résolu des désordres structurels parfois très à distance du siège de la douleur. Le soulagement doit être rapide. Le kinésithérapeute intervient ensuite pour verrouiller cette nouvelle configuration. Mais attention, si le problème de base n’a pas été réglé (défaut d’activité, surpoids, etc.), le dérangement vertébral se reproduira au premier geste mal contrôlé.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Pour protéger son dos, en toutes circonstances :

  • Dormir

Dans un lit haut à la literie ferme. Pour y entrer, s’asseoir au bord du lit avant de s’allonger sur le côté, puis de remonter les jambes. Et inversement le matin, pour en sortir.

  • S’habiller

Pour enfiler un pantalon, prendre appui sur un meuble avec un avant-bras ou s’adosser à un mur. Protéger le bas de son dos des courants d’air (sport ou jardinage).

  • Travailler

Pour monter une charge, fléchir les genoux, ramener la charge sous la ceinture près de son ventre entre les genoux et se redresser en gardant l’objet contre soi et ses abdominaux légèrement contractés. En se relevant, basculer le bassin vers l’avant pour remettre sa colonne plus sûrement dans l’axe. C’est cette bascule, idéalement automatique, qui « verrouille » le dos en bonne position (même si l’on ne peut pas fléchir ses genoux perclus d’arthrose).

  • Bouger

Debout, un pied sur un repose-pied permet de réduire la pression sur le dos et les jambes. Idem si l’on est posté près d’un évier. Fléchir la jambe de devant et tendre la seconde pour passer l’aspirateur. Aucun sport n’est a priori déconseillé, s’il est pratiqué avec modération et plaisir (aussi et surtout !) : natation, vélo, marche, etc.

 

Réponses d'expert : Pourquoi tant de maux de dos, si mal soulagés ?

Réponses d'expert : Pourquoi tant de maux de dos, si mal soulagés ?

PHILIPPE GOUPILLEPr PHILIPPE GOUPILLE,
chef du service de rhumatologie au CHU de Tours

Sans doute en raison de notre mode de vie, aujourd’hui sédentaire. Ce sont toujours les mêmes disques qui sont sollicités, des « pièces d’usure », du bas du dos. Les muscles qui tuteurent la colonne sont flasques et les structures qui la composent ne sont plus « contenues », à la merci d’un mouvement incontrôlé. Le seul traitement véritablement efficace, préventif, est le réentraînement à l’effort, avec du renforcement musculaire plus que de simples massages. Une autre raison d’inefficacité apparente des traitements est que l’on attribue certains maux de dos au lumbago, une lombalgie d’origine mécanique, alors qu’il peut s’agir du début d’une maladie inflammatoire. Ainsi, la spondylarthrite qui provoque des lombalgies certes, mais dont le traitement est radicalement différent, à base d’anti-inflammatoires. Entre les premiers signes et la confirmation du diagnostic, assortie d’un traitement approprié, il peut s’écouler six ou sept ans…

 À lire aussi : La spondylarthrite, un mal de plus en plus fréquent

 

À lire

À lire

PRÉVENIR ET SOIGNER LE MAL DE DOS
avec la British Medical Association, en renouant avec les postures qui conviennent et une bonne hygiène de vie. Éd. Larousse, 12,90 €.

Diabète : une maladie chronique qui se soigne !

Qu’il soit de type 1 ou de type 2, le diabète est à prendre au sérieux. Mais les moyens de le surveiller et de le traiter ont beaucoup progressé et permettent de vivre normalement.

 

Le diabète se caractérise par un excès de sucre dans le sang dû à un trouble de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation. Ces glucides fournissent l’essentiel de l’énergie dont le corps a besoin pour fonctionner. Après un passage dans les intestins, les sucres rejoignent la circulation et la glycémie (taux de sucre dans le sang) augmente. Les cellules bêta du pancréas sécrètent alors de l’insuline, hormone qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme, les muscles, le tissu adipeux et le foie. La glycémie revient ensuite à la normale. Dans le diabète, ce système ne fonctionne plus et l’hyperglycémie devient chronique.

Le diabète de type 1 et le diabète de type 2

  • Le diabète de type 1, ou insulinodépendant (DID), se déclare brutalement, dans l’enfance ou à l’adolescence, chez des personnes génétiquement prédisposées. Le risque est de 6 % quand on a un père diabétique, de 2-3 % quand c’est la mère, et de 30 % si les deux le sont. Mais d’autres facteurs, liés à l’environnement au sens large, doivent intervenir pour déclencher la maladie.
  • Le diabète de type 2 (90 % des cas) survient en général après l’âge de 40-50 ans. Le pancréas ne fabrique plus assez d’insuline, et l’organisme répond moins à l’insuline produite. Cette insulino-résistance est favorisée par le surpoids ou l’obésité. L’hérédité joue ici aussi : le risque augmente d’environ 30 % si un parent est diabétique de type 2 et de 70 % si les deux le sont. Mais la hausse du nombre de cas tient surtout à l’excès de poids, comme le prouve la concordance des courbes de progression du diabète et de l’obésité.
 À lire aussi : Diabète de type 2 : l’épidémie silencieuse

 

Le diabète gestationnel

Le diabète gestationnel résulte d’une insulino-résistance (physiologique pendant la grossesse) en général diagnostiquée vers la fin du 6e mois et qui disparaît à l’accouchement. Il comporte des risques pour la mère comme pour l’enfant et doit donc être traité.

  

Principaux symptômes du diabète

Les premiers signes de la maladie n’attirent pas toujours l’attention. Or, plus le diabète est dépisté tôt, mieux il sera traité.

 

Sans traitement adapté et une bonne hygiène de vie, l’hyperglycémie chronique retentit sournoisement sur les vaisseaux sanguins et les nerfs. Elle finit par provoquer des complications au niveau des yeux (diminution de l’acuité visuelle, voire cécité), des reins (insuffisance rénale), des artères du cœur, de celles qui vont au cerveau ou qui irriguent les jambes (infarctus, AVC, amputations) et une atteinte de la sensibilité, en particulier aux pieds (d’où des infections et des ulcérations dues à des bobos passés inaperçus), des troubles digestifs et sexuels. Une glycémie déséquilibrée rend aussi plus vulnérable aux infections bucco-dentaires (caries, gingivite, perte de dents…).

Faire doser son taux de glycémie régulièrement

Pour ne pas risquer d’en arriver là, faites doser votre glycémie tous les deux ou trois ans, en même temps que le cholestérol par exemple, et tous les ans en cas de forte hérédité, de surpoids et de facteurs de risque cardiovasculaire. Si vous êtes une femme, faites-le également une fois par an en cas d’antécédent de diabète gestationnel (pendant la grossesse) ou si vous avez donné naissance à un enfant de plus de 4 kg.

  • Une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/l signe un diabète, mais le médecin demande toujours une autre prise de sang pour confirmation.
  • Entre 1 g/l et 1,26 g/l, c’est un prédiabète. Il est encore temps d’adapter votre alimentation et votre hygiène de vie pour empêcher l’évolution vers le diabète.

Les symptômes qui doivent alerter

Le diabète de type 1 est en général diagnostiqué tôt car il s’installe de manière rapide, voire brutale. En revanche, sans dépistage, le diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu et évoluer en silence. Certains symptômes peuvent cependant alerter.

  • Diabète de type 1 : le besoin de boire souvent et beaucoup d’eau ou d’autres boissons rafraîchissantes, jusqu’à 3 ou 4 litres par jour ; des envies fréquentes d’uriner le jour comme la nuit car le sucre entraîne l’eau. Plus la glycémie est importante, plus le volume des urines augmente ; un amaigrissement dû à la fonte du tissu graisseux et de la masse musculaire, le glucose n’étant plus mis en réserve par manque d’insuline ; une augmentation de l’appétit qui n’arrive pas à compenser la perte de poids ; une grande fatigue au moindre effort ; une perte de connaissance brutale : dans ce cas direction les urgences.
  • Diabète de type 2 : comme la glycémie augmente progressivement, les signes sont longtemps moins nets et même absents dans 50 % des cas. Quelques symptômes discrets, que l’on peut aussi bien attribuer à la prostate ou à la ménopause par exemple, doivent inciter à consulter : infections vaginales, urinaires (cystites) ou cutanées (furoncle, abcès, impétigo) à répétition, retard de cicatrisation, vision floue, problèmes sexuels.
L’Association française des diabétiques (AFD) : une fédération pour accompagner les diabétiques

L’Association française des diabétiques (AFD) : une fédération pour accompagner les diabétiques

Forte de 130 000 membres, cette fédération est dotée d’un réseau de 106 associations locales réparties sur le territoire national qui organisent des réunions et des actions de formation et de prévention. L’AFD accompagne, aide les diabétiques et les défend activement auprès des pouvoirs publics. On trouve dans sa newsletter mensuelle ou dans Équilibre, son magazine bimestriel, des actualités sur le diabète, des infos sur les nouveautés des traitements, des conseils pratiques, etc.

* AFD. 88, rue de la Roquette, 75544 Paris Cedex 11. Tél. 01 40 09 24 25. www.afd.asso.fr

 

Les traitements du diabète

Le diabète n’empêche pas de vivre longtemps… À condition de bien suivre son traitement et d’avoir une bonne hygiène de vie.

 

Dans les deux formes de diabète, il est indispensable d’avoir une alimentation équilibrée en sucres, pauvre en « mauvaises » graisses (beurre, crème, fromages, viandes grasses, charcuteries, plats cuisinés, pâtisseries, huile de palme…) et riche en fibres. Et aussi une activité physique ou sportive quotidienne : marche, vélo, sport en salle, natation… Le soutien de l’entourage est donc essentiel.

Pour les diabétiques de type 1, le sport nécessite toutefois des précautions : diminuer la dose d’insuline avant l’effort pour éviter les hypoglycémies et avoir du sucre sur soi au cas où.

 À lire aussi : Vivre normalement avec le diabète

 

Médicament ou insuline ?

Le traitement diffère selon le type de diabète.

  • Diabète de type 1. Le corps ne fabriquant plus du tout d’insuline, la solution, et la seule encore en 2015, consiste à lui en fournir par injections sous-cutanées plusieurs fois par jour à l’aide de seringues ou, plus pratiques et discrets, de stylos injectables ou rechargeables, ou encore d’une pompe à insuline.

Pour adapter les doses nécessaires, il faut cependant mesurer le taux de sucre dans le sang (à partir d’une gouttelette prélevée au bout du doigt) avec un lecteur de glycémie. Pour s’adapter au profil de chacun, ce dispositif existe en différents modèles. Petits, esthétiques, faciles à manier, rapides et fiables, ils ont en outre toutes sortes de fonctionnalités qui facilitent la vie au quotidien.

Depuis peu, un système révolutionnaire permet de surveiller sa glycémie sans avoir à se piquer quatre à six fois par jour. Un petit capteur que l’on pose à l’arrière du haut du bras mesure en permanence le taux de sucre dans le liquide interstitiel (entre cellules et vaisseaux sanguins) grâce à un minuscule filament qui s’insère sous la peau sans douleur. Pour connaître sa glycémie, il suffit de passer un petit lecteur au-dessus du capteur, même à travers les vêtements. Mais il n’est actuellement disponible que par internet.

  • Diabète de type 2. Lorsqu’il a été diagnostiqué tôt, un changement de mode de vie peut suffire à faire redescendre la glycémie. Sinon, la prise d’un médicament est inévitable. Il existe plusieurs familles d’antidiabétiques aux mécanismes d’action différents parmi lesquels le médecin choisit le plus adapté, en fonction de l’importance du diabète, des autres facteurs de risque cardiovasculaire et de l’âge. Par voie orale, ils favorisent l’action de l’insuline ou bien sa production. D’autres, par voie injectable, font baisser le taux de sucre dans le sang sans être de l’insuline. Quand ces médicaments ne suffisent plus, le passage à l’insuline s’impose.

 

Réponses d'expert

Réponses d'expert

Dr MICHÈLE FLORIOTDr MICHÈLE FLORIOT,
diabétologue au CHU de Nancy

Quand le diabète est de type 1, le diabétologue commence par faire une enquête alimentaire succincte (habitudes, comportements, rôle de l’entourage…) de façon à repérer et corriger les grosses erreurs diététiques répétées, sans pinailler sur les petits écarts ponctuels (bûche de Noël, gâteau d’anniversaire). Dans le diabète de type 2, il insiste sur la nécessité de lutter contre le surpoids et de bouger. Le contrôle de la maladie passe par le médicament, mais aussi par une alimentation équilibrée et l’activité physique. Mais les patients ont du mal à suivre ces conseils, pourtant essentiels. Promener son chien deux fois par jour, c’est une activité modérée mais très régulière, donc efficace…

 

Y a-t-il des « mauvais » sucres lorsque l’on est diabétique ?

Quelques notions et l’aide des édulcorants permettent de manger normalement… et avec plaisir.

On a longtemps conseillé aux diabétiques de limiter au maximum les aliments sucrés. Le discours a changé, même s’il faut faire attention. Mais quels sucres, quels aliments choisir ? Saccharose, fructose, sucres lents ou rapides, index glycémique haut ou bas… pas facile de s’y retrouver au quotidien.

Index glycémique : variable

Concrètement, les aliments contenant une même quantité de sucre ne font pas forcément monter la glycémie de la même façon. Par exemple, le sucre des bonbons est absorbé très vite et entraîne une élévation importante et rapide de la glycémie, d’où un risque néfaste chez le diabétique : l’hyperglycémie. On dit que leur index glycémique (IG) est élevé. Celui des féculents (pâtes, haricots secs, lentilles…) et du pain complet, bien que contenant aussi des sucres, est plus bas : ils sont digérés plus lentement ; la glycémie grimpe globalement moins, et plus progressivement − ce qui est bien en cas de diabète. Mais cette notion est difficile à mettre en pratique car l’IG d’un aliment varie en fonction de plusieurs facteurs : s’il est consommé seul ou au cours d’un repas, cuit ou cru, à l’état solide ou liquide, associé ou non à des protéines ou des fibres… Exemples : un morceau de pain blanc, dont l’IG est élevé (contrairement au pain complet), a un IG plus bas s’il est accompagné de jambon, de fromage ou de tomates. Des pâtes cuites al dente ont un IG plus bas que très cuites et des pommes de terre en purée un IG plus haut qu’en robe des champs…

À lire aussi : 5 aliments pour faire oublier le sucre à nos enfants

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Pour savoir si vous êtes diabétique, vous pouvez faire un test de glycémie (vendu en pharmacie) sur une goutte de sang prélevée au bout du doigt.
  • Si vous êtes diabétique et sous traitement, demandez à votre pharmacien de vous apprendre à bien utiliser votre lecteur de glycémie ou votre stylo injecteur d’insuline.

 

Sucres et édulcorants

En fait, il n’y pas de « mauvais » sucres et rien n’est interdit. Il faut simplement suivre ces repères : faire trois repas par jour, ne pas faire d’excès, limiter les produits industriels (à cause des sucres ajoutés), privilégier légumes et féculents et supprimer les boissons sucrées, y compris les jus de fruits, très caloriques et riches en sucres. Ceux-ci ne remplacent aucunement les fruits qui, eux, contiennent fibres et vitamines : deux par jour en fin de repas. Attention aussi aux compotes semi-liquides, qui font davantage augmenter la glycémie que les fruits et que l’on a tendance à manger en plus grandes quantités que l’équivalent d’un fruit.

L’aide des édulcorants de type aspartame, stevia et sucralose, en pastilles, poudre et sticks, est appréciable car ils n’ont aucun impact sur la glycémie, ne contiennent aucune calorie (pour les diabétiques en surpoids) et permettent en même temps de s’offrir des plaisirs sucrés…

Note : Cette page se nourrit de la réflexion menée au cours du Nutri-Débat, organisé en partenariat avec Bien-être & Santé, qui s’est tenu en janvier 2015.

 

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Michel Cymes et Marina Carrère d’Encausse : « Aujourd’hui, les patients sont acteurs de leur maladie ! »

Le duo cathodique le plus célèbre du paysage audiovisuel français ne sévit pas uniquement sur les ondes. À l’heure où chacun d’eux vient de publier un ouvrage, Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes se livrent en toute simplicité.

 

Le Magazine de la Santé a débuté en 1998. Pensiez-vous, lors de sa création, que vous alliez tenir aussi longtemps et que vous connaîtriez un tel succès ?

Marina Carrère d’Encausse. Au début, le producteur avait des doutes sur le fait que nous puissions tenir tous les jours, notamment au niveau du renouvellement des sujets concernant la santé.
Michel Cymes. En télévision, quand on commence un programme, on est d’abord très content que l’on nous mette à l’antenne !, et on espère ensuite que cela marche parce que la concurrence est féroce.

Parle-t-on encore de la santé de la même manière en 2015 ?

Marina. Ce qui a changé, c’est le fait que les patients sont impliqués dans leur maladie et dans leur prise en charge. C’est la démocratie sanitaire et l’arrivée des associations de patients.

Justement, n’est-ce pas parfois gênant que les patients soient mieux informés ?

Michel. En tant que praticien, j’adore quand les patients savent suffisamment de choses pour comprendre ce que je leur explique. En revanche, je déteste quand un patient vient avec un diagnostic et non avec des symptômes.
Marina. Aujourd’hui, les patients veulent participer avec le médecin aux décisions thérapeutiques et ils sont acteurs de leur maladie.

Votre prochaine émission Enquête de Santé a pour thème le mal de dos. Quelle est, selon vous, la meilleure prévention à adopter ?

Michel. Pour le mal de dos, comme dans beaucoup d’autres maladies, on a du mal à comprendre qu’il faut préparer tôt sa vieillesse. Le mal de dos est, pour une large partie, lié au vieillissement physiologique mais aussi à la sédentarité et au surpoids. Il faut donc être actif et éviter toute surcharge pondérale.
Marina. Le problème, c’est que, à 15 ans, les jeunes se soucient peu d’avoir mal au dos plus tard, à 50 ans ! Donc, c’est compliqué de les motiver.

Le pharmacien a son rôle à jouer ?

Marina. Les vrais pharmaciens de quartier, qui sont des pharmaciens de conseil, ont un véritable rôle à jouer. Moi, je suis fidèle à mon pharmacien ; il me connaît bien et c’est rassurant pour moi.

Quelles sont les avancées majeures de la médecine, ces dernières années ?

Michel. C’est la fibre optique car cela permet de faire des examens et d’aller à l’intérieur du corps sans endormir les gens. Dans ma spécialité, l’ORL, la fibre optique a révolutionné la médecine.
Marina. C’est l’imagerie en général. L’échographie, le scanner… On peut désormais voir ce qui se passe dans le cerveau.

Les Français sont méfiants vis-à-vis de l’efficacité des médicaments ; que diriez-vous pour les rassurer ?

Michel. Cette suspicion généralisée, c’est très français. Je ne pense pas que les gens se méfient des médicaments mais plutôt des laboratoires. Heureusement, devant ces dérives, il y a un garant qui est le médecin ou le pharmacien.

Quelles qualités appréciez-vous chez votre partenaire d’antenne ?

Marina. Sa fidélité, surtout ! Mais son humour également, sa célèbre carapace.
Michel. Marina est patiente… et endurante car elle me supporte depuis des années ! En plus, elle a une capacité de travail inimaginable, ce que j’admire.

Chacun de vous a trois enfants. Quelle mère et quel père êtes-vous ?

Marina. Moi, je suis une maman étouffante. Je leur ai expliqué pendant toute leur enfance qu’ils étaient les plus beaux et les plus intelligents. Je ne leur ai pas imposé quoi que ce soit, ils ont fait ce qu’ils ont voulu faire.
Michel. Moi, c’est exactement l’inverse de Marina. Je suis très strict et très angoissé dans mon rôle de père.

Vous venez tous deux d’écrire sur un sujet qui vous touche particulièrement. Que pensez-vous du livre de l’autre ?

Marina. C’est le premier livre personnel de Michel ; il s’y est vraiment impliqué. Le résultat est très intéressant pour ceux qui vont découvrir cette époque ignoble de la médecine – pendant laquelle les êtres humains servaient de cobayes. Et, en plus, c’est très émouvant.
Michel. J’ai lu le roman de Marina d’une seule traite. Elle a un talent évident. C’est un roman accessible à tous malgré une thématique difficile : une femme brûlée au Kurdistan irakien.

« Mon humour est la carapace qui me protège du monde extérieur », a déclaré Michel. Et vous, Marina, de quoi vous protégez-vous ?

Marina. De l’anxiété. Je vis avec cette mésestime que j’ai de moi. Je ne la montre pas et, heureusement, elle disparaît dans l’empathie et l’écoute des autres.

Vous parlez de prévention au quotidien. Êtes-vous angoissés par votre propre santé ?

Michel. J’ai une mémoire de poisson rouge et je trouve des subterfuges pour compenser ce handicap.
Marina. Moi, je suis cancérophobe. Mais j’ai une hygiène de vie très saine, donc cela me protège de certaines choses.

Entre vos émissions et la promotion de vos livres, vos journées sont bien remplies. À quoi occupez-vous vos loisirs ? Pratiquez-vous un sport?

Marina. Je lis beaucoup, je vois des amis, je vais au cinéma. J’adore voyager dès que mon emploi du temps le permet. Comme activité physique, je m’adonne à la barre au sol et au Pilates.
Michel. Je fais beaucoup d’activité physique et de sport pour oxygéner mon cerveau. Je pratique le cyclisme sur route. Et je suis passionné par la musique, le saxophone notamment ; ça me détend.

Quels sont vos projets actuels ?

Marina. Je suis déjà sur mon deuxième roman.
Michel. Je continue mes projets de télé avec Adriana Karembeu sur le corps humain. Il y a aussi un scénario en cours d’écriture pour une série télé dans laquelle je jouerais le rôle d’un médecin.

Au vu de votre notoriété, quelle est l’attitude des gens qui vous abordent dans la rue ?

Marina. Les gens viennent beaucoup me parler et me demander conseil. Mais je n’ai jamais eu, jusqu’à présent, une seule remarque agressive. Ils sont toujours bienveillants.
Michel. Ma notoriété est telle qu’on m’interpelle souvent dans la rue pour avoir un diagnostic !

À voir / À lire

À voir / À lire

  • À voir
    Le magazine de la santé
    Tous les jours de la semaine à 13 h 40 sur France 5.

    Enquête de santé
    Un mardi par mois à 20 h 35 sur France 5.
  • À lire
    HIPPOCRATE AUX ENFERS
    Dans ce livre, Michel Cymes revient sur les expérimentations exercées par les médecins nazis dans les camps de la mort lors de la Seconde Guerre mondiale.
    Éd. Stock, 18,50 €

    UNE FEMME BLESSÉE
    Dans ce roman, Marina Carrère d’Encausse nous conte l’histoire bouleversante de Fatimah, une Irakienne victime d’un crime d’honneur maquillé en accident domestique.
    Éd. Anne Carrière, 18 €

La migraine

Environ sept millions de Français souffrent de migraine mais beaucoup l’ignorent ou sont résignés… et consomment depuis des années des antalgiques, pour des maux de tête répétitifs.

 

Il est essentiel de bien faire la différence entre un mal de tête et une migraine qui nécessite un traitement spécifique.

 

Des symptômes caractéristiques : du mal de tête à la migraine

Les « vraies » crises de migraines se manifestent par une céphalée pénible qui dure entre 4 et 72 heures sans traitement.

  • une douleur intense
    La douleur est souvent très intense, obligeant à arrêter son activité et s’aggrave à l’effort. Elle est généralement unilatérale et pulsatile c’est-à-dire qu’elle suit les battements du cœur.
  • des signes associés
    La douleur est fréquemment accompagnée de nausées et de vomissements et d’une sensibilité particulière au bruit (phonophobie) et à la lumière (photophobie).
  • une aura
    Chez un quart des migraineux, la crise est précédée de signes annonciateurs transitoires très particuliers que l’on appelle « aura », comme des troubles visuels (points lumineux ou présence de trous dans le champ de vision), des fourmillements ou un engourdissement…
 À lire aussi : Diagnostiquer une migraine

 

Les signes d’alerte

  • Maux de tête ne cédant pas aux antalgiques ou aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
  • Survenue d’un mal de tête intense et brutal
  • Mal de tête s’accompagnant d’une raideur de la nuque, de troubles de la marche ou de l’élocution…
  • Apparition d’un mal de tête permanent sur lequel se greffent des crises
  • Sujet âgé et femme enceinte (crainte d’une poussée hypertensive…)
  • Douleurs oculaires intenses

 

Traitement

Le traitement de la migraine peut permettre de diminuer la fréquence, l’intensité et la durée des crises, sans toutefois les faire complètement disparaître.

  • traitement de la crise
    Plus le traitement est pris tôt, plus il est efficace. La connaissance des facteurs déclenchants (stress, alcool, bruits, parfums..) permet de débuter un traitement de manière précoce, idéalement dans l’heure qui suit le début de la crise.
    On peut prendre du paracétamol ou des AINS (ibuprofène, ketoprofène…). Lorsque les crises sont intenses ou qu’elles ne sont pas soulagées par les antalgiques, le médecin peut prescrire un médicament de la famille des triptans. Il s’agit de puissants vasoconstricteurs qui agissent principalement sur les vaisseaux crâniens.
  • traitement de fond préventif
    Si les crises sont très fréquentes (au moins deux par mois), mal soulagées par un traitement de crise ou encore si les médicaments sont pris plus de 6-8 jours par mois, un traitement de fond peut alors être prescrit (bêta-bloquant, antidépresseur…)

 

Mesures hygiéno-diététiques pour éviter les migraines

Mesures hygiéno-diététiques pour éviter les migraines

  • Allongez-vous dans une pièce calme et sombre
  • Essayez de dormir
  • Appliquez une compresse froide sur la nuque
  • Evitez les facteurs déclenchants des crises (stress, troubles du sommeil, bruit, odeurs, certains aliments…)
  • Ayez toujours à portée de mains, le ou les médicaments de la crise.
  • Evitez l’automédication abusive d’antalgiques.

 

Céphalée par abus médicamenteux

Céphalée par abus médicamenteux

Certaines personnes souffrent de céphalées chroniques quotidiennes. Elles se déclenchent le plus souvent chez les migraineux qui souffrent de crises des fréquentes et consomment des antalgiques plusieurs jours par semaine. Un sevrage, sous contrôle médical, est nécessaire pour mettre un terme à ce cercle vicieux.

 

Autobronzants : bronzer sans risque

Passer du teint blanc hivernal à un joli teint estival, c’est possible et surtout, c’est facile !

 

Comment concilier désir de bronzage et préservation de notre capital soleil ? En recourant aux autobronzants, bien sûr ! C’est en effet pour tenir compte des mises en garde du corps médical contre les dangers des expositions solaires que les laboratoires dermocosmétiques ont créé, il y plusieurs décennies, ces produits capables de nous donner un joli hâle sans nous exposer aux risques des rayons ultraviolets. Avec les premières textures, on obtenait un effet plus proche de la carotte rayée que du beau cuivre dont on rêvait, mais heureusement, de formidables progrès ont été réalisés depuis. Il ne vous reste plus qu’à sélectionner la formule qui vous va le mieux.

Des sprays pour les pressées du bronzage

Vous voulez pouvoir enfiler vos vêtements dès l’application finie sans pour autant sacrifier l’homogénéité du hâle convoité ? Optez pour un autobronzant en spray. En effet, effectuée dans n’importe quel sens, chaque pression sur l’aérosol libère une multitude de microgouttelettes qui se déposent sur la peau et, comme de l’eau, sèchent plus rapidement qu’avec tout autre type de texture.

Leur plus : Très confortables car non grasses, les brumes s’étalent facilement et leur rapidité de séchage permet de s’habiller sans trop attendre.   

Des laits pour les peux sensibles

Malmenée par l’hiver, la peau est déshydratée et craint la moindre attaque climatique supplémentaire. Avec les crèmes et les laits autobronzants, elle profite des agents hydratants (beurre de karité, aloé vera, jojoba) que contiennent ces produits malins. Claires ou foncées, toutes les carnations peuvent bénéficier du hâle progressif que procurent ces textures légères aux fragrances délicates.

Leur plus : La formule lait est ce qui existe de plus doux et réparateur pour la peau.

Des gelées pour les débutantes

Souvent déjà légèrement teintées, les formules gels ou gelées permettent de maîtriser les zones d’application et sont donc idéales pour les néophytes de l’autobronzant. Les peaux sensibles en particulier, qu’elles soient claires ou mates, apprécieront ces formules souvent enrichies en agents hydratants.

Leur plus : Parfaites pour une coloration uniforme. Et les paillettes de certaines gelées subliment les peaux déjà naturellement hâlées.

 À lire aussi : Les autobronzants pour un teint lumineux

 

L’autobronzant sans laisser de trace

L’autobronzant sans laisser de trace

Pour un effet plus uniforme, faites un gommage la veille, avec un soin exfoliant sur les zones que vous souhaitez hâler. Sur un grain de peau ainsi lissé, le produit sera mieux réparti et donnera un bronzage plus lumineux. Quelle que soit la texture que vous choisissez, il faut appliquer un soin autobronzant sur une peau parfaitement sèche et bien hydratée.

 

Principes actifs : sucres et caramel pour colorer

Principes actifs : sucres et caramel pour colorer

Le premier principe actif d’un autobronzant est habituellement la dihydroxyacétone, ou DHA, un sucre obtenu à partir de l’écorce de châtaignier. On lui adjoint parfois l’érythrulose, un autre sucre. Ce processus de coloration est inoffensif car superficiel (ni la DHA ni l’érythrulose ne sont absorbés par la peau) et éphémère (en raison de l’exfoliation naturelle). Le seul danger serait d’oublier que la plupart des autobronzants ne contiennent aucun filtre solaire. Ils ne vous dispensent donc pas de soins protecteurs si vous vous exposez au soleil.

 

Les autobronzants : une belle peau sans risque – Le choix de la rédaction

Pour afficher un teint épicé à volonté, inutile de filer sous les cocotiers ! Nous avons testé et décrypté quatre façons de bronzer sans soleil toute l’année.

En matière d’autobronzants, l’offre est aujourd’hui très diversifiée. Qu’ils soient destinés au corps ou au visage, ou qu’ils soient prévus pour convenir aux deux, on en trouve en lait, en crème, en spray, en lotion, en gel et même en capsules. Ils peuvent être enrichis en actifs hydratants ou anti-âge, formulés spécialement pour les peaux sensibles… Comment choisir ?

Une peau bronzée grâce aux DHA

Le premier critère qui doit vous guider est la concentration en DHA. Les produits en contenant 5 % sont destinés aux teints mats. Ceux dont le taux ne dépasse pas 3 % conviennent mieux aux peaux claires. Le deuxième critère est la texture même de l’autobronzant et, en la matière, vous pouvez laisser parler vos goûts en toute liberté. Tous les laboratoires cosmétiques proposent désormais des solutions qui assurent un hâle progressif et un choix de nuances adaptées aux carnations les plus claires comme aux plus foncées, bien loin de l’effet « carotte » des premiers autobronzants. Il n’en demeure pas moins que chaque produit revendique ensuite sa spécificité : un filet d’huile de bourrache ou de pépins de raisin, voire un peu de glycérine végétale pour hydrater et nourrir la peau, un zeste de vitamines pour lui redonner du tonus, un soupçon d’antioxydants pour combattre le stress cutané… Suivez le guide !

 À lire aussi : Soleil : bienfaits et dangers

 

Dans ma trousse beauté

Dans ma trousse beauté

  • Soleil Divin, Hâle Progressif, Caudalie

Ses promesses : Illuminer le teint, hydrater la peau, et nous permettre d’accentuer à notre guise l’effet miellé. À mi-chemin entre le soin de jour et l’autobronzant, ce produit apporte du confort et une touche d’ensoleillement.

Son plus : Associer la DHA à l’ingrédient antioxydant star de la marque, les polyphénols de pépins de raisin. Ainsi, la formule teinte et protège des radicaux libres, responsables du vieillissement cutané. Très concentré en agents nourrissants comme la glycérine végétale et l’huile de pépins de raisin, Soleil Divin est aussi hydratant qu’une crème de jour.

Son mode d’emploi : Appliquer trois fois par semaine uniformément sur la peau et renouveler l’application en fonction de l’intensité souhaitée.

Notre avis : Très fluide, la texture s’applique facilement et pénètre instantanément sans laisser de film gras. Au plaisir du toucher s’ajoute celui de l’odorat : Soleil Divin sent bon la fleur de frangipanier et le melon.

  • Autobronzant Hydratant Visage et Corps, Avène

Ses promesses : Formulé pour les peaux sensibles, cet autobronzant s’applique aussi bien sur le visage que sur le corps. Sans paraben mais riche en eau thermale d’Avène, connue pour ses vertus apaisantes et réparatrices sur les épidermes irrités, ce produit minimise autant que possible le risque de réaction allergique.

Son plus : Sa facilité d’application et sa rapidité d’absorption. Un atout majeur pour ce produit qui fait tomber les a priori sur les textures lait, plus épaisses que les fluides ou les brumes, donc supposées plus grasses. Il convainc aussi par sa praticité puisqu’il s’utilise sur le visage et le corps.

Son mode d’emploi : Appliquer en couche fine, et attendre une vingtaine de minutes avant de s’habiller. Procéder à une application quotidienne les premiers jours puis utiliser deux fois par semaine en entretien.

Notre avis : Économique car 2 en 1, cet autobronzant ne prive pas les peaux intolérantes au soleil d’un un hâle naturel et uniforme.

  • Photoderm Autobronzant, Brume Hydratante, Bioderma

Ses promesses : Cette brume transparente comme de l’eau s’adapte à toutes les carnations. Élaborée pour les peaux sensibles, sans paraben et non comédogène, elle bénéficie d’un brevet exclusif, la Bioprotection® Cellulaire, qui double en deux heures le taux d’hydratation de la peau et booste ses défenses naturelles.

Son plus : Son conditionnement. Particulièrement pratique d’utilisation, l’aérosol permet une application uniforme et donc sans risque de trace. Très fraîche, sa texture sèche instantanément et laisse sur la peau un voile doux et agréablement parfumé.

Son mode d’emploi : À 20 centimètres de la peau, vaporiser la brume une fois par jour pendant trois jours pour obtenir le hâle, puis une fois par semaine pour l’entretenir.

Notre avis : La fraîcheur et le parfum de la texture enchantent. De plus, l’apparition du hâle est très progressive mais, une fois acquis, il dure très longtemps.

  • Capsules Doriance Autobronzant, Naturactive

Ses promesses : Oublié le temps où il fallait se gaver de carottes pour avoir bonne mine ! Finies les démarcations de maillot de bain ! Ce complément alimentaire autobronzant à base de caroténoïdes permet d’obtenir un hâle uniforme, sans contrainte ni traces blanches, et bien sûr sans les dangers du soleil.

Son plus : Huile de bourrache, sélénium, vitamine E et Dunaliella salina, une algue riche en bêtacarotène, contribuent à teinter la peau et à lui apporter tous les nutriments dont les cellules cutanées ont besoin pour se renouveler et se protéger du stress oxydatif.

Son mode d’emploi : deux capsules par jour au cours d’un repas, accompagnées d’un verre d’eau.

Notre avis : Jolies couleurs intégrales et souplesse de la peau garanties en moins d’une semaine. Sous réserve, bien sûr, de ne pas oublier de prendre ses capsules un jour sur deux !

 

Les brûlures

On compte 300 000 à 400 000 cas de brûlés en France chaque année, dont environ 10 000 à 15 000 sont hospitalisés.

 

Il existe différents types de brûlures : thermiques, électriques, chimiques et les brûlures par radiation. Les accidents domestiques sont en cause dans 70% des cas.

 

À savoir

À savoir

  • Une brûlure causée par un produit chimique acide ou caustique doit être lavée à grande eau de façon prolongée.
  • Une brûlure électrique peut nécroser les tissus en profondeur. L’hospitalisation s’impose, des troubles du rythme cardiaque étant possibles quel que soit le voltage du courant

 

Symptômes selon le degré de brûlure

  • Brûlures du premier degré
    Les plus fréquentes et les moins graves, elles intéressent les couches superficielles de la peau et se traduisent par une rougeur plus ou moins intense (coup de soleil ou contact avec un objet ou un liquide brûlant).
  • Brûlures du deuxième degré
    Elles sont plus profondes. L’épiderme (couche superficielle) se détache du derme en formant des cloques remplies de liquide.
  • Brûlures du troisième degré
    Elles sont très graves, concernant toutes les couches de la peau et les organes sous-jacents : terminaisons nerveuses, vaisseaux sanguins…. La peau est noire ou blanchâtre et insensible.

 

Signes d’alerte pour évaluer une brûlure

Plus une brûlure est profonde, plus elle est grave, mais il existe également d’autres facteurs à prendre en compte :

  • l’étendue
    Si la brûlure est supérieure à la moitié de la surface de la paume de la main, elle doit être considérée comme grave.
  • la localisation
    Certaines localisations augmentent la gravité : la face ou le cou, les mains, les pieds, les plis de flexion, les organes génitaux…
  • l’âge
    Si la victime est un enfant ou une personne âgée, un avis médical s’impose.

 

Traiter les brûlures

En cas de brûlures limitées et peu profondes

  • Les premiers gestes
    Refroidir immédiatement à l’eau du robinet (eau à 15°C, à une quinzaine de centimètres et pendant 15 minutes). Ne jamais utiliser de glace, ni mettre du beurre ou de l’huile. Désinfecter, si besoin.
  • N’essayer pas de retirer des vêtements qui adhèrent à une zone brûlée.
  • Ne jamais percer les cloques
  • Crème calmante, hydratante
    Si la brûlure est superficielle, elle ne nécessite pas de pansement et guérit en quelques jours. On peut toutefois appliquer une crème calmante, hydratante, cicatrisante et protectrice.
  • Pansement hydrocolloïde
    En cas de brûlure du deuxième degré superficiel, il est conseillé de maintenir un milieu humide pour permettre une cicatrisation plus rapide.

Les pansements hydrocolloïdes sont ainsi de plus en plus, préférés aux pansements gras. Ils évitent les renouvellements de pansements. Ils peuvent rester en place plusieurs jours. Il faut attendre que le pansement hydrocolloïde soit décollé de la peau pour le retirer de façon indolore.

 À lire aussi : CONSEIL de PHARMACIEN – Favoriser la cicatrisation d’une plaie superficielle

 

Les conseils de prévention anti brûlure

Les conseils de prévention anti brûlure

  • Protéger les radiateurs électriques, plaques de cuisson, fours…pour que les jeunes enfants ne se brûlent pas.
  • Mettre hors de portée des enfants, les manches et poignées de casseroles sur les plaques chauffantes.
  • Faire particulièrement attention aux fers à repasser ainsi qu’aux friteuses.
  • Pour éviter les brûlures chimiques, tenir hors de portée des enfants les produits ménagers.
  • Vérifier la température du bain des enfants.
  • Ne pas exposer au soleil les cicatrices pendant 6 mois à un an.

 

Mycoses cutanees : des orteils aux ongles en passant par le dos et le décolleté

On peut abriter des champignons un peu partout sur et dans le corps qui deviennent parfois trop envahissants… Contre-feux

 

Mycoses de la peau ou des ongles, elles ne disparaissent jamais spontanément. Les champignons à l’origine de ces infections produisent selon qu’ils sont sur l’un ou l’autre de ces sites des signes différents et doivent être traités différemment. Pour éviter qu’elles ne s’étendent et ne deviennent de plus en plus inconfortables, pour soi et les autres, possiblement contaminés, il convient de les repérer. Au médecin ensuite de les identifier avant de proposer un traitement.

 

Les mycoses de la peau ou dermatophytes

À l’origine des mycoses de la peau, ou dermatophytes, des champignons de différentes familles qui s’installent plus volontiers dans les plis, petits ou grands. 

  • Entre les orteils

Entre les orteils, plus volontiers entre les 3 et 4e et 4 et 5e, là où l’espace est le plus confiné, Trichophyton rubrum peut ainsi proliférer et coloniser les autres espaces interorteils, puis si l’on ne fait rien la plante du pied, l’enrobant comme un mocassin. Sont présentes des squames, des rougeurs, des fissures qui démangent (à la différence d’une infection bactérienne par une corynébactérie, responsable elle de mauvaises odeurs). Trichophyton, qui vit (très bien) dans les squames déposées sur un sol chaud et humide, tapis de judo ou salles de gym, est parfaitement contagieux. Il se multiplie d’autant mieux que l’hôte est plus fragile, fatigué et l’anatomie du pied favorable. Pour soigner ce pied d’athlète, plusieurs options, une crème active sur plusieurs jours ou une molécule plus ancienne chaque jour, sur trois semaines.

 À lire aussi : Ouste les verrues !

 

  • Dans les grands plis

Plus rares, les mycoses des grands plis, inguinaux notamment ou aisselles, surtout chez les hommes, dues davantage à des Candidas, autre famille de champignons, à traiter ici aussi avec des lotions antifongiques.

  • Sur le décolleté et le haut du dos

Autre mycose cutanée, à Pityriasis versicolor cette fois (une levure), caractérisée par des petites taches brunes ou à l’inverse des taches dépigmentées qui ornent le décolleté et le haut du dos, à la belle saison. Pour la prévenir, on sèche après le bain bien soigneusement, avec sa serviette à soi, les zones à risque. Une application d’un antimycosique (gel moussant de kétoconazole), à renouveler à une à deux semaines d’intervalle, suffit pour s’en débarrasser.

 

La mycose de l’ongle : la repérer pour mieux la soigner

L’ongle est un bastion, qu’il faut assiéger à bon escient, tant le traitement est long comme le temps de la repousse de l’ongle, soit 12, voire 18 mois pour un ongle de gros orteil.

Une fois sur deux, si cet ongle est en partie jauni, épaissi et/ou fendillé, c’est qu’il abrite un champignon, le Trichophyton rubrum presque toujours (90 % des cas), le même qui fait muer entre les orteils. L’onychomycose, la mycose de l’ongle, est en quelque sorte une complication d’un pied d’athlète négligé. Une nouvelle contamination ou la transmission aux proches doit être prévenue en prenant les mêmes précautions que pour le pied d’athlète.

  • Identifier d’abord

Soigner l’ongle le plus rapidement possible, chaque millimètre d’ongle perdu se comptant en semaines de traitement supplémentaires… Une recommandation formelle : pas de traitement sans prélèvement. Même si les symptômes sont évocateurs d’une onychomycose (début par un bord latéral ou l’extrémité, extension progressive vers la matrice, plutôt sur les gros orteils, etc.). Certes, sur les orteils, il s’agit de dermatophytes dans 90 % des cas, sur les mains (des femmes surtout, qui ont souvent les mains mouillées), de Candida deux fois sur trois, mais les antidermatophytes sont peu ou pas efficaces sur les Candidas et inversement.

  • Traiter ensuite

C’est le médecin qui décide du traitement. Il s’agit d’un vernis filmogène à poser sur l’ongle coupé ras, une fois par jour ou deux fois par semaine selon le produit pendant un certain temps : il stérilise la tablette unguéale de la surface vers la profondeur. Quand le problème est éclaté en plusieurs sites ou l’ongle très abîmé, il opte pour un traitement général, par la bouche, sur plusieurs mois.

 À lire aussi : Mycose ou psoriasis de l’ongle ?

 

Hygiène et traitement pour les mycoses

Hygiène et traitement pour les mycoses

Pour empêcher toute tentative d’invasion, on sèche soigneusement ses pieds, particulièrement là où ça coince, autour des ongles et entre les orteils. On change de serviette chaque jour.

Pour interrompre la chaîne de transmission : pas de serviette ou de tapis de bain communs (et lavés à 60° au moins), des chaussons sur une moquette étrangère pour ne pas en attraper ou une moquette maison pour ne pas essaimer, etc. Des chaussettes en coton, lavées à haute température et repassées.

On coupe ses ongles sans les blesser pour que la peau et l’ongle puissent jouer leur rôle barrière aux microbes indésirables. Et l’on désinfecte à l’alcool ses outils de manucure/pédicure.

Avant de plonger en piscine, on isole ses pieds avec des méduses ou des tongs. On change de chaussures régulièrement (celles de sport également), perméables idéalement, et l’on asperge généreusement l’intérieur d’une poudre antiTrichophyton.

Enfin, on traque les squames à l’aspirateur

Réponses d'expert : Avec quoi peut-on confondre les mycoses de la peau ?

Réponses d'expert : Avec quoi peut-on confondre les mycoses de la peau ?

Dr richard encaouaDr RICHARD ENCAOUA,
dermatologue à Paris

Une mycose des plis, aux grands placards rouges bien délimités, peut être confondue avec un psoriasis ou un eczéma ; une mycose sur une aisselle soumise à déodorant, avec un eczéma. En ce qui concerne les ongles, les formes d’atteinte sont si différentes, les ongles étant soit un peu soufflés, soit un peu blancs, en totalité ou en partie, colonisés par différentes espèces de champignons, simulant parfois un psoriasis, un lichen ou un eczéma, qu’un prélèvement dans un laboratoire spécialisé est indispensable. Le traitement local, et parfois même général si la mycose est étendue, doit être proposé à bon escient. Ainsi qu’un décapage de la partie lésée pour que le produit pénètre mieux. Un prélèvement est aussi indiqué si l’on doute de la réalité d’un Pityriasis versicolor sur des taches dyschromiantes (couleur de peau qui n’est plus homogène) ou achromiantes (claires) : ce pourrait être une dartre ou un vitiligo. Autant de contraintes et de pièges diagnostiques liés aux médicaments qui justifient le recours au médecin avant toute tentative de traitement !