La vaccination insuffisante en France

Trop de débats irrationnels, de polémiques et d’idées reçues ont fait reculer la couverture vaccinale en France. D’où le risque de voir resurgir des maladies infectieuses graves.

 

Chiffre

Chiffre

12 %
C’est la proportion dans laquelle la vente globale de vaccins a baissé de entre 2008 et 2012.

20 %
Pourcentage de diminution de la vaccination annuelle dans le même période.
Source : IMS Health.

La récente épidémie de rougeole au Pays de Galles est venue nous rappeler comment et pourquoi une vaccination insuffisante de la population contre une maladie potentiellement mortelle peut vite tourner à la catastrophe. Plus d’un millier de malades en quelques mois, des hospitalisations et déjà un mort.
Par crainte qu’elle ne gagne Londres, où la couverture vaccinale a chuté de 50 % en 10 ans, les autorités sanitaires du pays ont lancé une grande campagne de vaccination, notamment des 10-18 ans qui auraient normalement dû être vaccinés dans la petite enfance. Sans savoir exactement quand une telle explosion allait se produire, les spécialistes britanniques s’y attendaient et avaient noté une augmentation progressive du nombre de cas.
À la suite d’une controverse, fin des années 1990, sur le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole), accusé de favoriser l’autisme, 2 millions d’enfants ont été exclus de cette vaccination. Plusieurs publications ont prouvé définitivement l’absence de lien avec l’autisme, mais il a fallu 12 ans pour démontrer les irrégularités de l’étude qui avait mis le feu aux poudres et l’innocuité de ce vaccin qui constitue la seule protection contre une maladie pouvant entraîner des complications neurologiques et des pneumopathies graves, pas seulement chez les petits. On mesure aujourd’hui les conséquences de cette rumeur…

 

Vaccins, Protéger les enfants au mieux

La France n’est pas à l’abri de telles épidémies, de rougeole (15 000 cas en 2011, 6 mortels), mais aussi de coqueluche, en augmentation, de méningites, d’hépatites de type B et C, lourdes de conséquences, de tuberculose, à nouveau en hausse depuis l’arrêt de la vaccination systématique (BCG) et son ciblage sur les populations à risque (immigrés, précaires) pour lesquelles l’accès aux soins est difficile…

Vaccin antigrippal, en diminution

Une enquête récente d’IMS Health, spécialisé dans la veille économique en matière de santé, montre qu’en France les ventes de vaccins ont diminué. En partie à cause de la défiance vis-à-vis des vaccins et notamment celui contre la grippe. L’hiver dernier, alors que l’épidémie s’est éternisée, les virus responsables, qui changent chaque année, n’ont heureusement pas été très agressifs. Mais pendant l’hiver 2011-2012, près de 6 000 morts dues à la grippe ont été enregistrées, contre quelques centaines les années précédentes. Des personnes âgées ou malades, mais aussi des plus jeunes et des enfants en bonne santé. La mauvaise gestion de la vaccination de grippe H1N1 par le ministère de la Santé a rendu la population méfiante, elle se fait moins vacciner contre la grippe saisonnière.

Idées fausses sur les vaccins

À savoir

À savoir

VACCIN CONTRE LA MENINGITE B
Bexsero® de Novartis, premier vaccin contre la méningite B, infection parfois foudroyante et mortelle qui touche surtout nourrissons et ados, a obtenu son autorisation de mise sur le marché européen et devrait être commercialisé à la fin de l’année.
Les rumeurs, variables du reste d’un pays à l’autre, renforcées par les groupes antivaccins, jouent aussi un rôle dans cette désaffection pour les vaccins. Quelques exemples de croyances infondées.
Mieux vaut favoriser les défenses naturelles
Non, pour les maladies graves, c’est prendre de trop grands risques pour ses enfants.
Le vaccin contre l’hépatite B accroît le risque de sclérose en plaques
Faux, la polémique, seulement française, qui date des années quatre-vingt-dix est sans fondement ; les études ont montré qu’il n’y avait pas de lien, le pic connu des cas de sclérose en plaques coïncide avec l’âge de la vaccination.
Le vaccin anticoquelucheux est responsable de morts subites du nourrisson.
Pas du tout, les véritables causes, notamment le couchage sur le ventre, ayant été trouvées, cette croyance ne devrait plus avoir cours.

Une légère progression

En fait, admet le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations, la couverture vaccinale en France reste insuffisante, notamment pour certains vaccins, contre la grippe, avec 10 points par rapport à la Grande-Bretagne, l’hépatite B, la plus faible d’Europe, et le HPV (papillomavirus humain). Mais elle est globalement en légère progression. À l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination, en avril dernier, l’Institut de veille sanitaire, InVS, a mis en exergue les points positifs concernant les vaccins contre diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP), hépatite B et rougeole-rubéole-oreillons.

Réponses d'expert : les polémiques, souvent franco-françaises, constituent malheureusement un frein à la vaccination.

Réponses d'expert : les polémiques, souvent franco-françaises, constituent malheureusement un frein à la vaccination.

Dr Marthe Bonnin
Membre du comité vaccins du Leem (Les entreprises du médicament).

Les vaccins multiples qui protègent contre 6 maladies en une injection affaiblissent-ils l’organisme ?
Non, le corps humain est conçu pour se défendre contre des milliers de microbes, or les quantités d’antigènes injectés dans les vaccins sont faibles et ne diminuent pas la protection naturelle. Le recul est aujourd’hui très important, des centaines de milliers de doses ont été délivrées dans le monde entier. C’est au contraire un vrai progrès que se protéger contre plusieurs maladies en une seule injection. Parents et enfants sont plutôt contents !

On parle beaucoup des sels d’aluminium contenus dans les vaccins. À quoi servent-ils ? Sont-ils toxiques ?
Ces adjuvants, utilisés depuis les années 1950 1920, servent à renforcer la protection des vaccins et leur durée de protection. Il existe différents sels d’aluminium et pour chaque vaccin on choisit celui qui est le plus adapté et le mieux toléré, de même que son dosage. C’est de la haute couture. La polémique actuelle, essentiellement franco-française, tient au fait qu’un chercheur a cru voir un rapport entre ces sels et des myofascites à macrophages (paralysies faciales) aux travaux sur la myofasciite à macrophages et l’hypothèse de son association éventuelle à des troubles neurologiques ou cognitifs. Ce lien infondé n’est pas démontré.

 

Limiter le nombre d’injections

C’est l’objectif du nouveau calendrier vaccinal simplifié, qui vise à assurer à tous les âges de la vie une protection optimale en n’administrant que le strict nombre d’injections nécessaires. Ce nouveau calendrier a de plus été rendu facilement lisible et mémorisable par les médecins, les pharmaciens et les patients. Cette version 2013, inspirée de l’expérience de la Suède, du Danemark, de la Finlande ou encore de l’Italie, est bouleversée, simplifiée et allégée.
Il faut dire qu’au cours des années précédentes, le calendrier vaccinal procédait à des retouches et devenait de plus en plus complexe et chargé.
Plus facilement applicable, on espère que le nouveau calendrier contribuera à améliorer les taux de vaccination. En pratique, la nature des vaccinations recommandées ne change pas, mais leur mise en musique est nettement modifiée.

Nourrissons, moins d’injections

Premier vaccin hexavalent
Il est élaboré contre 6 maladies : diphtérie, tétanos, coqueluche, polio, infections invasives à Haemophilus influenzae de type b et hépatite B. Il passe de 3 injections aux 2e, 3e et 4e mois à seulement 2 injections à 2 et 4 mois, suivies d’un rappel avancé à 11 mois, contre 18 mois jusque-là.

Vaccination contre le pneumocoque
Elle suit le même tempo. En seulement 3 rendez-vous vaccinaux à 2, 4 et 11 mois, le nourrisson pourra être protégé contre 7 maladies dès l’âge de 11 mois.

Vaccin ROR, rougeole-oreillons-rubéole
L’administration de la première dose est à 12 mois pour tous les enfants, quel que soit le mode de garde, alors qu’il était recommandé à 9 mois pour les enfants accueillis en collectivité. Avec une deuxième dose avancée à 16-18 mois au lieu de 13-24 mois.

Coqueluche, principale modification

Chez l’enfant, en ce qui concerne la coqueluche, un rappel a été instauré désormais à l’âge de 6 ans, combiné à celui déjà prévu à cet âge contre la diphtérie, le tétanos et la polio. Des publications récentes en provenance des États-Unis et d’Australie, où la coqueluche est en nette recrudescence, laissent en effet à penser que les vaccins acellulaires, employés en France depuis 2006 pour leur meilleure tolérance, confèrent une durée de protection plus courte que les vaccins entiers antérieurs.

 

Protéger après l’enfance

Pour les jeunes filles
Le vaccin contre le papillomavirus (HPV), qui favorise le cancer de l’utérus, est désormais recommandé aux filles de 11 à 14 ans et non plus à partir de 14 ans, avec rattrapage à 15-19 ans au lieu de 15-23 ans pour diminuer le risque de vacciner des femmes déjà infectées.
Chez les adultes
L’intervalle entre les rappels de vaccination anti-diphtérie-tétanos-polio passe de 10 à 20 ans. Les données accumulées permettent en effet d’affirmer que la durée de protection conférée par ces vaccins va bien au-delà de 10 ans. Mais, à partir de 65 ans, cet intervalle reste de 10 ans du fait d’une diminution des défenses immunitaires liée à l’âge. Et les rendez-vous vaccinaux sont à âges fixes, 25, 45, 65 ans, puis 75, 85…, faciles à mémoriser.

En voyage

En voyage

Tous les voyages n’exposent pas aux mêmes risques de maladies infectieuses.
• Vaccins obligatoires ou recommandés. Il faut s’en préoccuper 4 à 8 semaines avant le départ, car certains vaccins nécessitent des injections de rappel.
• Mettez à jour vos vaccinations, quel que soit votre âge. C’est une bonne occasion : diphtérie-tétanos-poliomyélite, rappel tous les 10 ans ; rougeole,risque élevé dans les pays en développement ; hépatite B, chaudement recommandée en cas de comportements à risque et dans les pays où la maladie est très présente.
• Pays exotiques ou lointains. C’est le médecin ou le centre de vaccination qui jugera de la nécessité de tel ou tel vaccin selon le continent et la zone visités : encéphalite japonaise, encéphalite à tiques, fièvre jaune, hépatite A et typhoïde, infections invasives à méningocoques ou rage.

C’est le printemps dérouillez-vous en vous remettant au sport !

Les beaux jours sont enfin arrivés. C’est le moment de reprendre le chemin de la piscine, des cours de tennis, d’une salle de gym, du golf…

 

Perdre du poids et de la cellulite rapidement

Quelle que soit la raison qui vous pousse à rechausser les baskets, partez du principe que vous recommencez à zéro. Même si le corps a une mémoire, l’important est de reprendre en douceur et progressivement. D’autant plus qu’après avoir hiberné plusieurs mois, vous vous sentez légèrement engourdi(e). Les jambes sont raides comme des piquets et les articulations rouillées. Rien ne sert de courir deux fois plus, de pédaler trois fois plus vite ou encore de porter des charges très lourdes. Vous risquez de vous faire mal, de perdre tout le bénéfice de l’entraînement et d’abandonner. Une erreur d’autant plus grossière que la clé de la réussite réside justement dans la régularité et la durée. Pour que cette démarche s’y inscrive, « Commencez par bouger de plus en plus au quotidien, lance Sylvain Guillot coach à www.jemem.fr, la nouvelle plateforme de coaching sur la Toile. Descendez quelques stations avant celle de votre bureau ou de votre domicile afin de marcher un peu plus. Privilégiez les escaliers aux ascenseurs. Si vous empruntez les escalators, ne restez pas immobile, continuez de gravir les marches. Tous les moyens sont bons. Sortez le chien. Dépoussiérez votre cave. Faites le ménage de printemps ! »

À éviter

À éviter

  • Les exercices à froid. L’éveil musculaire prépare doucement le corps et l’esprit à l’effort. En réagissant plus vite, les chances de se blesser sont amoindries.
  • Faire l’impasse sur les étirements. Avant l’effort, ils servent à irriguer les muscles et les tendons. Après l’exercice, ils facilitent la régénération des tissus conjonctifs et réduisent les tensions.
  • La surchauffe ! Tout travail musculaire produit de la chaleur. Sachant que l’organisme utilise un système de refroidissement efficace mais très consommateur d’eau, la sudation, hydratez-vous.

 

Suivre la bonne progression pour maigrir

1/ Commencer en douceur et progressivement

Ne placez pas la barre trop haute et ne sautez pas les étapes. Avant de passer à l’action, mieux vaut connaître son corps, prendre en considération son mode de vie, son alimentation, son âge. Chacun d’entre nous a des besoins particuliers et possède des aptitudes qui lui sont propres. « Posez-vous les bonnes questions. Ai-je vraiment des kilos à perdre ? Devrais-je me retonifier ? Vous pouvez faire faire un check up par votre médecin traitant. Mieux encore, un état des lieux avec un professionnel. »

2/ Choisir l’activité qui convient en parallèle de votre régime

Que vous soyez débutant ou sportif dans l’âme, le coach prend en compte la personne dans sa globalité. Rien n’est laissé au hasard. Choisissez-vous un objectif réalisable. C’est en prenant plaisir à faire du sport que vous serez plus motivé pour le pratiquer régulièrement. L’important est d’être constant.

3/ Miser sur les sports d’endurance

Marche, vélo, roller, course à pied, aviron sont autant de solutions qui s’offrent à vous. Tout en sollicitant un maximum de muscles, ils renforcent les systèmes cardiovasculaire et pulmonaire. Vous renouez avec l’exercice physique ? « Débutez par des petites séances de 20 minutes. En fonction de votre ressenti, augmentez la durée et l’intensité par palier. Courir comme un dératé une à deux fois par semaine n’est pas excellent pour l’organisme. Les intensités relativement élevées fatiguent le cœur… »

4/ Retrouver la forme pour aller plus loin

Rien de tel que l’aérobie pour rester en forme et perdre du poids. « Si vous avez déjà pratiqué un sport auparavant, le jogging peut être envisagé assez rapidement. » Les bienfaits du sport se ressentent rapidement à la seule condition de le pratiquer intelligemment. Une fois que vous avez retrouvé la forme, libre à vous de revenir à vos premières amours, d’accepter une partie de tennis, de passer à la vitesse supérieure.

5/ Prendre particulièrement soin des articulations

Ne pensez pas que la sédentarité économise vos articulations. Les étirements spontanés ne sont pas suffisants. Par quoi commencer ? « Tout va de pair ! Ce qui compte c’est de garder en tête cette notion d’évolution. Les solliciter quotidiennement les dérouille progressivement. En augmentant le débit sanguin, les activités cardiovasculaires vont permettre à la circulation du sang d’apporter plus de nutriments et d’oxygène. » L’os, le cartilage ainsi que l’ensemble des tissus sont mieux vascularisés et nourris. « C’est de la mécanique. Comme un piston de voiture, il faut de l’huile pour que ça glisse correctement. » Stretching, barre au sol, floorballet, isostretching, gyrokinésis, Taï Chi, Qi Gong, yoga… sont autant de possibilités pour conserver une certaine fluidité.

 À lire aussi : Se remettre au sport, mode d’emploi

 

Réponses d'expert : Pour choisir un professionnel, fiez-vous à ses diplômes

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Sylvain Guillot
Coach à jemem.fr

Le BP JEPS, Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport est un dérivé de l’ancien brevet d’état des métiers de la forme. Il est ciblé sur la remise en forme et concerne l’entraînement physique, le coaching, les méthodes d’entraînement que ce soit le renforcement, la prise de masse, la perte de poids et tout ce qui est préparation spécifique à différentes activités physiques, différents sports. Il existe aussi les écoles privées, le Creps, Centre de ressources, d’expertise et de performance sportives, et la faculté pour les diplômes universitaires, DU. »