Ostéoporose : consultez dès la ménopause !

Ostéoporose : consultez dès la ménopause !
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Quand l’ostéoporose est là, impossible de retrouver des os jeunes. Mais une bonne hygiène de vie et un traitement adapté permettent de freiner son évolution. Pas de fatalisme !

Aujourd’hui, toutes les femmes savent que l’ostéoporose se carac­térise par une diminution de la masse osseuse et peut provoquer des fractures. Mais beaucoup pensent encore que, la maladie étant liée au vieillissement, il n’y a rien à faire ou bien qu’il n’y a pas lieu de s’en préoccuper tant que l’on est jeune. Erreur ! C’est justement en amont qu’il faut y penser car l’ostéoporose se développe progressivement et peut rester silencieuse pendant des dizaines d’années, sans symptômes ni douleurs.

150 000 fractures par an

L’os est un tissu vivant qui se détruit et se reconstruit en permanence pour conserver sa solidité. Ce renouvellement continu est assuré par une bonne coordination entre les cellules qui détruisent l’os usé (les ostéoclastes) et celles qui le reconstruisent (les ostéoblastes). Ce processus, dans lequel intervient le calcium à sa phase finale de minéralisation, est le remodelage osseux. En général, jusqu’à 45 ans, la résorption de « vieil » os et la formation de nouveau s’équilibrent. Mais au fil des années, la destruction prend le dessus et, chez les femmes, le déséquilibre s’accélère à la ménopause, aug­mentant ainsi le risque d’ostéoporose. Pourquoi ? Parce que la production naturelle d’œstrogènes s’arrête. Or, ceux-ci jouent un grand rôle dans le remodelage osseux. En France, près de 40 % des femmes de 65 ans et au moins 70 % des octogénaires ont de l’ostéoporose. Les 150 000 nouvelles fractures annuelles dues à la maladie n’étonnent donc pas. Essentiellement des fractures vertébrales, de l’extrémité supérieure du fémur (col du fémur et trochanter) et de l’extrémité distale du radius (poignet).

L’ostéodensitométrie, l’examen de référence

Il existe d’autres facteurs de risque d’ostéoporose que le vieillissement et la ménopause : antécédents familiaux (mère ostéoporotique), ménopause précoce (avant 40 ans), anorexie et fai­ble poids (indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m2), certains médicaments (voir encadré « À savoir »), tabac, excès d’alcool, immobilisation prolongée. Mais aussi la maladie cœliaque et des affections endocriniennes non traitées ou trai­tées tardivement, en particulier l’hyperthyroïdie et l’hyperparathyroïdie.

Le premier signe visible d’ostéoporose est une réduction de la taille (au moins 3 cm) due à l’affaissement des vertèbres. Ce signe doit inciter à consulter pour, si nécessaire, débuter un traitement ad hoc sans tarder. Mais comme toujours, mieux vaut prévenir… Un conseil : dès l’annonce de votre ménopause, parlez-en à votre médecin, surtout si vous avez un ou plu­sieurs facteurs de risque. En fonction de votre profil, il demandera des examens biologiques et une ostéodensitométrie. Ce dernier examen – qui dure un quart d’heure, est indolore et est remboursé à 70 % – est la méthode de référence pour mesurer avec précision la densité minérale osseuse (DMO).

Les bons aliments

Selon le T-score obtenu (voir encadré « Se référer au T-score »), le médecin décide de la marche à suivre. En cas de traitement hormonal substitutif (THS) prescrit pour diminuer les troubles liés à la ménopause, celui-ci permet, en même temps, de préve­­nir efficacement l’ostéoporose dans les années suivant la fin des règles. À l’arrêt du traitement, cependant, la dégradation osseuse reprend et rattrape vite le niveau de celui des femmes n’ayant pas pris de THS. En fait, la prévention passe surtout par une bonne hygiène de vie et ce, dès l’enfance et l’adolescence, avec :

- une alimentation équilibrée faisant la part belle aux aliments riches en calcium (fromages et laitages, eaux minérales calciques, oléagineux – noix, noisettes, amandes, etc. –, légumes secs, choux, épinards, fruits de mer, sardines en boîte avec les arêtes) et à ceux qui apportent de la vitamine D (poissons gras, jaune d’œuf, abats, beurre)  ;

- une activité physique régulière. Tous les sports et exercices où les pieds et les jambes soutiennent le corps (tennis, patin à glace, badminton, marche, course à pied, danse, etc.) et ceux qui créent une résistance (exercices de poids, haltères, étirements de bandes élastiques, etc.).

Rappel : l’exposition régulière au soleil, principale source de vitamine D, est indispensable. Mais le médecin prescrit aux femmes ménopausées, souvent caren­cées, des comprimés de calcium ou des ampoules de vitamine D3 (tous les un, deux, trois ou six mois selon les cas et le dosage), ou les deux combinés.

À savoir

Certains traitements favorisent la perte de densité osseuse. Notamment les corticoïdes pris par voie orale, à dose élevée, pendant au moins trois mois consécutifs, par exemple en cas de polyarthrite rhumatoïde ou de maladie de Crohn. Ainsi que les traitements provoquant une baisse ou un arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles (traitement hormonal du cancer du sein ou de la prostate, ablation chirurgicale des ovaires, etc.).

Se référer au T-score

L’ostéodensitométrie osseuse permet de mesurer la densité minérale osseuse (DMO) sur le rachis lombaire et la partie supérieure du fémur. Cette DMO s’exprime en T-score, écart entre la densité osseuse mesurée et la densité théorique de l’adulte jeune de même sexe, au même site osseux. Un T-score supérieur à - 1 indique une densité osseuse normale ; entre - 1 et - 2,5, on parle d’ostéopénie (fai­ble masse osseuse) ; inférieur à - 2,5, c’est de l’ostéoporose.

Gare aux fractures !

Dès le stade de l’ostéopénie – avant l’ostéoporose – et plus encore en cas d’ostéoporose déclarée à risque de fractures, le médecin peut proposer un traitement permettant de freiner la perte de densité osseuse.

Les médicaments prescrits en premier appartiennent à la famille des bisphos­phonates : alendronate, risédronate et zolédronate. Ils bloquent les cellules qui détruisent l’os et luttent contre la démi­néralisation. Mais comme ils peuvent (rarement) entraîner une fragilisation des os de la mâchoire, un examen dentaire et des soins préventifs sont nécessaires avant de débuter le traitement, notamment en cas d’antécédent de chimio­thérapie, de radiothérapie ou de prise de corticoïdes au long cours.

Les autres médicaments sont prescrits aux patients à risque élevé de fractures ou en ayant déjà eu : romosozumab, dénosumab, ralo­­xifène et tériparatide.

Comme toujours, ces traitements ont des indications précises, des contre-indications et des effets secondaires. Le médecin choisit donc au cas par cas.

Prévenir le risque de chutes

Quel que soit le traitement, une alimen­tation riche en calcium et une activité phy­sique régulière sont capitales. Pour prévenir les chutes, des aménagements sont par ailleurs nécessaires au domicile : placer tout à portée de main pour ne pas avoir à monter sur une chaise ; ranger les fils électriques et les tuyaux d’arrosage ; enlever les tapis et les obstacles dans les lieux de pas­sage ; prévoir une veilleuse la nuit, notamment entre la chambre et les toi­let­­tes ; poser des barres d’appui dans les toilettes et la salle de bains, etc.

Le conseil du pharmacien : 30 minutes avant le petit déjeuner

Il est essentiel de respecter les conditions de prise des médi­caments prescrits. Pour être efficaces, les bisphospho­­nates doivent toujours être pris au lever, 30 minutes au moins avant le petit déjeuner ou le déjeu­­ner, éventuellement, mais toujours à jeun et en position debout ou assise pour faci­liter le passage rapide du comprimé jusqu’à l’estomac et réduire le risque d’ulcération de l’œso­phage. Impératif : il faut avaler le comprimé en entier avec un grand verre d’eau du robinet ou d’eau minérale pauvre en calcium et en magnésium. Ne pas écraser ni laisser le comprimé se dissoudre dans la bouche au risque d’irriter la muqueuse. Ne pas s’allon­­ger avant d’avoir ingéré les premiers aliments, bois­sons ou autres médicaments de la journée.

Info +

Un site (espace grand public) : grio.org (Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses).